dimanche 30 novembre 2008

Bobby Caldwell "Soul Survivor" (1995)


Comme le titre le suggère, Bobby Caldwell nous offre au travers de cet album paru en 1995 des titres très orientés Soul, mais et c’est tout le talent du musicien, une interprétation et des arrangements clairement inclinés vers la Westcoast Music.

C’est toute la magie de cet album que de nous présenter une majorité de reprises interprétées de façon magistrales par la magique voix de Bobby et des compositions personnelles qui soutiennent la comparaison avec ces standards. Au rayon des reprises nous trouvons "You Precious Love" de Ashford & Simpson, "Don’t Ask My Neighbours" composé par le défunt Skip Scarborough et interprété par The Emotions, "Walk On By" célèbre par l’interprétation de Dionne Warwick et "Until You Come Back To Me" de Stevie Wonder et repris a de multi-reprise par des artistes comme Aretha Franklin, Léo Sayer et du défunt Luther Vandross. Sans oublier "At Last" et "Let Be Me In". Sur les 4 titres composés par Bobby un Blue Eyed Soul plein de feeling "I Give In" et surtout 3 titres remplis de ce California sound qu’on adore "Show Me", "Promise" et l’énergique rock "Back In The Fire".

Sur certains morceaux on retrouve une équipe composée entre autre de Greg Phillinganes, Paul Jackson Jr., Vinnie Colaiuta, Lenny Castro et son compère Luis Conte, Neil Stubenhaus et Randy Waldman, ainsi que quelques apparitions du saxophoniste méga star du Smooth Jazz, Boney James. Un pur moment de bonheur que ce "SOUL SURVIVOR" qui plaira aux amateurs de Westcoast raffinée.

Bobby Caldwell "Where is Love" (1993)


Un album tous les 2 ans, tel est le rythme adopté par Bobby Caldwell. A chaque approche, mon regard parcourt avidement le présentoir du rayon Calif de la Fnac des Ternes à Paris, à la recherche de la silhouette qui orne les pochettes de ses albums. Cette fois, on la voit gravir les marches en touches de piano d'un escalier qui s'élève dans un ciel bleu nuit. L'ambiance est raffinée, à l'image de la musique qui nous conduit, elle aussi, au firmament. Les mélodies vous enveloppent de leurs arabesques "One Love", "Where Is Love" portées par la voix sublime de Bobby : pure et expressive, "Once Upon A Time", "Love Lite". "Carry Anne" retrouve la veine reggae de "Every Man" sur l'album précédent, mais il s'agit du seul point commun tant cette nouvelle galette le surpasse en qualité. Peu de participations extérieures, il faut dire que Bobby est un génie des claviers et des guitares. On notera toutefois la présence de Michael Landau sur 2 titres dont "Rina" au refrain enchanteur.

Vous l'avez compris, je vous incite fortement à acquérir ce CD que je qualifierai avec réserve de chef d'oeuvre. Cependant, afin de démontrer mon objectivité, je vous déconseillerai à l'audition des 2 derniers titres où l'on croirait entendre Frank Sinatra... On frémit tout en espérant qu'il s'agit d'un égarement passager et non les prémices d'une orientation future...

Bobby Caldwell "Stuck On You" / "Solid Ground" (1991)



2 ans après la sortie du prestigieux "HEART OF MINE", Bobby Caldwell nous revient en 1991 pour un album différent.

Evitant de se répéter, cet album prépare le terrain à une évolution de sa musique. Les 2 premiers morceaux de l’album en apportent la preuve avec un très Soul "Don’t Lead Me On" accompagné par la présence des cuivres du Tower Of Power suivit du Jazz vocal "Stuck On You", très typé Tony Bennett. A l’évidence, à l’écoute de "SOLID GROUND" on est frappé par l’aspect disparate de cet album. Touchant de nombreux registres, aussi bien Jazz avec "Stuck On You" et "Back To You", cette dernière, en duo avec la chanteuse Marilyn Scott ; la présence de nombreux accents prononcés vers le Reggae avec "Every Man" et "Solid Ground", une chanson Pop "Promise Land", et enfin des morceaux nettement plus orientés Westcoast comme "Janet" qui fut un tube pour les Commodores, "Cry" et "Don’t Give Me Bad News", sans oublier la très jolie ballade "Without Your Love".

Avec le recul, on s’aperçoit que "SOLID GROUND" marque un tournant dans la carrière de Bobby Caldwell au cours des années 90. Le succès du single "Stuck On You" dans les charts Smooth Jazz amènera sûrement des certitudes dans l’esprit de l’artiste à continuer dans cette direction. Les futurs albums exploreront pour le restant de la décennie des horizons crooner Jazz/Big Bands et Soul. Sur le fond, un album agréable à écouter mais pas un must parmi la discographie de Bobby.



Bobby Caldwell "Heart Of Mine" (1989)


Avec déjà une riche carrière a son actif et 4 albums réussis, en 1989, Bobby Caldwell a l’excellente idée de faire paraître un album qui comprend en partie des compositions qu’il a offerte à d’autres artistes.

L’idée se révèle magistrale et nous offre un must de la Westcoast Music. "HEART OF MINE" représente la parfaite harmonie entre des ballades magnifiques et des mid-tempos somptueux. Tous est lumineux sur cet album et coule de source entre cette voix incroyable, accompagnée de mélodies cristallines et d’accords limpides. Les arrangements sont parfaits comme en témoigne un "Real Thing" merveilleux. Si le single "Heart Of Mine" fut un gros succès au Japon, comme l’album sur le marché asiatique, il a été certifié double platine et album de l’année pour le magazine musical japonais "Adlib". Cette composition signée Bobby Caldwell/Jason Scheff/Dennis Matkosky avait fait le bonheur de Boz Scaggs sur son album "OTHER ROADS" paru en 1988, lui offrant ainsi un gros hit aux Etats-Unis. D’ailleurs, c’est un peu la particularité de cet album que de nous offrir des hits que Bobby Caldwell avait offert à d’autres interprètes. C’est le cas des très jolies balades "Stay With Me" ou "Next Time I Fall" toutes deux écrites pour Peter Cetera et dont la dernière présente sur l’album "SOLITUDE/SOLITAIRE" de l’ancien chanteur de Chicago en 1986 et chanté en duo avec Amy Sky et fut numéro 1 dans les pop charts aux USA. "All Or Nothing" pour Al Jarreau sur "HEART'S HORIZON" et enfin "In The Name Of Love" qui se trouvait également présente sur l’album "TAKE TO THE SKIES" (1989) du prestigieux saxophoniste Richard Elliot. Malgré ses talents de multi-instrumentiste on retrouve parmi les musiciens présent sur cet album Michael Landau, Jimmy Haslip et Dave Koz.

Terence Boylan "Terence Boylan" (1977)


Grâce encore une fois au merveilleux label, Wounded Bird on a droit à une réédition d’un classique de la Westcoast Music. Tout du moins considéré comme tel, sur les sites spécialisés.

Terence Boylan a débuté sa carrière dans les années 60 en formant différents petits groupes puis il a rencontré Donald Fagen et Walter Becker les futurs Steely Dan. Il a accompagné Linda Ronstadt après avoir sorti en 1969 son premier solo, "ALIAS BOONA" qui ne restera pas dans les annales. En 1977, sort le second opus éponyme avec une pochette qui ravira les amateurs de peintures contemporaines, dont je ne suis pas. Depuis, l’album était très dur à trouver et voila que Wounded nous le ressort cette année. La première chose qui ma marquée c’est la ressemblance de Terence Boylan avec Jackson Browne. On dirait son frère. Tout du moins, ils avaient le même coiffeur. Même au niveau du style, on est très proche de Jackson Browne. Un mix entre Jackson Browne, The Eagles et Steely Dan. J’avoue que ce style de Westcoast n’est pas ce que je préfère. En effet, beaucoup de touches un peu folk, pas ou peu de chœurs, une voix un peu passe partout, bref par moment je me suis ennuyé. Pourtant encore une fois, les musiciens qui sont dessus sont tous sauf des baltringues. Sans être exhaustif, Don Henley, Donald Fagen, Steve Lukather, Dean Parks… En fait, ce qu’il manque vraiment sur cet album c’est un hit même si des titres comme "Don’t Hang Up Those Dancing Shoes" ou "The War Was Over" tirent leur épingles du jeu. Je citerai aussi "Hey Papa" et le Fleetwoodmacien, "Where Are You Hiding".

Pour résumer je dirai que ce CD s’écoute sans déplaisir aucun mais sans non plus une jubilation intense. Juste un bon album ni plus ni moins. (09/2007)

Stephen Bishop "Bowling In Paris" (1989)


Stephen Bishop est un auteur reconnu aux USA. Il a travaillé entre autres pour Barbara Streisand, Phil Collins, Kenny Loggins… Il a également participé à plusieurs BO de films comme "Tootsie" avec l’un de ses plus grands hits "Separate Lives". En 1989 sort ce "BOWLING IN PARIS" qui est son quatrième album et qui va se démarquer un peu de sa discographie. Le style de Stephen Bishop d’habitude est plutôt basé sur une musique Westcoast assez soft ou prédomine les guitares sèches. Avec ce CD on va nager entre de l’AOR teinté 80 et de la Westcoast plus synthétique. Il va s’entourer pour cet album de cador comme Phil Collins, Steve Lukather, Mark Spiro, Dann Huff

Les puristes qui connaissent Stephen Bishop depuis le début vont crier au scandale mais ils auront torts. On peut apprécier le coté folk de ses précédents opus et le coté AOR de celui-ci. On va retrouver le style et le son Phil Collins sur "SLEEPING WITH GIRLS". L’intro rappelant "In The Air Tonight". "Kari" est une composition typique Spiroienne. En effet, on retrouve toute la classe de ce grand compositeur qu’est Mark Spiro. Les titres Westcoast ne sont pas oubliés comme le fabuleux "Parked Cars". L’AOR classieux est bien sur aussi présent avec "Mister Heartbeat" et "Innocent Love" ou Steve Lukather fait encore état de toute sa classe.

Un album où on ne s’ennuie pas une seule minute avec une production en béton armée. La pochette est un peu kitsch certes mais ce serait quand même dommage de passer à coté de ce joyau rien que pour ça.

vendredi 28 novembre 2008

Pride Of Lions "The Roaring Of Dreams" (2007)


2 ans et demi, il aura fallu attendre tout ce temps depuis la fin 2004 pour se remettre du Pride Of Lions entre les oreilles ! Et l'attente n'aura pas été vaine, car ce nouvel opus est absolument remarquable et prouve une fois de plus l'aisance, la force et la magnificence des compositions comme toujours écrites par le maître Jim Peterik. Ce sont des compositions qui sonnent à la Survivor mais dans un ton résolument plus moderne, et il est épaulé pour cela par Toby Hitchcock toujours au meilleur de sa forme. La grosse différence se fait jour d'entrée car Jim démarre le chant et est rejoint ensuite par Toby pour un 1er titre "Heaven On Earth" fort en rythmes et guitares, avec de la puissance et quel refrain !!! La semi ballade qui tue arrive inévitablement avec "Love's Eternal Flame" et fera fondre les plus récalcitrants : quelle magie, quel feeling et quelle mélodie, le tout rehaussé par des claviers royaux !!! Et la suite me direz-vous ? De la même veine bien sûr avec des titres époustouflants tous aussi performants les uns que les autres : le très rythmé "Book Of Life" est d'un enthousiasme inégalé, quelle énergie enivrante, le somptueux "Language Of The Heart" avec toujours une intro claviers-guitares incroyablement mélodique et toujours ce chant débuté par Jim rejoint par Toby dans un excellent timing, on en redemande. Et cela vient encore avec le très classique "Let Me Let You Go" toujours entamé par des claviers de folie, quel régal, de la FM de haut vol, le tout relayé par une guitare cristalline absolument éclatante (Merci Mike Aquino !), on se calme quelque peu avec le très cool "Faithful Heart" d'une limpidité exemplaire et d'une beauté inégalée pour repartir de plus belle avec l'énorme "Defying Gravity" où là encore claviers et guitares sont déchainés et assurent à mort une mélodie des plus virevoltantes, quels frissons ! Pied au plancher nos lions Toby Hitchcock, Jim Peterik, Ed Breckenfeld (Fûts), Mike Aquino (Guitares), Klem Hayes (Basse), Christian Cullen (Claviers) continueront de vous apporter une émotion intense avec les 5 derniers titres toujours empreints de cette magie, de ce charisme et de cette enthousiasme toujours régénérateur d'un grand bonheur : le titre phare bien sûr plus complexe "The Roaring Of Dreams" mais d'une incroyable montée en puissance, puis "Secret Of Way" toujours dominé par ce jeu de guitares magnifiques et ces claviers étincelants, quels refrains, quelle absolue clarté, "Astonish You" en ballade romantique rock FM d'une grande finesse, "Tall Ships" toujours rythmé et emballant et pour finir le somptueux "Turnaround" qui est un titre qui cumule tous les aspects musicaux de Pride Of Lions de ce chef d'œuvre qu'est "THE ROARING OF DREAMS". Non vous ne rêvez pas, les rêves musicaux de Pride Of Lions sont réels et leurs hurlements vous feront apprécier chaque note, chaque accord, chaque mélodie et chaque parole de cet album extraordinaire. Plongez-vous dans ces solos de guitare, dans ces enchainements aux claviers d'une rare beauté et fermez les yeux : vous serez forcément conquis !

Warren Zevon "Excitable Boy" (1978)


Après un excellent premier album éponyme, Warren Zevon revient 2 ans après nous proposer une nouvelle collection de chansons, dans la veine du précédent disque, mais avec davantage de maturité, plus de solidité dans l'écriture des chansons, et surtout des titres flamboyants.

Accompagné par des noms prestigieux, Danny Kortchmar, Lee Sklar, Russ Kunkel, Jeff Porcaro, Jennifer Warnes, Linda Ronstadt et Mick Fleetwood pour n'en citer que quelques uns, Warren Zevon signe là, peut-être son meilleur album, une nouvelle fois produit par Jackson Browne, avec la complicité de Waddy Wachtel. Le disque commence très fort avec "Johnny Strikes Up The Band", première pépite de l'album, un mid-tempo au rythme saisissant, avant que ne se dévoile à mon sens La chanson du disque, sinon La chanson de toute l'oeuvre de Warren Zevon, l’épique et poignant "Roland The Headless Thompson Gunner", où une fois encore Warren Zevon démontre tout son talent de conteur d'histoires à la frontière du surréalisme, en narrant l'histoire de Roland, glorieux fils de la Norvège et mercenaire, à la croisée entre la légende de Sleepy Hollow et celle de Roland de Ronceveaux. Tout le talent d'auteur de Warren Zevon est révélé dans ce titre, avec la formidable capacité qu'il a de chercher l'humanité et la beauté au plus sombre du coeur humain ("They killed to earn their living, and to help out the Congolese"). Une chanson stupéfiante, époustouflante, les mots sont insuffisants pour décrire un tel chef d'oeuvre. "Excitable Boy", la chanson titre de l'album contient toutes les qualités pour devenir un hit, et où on retrouve encore une fois cet humour grinçant, et ce cynisme autobiographique propre à Warren Zevon, ainsi que son indéniable maîtrise de son instrument attitré, le piano. "Werewolves Of London" ensuite, est très certainement la chanson la plus connue de Warren Zevon, puisqu'elle servira 3 ans plus tard à la bande originale du film de John Landis, "Le Loup Garou de Londres", ainsi qu'en 1986, dans "La Couleur de l' Argent" de Martin Scorsese, avec Tom Cruise. "Werewolves Of London" narre les aventures d'un loup garou londonien se promenant dans les rues de la capitale britannique, à la recherche d'un restaurant chinois. Bref, comme souvent chez Warren Zevon, on nage en plein délire. "Accidentally Like A Martyr" et "Tenderness On The Block" (coécrit avec Jackson Browne) sont 2 ballades romantiques dont seul Warren Zevon a le secret et qui sonnent parfaitement justes, tandis que "Nighttime In The Switching Yard" est plus un exercice de style sur une rythmique funk pas forcément réussie, qui tantôt agace, tantôt irrite, même si une solide base rythmique est présente. Avec "Veracruz", Warren Zevon s'associe pour la première fois avec Jorge Calderon, qui lui sera fidèle pendant plus de 25 ans, dans l'écriture et dans l'interprétation de la chanson. Ils nous content les derniers jours de Veracruz qui s'apprête à tomber, dans une ambiance très hispanique et latine, et dont les paroles en espagnol sont à la charge de Jorge Calderon. Une des très belles réussites de l'album. Enfin, autre très grand succès du disque, "Lawyers, Guns And Money" conclue l'album, dans un rock contenu mais violent, où comme à son habitude, les textes de Warren Zevon font mouche, toujours dans son exploration toute personnelle du vice sous toutes ses formes : "Well I went home to the waitress/The way I always do/How was I to know/She was with the Russians too/I was gambling in Havana/I took a little risk/Send lawyers, guns and money/Dad, get me out of this (...) Now I'm hiding in Honduras/I'm a desperate man/send lawyers, guns and money/The shit has hit the fan".

Avec "EXCITABLE BOY", Warren Zevon confirme la réussite de son premier album qui n'était pas qu'un simple coup de poker. Ce second album est parfaitement dans la continuité du précédent, tant dans l'esprit que dans la réussite, mais avec une dose supplémentaire d'efficacité. Ces 2 albums mis en commun, ils forment une excellente collection de chansons, entre ballades, rock et folk.

Jackson Browne "Hold Out" (1980)


3 années se sont maintenant écoulées depuis l’impressionnant "RUNNING ON EMPTY" et ses réflexions autour de la route, des espaces et des distances. Et c’est en 1980 que Jackson Browne nous revient avec "HOLD OUT", son sixième album, qui présente une tonalité davantage urbaine.

Ainsi, sur des titres comme "Disco Apocalypse" ou "Boulevard" (le hit de l’album), on sent presque la ville respirer, suer et geindre. Idem sur le dansant "That Girl Could Sing" ; tandis que l’émotion est bien fidèle au rendez-vous avec la magnifique "Of Missing Persons". Et comme à chaque fois disque de Jackson Browne, les ballades ne sont pas en reste et touchent toujours au plus juste, au sublime, que ce soit sur le bouleversant "Call It A Loan" ou bien encore "Hold Out" et sa longue et magnifique suite "Hold On Hold Out" coécrit avec son claviériste Craig Doerge, et qui conclut divinement un albulm taillé dans le plus pur des joyaux.

Seulement 7 chansons pourra-t-on dire pour cet album, mais quelles chansons ! C’est bien plus qu’il n’en faut tant ces 7 nouvelles compositions (ces 7 merveilles !) sont remarquables à tous points de vue, énergiques, délicates, touchantes et profondes. "HOLD OUT" est donc une nouvelle fois une incroyable réussite, un album proche de la perfection et qui personnellement compte peut-être comme étant mon album préféré de Jackson Browne, juste derrière le chef d’œuvre qu’est "THE PRETENDER".

Nielsen And Pearson "Nielsen Pearson" (1980) et "Blind Luck" (1983)



"NIELSEN PEARSON" (1980) & "BLIND LUCK" (1983)
"NIELSEN PEARSON + BLIND LUCK" sur 1 CD (Réédition Japon 1998)

Un "Must Have" comme on dit chez nous en Californie ! Enfin, on se comprend…

Réédité en 1998 sur un seul CD en pressage Japonais "NIELSEN PEARSON" et "BLIND LUCK" font figure d’archétype avec ce swing subtil et nonchalant inhérent à notre chère musique (surtout chère quand elle transite par le continent asiatique d’ailleurs…).

Auteurs-compositeurs de tous les titres, à l’exception du superbe "Too Good Too Last" signé David Roberts, Reed Nielsen et Mark Pearson assurent le chant principal à tour de rôle ainsi que les chœurs, j’avoue d’ailleurs en passant une préférence marquée pour Pearson. Côté musiciens : David Foster (Keyboards) sur plusieurs titres et aux guitares Icarus Johnson, Charles Johnson, Steve Lukather ou encore le recordman des séances Michael Landau. Vu comme ça, cela risque d’être pas mal. Sauf si vous n’aimez pas les mélodies mémorisables à la première écoute, les refrains multi-voix, les chorus de guitares et les synthés qui vous enveloppent comme dans de la soie. Car comment résister à des morceaux tels que "Two Lonely Nights", "Don’t Let Me Go", "If You Should Sail" ou "Got Me Where You Want Me" ? Ben, on peut pas !

Reed Nielsen continuera à exercer ses talents de songwriter tout au long des années 80 et 90, notamment avec Van Stephenson (Ses 2 albums les plus célèbres sont carrément indispensables), Vince Gill ou encore Eddie Rabbitt dont je vous ai déjà longuement parlé. Bonne chasse et bon courage car il va falloir sérieusement écumer les bacs de vos disquaires favoris ou les sites Internet, mais après tout c’est ce que l’on aime faire…

David Pack "Anywhere You Go" (1985)


Le dicton selon lequel "Qui se ressemble s’assemble" est rarement vrai en amour mais il est tout à fait adapté à la musique Californienne. Par exemple si vous prenez Michael McDonald, Kenny Loggins, James Ingram et David Pack, la plupart du temps vous en retrouvez au moins deux des quatre sur le même album et c’est souvent le premier qui fait le lien. Si j’y avais pensé plus tôt, au lieu d’une paire quand je vous ai parlé de "IF THAT’S WHAT IT TAKES" et de "HIGH ADVENTURE" j’aurais eu un brelan d’as avec "ANYWHERE YOU GO" de David Pack sorti 3 ans plus tard. Vous allez dire çà y est encore un album indispensable, c’est vrai, mais sachez que chez Bruno nous passons sous silence les albums médiocres, on met juste quelques bémols quand c’est nécessaire. Ce n’est pas le cas ici car on frôle la perfection. Vocale tout d’abord "She Don’t (Come Around Anymore)" en compagnie de Michael McDonald, "I Just Can’t Let Go" les mêmes auxquels on ajoute James Ingram, "My Baby" avec son complice d’Ambrosia : Joe Puerta mais ce n’est qu’un plus car David Pack se suffit très bien à lui-même. "Anywhere You Go", "Won’t Let You Lose Me" : tous ces titres possèdent des mélodies à tomber, en tempo médium, et des refrains qui mettent en valeur les voix de tous ces chanteurs fabuleux. La perfection est aussi palpable dans l’instrumentation riche en claviers, synthés et guitares, rien d’étonnant quand on voit la liste des participants quand ce n’est pas David qui se charge brillamment des instruments : Kerry Livgren (Kansas) guitares, James Newton Howard claviers, Mike et Jeff Porcaro (Toto) et même Stanley Clarke à la basse sur "Do Ya". Autre titre incontournable "Prove Me Wrong" qui figurait sur la BO du film "White Nights". Sans oublier le petit solo de guitare joué par David sur "Just Be You" qui vous donnerait des frissons en plein sauna. Si "REPLAY" de Ken Grinwood est mon livre de chevet (info gratuite et sans rapport, c’est pour vous donner envie de le lire), "ANYWHERE YOU GO" fait partie de mes disques favoris rayon Calif, imperméable au temps qui passe et qui fait regretter les années folles, enfin les nôtres 70 et 80.

jeudi 27 novembre 2008

Focus sur Riverdogs / Shadow King



"RIVERDOGS" (1988) "SHADOW KING" (1991)

Le trait d’union de ces 2 albums au style différent s’appelle Vivian Campbell qui fût un temps le guitariste de Dio et de Whitesnake et qui rejoindra plus tard Def Leppard.

"RIVERDOGS" qui paraît en 88 est tendance bluesy avec comme leader Rob Lamothe, chanteur et compositeur qui poursuivra l’aventure avec 2 autres albums , mais sans Vivian Campbell, avant d’entamer une carrière solo discrète. "Whisper" le titre d’ouverture soutenu par des riffs de guitares appuyés démontre immédiatement les capacités vocales et mélodiques de Rob Lamothe et la formidable cohésion du groupe que viennent compléter Nick Brophy (Basse) et Marc Danzeisen (Batterie). La musique est remarquable, la voix est profonde et, une fois n’est pas coutume, elle sert de véhicule à des textes qui ne sont pas niais. Beaucoup de feeling et pas d’esbrouffe "Baby Blue", "Big House" et "Water From The Moon".

"SHADOW KING" qui sort en 91, est Hard FM tendance Foreigner ce qui n’a rien d’étonnant puisque le chanteur n’est autre que Lou Gramm qui a fondé ce groupe avec Bruce Turgon le partenaire de ses albums en solo. "Heart Of Stone" et "What Would It Take" scandés par la guitare agressive de Vivian Campbell et la voix combative de Lou sont 2 brûlots aux mélodies toniques et vivifiantes dont "No Man’s Land" se rapproche de très près. Les autres titres sont moins originaux mais comportent de bons passages de guitares "Danger In The Dance Of Love" qui devraient ravir les amateurs. Shadow King se séparera quand Vivian Campbell rejoindra Def Leppard tandis que Lou Gramm entraînera Bruce Turgon chez Foreigner pour un retour éphémère.



Michael W. Smith "Change Your World" (1992)


Sur ses premiers albums, il fallait préciser aux non anglophones tentés de parcourir les paroles des livrets qu’en anglais God ne voulait pas dire Sex-toy sinon on risquait la confusion. Michael W. Smith fait tout simplement partie de la mouvance active du Rock Chrétien et je confesse (!) en toute bonne foi (!!) que si tous les curés chantaient comme Michael, j’irais à la messe tous les dimanches.

A la parution de l’album "CHANGE YOUR WORLD", il en a déjà 7 derrière lui dont un Live et plusieurs nominations aux Grammy dans la catégorie Pop Gospel ainsi qu’un Award pour son second album, il en remportera d’autres par la suite : 3 Grammy Awards, 40 Dove Awards. Si Dieu est moins présent dans ses textes, sa foi et sa croyance y sont toujours mais sa musique peut convenir à tous même aux libre-penseurs. Son public s’est élargi car sa musique s’est adaptée aux courants actuels. Une dernière info, il a débuté en assurant les claviers (un de ses points forts) pour Amy Grant qui a co-écrit certains titres de ses premiers albums.
Sur celui-ci elle chante en duo sur "Somewhere Somehow" un morceau signé avec David Foster ! J’en vois qui ont soudain envie de se convertir… Vous n’auriez pas tort car c’est album sent bon la FM/Calif avec une petite touche de Funk pas déplaisante. Croix de bois, croix de fer, si j’mens j’vais en enfer et y’a pas intérêt à plaisanter là-dessus avec les artistes du "Christian Rock". L’atout majeur est la présence de Dan Huff aux guitares sur 7 des 11 titres et notamment sur "Cross Of Gold" mon préféré avec riffs et solo à la Giant. Comme à l’accoutumée, Michael (Il a pas un petit air de ressemblance avec Georges ?) s’avère un as des refrains "Somebody Love Me", "I’ll Be Here For You" mais la nouveauté c’est cette touche Princeière «"Picture Perfect", "I Wanna Tell The World". Si vous aimez davantage les ballades avec piano romantique écoutez d’abord "I Will Be Here For You" ou "Friends" puis composez le numéro de votre chéri(e).

Thunder "Bang" (2008)


Pourquoi tant de haine !! En effet, c’est l’impression que j’ai eu après avoir lu les différentes chroniques de ce CD sur les sites spécialisés. Nos Anglais favoris sont d’habitude fortement apprécié mais visiblement tout le monde s’accorde à trouver que ce "BANG" n'est pas très bon. Il faut dire qu’avec les 8 albums précédents il y a eu pas ou peu de fautes de goûts de la part de ce groupe qui sans rien révolutionner à la musique propose un blues rock de très grande qualité. Pour ce faire, le groupe s’appuie sur les talents conjugués de guitariste et de compositeur de Luke Morley et sur le magnifique organe de Danny Bowes. Je rajouterai à cela une section rythmique de premier plan avec un de mes batteurs préférés Mr Harry James. Je disais précédemment peu ou pas de mauvais CD, j’en verrais un quand même que je n’ai jamais trouvé extraordinaire en l’occurrence "BEHIND CLOSED DOORS".

C’est vrai que la pochette de ce "BANG" postule pour celle de la plus moche de l’année. Comment, de nos jours, on peut encore faire ce genre de pochette ? Je me mets à la place de quelqu’un qui ne connait pas le groupe, je le vois mal acheter le CD simplement au vu de l’horreur ci-dessus. Ils n’ont jamais été très fort sur les pochettes THUNDER, mais là c’est le pompon.

Je me suis rappelé les avis mitigés avant de mettre le CD sur la platine et puis après les 2 premiers titres, je me suis dit "mais ils ont fumés ou quoi avant de faire la chronique !". En effet, que ce soit "On The Radio" et "Stormwater" ce sont 2 brûlots comme savent nous en pondre le groupe depuis des années. That’s Rock And Roll ! On retrouve ce genre de compos sur "Candy Man" et sur le très Led Zeppelinien "Miracle Man". De très bon mid-tempos sont aussi présents comme "Love Sucks" et "Honey" qui clôturent le CD de la meilleure manière.
Par contre, la faiblesse de cet album réside sur la qualité des ballades qui naguère étaient sublimes. Il n’y a que "Watching Over You" qui tire son épingle des jeux le reste c’est bof et rebof. De plus, il y a des titres loupés comme "Carol Ann" qui bénéficie d’un très bon couplet mais d’un refrain complètement raté.

Ce n’est effectivement pas leur meilleur album mais cela reste quand même hautement recommandable pour les fans du groupe dont je fais partie. Je pense même que les avis très négatifs sur ce "BANG" sont vraiment exagérés.

mercredi 26 novembre 2008

Eagles "The Best Of The Eagles" (1985)


Les Eagles ont beau s’être séparés, les maisons de disques et les sombres et tristes réalités économiques du toujours plus, n’en ont cure. Avec des millions d’albums déjà vendus, et auréolés de gloire et de légende, les Eagles restent toujours rentables. Parus respectivement en 1976 et 1982, les 2 volumes "GREATEST HITS" du groupe qui se complétaient parfaitement étaient parfaitement suffisant ; le seul léger défaut (si léger qu’il en est insuffisant) qu’on pouvait éventuellement leur trouver est qu’il faille changer de disque pour passer de "Take It Easy" à "Hotel California". Léger comme défaut, hein… Heureusement, les cadres dirigeants tout juste sortis d’écoles de commerce, de business et de management pensent à nous ; et voilà qu’en 1985 paraît une nouvelle compilation des Eagles, tout simplement intitulée "THE BEST OF", et uniquement à destination du marché européen, rassemblant 13 morceaux présentés ici de façon chronologique. Formidable. Oui, mon propos est ironique. Oui, la pochette est magnifique avec cette autoroute sans fin coupant à travers le désert, et se dirigeant peut-être vers un certain hôtel. Oui, la musique des Eagles est toujours aussi magique et chargée d’émotions ; et enfin oui, de "Take It Easy" à "The Long Run", en passant par "Desperado" et "One Of These Nights", ou bien encore "Lyin' Eyes", tous les plus grands hits des Eagles sont ici rassemblés. Mais tout cela suffit-il pour faire de ce Best Of une bonne compilation des Aigles ? Je ne sais pas. Vraiment à réserver aux collectionneurs et autres inconditionnels, parce que sinon rien de neuf sous le soleil (californien bien sûr), pas la moindre chute de studio, pas le moindre extrait live rare. Rien. Dommage. La pochette est pourtant si belle (non, ce n’est pas ironique, et je sais que je l’ai déjà dit plus haut !). Non, ce n’est pas ironique ; pas cette fois du moins !...

Eagles "Greatest Hits Volume 2" (1982)


Depuis la sortie de leur dernier album studio, "THE LONG RUN" en 1979, puis d’un double album live quelques mois plus tard, on n’avait plus vraiment de nouvelles des Eagles. Et pour cause, la séparation est sur le point d’être consommée. Des années de travail en studio, à années à passer sa vie en tournée, la fatigue et les tensions s’accumulant, et enfin l’ego personnel des uns et des autres, en particulier ceux de Don Henley et de Glenn Frey ; ont finalement eu raison d’un groupe légendaire. Plus qu’une simple séparation, c’est presque d’une mort dont il s’agit, les membres du groupe déclarant même qu’ils ne se reformeraient et joueraient à nouveau ensemble que le jour où il "gèlera en enfer". Rude ! La sortie d’un second "GREATEST HITS", 6 ans après le précédent entérine donc de manière définitive la rupture du groupe. L’occasion de jeter un dernier coup d’œil dans le rétroviseur et en particulier sur les derniers albums du groupe, ce "GREATEST HITS VOLUME 2" reprenant en effet les choses là où la précédente compilation les avait laissées. Sont donc principalement concernés les albums "HOTEL CALIFORNIA" et "THE LONG RUN", mais également l’album "EAGLES LIVE" avec la reprise ici du "Seven Bridges Road" de Steve Young. Enfin, exception à la règle, "After The Thrill Is Gone", tiré de l’album "ONE OF THESE NIGHTS" répond lui aussi présent à l’appel. Pour le reste, les derniers hits en date se taillent la part du lion : "Hotel California", "Heartache Tonight", "Life In The Fast Lane" notamment, mais on peut aussi retrouver avec plaisir la timide et délicate ballade "The Sad Cafe", l’une des brillantes réussites de l’album "THE LONG RUN". Autrement, rien de vraiment neuf à se mettre sous la dent pour cet ultime envol des Eagles ; certains parleront même de testament… Des Aigles partis voler dorénavant en aigles solitaires, avec les parutions dès 1982 du premier album solo de Glenn Frey, "NO FUN ALOUD" ; de celui de Don Henley la même année, "I CAN'T STAND STILL". Don Felder tentera une première incursion solo l’année suivante avec "AIRBONE". Timothy Schmit quant à lui se lancera dans le grand bain en 1984 avec "PLAYIN' IT COOL", tandis que Joe Walsh poursuit sa route entamée dès 1972 avec la parution en 1981 de "THERE GOES THE NEIGHBORHOOD", puis en 1983 de "YOU BOUGHT IT, YOU NAME IT", remarquables albums studio.

Eagles "Eagles Live" (1980)


Après 6 albums studio, tous d’une indéniable qualité, ainsi qu’une première compilation rétrospective parue en 1976, il est temps pour les Eagles de faire un nouveau point sur leur carrière, mais aussi et surtout de livrer un témoignage live de leurs dernières prestations scéniques. L’année 1980 voit donc naître un double album live présentant une sélection de 15 morceaux enregistrés pour certains en juillet 1980 au Civic Auditorium de Santa Monica, ainsi que dans l’Arena de Long Beach ; et pour d’autres en octobre 1976 au Forum de Los Angeles, respectivement donc durant les tournées qui ont suivi les sorties de leurs 2 précédents efforts discographiques, "HOTEL CALIFORNIA" et "THE LONG RUN". Certaines chansons ayant été captées en 1976, on peut donc noter la présence de Randy Meisner à la basse, avant que Timothy Schmit ne le remplace à partir de 1978. Evidemment, cet album Live est d’une exceptionnelle qualité, rassemblant certains des meilleurs morceaux des Eagles ("Hotel California" bien sûr, mais également "Desperado", "Heartache Tonight", "I Can’t Tell You Why", ou bien "Life In The Fast Lane" pour n’en citer que quelques uns), même si forcément on peut toujours faire la fine bouche et déplorer que certains autres titres mythiques tels "Lyin’ Eyes", "One Of These Nights", "On The Border" ou bien encore la sublime ballade "The Last Resort" ne soient point présents. On pourra par contre se réjouir de voir les Eagles insérer dans leur set des chansons issues de la carrière solo de Joe Walsh, en l’occurrence "Life’s Been Good" tiré de l’album "BUT SERIOUSLY FOLKS" paru en 1978 et "All Night Long", un classique du répertoire du James Gang, le précédent groupe de Joe Walsh. Ce procédé sera d’ailleurs maintes fois reconduit et amplement développé par la suite. J’en veux pour preuve le récent DVD "FAREWELL TOUR - LIVE FROM MELBOURNE" sur lequel on retrouve entre autres de nombreux titres issus des carrières solo de Don Henley, Glenn Frey et Joe Walsh naturellement. Ajoutons en prime une reprise de Steve Young, "Seven Bridges Road" et on obtient un album live quasi-irréprochable. Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire dans le cas où vous n’aviez pas (encore) cet incroyable double album live…

mardi 25 novembre 2008

Toto "Kingdom Of Desire" (1992)


Toto n’est pas seulement un formidable groupe de musiciens surdoués, maîtres de la composition et de l’arrangement, signant des hits à la pelle ; Toto est également une énorme et juteuse machine commerciale pour sa maison de disques (en l’occurrence Sony Columbia), ce qui ne va pas toujours sans heurts.

Et la machine à succès qu’est Toto a déjà connu de nombreuses vies depuis sa naissance en 1977. Outre les rivalités internes propres à chaque groupe – fort heureusement toujours amicales, en particulier concernant l’hégémonie directrice de David Paich au niveau des compositions et des arrangements, qui fut fortement remise en question dès le troisième album du groupe, "TURN BACK" -, on ne peut passer sous silence la malédiction qu’a connu Toto concernant les chanteurs du groupe. Chanteur attitré de Toto sur les quatre premiers albums, dès le début des sessions d’enregistrement d’"ISOLATION", le cinquième opus du groupe, Bobby Kimball est rapidement évincé, du fait de sa trop grande consommation de stupéfiants qui l’empêche de plus en plus de chanter correctement. Exit Bobby Kimball, Fergie Frederiksen le remplace aussitôt et livre une prestation vocale bien plus qu’honorable sur "ISOLATION". Or, l’aventure ne se poursuit pas bien longtemps pour le malheureux Frederiksen, qui pour d’obscures raisons est également congédié. Un nouveau chanteur est alors engagé, et aussi bien le groupe lui-même que ses plus fervents admirateurs prennent soudain conscience d’avoir déniché la perle rare, en la personne de Joseph Williams, qui le temps de deux albums aura laissé son empreinte et son époustouflante voix dans l’histoire de Toto. D’abord sur le timide "FAHRENHEIT" (qui regorge de qualités, de la première à la dernière piste), puis sur le magistral "THE SEVENTH ONE", l’un des albums préférés des fans de Toto, et qui offre au groupe une seconde naissance, explosant une nouvelle fois avec des titres fédérateurs comme "Stop Loving You" ou "Pamela" pour n’en citer que les plus célèbres. Mais une fois encore, la malédiction semble s’acharner sur Toto, et dans comme dans le cas de Bobby Kimball, l’absorption abusive de drogues aura raison de Joseph Williams au sein de Toto, qui au fil des concerts de la tournée qui suivit la sortie de l’album "THE SEVENTH ONE", s’avèrera de plus en plus incapable d’assurer ses parties vocales. Une fois encore, Toto se retrouve sans chanteur, mais cela ne dure qu’un temps. En 1990, à l’occasion de la sortie d’une compilation des plus grands hits de Toto, "PAST TO PRESENT", un nouveau chanteur est imposé au groupe par leur maison de disques. Le sud-africain Jean-Michel Byron succède ainsi à Joseph Williams. Sorte de clone de Michael Jackson croisé avec Prince et Boy George, Byron ne s’intégrera jamais vraiment au groupe, et même s’il aura eu le temps de co-signer quatre nouvelles chansons sur la compilation "PAST TO PRESENT", dès la fin de la tournée mondiale qui suivit, Byron est poliment remercié.

Après avoir usé quatre chanteurs en près de quinze ans d’existence, Toto se retrouve désormais au pied du mur. Un nouvel album est en préparation, et dès lors se pose la question de savoir qui endossera le cruel et difficile rôle de chanteur sur le disque et pour la tournée qui suivra. En tous les cas, il est hors de question d’embaucher un nouveau chanteur comme cela s’était fait par le passé. Steve Lukather s’est souvent exprimé à ce sujet : "Pas de chanteur !!! Qu’ils aillent se faire voir. Un chanteur n’amène que des emmerdes. Si tu ne sais pas jouer d’un instrument, ne viens pas dans ce groupe, ha ha ! Les chanteurs ne peuvent être considérés comme des musiciens". La réaction ne se fait donc pas attendre, et c’est bien Steve Lukather, le guitariste de Toto qui s’occupera désormais de toutes les parties chantées, hormis pour certains morceaux chantés par David Paich depuis toujours ("Africa" en particulier). Ce ne sera évidemment pas la première fois que Steve tiendra le micro, s’étant déjà illustré à de nombreuses reprises à cet exercice périlleux, se faisant une spécialité de chanter certaines des ballades les plus belles et les plus connues du groupe : "Angela", "Live For Today", "I Won’t Hold You Back", "How Does It Feel" et "I’ll Be Over You" notamment. Lukather a par ailleurs pris de plus en plus d’assurance au chant lors de la tournée qui suivit "THE SEVENTH ONE", où à de nombreuses reprises il s’est vu forcé de remplacer au pied levé un Joseph Williams de moins en moins capable de remplir son office. Le huitième album studio du groupe sera donc un pur concentré Toto, intégralement produit par le groupe, sans élément extérieur, hormis quelques inévitables prestigieux invités. "KINGDOM OF DESIRE", le nouvel opus, propose ainsi le meilleur de Toto, à découvrir tout au long de ses onze titres (il est d’ailleurs intéressant à noter que l’album sorti au Japon contient deux titres supplémentaires en bonus ; "Kick Down The Walls" signé par Danny Kortchmar et Stan Lynch, et une reprise live du "Little Wing" de Jimi Hendrix, avec un Steve Lukather majestueux, rivalisant de grandeur et de classe avec son prestigieux modèle. Cette version de "Little Wing" est par ailleurs disponible sur la VHS Live de 1990 enregistrée au Zénith de Paris, ou plus récemment sur le DVD "GREATEST HITS LIVE ... AND MORE").

Nous le disions plus haut, le meilleur de Toto s’offre à nous sur ce nouvel album. La plupart des morceaux sont signés sous le seul nom de Toto à la composition (les quatre membres du groupe semblant être unis comme jamais encore auparavant), à l’exception de "Never Enough" co-écrit par David Paich et Fee Waybill, "The Other Side" où Paich est aidé de William Sherwood et Roger Kaplan, et enfin "Kingdom Of Desire", le morceau titre, signé Danny Kortchmar, guitariste émérite de scène et de studio, ayant notamment travaillé avec James Taylor (dont il est l’un des plus fidèles collaborateurs), Jackson Browne (en particulier sur le magistral "RUNNING ON EMPTY") ou encore Jon Bon Jovi, sur l’album "YOUNG GUNS". Autre invité de marque sur l’album, il s’agit de John Elefante, chanteur de Kansas, groupe de rock progressif et de hard rock américain de 1982 à 1984 en remplacement de Steve Walsh, qui ne réintégrera Kansas qu’en 1986. Malheureusement, John Elefante n’aura jamais convaincu au sein de Kansas malgré deux albums de très bonne facture, "VINYL CONFESSIONS" et "DRASTIC MEASURES", proposant certes un rock qui s’éloignait des territoires progressifs du répertoire de Kansas, territoires tant affectionnés par Kerry Livgren mais qui composait également des titres rock mélodiques sur lesquels Toto n’aurait pas craché dessus, comme "Perfect Lover", "Fight Fire With Fire" ou encore "Play The Game Tonight". John Elefante assure les chœurs sur "Gypsy Train". Dès les premières mesures de "Gypsy Train" qui ouvre l’album, le ton est donné. Pour ce nouvel album, Toto a sorti l’artillerie lourde. Alors que le monde redécouvre le hard rock par l’entremise de jeunes loups tels que Gun's & Roses, Toto le revisite à sa manière sur cet album. Le groupe avait déjà tâté d’un rock plus agressif sur l’album "TURN BACK" en 1981, et Toto remet ça près de dix ans plus tard, sans jamais pour autant céder à la facilité, et le groupe nous distille toujours des compositions raffinées. "Gypsy Train" et son refrain endiablé nous invite à fendre la vie à toute allure, avec simplement la satisfaction de vivre l’instant présent du mieux possible : "Come on let’s ride, ride that gypsy train/All aboard now don’t you be afraid/Come on let’s ride, ride that gypsy train/Feed the fire let’s go one mo’ time again". La frénétique énergie du groupe continue et déborde sur le titre suivant, l’un des single à succès du disque, "Don’t Chain My Heart", puis sur "Never Enough" et plus loin sur l’entêtant et diabolique (mais tellement bon) "She Knows The Devil". Presque tout l’album est traversé par une sorte de grâce rageuse et agressive, mais toujours avec une étonnante sagesse, et les périodes d’accalmie propres à certains morceaux sont bien souvent les bienvenues. Ainsi, sur de nombreux titres, les deux versants de Toto sont représentés : d’une part le côté paisible et romantique de chansons calmes, et d’autre part une fougue salvatrice. C’est particulièrement le cas sur des titres comme "How Many Times" et son refrain enchanteur, ou encore sur "Wings Of Time", prolongeant durant quelques minutes supplémentaires le "Little Wing" de Hendrix par des vagues réminiscences. De même les ballades estampillées Toto sont bien présentes et trouvent parfaitement leur place sur l’album, entre les différents titres rock. "2 Hearts" est l’autre grand hit de l’album, une bien jolie ballade, mais qui à mon sens est inférieure à la beauté et à la puissance de "The Other Side" et d’ "Only You". "Kingdom Of Desire", la chanson éponyme se fond elle aussi à merveille dans le paysage musical dessiné par Toto sur ce nouvel album. Elle s’y fond tellement bien qu’on croirait que Toto a écrit ce morceau, alors qu’en fait il n’en est, l’auteur étant Danny Kortchmar. Titre à la fois envoûtant, ambigu et paradoxal, "Kingdom Of Desire" semble avoir été taillé pour Toto, et l’exploration de ce royaume du désir est certes une belle aventure, elle n’en demeure pas moins dangereuse et tentatrice. Entre rock et ballades, Toto a malgré tout réussi à laisser une place au genre de morceau-type que le groupe affectionne tout particulièrement et sur lequel ils peuvent donner pleine mesure de leur talent ; en l’occurrence "Jake To The Bone", un instrumental de six minutes qui conclue l’album de façon tout à fait appropriée. Troisième instrumental de leur carrière, après le mythique "Child’s Anthem" des débuts et le très classe "Don’t Stop Me Now" avec Miles Davis sur "FAHRENHEIT", "Jake To The Bone" est un véritable morceau de bravoure, nos quatre compères s’en sortant haut la main avec cet instrumental tantôt rock, tantôt jazz, mais résolument orienté fusion ! Evidemment, il nous semble inutile de nous appesantir davantage sur les prouesses musicales des membres de Toto. Elles ne sont plus à démontrer. "KINGDOM OF DESIRE" est considéré par de nombreux fans comme le meilleur album de Toto. A cela plusieurs raisons. D’une part il est d’excellente facture, la production est soignée, les compositions intéressantes et le rendu final époustouflant. "KINGDOM OF DESIRE" semble se situer quelque part entre le hard rock des débuts de Toto (période "TURN BACK"), entre la Westcoast de "FAHRENHEIT" et entre la machine à hits qui sépare "TOTO IV" de "THE SEVENTH ONE" ; soit condensé en un seul album, le meilleur de Toto. Mais d’autre part, "KINGDOM OF DESIRE" est également le dernier album de Jeff Porcaro.

Né le 1er avril 1954, Jeffrey Porcaro décède le 5 août 1992, soit moins d’un mois avant la sortie officielle du nouvel album. Les circonstances de sa mort demeurent encore troubles. Certains ont avancé l’idée qu’il serait mort des suites d’une overdose. C’est possible, mais peu probable. La raison considérée aujourd’hui comme quasi-officielle serait plutôt une intoxication aux pesticides alors que Jeff travaillait dans son jardin. Ironie du destin, alors que Toto sortait enfin d’une interminable malédiction de chanteurs, voilà qu’une nouvelle spirale les emporte. Celle de la mort. Et Jeff Porcaro, âgé d’à peine 38 ans est le premier à disparaître. Toto perd non seulement son batteur, mais le monde musical dans son entier perd celui qui fut pratiquement le meilleur batteur au monde, et ce quel que soit le style. Toto n’a plus besoin de chanteur. C’est désormais d’un batteur (et d’un bon !) dont le groupe a besoin…

Avec tout mon respect et mon éternelle admiration, cette humble et modeste chronique est dédiée à la mémoire de Jeff Porcaro.

Toto "Past To Present 1977-1990" (1990)


En 1990, Toto publie la première compilation de sa carrière, ce qui permet au groupe de jeter un premier regard dans le rétroviseur de leur passé commun. Si le premier album du groupe est sorti en 1978, Toto s’est néanmoins formé un an auparavant et a déjà connu en une douzaine d’années d’existence plusieurs remaniements. Ainsi, si le bassiste initial du groupe, David Hungate a été remplacé dès 1984 par Michael Porcaro (actuellement toujours à ce poste au sein de Toto), les chanteurs du groupe n’ont cessé de se succéder depuis 1982. Après Bobby Kimball on a ainsi pu voir défiler au rôle chanteur notamment Fergie Frederiksen et l’excellent Joseph Williams, qui a finalement quitté l’aventure en 1988.

Et pour la sortie de cette compilation, un nouveau chanteur a été enrôlé par la maison de disques, alors même que les membres du groupe étaient plus que réticents à voir arriver un nouveau chanteur, après les ennuis qu’ils ont pu connaître avec Kimball et Williams dont l’addiction aux produits illicites a été à la source de leur éviction du groupe. C’est donc finalement un certain Jean-Michel Byron, sud-africain et très mauvaise copie de Michael Jackson qui devient dès 1990 le remplaçant de Joseph Williams. Steve Lukather allait déclarer plusieurs années après ces événements que dès l’arrivée dans le groupe de Byron, les choses n’allaient pas fonctionner, Byron se révélant hautain et arrogant, mais également dépourvu de tout talent, et s’il y avait un chanteur qu’il ne fallait absolument pas intégrer à Toto, c’était bien lui. Heureusement, pour le plaisir des fans mais aussi pour celui des membres de Toto (Jeff et Michael Porcaro, David Paich et Steve Lukather), Byron allait très rapidement quitter le groupe, puisqu’au cours de la tournée qui suivit la sortie de "PAST TO PRESENT", Luke s’arrangeait pour passer de plus en plus de temps devant le micro et s’improviser chanteur à temps complet afin de mieux évincer Byron du groupe. Et la chose a plutôt bien réussie, fort heureusement d’ailleurs, puisque dès l’album studio suivant, Luke assure tout seul les parties vocales des nouveaux morceaux (secondé par David Paich) et devient donc le chanteur attitré de Toto. Luke déclarait d’ailleurs dès le départ de Byron à propos des chanteurs : "Pas de chanteur !!! Qu’ils aillent se faire voir. Un chanteur n’amène que des emmerdes. Si tu ne sais pas jouer d’un instrument, ne viens pas dans ce groupe, ha ha ! Les chanteurs ne peuvent être considérés comme des musiciens". Pourtant, moins de 10 ans plus tard, Toto allait à nouveau accueillir un chanteur en son sein, mais ceci est une autre histoire… Mais intéressons-nous à présent au contenu de cette compilation. Ce n’est évidemment pas une surprise si l’on retrouve les plus grands succès commerciaux du groupe sur l’album, qu’il s’agisse de "Hold The Line", "Africa", "Rosanna", "Pamela", "Stop Loving You" ou encore "99", même si on peut bien sûr regretter l'omission du moindre titre des albums "TURN BACK" et "ISOLATION", dont bon nombre d'entre eux auraient mérités leur place sur ce disque, comme "Goodbye Elenore", "Holyanna", "Change Of Heart", "A Million Miles Away" ou "Gift With A Golden Gun" notamment. Dommage. On peut toutefois noter la présence de 4 morceaux inédits, chantés par Jean Michel Byron, et qui à mon sens sont loin d’être inoubliables, hormis la très belle ballade "Out Of Love", et peut-être aussi le pop (mais intéressant) "Animal". "Love Has The Power" ou "Can You Hear What I’m Saying", malgré leurs jolis messages ne risquent pas de devenir des classiques de Toto. Cette compilation peut donc s’avérer quelque peu inégal au vu du matériel proposé. En effet, 9 des 13 titres proposés comptent parmi les grands classiques de Toto, tandis que les 4 nouvelles chansons inédites proposées ici sont largement inférieures en qualité aux autres titres, à l’exception toutefois de "Out Of Love". De même, "PAST TO PRESENT" n’est assurément pas la meilleure compilation de Toto proposée sur le marché, certaines plus récentes sont bien plus complètes et touffues, mais cela reste une bonne introduction au groupe et ravira les collectionneurs et complétistes acharnés grâce à la présence de ces 4 morceaux inédits.

Notons également, que "PAST TO PRESENT" peut être trouvé dans le commerce sous la forme d’un livre CD (paru en 1997), le disque étant accompagné d’un livret de 48 pages qui renferme notamment des commentaires de Steve Lukather sur l’historique du groupe, une biographie, des photos inédites du groupe, ainsi qu’une discographie de Toto.

lundi 24 novembre 2008

Eagles "The Long Run" (1979)


On peut dire qu’il se sera fait attendre ce sixième album studio des Eagles, fort justement intitulé "THE LONG RUN". Après le monumental succès du disque précédent, "HOTEL CALIFORNIA", puis la parution d’un 45 tours en 1978, voici donc le cru 1979 des Eagles ; cru qu’on nous avait promis comme étant un album double, mais qui au final est tout juste simple. Les Eagles seraient-ils arrivés au bout de la route ? Au bout du tunnel ? On serait tenté de le croire au vu de la pochette, quoique, s’il s’agit bien d’un tunnel, la lumière finale est bien faiblement perceptible. 10 chansons donc au total pour ce qui reste encore à ce jour (cette chronique est écrite au mois de janvier 2007) le sixième et ultime opus studio des Eagles, pourtant toujours en activité, tournant inlassablement aux 4 coins du globe.

10 chansons, et on ne change pas vraiment une formule qui a jusqu’à maintenant plutôt bien fait ses preuves, même si le groupe se permet quelques libertés qui en raviront certains, mais qui en agaceront quelques autres. La chanson éponyme ouvre l’album avec un rock mid-tempo conforme à ce que les Eagles nous livrent depuis maintenant près de 10 années. Timothy B. Schmit, le nouveau venu au sein du groupe, et déjà auteur de nombreux titres avec Poco, signe ici et chante "I Can’t Tell You Why" de sa très belle voix, sublime ballade qui ne dépareille pas aux côtés des autres classiques bien souvent signés par la paire Don Henley et Glenn Frey, comme c’est notamment le cas sur "THE LONG RUN" avec "King Of Hollywood" et "The Sad Cafe". Plus orientés rock, "The Disco Strangler" et "These Shoes" côtoient avec aisance "In The City" de Joe Walsh et l’intriguant et habité "Teenage Jail", lourd, oppressant et qui pourrait presque être une sorte de suite déguisée à "Journey Of The Sorcerer" qu’on retrouvait sur "ONE OF THESE NIGHTS", 4 ans auparavant. Le pop et sautillant "The Greeks Don’t Want No Freaks" (qui en énervera peut-être certains, jugeant ce titre comme une faute de goût terrible et impardonnable pour un groupe comme les Eagles) et sa rythmique très efficace voit l’apparition de Jimmy Buffet aux chœurs. Ou quand les Caraïbes rencontrent la Californie. Magnifique.

Un autre invité de marque et de poids est aussi indirectement présent sur l’album. Il s’agit de Bob Seger, qui après presque 10 ans de galères voit enfin le succès et la reconnaissance populaire se profiler à sa porte avec la publication coup sur coup en 1975 de son album "BEAUTIFUL LOSER", en 1976 de "LIVE BULLET" (l’un des albums live les plus mythiques de l’histoire du rock) et de son chef d’œuvre la même année, "NIGHT MOVES", toujours accompagné par son fidèle Silver Bullet Band. Le Big Bad Bob du Michigan comme on le surnomme remettra le couvert dès 1978 avec la parution de l’album "STRANGER IN TOWN". Coauteur du superbe hit "Heartache Tonight" en compagnie de Don Henley, Glenn Frey et de John David Souther (ce dernier étant également à l’œuvre sur "Teenage Jail" et "The Sad Cafe", l’ami Bob insuffle toute son énergie et son talent d’écriture à l’une des meilleurs chansons de l’album. Il est d’ailleurs intéressant à noter que la connexion entre les Aigles et Bob Seger est finalement peu surprenante lorsqu’on sait que Glenn Frey, originaire de Detroit, tout comme Bob Seger, jouait déjà en sa compagnie dès la fin des années 1960 au sein de Bob Seger System Band sur le tout premier album de Bob Seger, "RAMBLIN' GAMBIN MAN". Et puis, il est toujours judicieux et pertinent, aussi paradoxal que cela paraisse de souligner qu’aucun membre des Bob Seger (hormis Timothy B. Schmit qui vient alors de rejoindre le groupe) n’est originaire de Californie ; alors même que qui mieux que les Bob Seger peut représenter la Californie et sa musique ? Don Henley par exemple, est un texan pur jus. Et pour conclure cette (longue) parenthèse sur Bob Seger et sa participation à "Heartache Tonight", Don Henley et Glenn Frey lui rendront la pareille l’année suivante sur son album "AGAINST THE WIND", assurant les chœurs sur le morceau titre ; même si les chemins des Eagles et de l’ami Bob se recroiseront encore plusieurs fois par la suite (sur les albums "THE DISTANCE" en 1982 et "LIKE A ROCK" en 1986 notamment, mais également sur les albums solo de Glenn Frey).

Finalement, "THE LONG RUN" reste un bon album des Eagles, sur lequel on retrouve tout ce qui a toujours fait le succès et la magie du groupe, rocks mid-tempo et un léger soupçon de country, juste là où il faut. Peut-être peut-on juste lui reprocher un petit manque d’unité et de cohérence qui je dois l’avouer me gêner quelque peu pour pleinement apprécier ce disque. Etrange sensation, je ne sais pas… Difficile donc d’imaginer ce qu’aurait pu donner le double album tant promis, désiré et attendu. Toujours est-il qu’à ce jour, "THE LONG RUN" reste l’ultime opus studio du groupe pourtant toujours extrêmement actif et dont on attend (une fois encore) le prochain album dont le titre de travail serait d’après les nombreuses rumeurs courant ça et là, "THE LONG ROAD TO EDEN". Tout un programme donc, et une attente qui devient de plus en plus insupportable…

dimanche 23 novembre 2008

Beckley-Lamm-Wilson "Like A Brother" (2000)


On ne présente plus les protagonistes de ce projet tout du moins à ceux que les noms de groupes comme America, Beach Boys et Chicago évoquent quelque chose. Pour les autres un petit rappel, Carl Wilson est un des membres fondateurs des Beach Boys avec son frère Brian. Robert Lamm est un des membres d’origine de Chicago et accessoirement l’un des claviers et chanteurs. Quand à Gerry Beckley, il est le second membre du groupe America, groupe ultra connu dans le monde de la Folk music et de la Westcoast US. Ils se connaissent depuis longtemps quand l’idée d’une réunion germe dans leurs têtes. En effet, leurs groupes respectifs se sont croisés tout au long de ces années et plus particulièrement dans les années 70. De plus la particularité des 3 groupes précités c’est le soin apporté aux voix. En effet, dans des genres différents, les arrangements vocaux au sein de leurs différents groupes sont ultras léchés. D’habitude avec ce genre de réunion on accouche d’un album un peu bâtard ne sachant pas bien dans quel sens aller, surtout si chacun tire la couverture à lui. La, rien de tout ça bien au contraire. Ils se sont partagés les vocaux et chacun y va de son petit titre. Le mieux fourni reste quand même Carl Wilson qui ouvre le bal sur le très bon "Today", un titre Westcoast calibré qui laisse augurer la suite avec délectation. "Run Don’t Walk" est toujours interprété par Carl Wilson avec ses compères dans les chœurs qui s’éclatent comme des fous. Quel fun ce titre, le refrain part dans tous les sens avec ce rajout de ce saxo sublime. Si vous êtes de mauvaise humeur un matin, mettez donc ce morceau. On continue encore avec Carl Wilson et le très bon également "They’re Only Worlds" et son refrain à la Chicago, grandiose. Sur "Like A Brother", l’influence Beach Boys reprend le dessus avec son refrain et ses choeurs atmosphériques. Enfin pour en finir avec Carl Wilson, la magnifique ballade "I Wish For You" ou sa voix rempli d’émotion nous offre un agréable moment. Pour Gerry Beckley, on retrouve le style America sur "Without Her" avec cette guitare acoustique omniprésente, un morceau au feeling certain même si ce n’est pas mon préféré. Gerry Beckley n’est d’ailleurs pas le mieux servi car "Sheltering Sky" est loin d’être exceptionnelle, une ballade un peu mou du genou. Heureusement "Watching The Time" est une superbe compo absolument magique qui renforce le rôle du leader de America sur cet opus. Il reste Robert Lamm qui attaque avec "Feel The Spirit", une compo bien dans la lignée de ses albums solos, légèrement jazzy. Il poursuit avec un titre assez rock "Life In Motion", ou la encore le travail sur les voix est de toute beauté. On ne peut que regretter que ce projet n’ait pas eu de suite car hormis 1 ou 2 titres plus faibles que les autres le reste tient la route merveilleusement bien.

Balance "Balance" (1981)


Amateurs de Westcoast et d’AOR unissez-vous ! Voila certainement l’un des albums qui peut réconcilier les 2 (si toutefois ils étaient fâchés). En tout cas cet opus sorti en 1981 (cela nous rajeunit pas ma bonne dame !) est un incontournable pour ceux qui aiment les 2 styles précités et je dirais même qu’il est précurseur en la matière. Très peu d’album de cette qualité étaient sortis avant 1981 si ce n’est "CORNESTONE" de Styx, les 2 premiers Boston, la même année "HI INFIDELITY" de Reo Speedwagon et "WORKING CLASS DOG" de Rick Springfield. Revenons à nos moutons... Balance est composé de Peppy Castro au chant, de Doug Katsaros aux claviers et de Bob Kulick, le frère de Bruce qui allait exercer ses talents au sein de Kiss. Pour les différencier, c’est très simple, ils sont tous les 2 guitaristes, mais Bob se peigne avec un gant de toilette. "Looking For The Magic" et "I’m Through Loving You" sont 2 méga hits AOR intemporels. 2 bombes pour commencer l’album : vont-ils tenir le rythme ? La réponse est oui ! "Breaking Away" est aussi un hit imparable qui lorgne plus du coté Westcoast, un titre qui fait taper du pied par son rythme très entraînant. "American Dream" peut rappeler par moment le meilleur de Meat Loaf. "Hauting" a un couplet très teinté musique Californienne mais le refrain lorgne vers le progressif. "Falling In Love" est une très belle ballade avec ses chœurs à la Chicago, où Peppy Castro chante divinement bien. D’ailleurs, il est à noter le paradoxe entre le physique de ce garçon qui aurait pu jouer dans Motorhead et sa voix toute en douceur. Comme on dit, l’habit ne fait pas la peau de l’ours, ou quelque chose comme ça... On termine sur "It’s So Strange", autre titre teinté AOR d’excellente facture. Bob Kulick regrettait que cet opus ne soit pas assez orienté guitare, mais cela reste quand même un sacré p.. de bon album même après toutes ces années et même si on peut lui trouver un petit coté vieillot.