samedi 31 janvier 2009

Toto "Falling In Between" (2006)


1999-2006, de "MINDFIEDS" à "FALLING IN BETWEEN", 7 ans d’attente pour un album avec des nouvelles compositions. Entre-temps, Toto a sorti 2 albums live "LIVEFIELDS" et "LIVE IN AMSTERDAM" et un album de reprise "THROUGH THE LOOKING GLASS". Mais aucun de ces albums n’avaient la saveur d’un enregistrement studio permettant à ces musiciens de montrer toute l’étendue de leur savoir faire.

Pour ce nouveau projet, Toto a pris son temps pour composer, écrire, enregistrer et la somme des talents du line-up actuel ne suffisait pas pour produire un album intemporel. Steve Lukather, David Paich, Bobby Kimball, Mike Porcaro et Simon Phillips ont décidé de faire appel à Greg Phillinganes pour apporter sa touche soul, son talent de "keyboardiste" et de compositeur. Le groupe est, donc, composé de 6 membres permanent avec quelques invités prestigieux comme les anciens Toto tel que Steve Porcaro (le magicien du son), Joseph Williams (une voix tonique et fabuleuse), Jason Scheff, Walter Parazaider, Lee Loughnane (Chicago), Lenny Castro et autres...

David Paich prend une part prépondérante à l’élaboration du CD où son sens de la mélodie et sa voix chaude nous ramène à l’époque bénie des premiers albums de Toto. David Paich s’est énormément investi comme s’il cherchait à s’excuser de ne pas participer à la tournée. La fabrication de "FALLING IN BETWEEN" a duré environ 10 mois et s’est effectué en plusieurs étapes et en fonction des disponibilités de chacun (Luke en concert avec le groupe El Grupo).

Toto propose un album où l’on retrouve 10 titres et un "bonus track" (un instrumental) pour le marché japonais. "FALLING IN BETWEEN" n’a pas de ligne conductrice, il s’agit d’un mélange de style (Hard Rock Progressif, Rock FM, Pop et Westcoast) reflétant la personnalité hors norme de ces musiciens : Bobby Kimball retrouvant la tonicité de ses débuts avec sa voix aiguë et sans faute note ! Steve Lukather et son jeu de guitare inégalable et sobre au service du groupe, Mike Porcaro perpétuant le groove (la marque de fabrique du regretté Jeff Porcaro), Simon Phillips le virtuose de la technique, David Paich et Greg Phillinganes : la mélodie à l’état pur. Le mariage de ces talents ne pouvait donner qu’un bon album.

A la 1ère écoute de ce "FALLING IN BETWEEN", on est constamment surpris par la diversité des morceaux qui composent cet album. Est-ce du Hard Rock Progressif, du Rock FM, de la Pop, de la Westcoast ? Il y a un tel pachwork de style musical que l’on a parfois du mal à adhérer... mais on se rend compte, après plusieurs écoutes, de la subtilité de ces compos qui sortent de l’ordinaire. A la 1ère écoute, donc, 4 morceaux sortent du lot : "Simple Life", une sublime ballade de Luke avec sa seule amie : sa guitare (dommage que ce titre soit vraiment court : 2.22 mn !), le single "Bottom Of Your Soul", Luke au chant avec une apparition timide de Joseph Williams dans les chœurs. On revient à la période "FAHRENHEIT" et "THE SEVENTH ONE", un titre plein de pêche (cela démarre doucement avec Luke et part en trombe avec la "voix" de Joe), Très bon titre ! "Let It Go" ce morceau chanté, par Greg Phillinganes, est Soul et Jazzy avec un refrain entêtant et "Spiritual Man" où l'on retrouve David Paich qui chante rudement bien, le meilleur morceau de l’album (dans la meilleure veine de Toto !). Les autres titres sont assez destabilisant et raviront les fans du rock bien balancés. Le titre "Falling In Between" est résolument Rock et son approche est très surprenante avec la guitare de Luke et la voix agressive de Bobby Kimball : un morceau déroutant. "King Of The World" où l’on retrouve David, Luke et Bobby. Un titre Totoesque avec la présence de Jason Scheff dans les chœurs. "Dying On My Feet", "Taint Your World" et "No End In Sight" : 3 titres surfant dans un rock progressif mais à la sauce Toto ... "Hooked", on retrouve le groove de Mike Porcaro et le premier solo de guitare de Luke. Cette chanson est interprétée par Bobby avec dans les chœurs Luke. Ian Anderson apparaît avec sa flûte donnant une vision surréaliste à ce morceau.

Au final, "FALLING IN BETWEEN" est un bon et surprenant. Toto livre un album très Rock avec des parties mélodiques. La production est comme toujours de très bonne qualité. Pour les puristes de la Westcoast / AOR, on pourrait être déçu par quelques morceaux mais malgré tout Toto délivre un opus qui convient à tous les goûts. Toto a participé et a suscité des vocations d’un nombre incroyable de groupes et d’artistes actuels. On pourrait parler du "monde de Toto" et je crois que c’est tout à fait exact. Les musiciens de studios renommés ont formé un groupe musical défiant toutes les modes et ils continuent à nous ravir, nous étonner, nous surprendre. N’est ce pas cela le propre d’un grand groupe ? Bruno Fabriguès

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La sortie d’un nouvel album de Toto est toujours un événement dans le petit monde de la musique, et si le précédent disque studio du groupe remonte à 2002, ce dernier avait tout de même laissé pas mal de monde sur sa faim, dans la mesure où "THROUGH THE LOOKING GLASS" ne consistait qu’en un album de reprises, un disque certes impeccable, mais qui ne comportait aucun nouveau matériel totalement inédit signé de la main du groupe. Et il faut remonter jusqu’au siècle précédent, soit en 1999 pour retrouver trace du dernier opus studio de matériel inédit de Toto, l’ambitieux "MINDFIELDS".

7 longues années se sont donc écoulées depuis ce disque, et pourtant Toto n’a pas perdu son temps en route, enchaînant tournée sur tournée avant de retourner en studio, afin de peaufiner l’enregistrement du successeur de "MINDFIELDS" et de "THROUGH THE LOOKING GLASS" ; successeur désigné par ses créateurs comme un album encore ambitieux et expérimental que tout ce à quoi Toto nous avait habitué par le passé. Autant dire que la barre est fixée à une hauteur vertigineuse, le pari est osé. De même, depuis 1999 et le retour de Bobby Kimball, le chanteur originel du groupe au sein de Toto, aucun nouveau changement de personnel n’était à signaler. Or, 2006 apporte en plus d’un nouveau disque de Toto, quelques menus changements au sein du collectif. Préoccupé par des problèmes personnels et familiaux, dès 2005 David Paich a commencé à se mettre quelque peu en retrait, notamment en tournée, et même si David appartient toujours et encore à la grande famille de Toto, c’est un petit nouveau, mais familier du groupe qui tient les claviers à sa place en concert, Greg Phillinganes, claviériste et chanteur de grand talent qui n’est plus à présenter sur la scène musicale américaine, et californienne en particulier, auteur d’albums solo de très haute tenue. Peu à peu, Greg a donc réussi à trouver sa place au sein de ce groupe et est finalement devenu un membre de Toto à part entière, aux côtés des indéboulonnables Steve Lukather et David Paich, les 2 seuls membres du groupe à n’avoir jamais quitté le navire ; Bobby Kimball, Simon Phillips et enfin Mike Porcaro.

Toto compte désormais 6 membres, et même si David Paich ne s’embarque pour le moment plus en tournée, il n’en demeure pas moins un membre et un pilier essentiel de la fondation Toto, dont la collaboration sur ce nouvel opus s’avère plus que décisive. Après de nombreux mois d’enregistrement, le douzième album studio de Toto, "FALLING IN BETWEEN", voit donc finalement le jour en février 2006, et derrière une magnifique pochette aux couleurs ambrées, lumineuses et enflammées, se cachent 10 nouveaux titres tout simplement époustouflants. Le livret intérieur est lui aussi d’excellente facture, contenant notamment les commentaires des différents membres du groupe sur tel ou tel morceau. De même, les photographies des musiciens sont particulièrement soignées, et sont d’ailleurs l’œuvre de Pamela Springsteen, qui n’est autre que la sœur de Bruce Springsteen, le Boss lui-même. Comme c’est maintenant le cas depuis plusieurs années et depuis plusieurs disques, la majorité des titres sont tous coécrits par l’ensemble des membres de Toto, à l’exception ici de "Simple Life" signé Steve Lukather, et "Spiritual Man", laissé aux bons soins de David Paich. C’est donc face à un véritable travail de composition de groupe que nous nous retrouvons. Et le résultat est en toute honnêteté démentiel. Pas moins.

Le premier titre de l’album, "Falling In Between" donne d’emblée la mesure, avec des riffs solides, très heavy, quelque part entre Yes, Led Zeppelin et Dream Theater et un refrain terriblement accrocheur et efficace. Le son est lourd, puissant et se rapproche quelque peu de l’ambiance plutôt hard qui était déjà développée sur "KINGDOM OF DESIRE" en 1992. L’excellente inspiration hard/heavy de "Falling In Between" se retrouve sur des titres comme "King Of The World", dans la même veine, ou bien encore sur "Hooked", véritable single en puissance, une vraie, belle et grande chanson de rock, qui bénéficie d’ailleurs de la présence d’un invite de marque, Ian Anderson, le charismatique leader, chanteur et flûtiste du groupe britannique Jethro Tull, qui aura marqué les grandes heures de la musique anglaise dans les années 70 et qui poursuit aujourd’hui encore, soit en solo soit avec le Tull sa très prolifique carrière. Et comme à son habitude, la flûte de Monsieur Anderson atteint des sommets à l’occasion d’un break endiablé et ébouriffant. Une expérience incroyable ! On peut être accro à une quantité de choses, mais avec un titre comme "Hooked" on ne peut qu’être définitivement accro à Toto et à ce fantastique "FALLING IN BETWEEN".

"FALLING IN BETWEEN" ne bénéficie pas uniquement de la présence de Ian Anderson, c’est presque toute la grande famille de Toto qui est ici invitée, proche ou lointaine. Jason Scheff, fils du bassiste d’Elvis Presley, lui-même bassiste et chanteur du groupe Chicago, remplaçant Peter Cetera en 1986, et qui failli devenir un membre de Toto la même année avant que ce ne soit finalement Joseph Williams qui remporte la palme, éclaire le disque de ses superbes harmonies vocales, de la même façon que les cuivres, ici représentés par James Pankow, également de Chicago illuminent le jazz-rock "Dying On My Feet", l’une des très belles surprises de ce disque plus qu’étonnant. Voilà pour les amis proches de Toto. La grande famille de Toto est elle aussi représentée avec d’anciens membres du groupe, notamment Steve Porcaro chargé comme à son habitude des claviers et de la programmation de ces derniers. De même, en compagnie de ses anciens collaborateurs il a également participé à l’écriture de "King Of The World", morceau qui a d’ailleurs failli ne pas figurer sur la sélection finale des morceaux de l’album. Mais l’invité dont la présence aura à coup sûr fait le plus parler, c’est bien Joseph Williams, la mythique voix de Toto des albums "FAHRENHEIT" et "THE SEVENTH ONE", qui reprend ici le collier en assurant les chœurs sur le magnifique "Bottom Of Your Soul", premier single extrait de l’album et suite indirecte de par son ambiance feutrée et semi acoustique de "I Will Remember" qui figurait sur "TAMBU" en 1995.

Les morceaux énergiques et vivifiants qui ont fait toute la richesse de la musique de Toto au fil des ans répondent une fois de plus présents à l’appel. Citons en particulier le très fun "Taint Your World", mais aussi et surtout l’entraînant "Let It Go", qui à la première écoute ressemble à s’y méprendre à l’instrumental "Jake To The Bone", et qui sur lequel Greg Phillinganes à la lourde tâche d’assurer les vocaux principaux. Et le bougre s’en tire à merveille ! Une indéniable réussite. "FALLING IN BETWEEN" concentre le meilleur de ce que Toto a à nous offrir, mariant à merveille les nouvelles expérimentations et pistes explorées par le groupe, mais sans jamais renier son passé et la musique qu’en un sens Toto à contribué à créer. Dans cette optique là, on retrouve à juste titre le type de ballade par excellence de Toto, marque de fabrique essentielle de Steve Lukather, avec "Simple Life", très jolie ballade romantique bien qu’un petit peu courte, à peine plus de 2 minutes, mais l’essentiel est dit. De la même façon, David Paich livre avec "Spiritual Man" très certainement l’une de ses meilleures chansons. Véritable hymne à la paix et à l’humanité, "Spiritual Man" touche juste, avec une mélodie enivrante à souhait, une voix ferme et posée, pleine de chaleur et de tendresse. Assurément, l’un des tout meilleurs titres de cet album. L’album se referme avec un autre hymne en puissance, et qui n’est pas sans rappeler "Home Of The Brave" qui refermait lui-même l’album "THE SEVENTH ONE" : "No End In Sight" est sans aucun doute possible le morceau idéal pour clore cet incroyable "FALLING IN BETWEEN", les voix de Bobby Kimball et de Steve Lukather s’alternant à le perfection, exactement comme le faisaient les voix de Joseph Williams et de David Paich sur "Home Of The Brave".

Le rendu final est excellent et l’on souhaite bien que cela ne s’arrête jamais. Fort heureusement, Toto nous prévient, la fin n’est pas encore en vue. Nous voilà rassurés ! Et comme c’est courant, les petits veinards japonais ont une nouvelle fois droit à un titre supplémentaire en guise de bonus, permettant de faire durer le plaisir encore un peu plus longtemps. Il s’agit du morceau instrumental "The Reeferman" court morceau instrumental d’un peu moins de 2 minutes aux influences et sonorités smooth-jazyy vraiment très cool. Suivant "No End In Sight", nous avons là droit à une fin d’album idéale et tout simplement parfaite. Une conclusion très largement à la hauteur de l’excellence continue de l’album dans son intégralité est donc en toute franchise un album purement exceptionnel. Le matériel offert par Toto est prodigieux et la l’architecture interne de l’album est pertinente. 10 morceaux à la durée variée me semblent fournir un équilibre parfait, pour un total d’environ 49 minutes d’écoute. C’est parfait. A aucun moment la lassitude ne gagne l’auditeur et le disque ne souffre d’aucun temps mort, ce qui à mon goût était un peu le handicap des albums "TAMBU" et "MINDFIELDS". Avec "FALLING IN BETWEEN" c’est tout le contraire, et l’alchimie est parfaite, tout comme l’alchimie et le mariage entre les différents chanteurs. Ce n’est désormais plus uniquement Steve Lukather qui tient les parties chantées sur la plupart des morceaux comme ce pouvait être le cas sur "TAMBU", provoquant ainsi par moment un certain ennui. Non, la diversité des voix et la diversité des couleurs émotionnelles dégagées sur le disque créent une richesse, un éclectisme, une fraîcheur et une profondeur décisives. L’équilibre et l’alchimie cités plus haut prennent ainsi tout leur sens. D’autant plus que cet album s’inscrit totalement à mes yeux dans la suite des albums précédents, formant ainsi une tétralogie cohérente avec "KINGDOM OF DESIRE", "TAMBU" et "MINDFIELDS", disques sur lesquels Toto explorait de nouveaux aspects de leur musique, réunissant des influences hard, heavy, rock, , soul, jazzy, acoustiques et progressives.

Avec "FALLING IN BETWEEN", Toto a visé juste, en plein milieu de la cible qu’ils s’étaient choisis. Assurément, l’un des meilleurs albums, tous genres confondus de l’année 2006. Vincent Fuhrer

dimanche 25 janvier 2009

The Fifth Avenue Band "The Fifth Avenue Band" (1969) et "Really" (1990)



Vingt-et-un ans entre deux albums, le record est à battre ! Cependant l’attente n’aura pas été vaine car "REALLY" surpasse allègrement l’album éponyme. Pour situer, vous pourriez très bien le ranger entre vos Larsen Feiten Band et vos Steely Dan, dans l’esprit sinon dans la forme. Je passerai donc rapidement sur le premier opus dont un seul titre me fait vibrer, celui qui clôt l’album, "Angel" une composition très mélodique de Jon Lind avec piano, section de cuivres et des vocalises à la Crosby And Nash. Le reste manque d’unité, témoignage d’influences diverses : folk, country , bossa-nova, ballade à la Simon And Garfunkel, variété américaine, sans jamais égaler les modèles.

"REALLY" est beaucoup plus structuré et percutant, dopé par un pressage japonais d’une clarté et d’une présence remarquables. Le groupe se compose désormais de Kenny Altman (guitare, basse), Peter Gallway (guitare, vocaux), Jon Lind (vocaux) et Murray Weinstock (claviers). Jerry Burnham (basse, flûte) et Pete Haywood (batterie) qui faisaient partie du line-up original ont cédé la place à des invités bien connus des amateurs de musique Californienne : Michael Thompson, Tim Pierce (guitares), Bill Meyers, Phil Galdston (synthétiseurs), Will Lee (basse). Dominé par les synthétiseurs et les rythmiques programmées, l’album affiche une certaine froideur mais l’intelligence des mélodies et la qualité des vocaux parviennent à faire oublier ce travers.

"Look Who's On Fire Now" et "I Love My Car" sont les titres les plus rythmés de l’album, le premier l’ouvre et le clôture, un titre signé par Jon Lind et Hamish Stuart avec une mélodie assez proche de celles des groupes cités en début de chronique, cela balance en douceur, tandis-que le second se rapprocherait davantage de Bobby Caldwell. Côté mélodie accrocheuse on retrouve avec plaisir "Kiss To Kiss" qu’interprétait Cher sur son album "HEART OF STONE" paru en 1989, ce titre ainsi que "I Love My Car" sont co-écrits par Jon Lind et Phil Galdston (ex-Far Cry dont je vous parlerai très prochainement).

Les ballades feutrées "Out Of The Past", "Burn" sont dues à la plume légère de Kenneth Altman. "Windlow" et ses chœurs éthérés ; "Heaven Made Love" ballade à la David Foster, avec un clavier prépondérant sont composés par Murray Weinstock. Autrement dit nous avons affaire à une réunion de compositeurs et d’interprètes chevronnés avec chacun leur personnalité car Peter Gallway propose également 2 titres "Leap Of Faith" et "Nothing To Do With The Weather" tout aussi évidents que ceux de ses camarades.

Un album du coin des raretés donc précieux.

Eric Russell And Olivier Constantin "Personal" (1993 et 1995)



On pourrait compter sur les doigts de Django Reinhardt les artistes français qui se sont aventurés sur les terres de notre musique favorite. D’ailleurs le seul que je connaisse en dehors de Kings Of Heart dont j’ai déjà parlé c’est Olivier Constantin, alias Eric Russell puisque c’est sous ce pseudonyme que paraît en 93 son album "PERSONAL", en pressage japonais à l’instar des grands noms de la musique Westcoast.

Un nouveau venu pour nous, mais pas auprès des chanteurs et des musiciens car au cours des 25 années qui précèdent, Olivier Constantin a assuré les chœurs sur quantité d’albums d’artistes français du calibre de Johnny Hallyday, Michel Sardou ou encore Michel Jonasz. C’est peut-être pas la tasse de thé de tout le monde, mais avouez qu’il y a pire comme formation (Chantal Goya ?). Je vous rassure tout de suite ses disques de chevet devaient plutôt se situer du côté de Los Angeles. Olivier Constantin s’est chargé de l’écriture des textes (c’est son vrai nom qui figure dans les crédits du livret nippon) très autobiographiques d’où le titre "PERSONAL" choisi pour l’album. Les compositeurs, les musiciens et le producteur sont des inconnus pour vous et moi, et pourtant tout ce petit monde va nous concocter un album qui aujourd’hui encore peut faire référence, riche en claviers, guitares ciselées et chœurs multiples.

Doté d’une voix pure, Eric Russell (Vous suivez ?) alterne les ballades, vraie "Song To Chloe" ou fausse "Nobody Knows", et les mid-tempos "Don’t Slow Down" avec beaucoup d’aisance "Never Be Mine" et de conviction "Shining". J’aime particulièrement "Don’t Waste Your Time", ses chorus soutenus bien fournis en chœurs, son solo de guitare et sa mélodie qui se répète à l’infini et "In The Middle Of The Day" de J.P. Penington dans lequel sa voix rappelle Kenny Loggins.

L’album a vu une édition européenne 2 ans plus tard, sous le nom d’Olivier Constantin avec une pochette différente, un bouleversement de l’ordre des titres, et deux nouveaux morceaux enregistrés pour l’occasion "Remember Me" et "Shades Of You" qui ont pris la place de "Someday Somehow" et de "Don't Waste Your Time".

A l’époque il avait des projets pour un second album, mais le peu de retentissement qu’a connu "PERSONAL" les a apparemment fait échouer. Dommage !

lundi 19 janvier 2009

Eagles "Selected Works 1972-1999" (2000)


Près de 15 ans après leur séparation, les Eagles se sont reformés en 1994. "HELL FREEZES OVER", un album quasiment exclusivement enregistré en public, contenait également 4 nouvelles chansons studio. Depuis, on attend toujours ce qui sera le successeur de leur précédent opus, sorti en 1979, "THE LONG RUN". Rien de vraiment neuf sous le soleil donc, sinon la sortie en 2000 d’un volumineux coffret rétrospectif de 4 disques, sorte de compilation idéale et ultime de l’œuvre des Eagles.

Cette compilation se décline donc en 4 mouvements, et chaque disque est construit autour d’une thématique bien établie. Le premier disque, intitulé "THE EARLY DAYS" comporte pour l’essentiel des titres issus du répertoire des 4 premiers albums des Eagles, et principalement des chansons moins connues du grand public, ou tout du moins plus obscures. Ainsi, hormis les classiques "Take It Easy", "Peaceful Easy Feeling", "Tequila Sunrise" ou autre "Witchy Woman" ; c’est avec un plaisir non dissimulé qu’on retrouve également les très bons "Outlaw Man", "Already Gone", "On The Border", "James Dean" ou bien encore "Hollywood Waltz" et "Train Leaves Here This Morning". Une excellente introduction en somme à ce qui attend l’auditeur par la suite.

Les chansons du second disque sont rassemblées sous le titre "THE BALLADS" et couvrent toute l’étendue discographique des Eagles, sans bornes chronologiques particulières. Et là aussi, au milieu des éternels "I Can’t Tell You Why", "Desperado" ou "New Kid In Town" notamment, saluons l’initiative qui nous est accordée de redécouvrir les pépites que sont "Try And Love Again", "Pretty Maids All In A Row", "The Sad Cafe" ou bien encore "After The Thrill Is Gone". Les Eagles nous convient donc ici encore à un merveilleux voyage au cœur de leur musique.

Avec le troisième disque on passe véritablement aux choses sérieuses. Tout s’accélère. "THE FAST LANE" rassemble en effet les morceaux les plus rock et les plus énergiques du répertoire des Eagles, bref ceux qui leur ont apporté toute la gloire qu’il méritent. "Heartache Tonight", "Hotel California", "One Of These Nights", "Life In The Fast Lane" pour n’en citer que quelques uns. Mais en prime nous avons également droit à quelques chutes de studio plus ou moins intéressantes datant des sessions de l’album "THE LONG RUN", qui rappelons-le devait être double à l’origine. "Born To Boogie" en est sans conteste le titre le plus intéressant, un boogie rock rude et crasseux à souhait, chanté par Glenn Frey, et que ZZ Top n’aurait certainement pas renié. Citons également "One Of These Nights (Intro)", qui comme son nom l’indique introduit le morceau éponyme, et sur lequel on peut notamment entendre Glenn Frey raconter tout simplement n’importe quoi ! Le délire éthylique continue sur "Random Victims (Part 3)", collage brouillon de presque 10 minutes qui associe notamment "Hotel California", "Pretty Maids All In A Row", "King Of Hollywood" et "The Last Resort" sur fond de bouillie sonore et d’ambiance alcoolisée. Enfin, "Long Run Leftlovers" est une ultime tentative inachevée d’épaissir l’atmosphère et l’ambiance de l’album "THE LONG RUN". Ces quelques différentes bribes de morceaux ne sont pas inintéressantes en soi, mais on est en droit de regretter le fait de n’avoir pas davantage de vrais morceaux inédits, et complètement aboutis. Surtout lorsqu’on se plaît à imaginer les perles que renferment les tiroirs des Eagles.

Mais le gros point fort de ce coffret "SELECTED WORKS 1972-1999" est sans conteste possible la quatrième galette, "THE MILLENIUM CONCERT", et qui reprend une partie du concert donné par les Eagles le 31 décembre 1999 au Staples Center de Los Angeles, la veille du passage à l’an 2000. Evidemment, on peut regretter que le concert ne soit pas ici présenté dans son intégralité, mais malgré tout les morceaux contenus sur ce disque comblent cette lacune. Si "Hotel California" est bien présent, on peut également se réjouir de découvrir dans leurs versions live des titres plus rarement interprétés en public. C’est ici le cas de "Victim Of Love", "Take It To The Limit", "The Best Of My Love" ou bien encore "Those Shoes", mais aussi et surtout de "Ol’55", le classique de Tom Waits, initialement paru sur le troisième album des Eagles en 1974, "ON THE BORDER". Période des fêtes oblige, "Please Come Home For Christmas" et "Funky New Year" sont également de sortie, tout comme une fois encore, des chansons tirées des carrières parallèles des membres des Eagles. Don Henley est d’ailleurs ici particulièrement à l’honneur avec 2 titres issus de sa carrière solo, "Dirty Laundry" paru à l’origine sur son premier album solo en 1982, "I CAN'T STAND STILL", et "All She Wants To Do Is Dance", tiré quant à lui de l’album "BUILDING THE PERFECT BEAST", sorti 2 ans plus tard, en 1984. Mais Joe Walsh n’est pas en reste, proposant le classique "Funk #49" de son premier groupe, le James Gang, et dont la version originale se trouve sur l’album "RIDES AGAIN", sorti en 1970, à une époque où les Eagles n’existaient même pas encore. 12 titres donc au total pour ce quatrième disque d’excellente facture, soulignons-le.

Ainsi, après une rapide analyse, "SELECTED WORKS 1972-1999" apparaît bien comme une compilation rétrospective proche de la perfection. 4 disques thématiques dont l’un est entièrement enregistré en public, et en prime un très beau livret de 44 pages, comprenant de nombreuses photographies rares ou inédites ainsi que plusieurs textes signés notamment David Wild du magazine "Rolling Stone", de leur producteur Bill Szymczyk et enfin de Glenn Frey lui-même. Les seuls reproches qu’on pourra faire à ce coffret sont d’une part le peu d’intérêt qu’il pourra avoir pour l’amateur éclairé qui ne trouvera véritablement son bonheur qu’avec le quatrième disque, et les quelques maigres chutes de studio de l’album "THE LONG RUN" sur le troisième disque. Ces outtakes auraient mérité d’être un peu plus nombreux, et surtout un peu plus consistant ; et d’autre part un coffret d’une telle nature, volumineux et gorgé de titres jusqu’à plus soif risque peut-être de faire peur et de décourager ceux qui voudraient découvrir la musique des Eagles et qui risquent peut-être d’être submergés face à une telle avalanche de titres.

Il existe de nombreuses compilations des Eagles, et certaines qui ne comptent qu’un seul voire 2 disques au maximum s’adressent peut-être plus spécifiquement à ces personnes-là. Toujours est-il que "SELECTED WORKS 1972-1999" est un bien bel objet, cadeau idéal pour tout amateur de bonne musique.

Eagles "The Very Best Of" (2001)


A l’occasion de la reformation des Eagles en 1994, une précédente compilation déjà intitulée "THE VERY BEST OF" était parue, remplaçant avantageusement et opportunément celle sortie en 1985, simplement intitulée "THE BEST OF THE EAGLES" et qui comprenait moins de morceaux. Alors qu’en 2000 est paru un volumineux coffret de 4 disques, "SELECTED WORKS 1972 – 1999", et retraçant toute la carrière des Eagles avec à chaque fois un disque thématique ; l’un est en effet consacré aux premières années ("The Early Days"), un autre aux ballades ("The Ballads"), un troisième au succès du groupe bâti autour du pilier qu’est "Hotel California", album référence ("The Fast Lane"), et enfin un quatrième disque reprenant une partie du concert donné à Los Angeles au Staples Center le 31 décembre 1999 ("The Millenium Concert") ; et on retrouvait donc en prime sur ce coffret quelques rares chutes de studio et autres outtakes. Bref, une sorte de compilation ultime et idéale, excellemment bien orchestrée, mais il est vrai peut-être un peu trop lourd pour le néophyte qui risquerait de s’y perdre.

Aussi en 2001, cette nouvelle compilation une fois encore baptisée "THE VERY BEST OF" permet en un seul disque de plus facilement appréhender la carrière du groupe à travers ses morceaux les plus fameux, et parmi ceux-ci aucun ne manque à l’appel, qu’il s’agisse de l’immortel "Hotel California", de l’entraînant "Heartache Tonight", du rock "Life In The Fast Lane", du country folk des premiers jours avec "Take It Easy" ou bien encore des ballades telles "Desperado", "Doolin-Dalton" ou "I Can’t Tell You Why" en passant par "James Dean", "Tequila Sunrise" ou l’envoûtant "Witchy Woman". On peut évidemment douter de la manœuvre purement mercantile quant à cette nouvelle compilation par rapport à celle sortie en 1994. En effet, les titres y sont exactement les mêmes, à la différence qu’en 1994 un effort avait été fourni par rapport à l’agencement des morceaux, à chaque fois présentés de façon chronologique. Ici, c’est le chaos qui règne, aussi souci de chronologie particulière n’a présidé à son élaboration. De même, la pochette, certes magnifique, est quasiment la même que celle de la rétrospective de 1994, un coucher de soleil en plein désert.

Le seul avantage qu’on peut trouver ce Very Best Of millésime 2001 est sa facilité d’acquisition, l’édition 1994 ne se trouvant quasiment plus dans le commerce, tandis que cette dernière est très facilement disponible, souvent à un moindre prix, et reste une bonne et simple introduction à l’univers musical des Eagles, en un seul disque et dix-sept chansons. Une bonne occasion donc à dénicher.

Mark Free "Long Way From Love" (1993)


En 1993, Mark Free est déjà connu pour ses prestations remarquables au sein de King Cobra, Signal et surtout Unruly Child dont le premier opus est tout bonnement indispensable.

Pour la petite histoire "LONG WAY FROM LOVE" est en réalité une collection démos que Mark Free a enregistrées à la fin des années 80 à partir de compositions écrites par Judith et Robin Randall avec l’aide de quelques collaborateurs. L’histoire dit que c’est à la demande de Mark Ashton lui-même que ces démos sont parues sur son label Now And Then. Eh bien grand merci à lui car "LONG WAY FROM LOVE" est une véritable œuvre d’art (d’FM), un album totalement paradisiaque. Vous savez déjà que Mark Free fait partie de mes chanteurs favoris et cet album vous permettra de découvrir l’extraordinaire tessiture de sa voix. Ce CD est un véritable festival de mélodies enivrantes à l’impact immédiat.

On attaque en force avec "Someday You’ll Come Running" une merveille spéciale verres fumés, éblouissement garanti, que le groupe FM avait d’ailleurs enregistrée en 1989. On poursuit avec "Stranger Among Us", beauté et grâce, avec une large dose de vitamines sur les chorus, puis une ballade "Coming Back For More" agrémentée de claviers cristallins et toujours avec cette voix sublime. On continue sur la lancée avec toute une série de titres qui vous donnent des frissons de plaisir "Hard Heart To Break", "High Life" et ses faux airs de Foreigner, "State Of Love". Que des mélodies et des refrains à tomber, interprétés avec un feeling sans faille "Slow Down The Night", "Look Love In The Eyes", "Long Way From Love".

Si vous ne possédez pas encore cet album, je vous précise qu’il en existe une réédition , parue cette fois chez Frontiers en 1998, avec un second CD qui comporte 10 titres Live et 6 inédits studio. Malgré un mixage approximatif, la partie en public nous permet de constater que Mark Free assure de la même manière dans les conditions du direct et nous offre outre 5 interprétations de titres issus de l’album studio, des reprises de ses anciens groupes "Liar", "Wake Up You Little Fool" (Signal), "Only the Strong Will Survive", "Iron Eagle (Never Say Die)" (King Cobra) et le génialissime "Who Cries Now" (Unruly Child). Les inédits studio sont un poil en-dessous du niveau des précédents, on retiendra surtout "Dying For Your Love" et une nouvelle version de "State Of Love" en duo avec Diana DeWitt qui assurait déjà les chœurs sur l’album original. Une dernière précision, le CD Now and Then possède un livret avec toutes les paroles et la liste des participants sur chaque titre, celui de Frontiers ne donne aucune information.

Depuis cette époque Mark est devenu Marcie, mais cela reste un sacré chanteur, ou une sacrée chanteuse, je ne sais plus trop ce qu’il faut dire…

jeudi 15 janvier 2009

Jimmy Harnen "Can't Fight The Midnight" (1989)


Le genre de type que j’aime bien, sorti de nulle-part et qui vous terrasse dès les premières secondes d’écoute grâce à la qualité des mélodies et de l’interprétation. Un garçon courtois qui débute l’album par un "Hello" entraînant avec des guitares acérées qui tricotent sévère sans que l’on sache qui joue précisément car le maigre livret indique la présence au hasard des titres de Steve Lukather, Michael Thompson, Albert Lee, Tim Pierce et Jon Lorance, satisfaction garanteed.

Cette entrée en matière n’est rien à côté du second titre "When The Midnight Comes", mon préféré, une énergie à revendre, un refrain d’anthologie et des chœurs soutenus en arrière fond, avec là encore des noms qui font rêver : Bill Champlin, Tommy Funderburk, Kevin Cronin. On poursuit avec une ballade "If She Cries", histoire de mettre en valeur la voix légèrement rauque de Jimmy avec des claviers qui se marient merveilleusement avec les guitares. Après cette accalmie on repart dans le soutenu avec "All Those Tears" qui vous donne la pèche pour la journée, écoute conseillée avant une nuit de noce. Franchement, on a envie de se déhancher et de chanter avec notre ami. "Little Nikki" poursuit dans la même veine en un peu plus musclé, à mon avis Jimmy Harnen prenait du Red Bull ou son équivalent de l’époque. Même allégresse avec "I don’t Mind" et son tissu de guitares. Seconde pause avec "No Reason In The World" et son accompagnement qui mêle acoustique et électrique dans un registre plus intime mais avec une voix qui arrache et vous bouleverse. "Southern Lady" voit la réapparition des claviers tenus par Phil Shenale et cette fois encore on est soufflé par la qualité du chant qui laisse penser que Jimmy joue sa vie sur chaque titre tellement la passion est perceptible. Le morceau qui suit "For All The Wrong Reasons" est mon second favori, un mid-tempo au refrain dévastateur avec une touche de sax inattendue mais parfaitement bienvenue. Un morceau imparable. A côté, "Boy In Love" qui bénéficie de riffs de guitare appuyés manque d’originalité dans son refrain. La seule faute de goût vient du dernier titre "Where Are You Now" une ballade sirupeuse totalement à l’opposé du reste du disque et sur laquelle la voix de Jimmy Harnen ne montre aucune flamme.

L’explication est simple, l’enregistrement de ce morceau date de 1985 alors que Jimmy n’avait pas encore trouvé sa voix (voie ?).

Robert Berry "The Dividing Line" (2008)


Voila une très bonne idée pour Frontiers de récupérer Robert Berry sur son catalogue. Ce type est un cador et c’est un peu le chainon manquant entre Foreigner et Saga. Le premier cité pour ces fulgurances FM et le second pour le coté progressif. La musique navigue entre les deux mondes sans tomber dans les poncifs inhérents aux deux genres, un coté aseptisé pour le style FM et rébarbatif pour le style prog. Dans la musique de Robert Berry rien de tout ca. Il propose une alchimie parfaite de mélodie, de puissance et de technique à ce jour jamais égalé. Je dis jamais égalé car à ma connaissance il est le seul sur ce créneau. En plus comme le type est pétri de talent cela ne gâche rien. Ce "DIVIDING LINE" est son 6ème opus solo depuis 1985. Il faut dire que son projet Alliance lui prend également beaucoup de temps. La preuve avec la superbe "THE ROAD TO HEAVEN" sorti en 2008.

Pour les personnes qui connaissent déjà le talent du bonhomme pas de surprise avec ce "DIVIDING..." on est encore dans le très haut du panier. Quand en plus on sait que Robert Berry a tout fait tout seul ou presque de l’écriture à l’instrumentation au chant à la production on reste bouche bée. Du rock FM de haute volée sur "The Dividing Line" et "Listen To The People" ou dans la lignée du dernier Alliance l’excellent "A Life Worth Livin". Une guitare bien en avant des claviers présents mais pas envahissants et un sens de la mélodie très subtil. Pour ceux qui préfèrent le coté plus AOR avec des claviers partout je leur conseille "This Life" et surtout "Can’t Let Go" qui est vraiment grandiose dans le genre. Les ballades ne sont pas oubliées avec le tres émotionnel "Faith". Pour les amateurs de prog je leur conseille plus la fin du CD avec des titres comme "I Gave You The Best Of Me" et "Young Hearts". Même ceux qui sont hermétiques au style peuvent y prendre beaucoup de plaisir tellement ce n’est absolument pas ennuyeux ni rempli de démonstration technique rébarbative.

Robert Berry est une valeur sûre qu’il conviendrait de célébrer plus. En effet, quand on voit le tapage qui est fait par ailleurs sur des artistes qui n’ont pas un centième de son talent, on peut se poser des questions.

lundi 12 janvier 2009

Rick Springfield "Tao" (1985)


La réédition de "TAO", toujours chez Rock Candy Records, est encore un plus et c'est vraiment la continuité du précédent album de Rick Springfield, le fabuleux "LIVING IN OZ".

Avec les mêmes musiciens : Tim Pierce (guitare), Mitchell Froom (claviers), Mike Baird (batterie), Mike Fisher (percussion), le chanteur australien qui a composé encore les titres quasiment à lui tout seul, est éclatant sur cette nouvelle galette. Mélodiques à souhait, toujours avec cette pointe de modernité dans le son, les 10 titres de "TAO" (sorti en 1985) ont une densité, une force incomparable et propulsent encore plus Rick Springfield au firmament du rock FM des 80's. "Dance The World Away" possède ces riffs rock et ces refrains ravageurs avec une entame légèrement orientale, qui donne un cachet très spirituel à l'album, dès le début. Et puis il faut préciser que "TAO" est une philosophie chinoise et que ce titre s'est imposé tout naturellement au chanteur, en quête de vérité et de lumière… voilà pour l'anecdote. Le très rythmé "Celebrate Youth" avec ces chœurs et son énergie très dansants lancent "TAO" vers un contexte plus pop que rock. Arrive ensuite le sublime "State Of The Heart" qui explose à lui seul en feeling, en clarté et dont les guitares cristallines en affoleront plus d'un, un vrai régal mélodique !

Le chant de Rick Springfield est incomparable et cette magie maîtrisée qu'il dégage est absolument remarquable, un vrai bonheur ! Moins rock que son prédécesseur "LIVING IN OZ", "TAO" est plus travaillé au niveau des compositions, plus élaboré mais avec cette densité mélodique toujours bien présente : "Written In Rock" très énergique peut s'opposer au très lyrique "The Power Of Love" plus calme et nettement pop. C'est en fait toute la structure de "TAO" qui se met en place, avec des titres rapides et d'autres plus mélancoliques, plus aérés. Mais le résultat est à la hauteur et si "TAO" n'a pas eu le succès escompté par rapport à "LIVING IN OZ", c’est que justement il possède plusieurs facettes et ne s'est pas constitué dans un moule prédéfini. C'est cette alternance et ce changement de rythme entre les titres qui fait la force de l'album : on passe ensuite au très rythmique "Walking On The Edge", avec claviers débridés, suivi de "Walk Like A Man" dans la même veine et encore plus énergique. L'album prend un dernier envol avec le court (1' 27") mais magique "The Tao Of Heaven", beau à pleurer et le très mélodique "Stranger In The House", toujours magnifié par ces claviers enchanteurs.

Si le dernier titre au piano révèle un chanteur plus intimiste ("My Father's Chair" a mis 6 mois pour voir le jour car Rick Springfield a composé dans la douleur, en souvenir de son père décédé en 1981), "TAO" restera pour l'histoire du rock FM une sorte de phare, un album incontournable pour les amoureux de cette musique merveilleuse !!!

Rick Springfield "Living In Oz" (1983)


En cette fin d'année 2008, le label déjà bien connu Rock Candy Records a la bonne idée, je dirai même l'excellente idée de ressortir ce sublime album de Rick Springfield, un des maîtres sinon le maître incontesté de ce rock FM musclé, particulièrement mélodique et si enthousiasmant.

Cet album "LIVING IN OZ" est à tout point de vue un must, une de ces perles dont on a du mal à se remettre, entièrement truffée de hits en puissance. C'est de la pure magie à chaque note, la technologie digitale du 24 bit donne encore plus de tonus et si on précise que ce bijou est sorti en 1983, avec une telle qualité inutile d'en rajouter. 10 titres tout feu tout flamme jalonnent cet opus ô combien féérique par la qualité de ces compositions, la clarté du son, la magie des guitares et cette voix si rock, si magnifique du chanteur australien. Rick Springfield sortait donc en 1983 ce 7ème album solo, sa carrière ayant commencé en 1971 !

Cela démarre par un "Human Touch" qui fait voler en éclat les standards du rock avec des sonorités très modernes pour l'époque et un saxo étonnant, comme "Affair Of The Heart" à l'intro claviers relayé par une guitare monstrueuse d'un rayonnement éclatant, une jouissance complète ces 2 titres ! Avec "Living In Oz" cela repart de plus belle, quel son de guitare, miraculeux, et cette énorme rythmique qui emballe à fond avec un refrain époustouflant et une énergie somptueuse, agrémenté bien sûr de claviers de lumière : un délice complet ! Le refrain et la mélodie de "Me & Johnny" vous emporteront aussi au paradis musical de ce seigneur du rock FM, sublimé par les guitares éclatantes de Tim Pierce excusez du peu ! Et les 39 minutes trop courtes de cette galette légendaire passeront hélas trop vite. Vous aurez ensuite les petits bijoux que sont le très rock "Motel Eyes", les mid-tempos très en rythme, vraiment originaux et ensorcelants "Tiger By The Tail" et "Souls", aux refrains dévastateurs.

Les titres sont tous composés par le chanteur australien et il faut évidemment noter les musiciens de folie qui officient sur ce "LIVING IN OZ" monumental : Tim Pierce aux guitares, Mike Baird aux fûts, Alan Pasqua aux claviers pour ne citer que les plus connus. Rien d'autre à ajouter sinon mettre cet album au panthéon du rock FM : tout simplement magnifique !!!

samedi 10 janvier 2009

Desmond Child "Discipline" (1991)


Attention chaussée glissante ! Il est souvent mal vu d’apprécier Desmond Child qui n’est pas en odeur de sainteté chez les puristes : il partage avec Diane Warren, entre autres privilèges, celui d’avoir écrit des hits à la pelle pour de nombreux artistes (Bon Jovi, Michael Bolton, Aerosmith, Alice Cooper… bon il a aussi écrit pour les 2B3 mais ne le répétez pas) et celui d’être considéré par la critique comme un requin prêt à toutes les facilités pour atteindre le haut des charts.

Donc, en 1991, les fusils sont braqués quand paraît "DISCIPLINE" et ils ont apparemment fait mouche car cette fois le CD de DC n’a pas cartonné. Pourtant l’album confirme le potentiel vocal de Desmond Child très à l’aise dans le tempo médium et les ballades. L’album démarre avec deux titres saisissants "The Price Of Love" et surtout "Discipline" qui donne son titre au CD et que je range parmi ses meilleures compositions, mis en valeur par une voix expressive et les guitares de Richie Sambora et de Steve Lukather. Question ballade "Obsession" qu’il a écrit avec Burt Bacharach est un duo sensuel et passionné dans la grande tradition américaine qui lui permet de retrouver Maria Vidal qui fût sa partenaire à l’époque de Desmond Child And Rouge. On retrouve d’ailleurs le groupe au complet sur "Love On A Rooftop" qu’interpréta Cher en 1989, un titre co-écrit par Diane Warren qui est également l’auteur de la ballade "I Don’t Wanna Be Your Friend". Outre Richie et Steve, on note la présence (j’ai eu peur qu’il soit malade) de Michael Landau sur un morceau, tandis que la basse est assurée par Tony Levin, la batterie par Vinnie Colaiuta ou Tico Torres et les claviers par C J Vanston. Si l’on est vraiment curieux, on remarque également la participation de Mark Free, Mitch Malloy et Kane Roberts dans les chœurs.

L’album se termine sur une note plutôt funèbre avec "Ray Of Hope" écrit par Don Paul Yowell, décédé du Sida comme le frère de Desmond à qui le titre est dédié. "DISCIPLINE" est destiné aux amateurs de tempo lent qui n’attendent pas une révolution musicale à chaque parution mais privilégient l’efficacité et les productions léchées. Desmond Child n’a toujours pas renouvelé l’exercice.

Overland "Break Away" (2008)


Cette nouveauté n’en est plus vraiment une dans le sens où cet album de Steve Overland est sorti au mois de mai 2008. Néanmoins, il était dommage de passer sous silence un tel album.

Steve Overland qui a l’habitude de jouer dans différents groupes comme Shadowman ou The Ladder a maintenant un groupe à son nom. Il est accompagné sur ce projet par Anders Rydholm (Grand Illusion) qui s’occupe de tout ou presque entre la guitare, les claviers, la basse et la production. Celle-ci étant d’ailleurs parfaite et il serait intéressant que les mecs de chez Escape aillent faire un tour chez le voisin Italien Frontiers pour montrer à certains comment on produit un album de FM.

En terme de qualité intrinsèque ce "BREAK AWAY" est un petit bijou. Il faut plusieurs écoutes pour s’approprier totalement la galette mais au fil du temps on découvre toute la richesse musicale de l’objet. En effet, il y a toujours un petit truc au sein des compos qui fait l’originalité de cet album. Steve Overland, comme toujours, éclabousse de sa classe le CD mais le travail de Anders Rhydholm, de Gregg Bissonette aux futs et Ola Af Trampe aux grattes est lui aussi remarquable. Le style de l’album oscille entre du Hard FM pur jus à la Grand Illusion de la Westcoast / AOR dont Tommy Denander est le chantre. La face la plus Hard se trouve au début du CD avec les deux brulots que sont "Break Away" et "Alive And Kicking". On retrouve un peu le style Grand Illusion sur ces deux titres. Le coté AOR à la Radioactive est proposé sur l’excellent "Like A River" ou sur le tonitruant "Evangeline". L’intro de ce dernier morceau fait vraiment penser aux intros de Tommy Denander avec ce jeu de gratte si particulier. Le hit de l’album se trouve en plage 3 avec "Break Away" qui est vraiment un titre FM d’une puissance rare. On retiendra dans le même genre avec son intro nappée de cordes, le sublime "After The Fire". Pour finir, dans le style Prisoner le très remuant "Heartache Calling" et son groove d’enfer. On pourrait également citer le reste des compos tellement il n’y a rien à jeter sur cet opus de très grande classe.

Quand on voit ce qui sort chez Frontiers de temps en temps avec des projets bancals, on regrette que cet Overland ainsi que le Shadowman passe inaperçu. Car au niveau qualité franchement il n' y a pas photo…

vendredi 9 janvier 2009

Asia "Astra" (1985)


1985 : troisième album du groupe de la période de John Wetton et dernier avant la reformation de l'année dernière. Quoiqu’en dise les puristes ou les big fans du groupe, je considère cet "ASTRA" comme leur meilleur album.

Petite nouveauté à la gratte pour cet opus puisque Mister Howe s’en est allé et est remplacé par Mandy Meyer que les amateurs de Cobra et de Gotthard connaissent bien. A l’époque c’était un jeune guitariste sans vraiment d’expérience et remplacer le monstre Steve Howe n’a pas du être aisé. Le bougre s’en sort fort bien comme d’ailleurs partout ou il est passé. Je regrette d’ailleurs à titre perso son départ de Gotthard car il apportait une touche FM qui me manque maintenant, mais ceci est un autre débat. En même temps qu’un changement de line up, le style aussi évoluait vers un coté plus AOR que prog. Les compos les plus alambiquées étant cette fois ci à ranger plus dans le symphonique que le progressif. La preuve avec les deux monstrueux "Rock And Roll Dream" et "After The War" qui sont vraiment des monuments. D’un mélodisme inouïe, ces deux titres truffés d’orchestration magistrale, nous proposent des changements de rythmes jusqu’aux apothéoses sur les refrains. Des types comme Robby Valentine ont du écouter ces deux compos en boucle.

Pour le reste c’est du sublime avec "Go" le hit dans la lignée d’un "Don’t Cry" ou "Heat Of The Moment", "Voice Of America" une ballade AOR grandiose, le magique "Hard On Me" et les mid- tempos aux petits oignons "Suspicion" et "Wishing". John Wetton n’a jamais aussi bien chanté, Geoff Downes jamais pondu autant de bonnes compos, bref un ravissement.

Tout ceci va bientôt se terminer par les départs de John Wetton et de Carl Palmer en plus de Steve Howe. Mandy Meyer lui n’aura fait qu’une pige car quelques années plus tard c’est Geoff Downes seul qui fera renaitre le groupe. Il s’entourera du chanteur bassiste John Payne mais ce ne sera plus la même musique si je peux m’exprimer ainsi. En effet, la magie n’opérera plus, tout du moins sur "AQUA" et "ARIA" les deux opus qui suivront. Il faudra attendre "ARENA" pour que le groupe nous ressorte une galette digne de ce nom. Néanmoins, malgré les qualités indéniables de John Payne il n’est et ne sera jamais John Wetton

Asia "Alpha" (1983)


1 an après le cataclysme du premier album, voila que se profile "ALPHA", le second essai du groupe. Avec cet opus, ils font déjà très forts sur la pochette qui est certainement une des plus belles que j’ai jamais vues. Une vraie œuvre d’art qui sur vinyl rendait encore mieux. Même si à l’époque la critique fut plutôt assassine par rapport aux louanges du premier, cet "ALPHA" est largement aussi bon que son prédécesseur.

La recette est la même, la musique n’a pas changé et le talent est toujours présent. "Don’t Cry" rivalise aisément avec "Heat Of The Moment" et s’impose comme un hit incontournable du groupe. Le petit plus par rapport au premier est la présence d'une vraie ballade et quelle ballade, "The Smile Has Left Your Eyes". Ce titre absolument divin nous confirme dans l’idée que John Wetton est un chanteur hors norme. Mais le grandiose ne s’arrête pas la avec le grandissime, "Heat Goes On", le très mélodique "My Own Time" et dans la même veine "Never In A Million Years".

Second essai et second classique. Dans la même veine que le premier mais peut être moins progressif et donc plus abordable par moment. Il n’empêche qu’après 1 chef d’œuvre, cet "ALPHA" emboite le pas et fait que les deux sont indissociables.

La période Asia sous cette mouture musicale prend fin avec "ALPHA", on va se retrouver quelques années plus tard avec un léger changement de line up pour leur plus grand album…

Asia "Asia" (1982)


Quand on a 12 ans et qu’on entend ce premier album d’Asia en 1982, on se doit d’être marqué. Marqué par la pochette absolument sublime, marqué par la puissance des compos et par le style du groupe qui invente un genre l’AOR, prog, symphonique. Pourtant au départ, le line up du combo avait de quoi me faire peur car on y retrouvait 4 papes du rock progressif des années 70 et on ne peut pas dire que j’adhérais à leurs anciens groupes qui délivraient une musique trop complexe pour moi. C’est encore le cas aujourd’hui. Ce fut également le premier groupe qui formait une réunion de stars comme quelques années plus tard ce fut le cas pour Mr Big et autre Bad English.

A la batterie, Carl Palmer ex-ELP, John Wetton au chant et à la basse ex-King Crimson, Steve Howe à la gratte ex-Yes et Geoff Downes au clavier ex-Buggles. Il est à noter que la carte de visite de Geoff Downes était la moins étincelante et pourtant le garçon va s’affirmer comme le vrai leader du groupe, restant seul sur le pont quand les 3 autres auront quittés le navire. Il faut dire qu’à part Vidéo "Killed the Radio Star", les Buggles n’est pas resté dans la mémoire collective.

Dès les premières notes de "Heat Of The Moment" on comprend combien ce groupe est à part. Un riff de guitare acéré, la voix de John Wetton grandiose, des chœurs foisonnants, un clavier omniprésent, et le son du en grande partie au jeu de batterie de Carl Palmer. Je le redis mais un titre comme celui-ci en 1982 ca détonnait. Tout comme le magistral "Only Time Will Tell" que toute compilation AOR doit posséder. Un vrai petit bijou.

C’est vrai qu’à l’époque passé ces deux incontournables le reste m’avait paru plus "abscon" car plus progressif. Mais aujourd’hui en 2008, on peut dire que des titres comme "Sole Survivor", "Wildest Dreams" et son intro dantesque ou le superbe "Without You" sont vraiment de très grands morceaux. Nettement plus progressif que les deux premiers mais sublime dans l’interprétation et dans la maitrise musicale. Que dire alors du dernier titre, "Here Comes The Feeling" qui termine l’opus en apothéose. John Wetton est vraiment un chanteur d’exception et il le prouve sur cette composition.

Encore maintenant c’est ce qu’on appelle un classique qui n’a pas pris une ride car énormément en avance sur son temps. Tant et si bien que le tout dernier Asia, "PHOENIX", parait daté par rapport à celui-ci alors qu’il est sorti l'année dernière.

mercredi 7 janvier 2009

Asia "Phoenix" (2008)


Cela faisait longtemps que les fans attendaient la reformation originale de Asia. En effet depuis 1983 et la sortie du second opus "ALPHA", le line up pour le moins avait changé. Steve Howe le guitariste avait quitté le navire pour le troisième opus "ASTRA", remplacé par Mandy Meyer et ensuite ce fut le tour de John Wetton et de Carl Palmer. Geoff Downes restait seul en scène mais continua l’aventure avec John Payne. Downes et Wetton se reforme à deux pour le projet Icon qui sortit deux albums puis en 2007, une tournée avec les membres originaux voit le jour. Cela donna un live l’an dernier "FANTASIA LIVE IN TOKYO". Ce live comme souvent avec Asia n’est pas inoubliable. Ils n’ont jamais, à mon avis, retranscrit en concert, la complexité et le son lié à leur musique. En 2008, sort ce "PHOENIX" avec une pochette fait par le légendaire Roger Dean qui avait dessiné les premières pochettes du groupe.

Après ce rapide historique que reste t il de nos papys du rock ??? Physiquement déjà, il faut éloigner les enfants de peur de provoquer des cauchemars. En effet, Steve Howe ressemble à une momie qui pourrait jouer tranquillement sans maquillage dans un film fantastique. John Wetton a grossi et a subi une opération du cœur il y a peu. Carl Palmer et Geoff Downes s’en tirent mieux même s'ils ne font pas "perdreaux" de l’année.

Pour les amateurs de nouvelles sonorités il faut passer son chemin. En effet, à l’écoute de ce "PHOENIX" on ne peut pas dire que le groupe ait fortement évolué musicalement. Même le son de synthé nous le joue très 80. Je dirais que ce qu’il manque le plus sur cet opus c’est le souffle épique qui transparaissait sur les trois premiers albums. Que ce soit au niveau du son ou même de la puissance qui se dégage des compos le compte n’y est pas. Maintenant, pour les fans du groupe dont je fais partie, il y a quand même quelques très bons titres. "Never Again" par exemple qui nous rappelle la verve d’antan, la superbe ballade "Heroine" ou Wetton donne le meilleur de lui-même, le léger mais très mélodique "Alibis", la très réussie "I Will Remember You" dans le plus pur style slow qui tue, l’entrainant "Shadow Of A Doubt" et pour finir "Extraordinary Life". Le reste passe du moyen au franchement ennuyeux comme les deux titres de 8 minutes, "Sleeping Giant/No Way Back/Reprise" et "Paralel Worlds/Vortex/Deya" où le poids des ans se fait sentir franchement. Cela sent bon la maison de retraite après avoir regardé un bon vieux Derrick, Des Chiffres Et Des Lettres s’être enfilé un gâteau de semoule et aller se coucher.

Dans l’ensemble, un album sympathique qui s’écoute avec plaisir sans transcender l’auditeur vers des sommets. Mais cela reste Asia

lundi 5 janvier 2009

Country Club : Steve Wariner

Découvert par Chet Atkins, Steve Wariner réalise plusieurs albums chez RCA dont un Greatest Hits regroupant les meilleurs morceaux : "All Roads Lead To You", "Midnight Fire" et "Lonely Women Made Good Lovers". Son passage chez MCA en 1985 marque une liberté artistique nouvelle : il a trouvé sa voix (voie) médium et chaleureuse.

"ONE GOOD BOY DESERVES ANOTHER" (1985)


S’il compose peu, Steve a en revanche pris confiance dans son jeu de guitare puisqu’il assure 5 soli sur les 10 titres de l’album. Plusieurs morceaux se détachent "Your Love Has Got A Hold On Me" signé Paul Overstreet, "One Good Night…" aux mélodies plus instantanées que du café soluble. Quand il replonge dans la Country pure "Gambling On Romance" on sentirait presque l’odeur de la terre chauffée par le soleil californien. Et pour la séduction rendez-vous à l’avant-dernière plage "It’s Only A Heartache". Le meilleur est encore à venir.

"LIFE’ S HIGHWAY" (1986)


Pour cet album de facture classique, Steve a su s’entourer : Billie Joe Walker Jr (Guitars) John Jarvis (Keyboards), Shane Keister (Keyboards) et Mac McAnally dans les chœurs. Déjà pointe le cross-over avec la ballade de luxe "In Love And Out Of Danger". Mais c’est quand il s’associe avec Mac McAnally "Natural History" qu’il frôle la perfection à venir : l’efficacité de la simplicité, mélodie ténue qui tient à l’intonation des voix. Le meilleur est pour demain.

"IT’S A CRAZY WORLD" (1987)


"Why Do Heroes Die So Young", "The Week-end", tout le charme de Steve est au coeur de ces ballades : une mélodie sentimentale mise en valeur par une voix chaude, soutenue par des contre-chants délicats. "It’s A Crazy World" morceau titre signé Mac McAnally, dépouillé à l’extrême, est à ranger dans la veine intimiste de Steve Wariner. La liste des Background vocalists est impressionante : Mac McAnally, Vince Gill, Bill LaBounty, John Hall, Dave Loggins. Le meilleur est pour tout de suite.

"I SHOULD BE WITH YOU" (1988)


Attention ! chef –d’œuvre… Le sommet de Steve Wariner. A tomber à la renverse, prière de s’asseoir avant l’écoute ! Steve signe ou co-signe 6 morceaux sur 10 et c’est tant mieux. Plus rythmé qu’à l’accoutumée "Runnin", "All That Matters" et sa fabuleuse guitare, "Lights Out", l’album offre une diversité réjouissante. Ballades superbes aux refrains immédiats "More Than Enough", "Hold On (A Little Longer)" ou encore "Party Of One" signée Mac McAnally. La tradition Country est bien vivante "I Should Be With You", "Baby I’m Yours". Steve démontre tout du long ses talents de guitariste. Un sans faute. Prioritaire !

"I GOT DREAMS" (1989)


Quand Steve Wariner renouvelle l’exploit et continue dans la foulée : 9 morceaux sur 10 signés ou co-signés. Cela démarre allègrement avec "I Got Dreams" écrit avec Bill LaBounty. Compositions remarquables : qualité des mélodies "I Could Get Lucky Tonight", profondeur de l’interprétation "Whon I Could Come Home To You", "Do You Wanna Make Something Of It". La veine Country répond présent "Language Of Love", "Nothing In The World". Et quand la fusion Country/Rock/Calif s’opère "Piano Texas Girl" on croit rêver. Le frère jumeau du précédent. Prioritaire again !

"LAREDO" (1990)


Moins convaincant que ses deux prédécesseurs "LAREDO" témoigne d’un retour aux sources Country : "Precious Things", "When Fools Are Kings". La ballade "She's In Love" touche la corde sensible mais le manque de rythme et des orchestrations trop classiques sur la plupart des titres rendent l’album monotone. Une composition retrouve la magie passée "I Wanna Be Back" c’est peu...