mercredi 31 décembre 2008

Tony Martin "Back Where I Belong" (1992)


Avant toute chose une mise en garde, l’écoute prolongée peut provoquer une addiction et je sais de quoi je parle…

Rappelons que Tony Martin fût le chanteur de Black Sabbath de 1987 à 1991 puis de 1993 à 1997, ce qui prouve au moins qu’il n’est pas rancunier. "BACK WHERE I BELONG" est sorti lors de la coupure et s’en démarque totalement à l’exception de la reprise de "Jerusalem" qui figurait sur "TYR" en 1990. Treize titres d’orfèvrerie dont 11 qu’il a composés et sur lesquels il tient ou partage les guitares. Un pur régal dont les mélodies vous percutent et vous assomment par leur évidence. C’est gagné dès le rutilant "If It Ain’t Worth Fighting For" avec une guitare bien Hard, une voix papier de verre pour un refrain garanti à vie et un chorus de sax du meilleur effet. Sil est vrai que l’album ne vous fera pas mouiller la chemise, ballades et mid-tempos recèlent cette énergie tapie sous la douceur qui protège de tout ennui "Back Where I Belong". Si "Is There Heaven" nous gratifie d’un solo de Brian May (Queen) c’est un geste purement amical car Tony Martin se révèle un formidable guitariste capable de retrouver la pureté Floydienne sur "Why Love". Chaque titre vous séduit par l’excellence des refrains "The Last Living Tree", "Now You’ve Gone" et les amateurs de Rythm and Blues se régaleront de "It Ain’t It Good Enough". C’est finalement sur les tempos rapides que je le trouve le moins inspiré "Sweet Elyse", "India", mais tout n’est qu’une affaire de goût.

Stan Bush "Stan Bush And Barrage" (1987)


L’album original paru en 1987 chez Scotti Brothers comportait 10 titres et c’était déjà une pièce de choix, la réédition de 1997 chez Canyon Records fait encore plus fort et nous propose 7 titres bonus qui ne figuraient auparavant que sur la compilation "CALL TO ACTION". Question pouvoir d’achat, enfin une action concrète et un vrai cadeau pour les fans. Si par hasard vous ne connaissiez pas Stan Bush, cet album est une sorte de classique du Hard FM, fruit de la persévérance d’un chanteur talentueux à la voix chaude et râpeuse doublé d’un compositeur du genre surdoué. Cette constatation était déjà évidente sur son album éponyme de 1983, longtemps introuvable, dont je possède une copie K7 enfermée à double-tour dans un paradis fiscal. Entre les deux, Stan semblait abonné aux BO de films comme en témoignent les bonus mentionnés plus haut, sauf qu’il manque "Fight To Survive" qui figurait au générique de Bloodsport de JCVD et ça c’est un grand malheur.

Pour en revenir à "BARRAGE", c’est quasiment le mètre étalon de sa catégorie, une collection de hits en puissance qu’une seule écoute suffit à mémoriser "Primitive Lover", "Gates Of Paradise", écoutez les riffs et les solos de guitare de Rocket Ritchotte . Energiques et racés "Temptation", "Crank That Radio", "Take It Like A Man" aux refrains percutants qui vous enflamment , somptueuse ballade "Love Don’t Lie" que reprendront House Of Lords sur leur premier album. Chaque titre déclenche un enthousiasme profond "Do You Remember", une semi ballade, "Heart vs. Head", "The Touch". Les bonus ne sont pas tout à fait du même niveau mais la barre était haute : "Never Surrender" qui figurait sur la BO de Kickboxer (Encore Van Damme !), "Capture The Dream" écrite pour les jeux Olympique de 1996, de nouvelles versions de "Dare" et de "The Touch" à l’origine sur la bande son de The Transformers, "Ground Zero" un titre assez prémonitoire.

L’époque n’est pas à l’investissement mais dans le cas présent vous pouvez y aller sans crainte. Soyez ‘"aware"’ en somme…

samedi 27 décembre 2008

Toto "The CBS Years : 1978 - 1999" (2003)


Alors que le CD et le DVD du "LIVE IN AMSTERDAM" sont sortis en septembre 2003, quelques semaines plus tard, soit opportunément pour les fêtes de Noël, la branche française de Sony/Columbia publie un très beau coffret de 3 disques, reprenant certains des meilleurs titres de la discographie de Toto, du moins de la période Sony/Columbia du groupe, soit les années 1978 à 1999, et dont le nom fait écho, "THE CBS YEARS : 1978-1999" ; et ce à destination du marché hexagonal.

Doté d’une magnifique pochette, avec une illustration inédite, reprenant l’épée symbole de Toto, "THE CBS YEARS : 1978 - 1999" est actuellement l’une des meilleurs compilations existantes consacrées à Toto, qui en 3 disques balaye toute la carrière du groupe, du premier album des débuts en 1978, jusqu’au dernier publié par Sony/Columbia en 1999, "MINDFIELDS". Seule la compilation de raretés et de titres inédits "TOTO XX" est occultée. Par ailleurs, l’objet en lui-même est très beau, contenant un livret au forma long box de 24 pages, et qui propose outre une excellente et passionnante biographie du groupe écrite par Alain-Guy Aknin et Philippe Crocq (seule une petite coquille s’est glissée dans le texte, en effet l’album de reprises sorti en 2002, "THROUGH THE LOOKING GLASS", devient "THROUGH THE BREAKING GLASS" ; titre original de l’album ? allez savoir…), on retrouve également un tableau récapitulatif des différentes incarnations et changements de personnels de Toto au fil des années, mais aussi et surtout une superbe galerie de photographies, rares ou totalement inédites. Pour le reste, "THE CBS YEARS : 1978 - 1999" est très intelligemment construit et ordonné, respectant la chronologie des titres, et réunissant côté à côte les classiques immortels de Toto que nous ne ferons pas l’affront de citer, mais aussi des morceaux moins connus ou oubliés, comme "Mushanga", "Angela", "Turn Back", "Mama", "Fahrenheit", "You Got Me" (même si on aurait pu se passer de ces 2 titres là, bien trop pop à mon goût), "Change Of Heart", "These Chains" ou encore des magnifiques "Lea" et de "It’s A Feeling", tous 2 signés du trop rare et discret Steve Porcaro. Ainsi, hormis 2 ou 3 petites choses citées plus haut, cette compilation s’affirme comme l’une des toutes meilleures actuellement disponibles, très complète et frisant la perfection, le contenu étant à la hauteur du contenant.

De même, vendue à un prix plus que correct pour un tel objet, "THE CBS YEARS : 1978 - 1999" s’impose définitivement comme la compilation idéale, et de référence absolue pour Toto, susceptible d’intéresser tant le néophyte que l’inconditionnel, et qui complète magistralement le "GREATEST HITS… AND MORE" sorti la même année. Tout simplement, un vrai bijou, alliant une qualité incroyable à un très grand confort d’écoute. Une merveille.

Toto "Live In Amsterdam" (2003)


Alors qu’en 2003 Toto s’embarque dans une nouvelle et longue tournée à travers le globe, en vue de promouvoir l’album de reprises "THROUGH THE LOOKING GLASS" paru l’année d’avant à cette tournée va également se superposer l’anniversaire des 25 ans d’existence du groupe, dont le premier album éponyme était sorti en décembre 1978.

Toto va ainsi publier son troisième album enregistré en public, "LIVE IN AMSTERDAM", tant sous la forme normale d’un disque, que dans le format DVD de plus en plus prisé par les artistes et par les auditeurs de par ses incroyables capacités techniques ; et ce 10 ans après "ABSOLUTELY LIVE" qui était davantage une sorte de compilation rétrospective des plus grands succès de Toto enregistrés live, et seulement 4 ans après "LIVEFIELDS", qui était lui un petit peu son pendant, plus intime et proposant peut-être plus de titres légèrement plus obscurs ou oubliés du répertoire du groupe ; mais les 2 disques étaient parfaitement complémentaires l’un de l’autre. L’album "LIVE IN AMSTERDAM" va poursuivre dans cette voie de complémentarité en réunissant cette fois tant les grands classiques de Toto que des morceaux a priori moins connus du grand public, mais tout aussi, sinon encore plus efficaces. Et depuis le retour de Bobby Kimball au chant depuis 1999, les membres de Toto sont parfaitement libres de relire certains de leurs plus anciens titres maintenant que leur chanteur originel est de retour au sein du groupe. Derrière une pochette très sobre mais diablement efficace, le nouveau graphisme du nom Toto depuis l’album "THROUGH THE LOOKING GLASS" est conservé, et se retrouve incrusté sur un profond fond noir, duquel se dégagent les silhouettes des 5 membres de Toto, avec par ordre d’apparition de gauche à droite : Bobby Kimball, Simon Phillips, Steve Lukather, Mike Porcaro et enfin David Paich. Ce "LIVE IN AMSTERDAM" commence très fort avec un superbe medley de 4 titres enchaînés l’un derrière l’autre avec un dynamisme rare, débutant par un étonnant "Girl Goodbye" complètement revisité, suivi par ce qui est certainement le meilleur morceau du troisième album du groupe, "TURN BACK", "Goodbye Elenore" dans une version endiablée qui fera à coup sûr le bonheur du fan le plus acharné de Toto. Et alors que l’énergie déployée sur "Goodbye Elenore" atteint des sommets, le titre se fond avec les premières mesures du classique instrumental "Child’s Anthem", qui lui-même s’enchaîne avec la splendide partie instrumental de "I’ll Supply The Love", également tiré du premier album éponyme du groupe. Dès les premières chansons de l’album, Toto montre toute sa maîtrise et sa technicité musicales. Du très grand art. Hormis 2 morceaux plus récents tirés de leur dernier album studio alors en date, soit le disque de reprises "THROUGH THE LOOKING GLASS", et ici présentés dans des versions impeccables, "While My Guitar Gently Wheeps" de George Harrison et "Bodhisattva" de Steely Dan, cet enregistrement live fait la part belle aux titres des 4 premiers albums du groupe. Autant dire, que la voix et l’interprétation du revenant Bobby Kimball est particulièrement mise à l’honneur. Ainsi, s’il ne sera pas surprenant de retrouver certains des plus grands hits du groupe comme "Hold The Line", "I Won’t Hold You Back", "Rosanna" ou "Africa", c’est par contre un immense plaisir et une grande satisfaction de découvrir ou de redécouvrir certains des titres les plus entraînants du groupe, et parmi les préférés du public. J’en veux pour preuve les magnifiques versions ici offertes de "Gift With A Golden Gun", tiré de "TURN BACK", de "Afraid Of Love" (séparé pour l’occasion de son "jumeau" "Lovers In The Night") de "TOTO IV" ou bien encore le magistral "Home Of The Brave" qui referme le concert ; titre sur lequel la voix de Bobby Kimball n’a à mon sens absolument rien à envier à celle de Joseph Williams sur la version originelle figurant sur l’album "THE SEVENTH ONE". Saluons également l’autre superbe medley que nous offre Toto en milieu de disque, revisitant une fois encore certaines anciennes chansons de Toto, parfois plus obscures aux yeux et aux oreilles du grand public. Un enchaînement parfait pour des titres parfaits : "Waiting For Your Love", "Georgy Porgy", "Lion", "Hydra", "English Eyes" et enfin "Till The End". A couper le souffle. D’ailleurs, les medley de Toto sont à chaque nouvelle tournée un grand moment pour les fans du groupe. En effet, par cet habile procédé, Toto peut se permettre d’ajouter davantage de morceaux à ses concerts, même si bien souvent ils sont quelque peu amputés ou raccourcis. Mais au moins, par ce moyen, cela permet de réentendre en live d’anciens, voire de très anciens morceaux. Et quel plaisir à chaque fois ! La démonstration sera ainsi rapide, et ce "LIVE IN AMSTERDAM", à défaut de pouvoir être qualifié d’album live "parfait" remplit néanmoins toutes les conditions pour appartenir à cette petite minorité d’albums enregistrés en public de référence. Le cahier des charges de l’album live est tout à fait rempli, très largement même, proposant des morceaux dans des versions exceptionnelles, alternant favoris du grand public, et trésors cachés qui ne peuvent que réjouir les fans de longue date. De ce côté-là, la mission est parfaitement remplie. De la première à la dernière note, l’ensemble est parfaitement maîtrisé.

Après 25 ans d’existence, entièrement dévoués à la musique, Toto a encore de sacrés beaux restes, et à l’écoute d’un disque pareil, qui se propose en un sens de dresser un bilan, certes loin d’être exhaustif, des 25 années écoulées, on peut se dire que le meilleur reste encore et toujours à venir. Toto semble rempiler pour 25 nouvelles années. Impossible de bouder un tel plaisir, surtout quand le plaisir est double, vu que le "LIVE IN AMSTERDAM" est également sorti en DVD, proposant donc la version filmée de ce concert, mais avec en prime des titres supplémentaires, et des bonus, qui sans être révolutionnaires, présentent le mérite d’être hilarants. Un complément essentiel donc au simple disque, et au vu du DVD, et des quelques titres supplémentaires qui y figurent, dont notamment le génial "White Sister" on se met à regretter que le CD ne soit pas double, et que l’intégralité du concert n’y soit pas présentée. Mais ne faisons pas la fine bouche, et attendons la prochaine étape de la carrière étape, étape qui passera assurément par la sortie d’un nouvel album studio, cette fois-ci composé de matériel inédit, et qui nous permettra de poursuivre en compagnie d’un groupe, un voyage musical clairement sans équivalent.

Toto "Greatest Hits…And More" (2002)


Parmi les nombreuses compilations, diverses et variées, qui paraissent régulièrement et qui sont consacrées à Toto, il est parfois nécessaire de séparer le bon grain de l’ivraie. "GREATEST HITS… AND MORE", sortie en 2002 à destination du territoire néerlandais fait clairement partie de la première catégorie.

Cette compilation est définitivement l’une des meilleurs actuellement disponibles sur le marché. Composée de 3 disques, les 2 premiers nous font voyager à travers la discographie studio du groupe, du premier album éponyme jusqu’à "MINDFIELDS" paru en 1999 ; tandis que le troisième, sous titré "Unplugged" propose 8 tires captés en public et présentés en versions acoustiques, condensé des sets acoustiques des 2 albums live du groupe, "ABSOLUTELY LIVE" Live paru en 1993 et "LIVEFIELDS", sorti 1999. Mais nous aurons encore l’occasion de revenir plus en détails sur ce troisième disque. Ce ne sera pas une surprise, les 2 premières galettes nous font découvrir, ou redécouvrir c’est selon, les plus grands succès de Toto, parmi lesquels les inusables "Africa", "Hold The Line", "Rosanna", "Stop Loving You", "I’ll Be Over You" ou "I Will Remember" pour n’en citer que quelques uns ; mais également des titres moins bien connus du grand public, tout aussi efficaces, et quoi raviront les fans de plus longue date et qu’on a peu l’habitude de découvrir sur une compilation, comme "St. George And The Dragon", "Holyanna", "Make Believe", "Mushanga", "If It’s The Last Night" (seul ambassadeur de l’album "TURN BACK", mais ambassadeur quand même), "The Other Side" ou "The Other End Of Time", notamment ; tandis que le second disque se referme avec 2 titres de l’album "MINDFIELDS", la chanson éponyme et la ballade romantique "Melanie". Aucun album n’est donc oublié, et on se doit également de souligner la présence de 2 morceaux parus sur la compilation de raretés et d’inédits "TOTO XX" en 1998, "In A Word", parue originellement en tant que face B du single d’ "I’ll Be Over You" en 1986, et l’explosif "Goin’ Home".

Ainsi, ce "GREATEST HITS… AND MORE" étant présenté de manière chronologique, ces 2 titres s’intègrent parfaitement à la continuité du disque, non pas en 1998, date de publication de "TOTO XX", mais à la date de leur composition, soit lors de la période "FAHRENHEIT" en 1986 pour "In A Word", et lors de la période "PAST TO PRESENT" en 1990 pour "Goin’ Home", qui fut finalement rejeté et exclu de cette première compilation officielle du groupe, et qui ne sera exhumé qu’en 1998, à l’occasion des 20 ans d’existence de Toto. C’est donc un très bon point à attribuer aux concepteurs de cette compilation, soucieux d’établir une parfaire gradation chronologique, et la respectant de fort belle manière. Et c’est d’autant plus le cas que de belles surprises s’offrent à l’auditeur avec également la présence sur le premier disque de 2 titres écrits par Toto pour la bande originale du film devenu culte depuis, "DUNE", de David Lynch en 1984, 2 des meilleurs titres de cet album d’ailleurs, puisqu’il s’agit de "Dune (Desert Theme)" et de "Take My Hand", période au cours de laquelle le trop sous estimé Fergie Fredriksen était encore membre et chanteur principal du groupe, bien que ces deux titres soient instrumentaux. Autre surprise, c’est la présence d’un autre instrumental, quasi inédit du reste car très rare, composé à l’occasion des Jeux Olympiques d’été de Los Angeles en 1984, et qui servait à introduire les épreuves du tournoi olympique de boxe, "Moodido (The Match) (Boxing Theme)". Très joli cadeau que nous offre là Toto. Enfin, et même si ce troisième disque ne propose pas de matériel inédit en soi, on peut toutefois saluer l’initiative de proposer en plus en des 2 disques compilant le meilleur de Toto en studio, 8 morceaux interprétés live dans une configuration acoustique, et réunissant les deux sets unplugged déjà présentés sur les 2 albums live, "ABSOLUTELY LIVE" et "LIVEFIELDS". On peut certes déplorer le fait que certaines chansons comme "Georgy Porgy", "99", "I Won’t Hold You Back" ou "Out Of Love" soient également présentes dans leurs versions studio, mais cela ne fait pourtant pas redite, et les titres interprétés en public sont ainsi sublimés. En définitive, nous sommes ici bien en présence de l’une des meilleures compilations existantes consacrées à Toto.

Ornée d’une très belle pochette reprenant l’illustration de la couverture du DVD "GREATEST HITS… AND MORE" sorti en 2002, qui est lui-même la reprise du concert parisien au Zénith en 1990, sorti en 1992 en vidéo sous le titre Live ; avec l’épée symbole de Toto au centre de la pochette, cette compilation composée de 3 disques renferme donc en son sein quelques trésors et brille par l’intelligence et la pertinence de sa conception, ce qui est trop peu souvent le cas lorsqu’il est question de compilation, et c’est d’autant plus tristement et étrangement vrai lorsqu’il s’agit de Toto. Par ailleurs, le livret qui l’accompagne est fort bien fait également, contenant un texte biographique sur Toto signé Johan Vosmeijer – seul regret, il est écrit en néerlandais, mais c’est tout à fait naturel, la compilation "GREATEST HITS… AND MORE" étant destinée en priorité au marché hollandais - , des photographies de la composition du groupe à chacune de ses périodes et de ses incarnations successives, la discographie de Toto, un tableau sur les changements de personnel à travers les années, et enfin une correspondance, chaque chanson étant renvoyée à l’album dont elle est extraite. Bref, du très bon travail, soigné, sérieux et documenté ; un contenant tout à fait à la conteur du contenu, et vice versa.

Ce "GREATEST HITS… AND MORE" est donc l’une des rares compilations existantes sur Toto, susceptible de plaire tant aux néophytes qu’aux plus fins connaisseurs et admirateurs du groupe. Une compilation à recommander très chaudement. A bon entendeur.

Toto "Through The Looking Glass" (2002)


Depuis la parution de l’album studio "MINDFIELDS" et de l’enregistrement en public "LIVEFIELDS", tous 2 sortis à quelques mois d’intervalle en 1999, force est d’admettre que le fan de Toto n’avait plus grand chose à se mettre sous la dent depuis cette année-là, hormis les habituelles et diverses compilations, "GREATEST HITS" ou autres "BEST OF" de toutes sortes, plus ou moins bien réussis et réalisés selon les cas. Et c’est finalement à l’automne 2002, au mois d’octobre que Toto annonce son retour, avec un nouvel album studio, le onzième en date, intitulé "THROUGH THE LOOKING GLASS", et qui permet au groupe de s’aventurer sur un terrain sur lequel a priori on ne l’attendait pas.

En effet, ce nouvel opus studio ne contient aucune nouvelle composition originale, mais se présente comme un album de reprises, exercice ô combien périlleux et risqué dans le monde de la musique ; offrant ainsi à Toto l’occasion de rendre hommage (mais aussi de s’excuser par avance comme l’indique le groupe dans le livret intérieur du disque : "Our love and apologies") à certains de leurs illustres aînés, collaborateurs occasionnels, amis, mais également modèles et influences certaines et parfois même clairement évidentes. Ainsi, comme le révélait Steve Lukather en interview, lors de la sortie de l’album, tous les artistes ici représentés ont globalement toujours apprécié les membres de Toto et leur musique, à l’exception notable d’Elvis Costello, dont le titre "Watching The Detectives" est présent sur l’album, et qui lui au contraire, ne cesse depuis des années de marteler et de cracher sa haine, son venin et tout son mépris pour Toto, groupe qu’il semble profondément détester, et dont le nom même, Toto, lui inspire le plus grand ridicule. En tous les cas, Toto ne semble pas trop lui en tenir rigueur. Mais avec la parution d’un album de reprises tel que "THROUGH THE LOOKING GLASS", on constate également le désir de liberté qui émane de Toto, désormais affranchi de sa précédente maison de disques, l’oppressante et toute puissante Sony/Columbia. Toto est désormais entièrement libre de composer ou de publier ce qu’ils désirent, sans avoir de compte à rendre à qui que ce soit. Les dirigeants de Sony/Columbia ne cessant de tancer Toto à composer et à sortir un nouvel album de la trempe de "TOTO IV", afin de profiter une nouvelle fois d’un énorme succès commercial et surtout financier ; un groupe comme Toto ne peut durablement s’épanouir avec une telle ligne de conduite. C’est un fait indéniable. D’autant plus que les choix artistiques de ces mêmes dirigeants ne comptent pas toujours parmi les plus pertinents. Rappelons à cet effet que le titre "Goin’ Home", présent sur "TOTO XX", devait initialement paraître sur la première compilation des plus grands succès du groupe, en compagnie de quelques nouvelles chansons, "PAST TO PRESENT" en 1990, mais que les décideurs de Sony/Columbia n’avaient pas estimé ce titre suffisamment bon pour qu’il intègre la compilation. A la lumière de cet exemple, on comprendra donc aisément que ce n’est certainement pas une mauvaise chose pour Toto et sa musique de s’être éloigné de Sony/Columbia, qui n’hésite pourtant pas à publier à la pelle diverses compilations de plus ou moins bonne facture, se faisant ainsi facilement de l’argent sur le dos de Toto, exploitant ses riches heures passées, mais sans jamais regarder vers l’avenir qu’il restera toujours à construire pour Toto. Rendant hommage à certains de leurs plus brillants pairs, citons en particulier Bob Dylan, Elton John, George Harrison et les Beatles (Toto avait d’ailleurs déjà repris un titre des Beatles, "With A Little Help From My Friends", présent sur l’album enregistré en public "ABSOLUTELY LIVE" de 1993, et dédicacé à la mémoire de leur batteur défunt, l’immense Jeff Porcaro), Eric Clapton et l’un de ses premiers super groupes, Cream, ou encore Steely Dan ; il n’est donc pas étonnant de constater que la plupart des reprises ici présentées proviennent majoritairement des années 1960 et 1970, la date butoir étant 1980, avec "Could You Be Loved" de Bob Marley. Ainsi, sous une superbe pochette sur laquelle le logo de Toto est totalement rafraîchi, et particulièrement bien réussi à mon goût, "THROUGH THE LOOKING GLASS" s’ouvre donc avec la reprise, assez bien réussie à mon sens, de l’une des chansons les plus célèbres à travers le monde de Bob Marley, figure emblématique du reggae jamaïcain. Etant l’un des titres les plus connus du grand public, ce n’est donc pas une surprise que "Could You Be Loved" (à ne surtout pas confondre avec "Could This Be Love" de l’album "FAHRENHEIT") soit sorti en single sur le marché, de même que "While My Guitar Gently Weeps", l’un des morceaux les plus connus de la carrière solo de l’ancien Beatles, George Harrison, avec "My Sweet Lord" et "Here Comes The Sun" notamment. D’ailleurs, petit détail intéressant à noter, ce n’est pas la première fois que Toto s’aventure sur les terres musicales jamaïcaines, puisque lors de l’enregistrement de l’album "FAHRENHEIT" en 1986, le titre "Modern Eyes", qu’on découvrira seulement en 1998 avec la parution de "TOTO XX", album de raretés et d’inédits, est basé et interprété sur une rythmique de reggae. Comme à l’accoutumée, Bobby Kimball et Steve Lukather se partagent le chant sur l’album à de très rares exceptions près, en particulier sur "Bodhisattva", l’un des grands classiques de Steely Dan, chanté en duo par les 2 compères, ou bien encore lors de la reprise de "It Takes A Lot To Laugh, It Takes A Lot To Cry" de Bob Dylan, extrait de son extraordinaire et mythique album "HIGHWAY 61 REVISITED", paru en 1965. "It Takes A Lot To Laugh, It Takes A Lot To Cry" est ici présentée dans une superbe et bluesy version live, et c’est David Paich qui en assure les parties vocales. Un David Paich également à l’honneur sur une reprise de "Burn Down The Mission", l’un des grands classiques des débuts d’Elton John dans les années 70, initialement paru sur l’un de ses meilleurs albums, "TUMBLEWEED CONNECTION", peut-être son disque le plus "américain", tant dans la musique d’inspiration americana, que dans la mythologie très "far west" des paroles, signées Bernie Taupin, fidèle parolier et collaborateur du prodige anglais. Et même si c’est Bobby Kimball qui est chargé du chant, David Paich rend véritablement hommage sur ce titre à l’un de ses maîtres spirituels, rivalisant de génie et de virtuosité au piano avec son maître. D’ailleurs, David Paich et Bobby Kimball avaient déjà rendu hommage à Elton John et à sa musique en cosignant le titre "Right Part Of Me" en 1984, qui devait paraître sur l’album "ISOLATION" la même année, mais qu’on découvrira finalement près de 15 ans plus tard, sur la compilation "TOTO XX". Ballade romantique par excellente, "Right Part Of Me" est tout à fait dans la lignée de certaines des plus belles compositions d’Elton John. Par conséquent, en reprenant et en gravant officiellement sur disque un titre d’Elton John, la boucle est bouclée, et l’hommage rendu par Toto au pianiste anglais est d’autant plus vibrant et réussi. Indéniablement, l’un des meilleurs titres de "THROUGH THE LOOKING GLASS". D’hommage, et de filiation musicale, il en est également question avec cette superbe relecture du classique de George Harrison, "While My Guitar Gently Wheeps", interprété par Steve Lukather, et qui rend brillamment hommage, tant vocalement que guitaristiquement à l’ancien Beatles, alors tout juste décédé, et qui fut aussi un guitariste de génie, bien souvent sous-estimé. Une autre source d’influence évidente pour Luke, est Cream, l’un des nombreux groupes de blues-rock londonien par lequel a transité notamment Eric Clapton, ou encore Jack Bruce. Et c’est l’un de leur plus fameux succès qui ici représenté, à avoir "Sunshine Of Your Love", avec encore une fois Steve Lukather au chant. Et pour la petite anecdote, il est intéressant de noter que sur l’un de ses premiers albums solo d’Eric Clapton, "461 OCEAN BOULEVARD" en 1974, ce dernier reprenait lui-même un titre de Bob Marley, "I Shot The Sheriff". On perçoit ainsi bien le lien ténu qui unit tous ces artistes. Eric Clapton reprend Bob Marley, Toto reprend Bob Marley et Eric Clapton ; une nouvelle fois, il s’agit donc d’une certaine manière de boucler la boucle. Et ce de bien belle façon. Enfin, dernier artiste à qui Toto, et plus particulièrement Steve Lukather rend hommage, c’est le "vilain" et "méchant" Elvis Costello, remarquable guitariste par ailleurs, avec le funky et sautillant "Watching The Detectives", tiré de son premier album studio, "MY AIM IS TRUE", sorti en 1977, et qui comprend également la magnifique ballade "Alison", certainement la chanson la plus connue d’Elvis Costello. Et fort logiquement, c’est Steve Lukather qui se charge des parties vocales sur ce titre. Passons rapidement sur l’excellent "Bodhisattva" de Steely Dan, extrait de leur troisième album, "COUNTDOWN TO ECSTASY", sorti en 1973, du puissant "I Can’t Get Next To You" (également connu sous le nom de "Next To You") et du funky et urbain "Living For The City", reprise plutôt bien réussie de Stevie Wonder ; ces 3 derniers titres sont parfaitement maîtrisés et s’écoutent avec un plaisir certain, et on sent bien derrière tout cela l’extraordinaire de production fourni par Toto sur cet album. Comme toujours avec Toto, la production est extrêmement léchée, et les 5 membres du groupe ont notamment été aidés en cela par un ancien membre de Toto, Steve Porcaro, qui ne fait certes plus officiellement partie du groupe depuis son départ après la tournée qui suivit la sortie de l’album "FAHRENHEIT", mais qui reste malgré tout très présent lors de l’élaboration de chaque nouvel opus studio du groupe ; Steve Porcaro était déjà présent sur "MINDFIELDS", s’occupant principalement des programmations et des arrangements des claviers, et c’est encore une fois le cas sur "THROUGH THE LOOKING GLASS". L’une des pièces de choix également présente sur cet excellent album est le superbe instrumental "Maiden Voyage/Butterfly", l’un des classiques de Herbie Hancock, magnifiquement interprété par Toto dans une version planante, aérienne et atmosphérique, j’ai presque envie de dire progressive ; un morceau qui aurait très bien pu trouver sa place sur le précédent album studio du groupe, "MINDFIELDS", et qui d’une manière générale s’intègre parfaitement bien dans le répertoire instrumental original de Toto, aux côtés de titres comme "Jake To The Bone", "Dave’s Gone Skiing" ou bien encore "Don’t Stop Me Now". Mais ce qui constitue sans aucun doute le clou de cet album à mon sens du moins, est sans conteste la reprise de "House Of The Rising Sun", chanson traditionnelle américaine, redécouverte par le chanteur de folk Dave Van Ronk à la toute fin des années 1950, réarrangée ensuite dans la forme qu’on lui connaît aujourd’hui par Bob Dylan sur son tout premier album éponyme, "BOB DYLAN", en 1961, mais véritablement popularisée par la version qu’en livreront les Animals d’Eric Burdon quelques années plus tard, et qui inspirera également en France, une version interprétée par Johnny Hallyday, et dans laquelle la maison de passe clandestine dont il est question dans la chanson sera transformée en pénitencier… Tout le savoir faire musical de Toto explose littéralement avec ce titre, et Bobby Kimball semble ne jamais avoir aussi bien chanté. Tout simplement époustouflant.

"THROUGH THE LOOKING GLASS" apparaît donc comme un album surprenant au sein de la discographie de Toto, qu’on n’attendait décidément pas dans le registre de plus en plus à la mode de l’album de reprises. Et pourtant cet exercice, presque un art même qu’est la sortie d’un album tout entier composé de reprises, est parfaitement réussi, même si les critiques n’ont pas épargné ce disque lors de sa sortie, très injustement d’ailleurs à mon sens. Certes, la présence de certains titres peut surprendre ("Watching The Detectives", "Living For The City" ou "Could You Be Loved" principalement), mais cela prouve une fois encore si besoin en était encore, que Toto est vraiment capable de tout jouer. Et de quelle façon ! Décidément, même la pire des plus mauvaises chansons passerait pour un chef d’œuvre si elle était interprétée par Toto. Forcément, on peut très bien ne pas entièrement apprécier le choix des chansons sélectionnées, mais c’est un parti pris évident de la part du groupe, qui a avant tout souhaité se faire plaisir en réinterprétant certains de leurs titres favoris, tout en rendant hommage, et ce dans le même temps, à certains de leurs plus grands modèles et amis (sauf bien sûr Elvis Costello, nous l’aurons tous compris !). Alors évidemment, on ne peut que regretter que Toto nous laisse quelque peu sur notre faim, 3 ans après "MINDFIELDS", sans aucun nouveau titre original, mais on peut néanmoins se consoler avec ces sublimes versions offertes par le groupe de "House Of The Rising Sun", "While My Guitar Gently Wheeps", "Burn Down The Mission" et "It Takes A lot To Laugh, It Takes A Lot To Cry", à mon goût les meilleurs chansons de l’album. Ainsi, alors que Toto s’apprête à partir en tournée étrenner ses nouvelles chansons en compagnie de leur propre répertoire, le temps va subitement rattraper le groupe, et à cette tournée se superposera le 25ème anniversaire de Toto. Bref, encore de belles choses à venir, et surtout à fêter. On peut toujours se dire que "THROUGH THE LOOKING GLASS" est également une façon pour le groupe de regarder une dernière fois vers le passé, en rendant hommage à la musique qui les a bercés durant les années 1960 et 1970, et qu’après une nouvelle tournée, le temps sera venu de proposer du nouveau matériel aux fans de Toto, de plus en plus nombreux année après année. Décidément avec un tel groupe, le meilleur reste encore et toujours à venir…

vendredi 26 décembre 2008

West Coast All Stars "Naturally" (1998)


1 an après "CALIFORNIA DREAMIN'", on reprend presque les mêmes et on remet le couvert.

En effet, si Jason Scheff, Bobby Kimball et Joseph Williams sont toujours là, Bill Champlin a été remplacé par Tommy Funderburk. Ce dernier a une carte de visite pour le moins étoffée puisqu'il est sur le premier Airplay, dans King Of Hearts et What If... A ceci, s’ajoute sa participation en tant que choriste à un nombre d’albums incalculables. Le principe reste le même sauf que les titres repris sont plus à tendance Soul, Rythm And Blues ou bien Pop. Ce "NATURALLY" est peut être encore supérieur au premier avec en point d’orgue 2 morceaux le "How Deep Is Your Love" des Bee Gees et le "Sir Duke" de Stevie Wonder. Ces 2 morceaux originaux sont déjà monstrueux mais ils sont transcendés par la voix de Tommy Funderburk et de Bobby Kimball. Le cover des Bee Gees est un titre à l’origine extrêmement dur vocalement mais tout devient facile et cela vous met des frissons partout. Pour celle de Stevie Wonder, c’est au niveau musical que la compo originale est soignée avec beaucoup de cuivres. Simplement avec leurs voix ils arrivent à retransmettre toute la magie musicale de ce titre. A coté de cela, on déroule les musts, "That’s The Way Of The World" d'Earth Wind Of Fire, "Alone Again" de Gilbert O'Sullivan, "Just The Way You Are" de Billy Joel, "What’s Going On" de Marvin Gaye, "Stairway To Heaven" de Led Zeppelin

West Coast All Stars "California Dreamin'" (1997)


En 1997, le producteur Joey Carbone (producteur entre autre de Joseph Williams et de John O'Banion) décide de lancer un projet avec ce qu’il considère comme les meilleurs chanteurs de Westcoast Music. Il réunit donc une Dream Team composée de Bobby Kimball, Joseph Williams côté Toto et Bill Champlin et Jason Scheff côté Chicago. Le but est de reprendre à cappella des standards de la musique Californienne. Au niveau des performances vocales, nous sommes au dessus de la perfection. Même Bobby Kimball se ballade comme jamais. De plus, on est loin d’un album endormant. Il y a un swing, un rythme d’enfer. Nos 4 compères en plus de chanter nous font la rythmique. Pas besoin d’instrument, il se débrouille très bien sans. Les 4 chanteurs sont sur le même pied d'égalité et sont au sommet de leur art que ce soit en chant principal ou en chœurs. Tous les standards y passent, "California Dreamin" des Beach Boys formidablement revisité, "Rikki Don’t Lose My Number" de Steely Dan, "Hotel California" des Eagles (où ils se permettent de faire les solos de grattes), "Takin It To The Streets" des Doobies Brothers, "We’re All Alone" de Boz Scaggs...

Fury "Fury" (1985)


Fury est un groupe qui nous vient de New York. Il est composé des frères LaBlanc, Robbie et Brian. Ces gars la ne sont pas des inconnus puisque Frontiers les a récupérés avec l’excellent album de Blanc Faces sorti il y a quelques années.

Ce Fury date de 1985 et on doit remercier Retrospect Records de l’avoir réédité. Même si ce label est sujet à polémique au vu surtout des packagings, ils ont quand même le mérite de ressortir des pépites introuvables à ce jour. La pochette fleure bon les années 80 avec tout le coté kitsch qui va avec. Les 2 protagonistes sur la pochette ont un look de joueur de foot Allemand des années 80. Le contenu va paraître pour certains également, kitsch. En effet, on est dans le pur AOR de ces années la. Enormément de synthés avec le son qui va avec, c'est-à-dire un brin daté. Il faut écouter "Sorry To Say" par exemple pour s’en rendre compte. Les envolées synthétiques sont au summum. Pour le reste les compos sont toutes calibrés AOR sans temps mort. La ballade qui tue comme "In Her Arms" et les hits comme s’ils en pleuvaient. Le très remuant "Keep On Dreaming", le Rock And Roll "Look Out Now", l’hymne "Hey Darlene", et tous les autres titres FM à souhait comme "She Don’t Know", "Ready Or Not" ou "Fast Girl". Tout cela orchestré par le talent des musiciens et la superbe voix de Robbie LaBLANC.

Un CD qui ravira les AOR Freaks dont je fais partie pour les autres je pense qu’il faut passer son chemin. En effet, ce Fury est très encré dans son époque et n’a plus grand-chose à voir avec la production actuelle. Il n’en reste pas moins qu’il n’y a pas de titres faibles et qu’au niveau qualitatif cet opus lorgne vers les classiques du genre.

Wildlife "Wildlife" (1983)


Si "INDISCREET" paru en 1986 fût le premier album du groupe FM, Steve et Chris Overland n’en étaient pas à leur coup d’essai : 3 ans plus tôt ils publiaient un album éponyme sous le nom de Wildlife, produit par Mick Ralph, le guitariste de Bad Company et paru sur Swan Song, le label de Led Zeppelin, pas mal comme parrainage ! Côté musiciens, on trouvait Simon Kirke, le batteur de Bad Co, Phil Soussan (Ozzy Osbourne, Steve Lukather) à la basse et Mark Booty (?) aux claviers. Une affiche alléchante pour un album peu connu pour lequel j’avoue un certain faible. Compte tenu des protagonistes on a droit à un mélange de Blues-rock pour les couplets et de FM au sens genre musical pour les refrains "Midnight Stranger", "Surrender". La voix expressive de Steve Overland rappelle parfois celle de Paul Rodgers (Bad Co) ce qui ne sera plus le cas au cours de sa future carrière. Guitares et claviers s’accordent à merveille et si le ton se durcit parfois "Somewhere In The Night" l’ensemble reste toujours très mélodique et entraînant. L’album n’a pas bénéficié à ma connaissance d’une réédition en CD mais le vinyle dort peut-être au fond d’un bac des bonnes adresses, alors à vos marques…

mardi 23 décembre 2008

Interview de Marco Taggiasco (05/2008)


Une longue attente de 4 années se termine pour enfin avoir ton dernier effort solo, mais cela en valait la peine, parce que ton nouvel album est formidable. Félicitations. Une signification derrière ce titre ?

Merci Olivier, les paroles revêtent les pensées et les réflexions d’un homme qui est à la moitié de sa vie. Ce que tu découvres des années écoulées, est qu’en fait chaque moment de ta vie est unique et qu’il ne revient pas ; quoiqu’il en soit et lorsque il est venu le moment de penser à un tire pour ce nouvel album, j’ai réalisé que plus de la moitié des chansons avaient rapport avec le temps j’ai donc pensé : "Cela sera le bon titre !"

Lorsque nous avons découvert "THIS MOMENT", il nous a semblé que ce nouvel album était ouvert à différentes sources d’inspirations. Peut-être un peu plus que sur "THOUSAND THINGS". Ressens-tu cette même sensation ?

Tu as absolument raison, il y a de nombreuses influences dans ma musique - en tant qu’arrangeur et producteur - je suis confronté à différentes approches musicales. Je voulais que cet album représente ces nombreuses couleurs, c’est pourquoi il y a aussi des chanteurs différents.
D’un côté quatre ans, ce n’est pas si long pour un album d’une telle qualité que le tien, mais d’un autre côté et pour les fans, l’attente a été un peu trop longue. Qu’as tu fait durant cette période ?

Et bien, nous avons été très occupé à promouvoir le premier album, nous avons enregistré un DVD live et donné de nombreux concerts, mais ce qui occupe la plus grande partie de mon temps, c’est mon travail en studio. Une autre chose qui m’a bien occupé au cours de ces 4 années écoulée, c’est la sélection des chansons pour cet album, je choisi avec discernement. Avoir de bons titres c’est la première et la plus importante des choses. Même si tu as les interprètes et la production, tu ne peux faire un bon disque sans de bonnes chansons.

Comment s'est passé la conception de ce nouvel album ?

Lorsque nous avons réalisé "THOUSAND THINGS", nous ne nous attendions pas à un tel retour et aucune suite n’était prévue. Mais ce retour a été si positif qu’il a même grandi un peu plus ces dernières années.... Cette reconnaissance si positive envers "THOUSAND THINGS" nous a (Andrea et moi) convaincu d'enregistrer un nouvel album. En même temps, nous sentions que les gens avaient une véritable attente envers un nouveau projet, aussi nous avons attendu d’avoir de vrai bonnes chansons et nous avons travaillé dur pour offrir une meilleur production.

Les sessions d’enregistrements ont été réalisés à Rome, Copenhague et Los Angeles, est-il difficile de planifier tout ce travail ? (cela a du certainement prendre du temps)

Oui c’est certain que cela est dur de réussir à manager et à coordonner le tout. Mon assistant, ainsi que mon producteur exécutif, mon grand ami Mauro Ronconi m’ont beaucoup aider pour le rendre possible.

Cela a été une vrai surprise que de revoir sur "THIS MOMENT" le (disparu) Eric TAGG. As-tu trouvé une formule magique pour ramener sa merveilleuse voix en studio ?

En fait, Andrea et moi nous étions en contact avec Eric et lorsque nous avons commencé a réunir du matériel pour cet album, nous lui avons demandé si il était intéressé pour réaliser des vocaux dessus. La réponse d’Eric fut positive et il nous a envoyé une démo, avec ses chansons non enregistrées. Je fus vraiment impressionné par la qualité du matériel et j’ai décidé de prendre 2 joyaux dans sa liste et je les ai réarrangé pour l’album. Au début, Eric ne voulait faire que les background vocaux, nous l’avons finalement convaincu de faire un duo sur le premier titre de l’album. Mille merci Eric.

Comment as-tu obtenu une star telle que David Pack sur ton dernier album ? Facile de travailler avec lui ?

David est l’une des voix les plus reconnaissable et les plus expressive de la musique moderne. Je suis un de ses grand fan depuis les débuts avec Ambrosia. J’avais sa voix dans mon esprit, dès les premières ligne de "This Moment", il me semblait que je ne pouvais m’en détacher. Aussi, j’ai appelé ma manager et je lui ai demandé d’essayer de contacter le management de David. Nous avons envoyé la chanson et cela lui a plu. Le fait de travailler avec lui en ce qui me concerne, tout ce que je peux dire, c’est qu’en tant que producteur je ne pouvais rêver de mieux. Au delà d’être un merveilleux chanteur, David est une personne spéciale, très spirituel. Je suis honoré de l’avoir sur mon album.

Après simplement 2 albums, une "marque de fabrique" de ton style se détache clairement, de grands arrangements et des vocaux qui nous touchent au plus profond, partage-tu cette vision ?

C’est un souhait de musicien. Une chose que chaque personne qui fait de la musique souhaiterait entendre... mais sur le fonds, la réponse provient du public... tout ce que je peux dire, c’est que j’ai donné le meilleur de moi dans mon travail, pour rendre cet album le meilleur possible à écouter, tu sais, choisir le matériel, travailler dur sur les arrangements, la production, essayer de capter l’auditeur, le surprendre aussi parfois...

Il y a de nombreux temps forts sur "THIS MOMENT" il est certain que "April In My Heart" en est un... Peux-tu nous en dire plus sur ta rencontre avec Anne Marie Bush ? La conception de cette merveilleuse ballade ?

Anne Marie m’a contacté après avoir entendu certaines de mes chansons. Je fus impressionné... sa voix est particulièrement touchante, expressive et sensuelle en même temps, elle peut chanter de tout... Elle m’a envoyé certaines de ses chansons, me demandant d’arranger une ballade pour son quatrième album et j’ai découvert que c’était une fabuleuse compositrice également. Lorsque je me suis rendu à Copenhague pour produire les vocaux, j’ai apporté des morceaux à lui faire écouter qui n’étaient pas terminées. J’avais cette chanson avec pratiquement toute la partie musicale achevée mais sans les paroles, de plus sur le fonds, je n’étais pas vraiment satisfait de cette dernière. Nous avons commencé à jouer la chanson et Anne Marie à trouver les bonnes mélodies pour remplir les vides. Elle a aussi composé toutes les paroles et finalement je me suis retrouvé avec une chanson vraiment remarquable.

Pour être honnête, nombreux de tes fans sont très heureux de revoir Andrea Sanchini. S’est-il plus investi sur ton dernier album ? Un projet solo pour lui dans le futur ?

Andrea est l’un de mes meilleurs amis et c’est un chanteur compositeur très doué. Cela ne m’étonne pas que le public l’adore. Notre collaboration est une réussite aussi bien pour lui que pour moi et je le remercie pour s’être une nouvelle fois enrôlé dans cette association de malfaiteurs (rire). Nous avons déjà réfléchis à l’idée d’un album solo pour lui, j’aimerais le faire. Je pense que tôt ou tard nous le ferons, nous devons juste trouver le bon matériel... et l’argent bien sûr (rire).

Beaucoup de surprises dans ton nouvel album Marco, Cool Night est un site consacré à la Westcoast Music et "You’ve been Runnin’" qui est une cover d’Orleans, pour nous, c’est un clin d’œil à la musique que nous aimons, encourageons et aimons faire partagé. Est-ce que ce fut une reprise qui t’es venu instantanément ou à l’inverse un choix difficile entre plusieurs titres d’artistes ou de groupes que tu aimes ?

Je connaissais Orleans, mais pas cette chanson, mon ami Mauro m’a envoyé le titre et j’ai demandé à Andrea si il était intéressé de faire une version pour l’album. Nous avons enregistré une piste vocale et nous avons été stupéfait du résultat, aussi, nous avons décidé d’inclure la chanson pour l’album.

Avec cette reprise, est-ce une porte entrouverte à un album suivant constitué de reprises de chansons que tu apprécies, mais avec tes arrangements et ta direction musicale ?

Cela dépend de l’intérêt du public pour un tel projet, si certains labels se manifestent avec une offre, cela pourrait se faire... pourquoi pas un album de Noël ?

Quelle est ta playlist actuelle ?

En fait, j’écoute beaucoup de musique, de la pop, du rock, du jazz, de la musique classique, des choses anciennes ou nouvelles.... il est difficile d’établir une playlist.... j’aime la dernière réalisation de Jeremy Lubbock, un véritable chef d’œuvre et j’ai récemment redécouvert "THE ORCHESTRAL ALBUM" de Dave Grusin.

Connais-tu un artiste italien nommé Gégé Telesforo ?

Je pense avoir entendu certaines de ces chanson dans un style soft R&B, un peu jazzy.

Est-tu un artiste capable de créer sa musique partout et à chaque moment de la journée ? Ou ressens-tu le besoin d’avoir une atmosphère particulière ou un lieu spécial pour trouver l’inspiration ?

L’inspiration peut venir de tout, de n’importe quel endroit et à n’importe quel moment. Cela n’est pas liée à quelque chose que tu peux contrôler. Parfois c’est vraiment très peu comme 3 notes.... la dernière chanson de l’album est née de cette façon en fait. Mais lorsque il est venu le temps d’arranger la chanson, tu travailles sur une réelle source d’inspiration.

Tes projets futurs ?

A partir de maintenant, nous allons faire le maximum pour la promotion de ce nouvel album, tu vois : concerts, interviews, etc... j’essaye de voir si il y a une chance de promouvoir ce nouveau projet avec des concerts en Europe dont la Scandinavie, qui sait ?


***

A long awaiting to have your last effort, now the wait is over after four years and it was worth waiting cause your brand new album is brilliant. Congratulations. A meaning behind the title ?

Thanks Olivier. The lyrics of "THIS MOMENT" reflect thoughts and considerations of a man who is halfway on the road of life. What you discover as years go by, is that actually every moment in our life is unique, and it won’t be back, whatever it is. And when it came to think about a name for the record, I realized that more than a half of the songs deal with time so I thought: “This has to be the title!”

When we have discovered "THIS MOMENT", it seems that your new album is open to various ways of musical inspiration. Maybe a little more than "THOUSAND THINGS", do you feel the same sensation ?

You’re absolutely right. There are many influences in my music and - as an arranger and producer - I’m exposed to many different approaches to music itself. I wanted this record to be representative of this variety of colors, that’s why there are different singers too.


Four years, on the one hand is not too much long for a high-qulity album like yours, but on the other, and for the fans, the wait was a little too long. What did you do during this period ?

Well, we’ve been busy promoting the first album, we recorded a live dvd and did a lot of concerts, but what takes most of my time is my job in the studio. Another reason why it took 4 years to me to record another album is that I’m very selective in picking up the songs for a project. Good songs are the first and most important thing, then you have the performers, and then the production, but you can’t do a good record without good songs.
How did the conception of this recording take place ?

When we recorded "THOUSAND THINGS" we didn’t expect such a response, and no follow-ups were in our plans. But this positive feedback has grown even more in these past years… This apprecciation for the album convicted Andrea and me to think about doing another record. At the same time we felt that people had some expectations about a possible new release, so we waited for real good songs and worked harder to offer a better production.

The recording sessions have been done in Roma, Copenhagen and Los Angeles, was it difficult to plan all these works ? (sure it takes so much time)

Yes, it’s been quite hard to manage and coordinate everything. My assistant along with the executive producer, my big friend Mauro Ronconi helped me a lot to make it happen.

It was a real surprise to see again on "THIS MOMENT", the (lost) Eric Tagg. Have you find a magic formula to bring back his marvellous voice on studio ?

Well, Andrea and me were in touch with Eric, and when we started to collect the stuff for the album, we asked him if he was interested to do some vocals on. Eric answered sending us a demo with some of his unreleased songs. I was impressed by the high quality of the material and decided to pick these two real gems and re-arrange them for the record. In the beginning Eric wanted to do BV only, but we finally convicted him to do a duet on the opening track. Big thanks, Eric.

How did you do to have a star like David Pack on your last album ? Easy to work with him ?

David is one of the most distinctive and soulful voices in modern music. I’m a big fan of him since his times with Ambrosia. I had his voice in mind since the very first lines of "This Moment", It seemed I couldn’t escape from that. So I talked to my manager and ask her to try to get in touch with David’s management. We sent the song and he liked it. As far as working with him, all I can say is that a producer couldn’t ask for more. Beyond being an outstanding performer, David is a special, blessed person too. I’m honored to have him on my album.

After only two albums, a trademark of your music is standing out clearly... great arrangements and soulful vocals, share you this vision ?

This is one of the musician’s wish. A thing a music person would always love to hear… But the answer is up to the audience… All I can say is that I work my best to make my job worth to be listened, you know, selecting the material, working hard on the arrangements and production, trying to keep the listener intrigued, surprising him sometimes…

There's many highlights on "THIS MOMENT", sure "April In My Heart" is one of the best, can you tell us more about your meeting with Anne Marie Bush ? The conception of this outstanding ballade ?

Anne Marie contacted me after listening to some of my material. I was impressed… Her voice is touching, expressive and sensual too, she can sing everything… She sent me some of her songs asking me to arrange a ballad for her forthcoming album, and I discovered that she’s a great songwriter too. When I went to Copenhagen to produce the vocals for that track, I brought some unfinished songs of mine for her to listen. I had this song with most of the music done and no lyrics, but I wasn’t really happy with it. We started playing around with the song, and Anne Marie found the right melodies to fill the gaps. She also wrote all the lyrics and we end up with a killer song!

To be honest, most of your fans are really pleased to see again Andrea Sanchini. Has he involved himself much in your last album. A solo project for him ?

Andrea is a big friend of mine and a gifted vocalist and songwriter, I’m not surprised the audience loves him. Our collaboration has been a blessing for the both of us and I thank him so much for being such a great partner in crime! We have been ponderating the idea of a debut album for him, I would love to do it. I think we’ll do it sooner or later, just have to find the right material… and the money! (lol)

Many surprises on your new album, you know Marco, Cool Night is a Westcoast Music site and "You've Been Runnin'" a cover of Orleans, for us, is a wink to the music that we love, support and share. Was it a spontaneous cover from your part or a delicate choice between several titles from bands or artists that you like ?

I knew Orleans, but I didn’t know the song. My friend Mauro sent me the song and I called Andrea asking him if he would have been interested in doing a version for our record. We recorded a rough vocal line and I was impressed by the result, so we decided to include the song on the album.

With this cover, is it an open door for a next album with only remakes of songs you like but with your arrangements and your musical direction ?

It depends on the interest of the audience for such a project, if some label comes up with an offer it could be done… maybe a Christmas album…

Which is your current playlist ?

I actually hear a lot of music, pop, rock, jazz, classical music, old stuff, new stuff… Hard to define a playlist… I loved Lubbock’s last release, a real masterpiece, and I recently rediscovered "THE ORCHESTRAL ALBUM" by Dave Grusin

Did you know this italian artist called Gege Telesforo ?

I think I heard some songs from him… like soft R&B, a bit jazzy…

Are you an artist who creates music everywhere and everytime in the day ? Or do you need a special mood and a place that brings you inspiration ?

The inspiration can come from everything, everywhere, everytime. It’s not related to anything you can control. Sometimes it’s a very little thing like three notes… the last song of the album was actually born this way... But when it comes to arrange is the song you’re working on the real source of inspiration.
Your future plans ?

For now we’re doing any possible effort to promote the album, you know, concerts, interviews etc. I’m trying to see if there’s a chance to promote the project with concerts in Europe and Scandinavia. Who knows…

Marco Taggiasco "This Moment" (2008)


On ne peut pas dire qu’à l’instar de la France, l’Italie soit véritablement un pays de Westcoast Music. Musicalement, ce pays a toujours proposé à la France des artistes de variétés avec la voix éraillé comme les Toto Cuttugno, Eros Ramazotti et Humbert Tozzi. On ne peut pas dire que c’était ma tasse de thé. Parfois, par contre des chanteurs comme Laura Pausini ou Nek apportaient un autre style et ont sortis des albums pour le moins recommandables. Tout cela pour dire que j’avais entendu parler de Marco Taggiasco grâce aux sites spécialisés et plus particulièrement à celui de l’ami Bruno.

En 2004 était sorti son premier opus "THOUSAND THINGS" acclamé par les critiques. Un nouveau prodige de la Westcoast semblait être né. Pourtant, le garçon a bourlingué pas mal avant d’arriver la. Il a œuvré dans différentes formations jazz avant de rencontrer dans les années 2000, le chanteur Andrea Sanchini. Une amitié profonde naquit ce qui déboucha sur une collaboration avec Marco à la production et aux synthés et Andrea au chant. Sur le premier album, Andrea assure d’ailleurs la totalité des vocaux. Ce qui n’est pas le cas ici car Marco a fait appel à du lourd voir du très lourd. Il a sorti de sa retraite Eric Tagg un très grand de la musique Californienne auteur de plusieurs albums solos et ayant travaillé avec Lee Ritenour. Celui-ci a d’ailleurs écrit le premier titre "Another Waste Of Time" mais Taggiasco en voulait plus. Il a donc convaincu Tagg de venir faire un duo sur ce titre avec Sanchini. Le résultat est tout bonnement somptueux. Un morceau soft Westcoast par excellence. La pureté des voix, les arrangements sublimes bref un grand moment. Dans le même genre grandiose, "This Moment" ou la on retrouve Mr David Pack au chant. Ce type est certainement le plus grand chanteur de Westcoast. Le titre lui sied à ravir avec ces parties de saxo cajoleuses. Je ne connaissais pas le talent vocal de Andrea Sanchini mais là c’est la baffe. Ce type a une voix magique à la Bill Cantos et tous les titres qu’il interprète sont sublimes. Les soft "Radio Silence" et "Can’t Bring Back Yesterday", le plus rythmé "Let My Love Grow". Que du Bonheur à l’écoute de ces petits bijoux de douceurs et de grâce. Idem pour le très bon "April In My Heart" interprété par Anne Marie Bush. Même la reprise du groupe Orleans, "You’ve Been Runnin'" est supérieure à l’originale.

En France on parle plus des Italiens pour le football, j’aimerais maintenant que l’on célèbre également le talent de leurs musiciens et plus particulièrement celui de Marco Taggiasco. Il le mérite.

Interview de Marco Taggiasco (14/01/2007)


Né à Rome en Italie, Marco a commencé à jouer de l’orge à 16 ans en apprenant les harmonies et la théorie musicale par lui même. Au cours de la fin des années 70 et au début des années 80, il a effectué de nombreux gigs à Rome et dans ses alentours avec son propre groupe, jouant toujours un matériel original issu de leur répertoire. Le premier groupe fut intitulé Marco Taggiasco Fusion et participa à de nombreux festivals de musique locale et à des manifestations et concours destinés aux jeunes groupes. En 1982, il forme Fulltime Dance, un groupe de fusion orienté dance avec des cuivres et mettant en vedette des joueurs de sessions et de la scène jazz comme Aldo Bassi, Marco Siniscaldo, Andrea Polinelli, Andrea Pighi, parmi bien d‘autres. Il a écrit beaucoup de matériel avec son frère, un talentueux compositeur et batteur jusqu‘en 1987, année ou le groupe se sépara. En 1991, il fit équipe avec Jacopo Benci, un compositeur pour lequel il a réarrangé et produit beaucoup de son répertoire et en même temps il fit des gigs avec son groupe Grooveland en tant que directeur musical. Durant les années 90, il a focalisé ses efforts sur le travail de studio, produisant et faisant les arrangements pour des chanteurs. Son travail inclue également des arrangements pour des big bands aussi bien que l’écriture de musique pour le théâtre ou des courts-métrages.

Merci Marco de prendre du temps pour répondre aux questions du website Cool Night. Ton dernier album "THOUSAND THINGS" a été très bien reçu en France, spécialement par les fans de Westcoast !

Merci Bruno, oui, je ne m’attendais pas à une telle réaction aussi positive et je suis vraiment heureux d’être ici pour donner ma première interview française.

Comment en est tu venus à écrire de la musique et à faire des arrangements ? Quelle est ton parcours musical ?

Et bien je dois dire que j’ai toujours été fasciné par la musique orchestrale, j’avais l’habitude d’écouter Burt Bacharach lorsque j’étais enfant, de même en grandissant j’ai découvert les arrangeurs et compositeurs Claus Ogerman, Henry Mancini, Johnny Mandel, mais j’ai vraiment commencé à étudier la musique par la découverte des disques d' Eumir Deodato. J’étais encore dans mes jeunes années lorsque son jeu au piano électrique, accompagné de combinaisons orchestrales m’a littéralement scotché. C’est un des mes grands amis et j’ai appris beaucoup de lui et je continue.

Peux tu nous parler de tes influences musicales. Avec quelle genre de musique as-tu grandis, as-tu été bercé par une atmosphère musicale ? A partir de quel âge as-tu commencé à écrire des chansons ?

Je n’ai pas grandi dans une famille de musiciens et le seul chemin qui permettait d’étudier sérieusement la musique au milieux des année 70 était d’atteindre le conservatoire, j’ai commencé à apprendre la théorie et les harmonies par moi même, car pour se procurer des partitions concernant des arrangements de jazz, c’était presque impossible parce que les livres étaient extrêmement rare et chers. J’avais l’habitude de donner des titres à un ami de mon oncle qui était pilote de ligne qui me rapportait les livres lors de ses trajets aux USA. J’ai commencé à écrire et à arranger la musique très tôt, je n’avais pas les connaissances basiques pour le faire, mais tu sais, quand tu es jeune, tu as cette adrénaline, surtout au cours de années 70, je fus attiré par la scène Jazz Rock et j’ai rapidement monté mon groupe qui était un groupe composés de nombreux musiciens avec des cuivres, des percussions. Mon frère était à la batterie, le son était influencé par la scène Jazz Fusion, j’adore The Crusaders et Dave Grusin...

A l’intérieur du livret du CD, nous pouvons lire une dédicace et voir une photo consacré à Eumir Deodato, j’espère que ce n’est pas trop personnel pour te demander qui est cette personne...

C’est l’un des plus grands producteurs et arrangeurs dans le monde de la musique depuis 4 décennies, un artiste multi-platine dont les crédits vont de Earth Wind & Fire à Roberta Flack, en passant par Franck Sinatra à Aretha Franklin, incluant aussi, Antonio Carlos Jobim, Kool And The Gang et Bjork. Je ne reviendrais pas sur son imposante et incroyable carrière en tant qu’artiste solo. Son énergie est une étoile qui brille toujours en dépit d’une longue route. J’espère que nous ferons quelque chose ensemble tôt ou tard.

Ton album "THOUSAND THINGS" est superbe. peux-tu nous expliquer le processus de création des chansons ?

Je te remercie Bruno. Tu sais chaque chanson possède sa propre histoire mais en règle général, je mets du temps pour composer, je dois admettre que je ne suis pas prolixe. J’ai tendance à travailler très profondément sur chaque aspect de la chanson, de faire de mon mieux pour garder une certaine distance avec les clichés et même avec des "Westcoast clichés"... Selon mon opinion, chaque élément dans une chanson est crucial : la mélodie, les mots, le chant, l’interprétation, les arrangements, la production. Tout doit être bien construit pour parvenir au meilleur résultat. D’un autre côté, la plupart du temps, je suis relativement rapide pour les arrangements, pour la composition et la réalisation et c’est devenu quelque chose d’habituel lorsque je travaille pour d’autres artistes.

"Never too Late (For Love)" est un merveilleux hit avec ses intéressants et sincères lyriques. Peux-tu nous en dire plus à propos du sens et de l’histoire qui se cache derrière.

Sur le fond, j’écris les paroles en raison d’un manque de collaborateurs, j’écris et je produis de la musique instrumentale depuis longtemps. Lorsque j’ai eu l’occasion d’écrire des paroles, j’ai commencé à chercher un parolier, mais en fait, j’ai trouvé surtout des "folk singers" capables d’écrire des paroles aux sens profond mais qui n’avaient aucune bonnes connaissances musicales ou des paroliers pop qui sont loin d’être très subtils. Aussi, j’ai commencé à écrire par moi même, mais je dois admettre que c’est très difficile pour moi de le faire, ce n’est pas mon job que d’écrire des paroles. Pour "Never too Late (For Love)", cela est parti d’un élément mélodique, un simple riff créé par Andrea (Sanchini), je l’ai trouvé si inspiré que j’ai écrit la chanson en quelques jours. Les paroles reflètent le paradoxe de notre monde contemporain ou le seul chemin qui puisse nous sauver est l’amour et il existe toujours une chance de le donner.

Tu as produit "THOUSAND THINGS", est-ce quelque chose de naturel pour toi ou était-ce l’occasion d’avoir les mains libres pour réaliser ce que tu voulais ?

En fait, "THOUSAND THINGS" a été une expérience. Je n’avais encore aucune idée de ce à quoi ressemblerait l’album à la fin. J’avais un paquet de chansons et il y avait ce jeune chanteur si talentueux, aussi nous nous sommes dit :”pourquoi ne pas essayer d’enregistrer ces chansons et attendons un peu de voir les réactions du public ?”. Cet album a été réalisé avec un budget vraiment limité. Et c’est vrai, j’ai eu les mains libre pour réaliser ce que je voulais, c’est un projet indépendant, nous n’étions pas liés par des contraintes commerciales, pas de formatage et pas de délais.

Quelles sont les circonstances qui ont provoqué ta rencontre avec Andréa Sanchini ? A travers l’album, nous ressentons un feeling naturel qui semble partagé entre Andrea et toi, spécialement sur le magnifique "Hangin’ On Tomorrow".

Andrea est bien plus qu’une partie de ce projet, c’est lui qui a donné vie à mes chansons. Je n’aurais pu enregistrer sans lui. Je pense à le remercier à chaque fois que je parle de cet album. Nous nous sommes rencontrés il y a quelques années sur internet, j’avais laissé un message sur un forum consacré aux musiciens et il a répondu. Nous partageons le même feeling en ce qui concerne les choses qui tournent autour de la musique et travailler ensemble fut vraiment amusant. "Hangin’ On Tomorrow" fut le dernier morceau de "THOUSAND THINGS", le dernier morceau a être écrit... j’avais le couplet, la construction et une partie du refrain mais je ne pouvais aller plus loin, Andrea a écrit le reste de la musique et a complété les paroles en un tour de doigt.

Peux-tu nous en dire plus au sujet de son parcours, de ses influences ?

Je pense que la musique est une seconde nature pour lui. Il a toujours jouer et écouter de la musique. Il joue de la batterie, de la guitare et du clavier. En dépit de son jeune âge, il connaît tous les maîtres du passé de la Soul au Jazz et tous les grands compositeurs américains. Il a de nombreuses influences dans sa manière de chanter, de Stevie Wonder à James Taylor, mais je pense qu’il a aussi sa propre personnalité. J’aime sa manière d’écrire... 3 morceaux de l’album sont de sa main.

Ton dernier album est vendu sur CD Baby, tes réactions à ce sujet ?

Internet a dramatiquement changer la façon de promouvoir et de distribuer la musique, mais les mecs à CD Baby ont toujours un pas d’avance, ils possèdent une organisation incroyable. Ce n’est pas une surprise que des grands noms signés sur des majors peuvent se retrouver sur CD Baby maintenant.

Est-ce que internet a rendu les choses plus facile pour vendre sa musique pour un artiste comme toi avec l’exemple de CD Baby. Que pense tu de la musique en ligne et du téléchargement illégal ?

Bien sûr que je suis contre c’est un manque de respect envers l’artiste et son travail, mais d’un autre côté, enregistrer et réaliser un album coûte nettement moins chère qu’auparavant, aussi je pense que l’industrie du disque devrait contenir le prix de sa production, c’est pourquoi je souhaitais que mon album reste dans un prix raisonnable.

Quel est ton meilleur souvenir de studio ?

En fait, il y a en a tellement ! Mais je vais vous en raconter un. Lors de mon premier travail en studio en tant qu’arrangeur j’étais très jeune et sans expérience, je devais travailler avec des musiciens expérimentés, tous étaient bien plus âgé que moi. J’écrivais tous à la main car à cette époque, je n’avais pas la chance de voir défiler les arrangements devant moi, car avant, il n’y avait pas de séquenceur ou de sampler. Aussi, je suis allé dans le studio avec mes parties en pensant “ suis-je supposé dire à ces personnes ce qu’ils doivent faire ou jouer”, je partais dans l’inconnu, ce fut une grande transpiration pour moi, mais finalement tout c’est bien fini et j’ai appris beaucoup de ces personnes, je garde toujours ce souvenir dans ma mémoire.

Les fans français de Westcoast Musique restent nostalgique de la Westcoast des années 80. Que pense-tu de la Westcoast Musique en générale ?

En fait, je pense qu’il y aura toujours un public pour les belles mélodies, les harmonies qui attirent l’attention et un chant de qualité. Les chansons qui rentrent dans ses critères ont eu leur temps commercial qui correspondait à une certaine période, sur le fonds je pense que cette expression "Westcoast" est devenue une façon d’identifier cette approche de la musique. Aussi, beaucoup de fans de Westcoast écoutent également des standards de Jazz, de Soul, de Country ou de musique classique, mais je pense que la plupart, voir tous, recherchent la même chose dans la musique, sans se soucier du style ou de l’année.

Beaucoup de critiques dessinent un parallèle entre ton travail musical et des légendes de la Westcoast comme Michael McDonald et Bobby Caldwell, est-tu d’accord avec cette comparaison, apprécies-tu ces deux artistes ?

Je suis très honoré de voir mon nom associé avec de tels artistes, ce sont d’excellents compositeurs et interprètes.

As-tu des contacts ou projets avec des grands noms de la scène Westcoast ?

Oui j’ai des touches avec certains d’entre eux, parfois eux mêmes ou avec leur management, je ne veux pas en dire plus pour le moment, mais je n’exclu pas la possibilité que certains apparaissent comme guest sur mon prochain album.

Tu fais partie actuellement du revival de la scène Westcoast européenne comme George Grunwald, Peter Friedstedt, Frédéric Slama... Connais-tu ces artistes et que penses-tu de leur travail ?

Je dois dire que je n’en connais pas beaucoup de cette scène européenne, mais avec cette vague revival des nouveaux noms sont apparus, c’est excellent, c’est vraiment bon signe. Je pense qu’il apporte une nouvelle fraîcheur et un travail inspiré pour cette musique.

Est-ce que la Westcoast est populaire en Italie ?

Pas aussi populaire que dans la partie nord de l’Europe, mais il existe un bon nombre de fans vraiment très passionnés.

Quels sont tes projets, peut-on s’attendre à un nouvel album pour le futur, sil te plait répond par la positive !

Arrangé et produire et mon principal travail et j’ai peu de temps pour des projets personnels. D’un autre côté "THOUSAND THINGS" a reçu un accueil si favorable (et tellement inattendu) de partout dans le monde, j’ai reçu tellement de demandes pour un nouvel album ! Je travaille actuellement sur de nouvelles chansons, mais je veux prendre mon temps pour réaliser quelque chose dont je sois fière. Peut-être à la fin de l’été. Qui sait ?

Des plans pour une tournée ou des dates en France ?

J’aurais vraiment aimé, surtout que j’ai un paquet de fans en France mais je pense que c’est trop tôt. Mon projet s’est développé par mes propres ressources et je devrais pour cela chercher une agence pour sérieusement envisager de tourner, de s’occuper de la promotion et aussi avoir la possibilité d’avoir des musiciens locaux pour jouer.

As-tu un souhait ou une mauvaise habitude à perdre pour cette nouvelle année ?

La pire habitude est que je suis musicien et j’ai bien peur que je ne peux rien y faire.

Un message à transmettre à tes fans français ?

La chose la plus importante est de vous remercier pour apprécier ma musique. Vraiment un grand merci à vous, à toi Bruno et aux personnes à Cool Night. J’espère venir tourner en France dans un futur proche.

Merci beaucoup pour tes réponses.

Ce fut un plaisir Bruno, restons en contact.

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Born in Rome, Italy, Marco started to play organ at age 16 self teaching harmony and music theory. During the late 70s and the 80s he gigged a lot in Rome and around with his own bands always playing original repertoire. The first band named Marco Taggiasco Fusion participated in many local music festivals and contests for young bands. In 1982 he formed Fulltime Dance a fusion dance/oriented band with horns and featured session players from the jazz scene like Aldo Bassi, Marco Siniscaldo, Andrea Polinelli, Andrea Pighi among the others. He wrote most of the material with his brother, a talented songwriter and drummer, till 1987 when the band retired. In 1991 he teamed up with Jacopo Benci, a songwriter for whom he re-arranged and produced most of his repertoire also gigging with his band Grooveland as a music director. During the nineties he has focused his efforts on the studio work producing and arranging for singers. His works also include arranging for big bands as well as writing music for theater and short movies.

How did you come to write and arrange music ?
What is your musical background ?


Well, I have to say I’ve always been fascinated by orchestral music, I used to listen to Burt Bacharach when I was a child, as well as many arrangers and composers that I later discovered to be named Claus Ogermann, Henry Mancini, Johnny Mandel... But I actually started to study music because of Eumir Deodato’s records. I was in my early teens and his electric piano playing combined with his use of the orchestra literally struck me. He’s a big friend of mine, I learned a lot from him, and I still do.

Can you tell us your influences in music. With what kind of music have you grown, have you surrounded by a musical atmosphere ? When did you start writing songs ?

I didn’t grow in a music family, and the only way to seriously learn music at that time (mid 70s) was to attend the Conservatory, but I needed a shorter way. So I started self-teaching music theory and harmony, but even books about jazz arranging were extremely rare and expensive. I used to give the titles to a friend of my uncle (a flight pilot), and he brought me the books when coming back from the states. I started to write and arrange music very early, I didn’t had the basic knowledge for doing it but, you know, when you’re young it’s all adrenaline! And then, during the seventies I was attracted by the jazz rock scene and soon I formed my own band. It used to be a large combo with horns and percussion and my brother on drums, the sound was influenced by the fusion scene of that time, I loved The Crusaders, Dave Grusin...

Inside the booklet of "THOUSAND THINGS", we can read a dedication and a picture about Eumir Deodato. I hope, it’s not too personal to ask you about this person...

He’s one of the top producers and arrangers in the music universe since four decades, a multi-platinum artist with hundreds of credits spanning from Earth Wind & Fire to Roberta Flack, from Franck Sinatra to Aretha Franklin, including Antonio Carlos Jobim as well as Kool And The Gang and Bjork not to mention an incredible solo career as a recording artist. His star’s still shining in spite of such a long road, and I hope we’ll do something together sooner or later.

Your album "THOUSAND THINGS" is superb. Can you explain us the writing process of the songs ?

Thanks Bruno. You know, every song has its own story, but usually it takes time to me to write, I must admit I’m not very prolific... I tend to work hard on any aspect of the song, doing my best to keep away from clichés, even “west coast” clichés... In my opinion, every song element is crucial: melody, words, singing, performance, arrangement, production. Everything has to be fine-tuned to achieve the best result. On the other hand, most of the times I’m quite quick in arranging once writing is done and this comes useful when working for other artists.

"Never Too Late (For Love)" is a marvellous hit with heartfelt & interesting lyrics. Can you say us a little bit about the story and the reflection behind this song.

I have to say I came to write lyrics because of lacking of collaborators. I’ve been writing and producing instrumental music for a long time, and when it happened to me to write songs, I started to look for lyricists, but I found that so often you have folksingers able to write deeper lyrics but with no good music taste, or pop lyricist that often are more than obvious. So I begun to write lyrics on my own, but I must admit it’s always the hardest part for me to finish, that’s not my job. As far as "Never too Late (For Love)", it actually comes from a melodic cell, a simple riff created by Andrea (Sanchini). I found it so inspiring that I wrote the song in a couple of days. Lyrics reflect the paradox of this present world, where the only way to save ourselves as human beings is love, and there’s always a chance for us to give.

You have produced "THOUSAND THINGS", is it something natural, or was it the possibility for you to have the hands free to achieve what you wanna do for this record ?

"THOUSAND THINGS" has actually been an experiment. I had no idea of what the record would have been in the next. I had a bunch of songs and this young talented singer, so we said each other "Why don’t we try to record some of this stuff and try to see people’s reaction ?" The album has been made with an extra-limited budget. And yes, I had hands free cause it’s an independent project, we had no commercial boundaries, no format to take into accountt, no deadlines.

In which circumstances did you meet Andrea Sachini ? Through the album, a natural feeling seems shared between you and Andrea, specially on the highlight "Hangin’ On Tomorrow".

Andrea is way more than part of the project. He’s the one who literally brought life to my songs. I could do the record only because of him. I should thank him everytime I talk of the record. I had a lot of good singers, but no one of them did the work as Andrea. And I think his best is yet to come. We meet some years ago, thanks to the internet, I left a message on a musicians forum and he answered. We share the same feeling about same things in music, and working together is real fun... "Hangin’ On Tomorrow" has been the last tune of "THOUSAND THINGS" to be written... I got the verse, the build and part of the chorus, but I couldn’t go further. Andrea wrote the rest of the music and completed the lyrics in a snap.

Can you tell us more about him and his background and influences ?

I guess music is second nature to him. He’s always been listening and playing music. He plays drums, guitar and keyboards. In spite of his age, he knows all the masters of the past from jazz to soul, and all the great American songwriters. There are many influences in his singing, from Stevie Wonder to James Taylor, but I think he’s got a very distinctive personality. And I love his writing too... Three cuts on the album are his fault!

Your last album is sold at CD Baby. Tell us more about that.

The Internet dramatically changed the way to promote and distribute music, but the guys at CD Baby took this a step further, they have an incredible organization. Is not a surprise that even big names signed with major labels can be found on CD Baby now.

Has internet made it easier for selling music for an artist like you, we can find your CD on CD Baby. What do you think about the online music and illegal download ?

Of course I disagree, it’s a lack of respect for the artist and his work but, on the other hand, making a record nowadays costs a fraction of how it used to be, so I guess that the record industry should do something to contain the price of recorded music. That’s why I wanted to keep my album on a reasonable price.

What is your best studio memory ?

Actually there are a lot! But if I had to say one, maybe is my very first time in the studio as an arranger. I was very young and it was my very first job with long time experienced musicians, all of them older than me. I wrote everything by hand and I had no chance to preview the arrangement cause no sequencer or sampler existed at that time. So I came into the studio with the parts thinking: “Am I really supposed to tell these people what they have to do?” It was big sweat for me but everything went right in the end, and I learned a lot from that people. I still remind it !

French Westcoast fans are nostalgic about 80's Westcoast. What do you think of Westcoast music in general ?
I actually think there will always be an audience for beautiful melodies, intriguing harmonies and good singing. Songs made with this approach have had their commercial time mostly within a certain period, but I think the expression "Westcoast" has just become a way to identify that approach. Many of Westcoast fans also listen to standards, jazz, country, soul or classical music, but I think all of them look for the same things in music, no matter the genre or the year of release.

Many reviews draw a parrallel between your musical craft and Westcoast legends like Michael McDonald & Bobby Caldwell. Are you agree with this comparison ? Do you appreciate these two artists ?

I’m honored that people associate my name to the ones of such big artists. They all are excellent songwriters and incredible performers.

Do you have any contact or project with big names of the Westcoast music scene ?

Yes, I’m in touch with some of them, both personally or through their management. I don’t want to say too much about it, but I don’t exclude I will have some of them as guests on my next album.

You're a part of the european west coast revival music scene, like George Grunwald, Peter Friestedt, Frederic Slama... Do you know these guys and what do you think of their work ?
I have to say I don’t know much about the european scene but with this revival wave many new names are coming out and that’s fine, is a good sign. I think they can bring a fresh, inspired approach to this music.

Is Westcoast music popular in Italy ?

Not so popular as in Northern Europe, but there’s a bunch of very hardcore fans here.

What are your projects ? Can we hope a new album next ? Please, say yes !!!

Being arranging and producing my main job, I have no much time left for personal projects. On the other hand, "THOUSAND THINGS" had such a good (and totally unexpected) response almost in any part of the world, that I’m having many requests to do another record. I’m actually working on some songs, but I want to take my time to go out with something I’m proud of. Maybe this late summer... Who knows ?

Any plans of a french tour ?

I would love it, really. I have quite many fans in France, but I think is too early. My project relies only on personal resources and I have to look around to find an agency seriously willing to take care of live promotion, maybe using local musicians.

Have you a wish for this new year or a good resolution to take for breaking a bad habit!!!

My worse habit is to be a musician, and I’m afraid I can’t help it!

Leave a message here for your french fans.

The rightest thing I can say is a huge thank you for your apprecciation in my music. Really. Also big thanks to you, Bruno and to all the people at Cool Night. Hope to come touring in France soon.

Thank you very much for your answers.

Take care, Bruno. Let’s keep in touch.