mercredi 25 février 2009

Alias "Alias" (1990)


En cette année où le second album du groupe va sortir, il est bon de revenir sur ce CD sorti en 1990 et qui est un classique de l'AOR.

Petit historique : Freddy Curci et Steve De Marchi, deux Canadiens, ont connus le split du groupe Sheriff auxquels ils appartenaient. Le combo sorti 1 seul album éponyme en 1983 et cartonna avec le hit "When I'm With You". Steve De Marchi et Freddy Curci décidèrent donc de créer Alias avec la section rythmique de Heart, Michael Derosier à la batterie et Steve Fossen à la basse ainsi que le guitariste Roger Fisher. Pendant ce temps, Wolf Hassel et Arnold Lanni deux ex-Sheriff fondaient le groupe Frozen Ghost. En 1990, sort donc chez EMI, ce pemier album d'Alias où allaient participer Brett Walker, Jeff Paris et Rick Neigher. Nettement moins progressif que Sheriff, Alias allait décliner le style AOR ou bien le Hard FM comme peu de gens l'ont faits avant et après eux. C'est bien simple 11 titres, 11 hits. Les plus marquants pour moi sont "Waiting For Love", la ballade "Heroes" -même si les paroles sont un peu cul cul-, "After The Love Is Gone", l'autre ballade "More Than Words Can Say" et "One More Chance". Les refrains sont mémorisables de suite, les musiciens tous bien en place, le son énorme et la voix de Freddy Curci tutoie les anges. Ecoutez sa performance sur "More Than Words Can Say", cela calme tout de suite tous les pseudos chanteurs en herbes qui voudraient l'imiter.

Hélas, EMI n'a pas suivi nos lascars et le second album n'a jamais vu le jour sauf pour certains petits malins. En effet, il circule sous le manteau. On attend avec impatience la sortie officielle prochaine. Cela sera une premiere pour Freddy appellé "the One Shot Man". En effet, 1 album avec Sheriff, 1 album avec Alias, 1 album solo et 1 album avec Zion. Soit le type a pas de pot soit il a la bougeotte.

John Wetton "Battle Lines" (1994)


Produit par le grand Ron Nevison et avec l'aide de type comme Bob Marlette, Jim Peterik, Simon Phillips, Bruce Turgon, sort en 1994 ce "VOICE MAIL" pour le marché Japonais et "BATTLE LINES" pour celui Européen.

Avec cet album, John Wetton se défait un peu du carcan musical de King Crimson et d'Asia. En effet, le CD est plus dans une veine Pop, AOR que prog. Même si la magnifique ballade "Crime Of Passion" aurait pu facilement figurer sur un essai d'Asia. D'ailleurs les ballades grandioses c'est un peu la marque de fabrique ce "BATTLE LINES". En plus de "Crime Of Passion", on retouve "You're Not The Only One", "Hold Me Now" et la montagne qu'est "Battle Lines". Le meilleur morceau de toute la carrière solo de John Wetton ni plus ni moins. La performance vocale est tout bonnement hors norme. J'ai toujours les poils qui se hérissent à chaque fois que j'entends ce titre. Coté AOR, il faut retenir les deux excellents morceaux "Right Where I Wanted To Be" et plus suprenant le tube "Jane". Surprenant, car ce titre est co-écrit par Simon Phillips, le batteur de Toto, qu'on attend pas sur une telle compo. Le titre écrit par Jim Peterik, "Space And Time" rappelle le Wetton un peu plus prog mais la qualité est bien là.

Bref, ce CD, à part 1 ou 2 titres, est parfait de bout en bout. Et puis, il y a la voix de Mister Wetton qui à cette époque est encore au top. Quand on l'entend, on a qu'une envie, mettre son casque à fond et se délecter par tant de classe et de grâce réunie.

samedi 21 février 2009

Soren Sko "Faith Hope Love" (2002)


Soren Sko est un Danois qui faisait partie du duo Sko/Torp. Puis après la séparation du duo il continua une carrière solo. En 1998 sort son opus éponyme suivi en 2000 de "SHINE" et en 2001 de "UNPOLISHED", ce "FAITH HOPE LOVE" est donc son quatrième essai solo et certainement le meilleur.

Avec cet album, Soren Sko revient à la "Westcoast Music". Les arrangements sont soignés, la voix bellissime de Soren est toujours bien présente et il y a des hits à la pelle comme le très remuant "Who's That Girl". Voila un titre qui rentre dans la tête. Vous écoutez cela une fois et vous en avez pour la journée. Ce qui est remarquable sur ce type de composition c'est l'apport de l'harmonica et les choeurs féminins à tendance gospels. Les choeurs divins on les retrouve sur le magique, "My Lover My Life". La aussi, si ce morceau ne vous poursuit pas toute la journée c'est à ni rien comprendre. Même tonneau pour "Give Me A Sign" et son groove d'enfer. Un petit coté roots sur le mid tempo "Ashes And Wonders", un peu à la manière d'un Tom Petty. Le refrain et la mélodie sont imparables. On revient dans le roots avec l'harmonica toujours présent pour le morceau "Heaven Only Knows". Nous sommes plus dans le désert Americain qu'au fin fond du Danemark. "Come With Me" sent bon la soul teintée un peu seventies. "Sooner Or Later" propose un rock un brin bluesy de très bonne facture. Idem pour "Free" qui est dans la même veine. "She Don't Want Me" est une belle ballade aux accents black un peu comme "I Don't Wanna Wait" qui ouvre le CD. Absolument imparable. "The River" termine cet album comme il avait commencé avec un style gorgé de soleil et d'âme black. Quels choeurs mes amis !

Ceux qui veulent découvrir un artiste majeur, vous pouvez vous délectez de la discographie avec Torp mais aussi de celle de Soren Sko en solo, rien à jeter que du lourd...

vendredi 20 février 2009

Starship "Knee Deep In The Hoopla" (1985)


Premier album du groupe né des cendres de Jefferson Starship (ex-Jefferson Airplane). En effet, le créateur d' Airplane, Paul Kantner décidait de quitter le Jefferson Starship en 1984.

Le groupe composé de Mickey Thomas, Grace Slick, Craig Chaquico, Pete Sears et Donny Baldwin décida de rebaptiser le groupe Starship et décida également de changer de style de musique. Nous sommes en 1985 et ce qu'on appelle l'AOR bat son plein avec des groupes comme Mister Mister. Ils décident donc de s'engouffrer dans la brèche et de sortir "KNEE DEEP IN THE HOOPLA". Ils ne vont pas le regretter car cet essai rempli de hits va faire un carton aux USA et même dans le monde entier. Il faut dire que quand on dispose de deux tubes planétaires comme "We Built This City" et "Sara" on ne peut que vendre l'album. Le premier est une composition co-écrite par Martin Page et Bernie Taupin. Ce titre sonne typiquement année 80 avec ce son de batterie si particulier. Une bombe pour débuter. Le second est une ballade magistrale interprétée par Grace Slick et Mickey Thomas de façon grandiose. Mais il serait réducteur d'évoquer cet album pour uniquement ces deux morceaux. "Tomorrow Doesn't Matter Tonight" peut aussi faire office de hit sans problème. Tout comme "Rock Myself To Sleep" typique de l'hymne rock FM. Un refrain entêtant avec de gros choeurs. Titre écrit par les membres de Katrina And The Waves et qui sera repris également par April Wine. Autre grand titre AOR, le grandiose "Before I Go" ou la voix phénoménale de Mickey Thomas nous donne des frissons. Encore, "Desperate Heart" écrit par Michael Bolton et Randy Goodrum rien que cela ! C'est la timbale en or avec le filet garni. Dans les hits imparables on peut citer aussi "Hearts Of The World" ou la grâce de Slick fait son effet. La encore quel titre mes amis !

Ce "KNEE DEEP IN THE HOOPLA", 24 ans après sa sortie ne quitte toujours pas ma platine.

Kharma "Wonderland" (2000)


Je viens réparer une injustice en chroniquant ce que je considère comme une des plus grandes sorties AOR de ces 10 dernières années. Nous sommes en 2000 et le label MTM sort ce projet composé de musiciens Suédois, tous inconnu ou presque puisqu'on retrouve au chant le grand Goran Edman.

Je dis grand mais c'est vrai qu'à l'époque on ne peut pas dire que les différents groupes auxquels il avait participé m'avaient enthousiasmés. Mais depuis ce Kharma, je voue un culte à ce chanteur surtout qu'il a continué dans le magique avec Street Talk. Je me rappelle que "Rocktime" à l'époque avait classé ce CD en disque du mois. Le groupe réinvente le Pomp Rock à la Styx ou à la Trillion. Mais on n'est pas dans les années 80, tout sonne actuel et pas daté. Que dire si ce n'est que tout est parfait. La pierre angulaire du combo se trouve dans les arrangements des titres. On frôle le sublime sur des compos comme le brûlot "Free Yourself" ou dans le même registre "Knowing You". "Wonderland" qui donne son titre au CD est un chef d'oeuvre de mélodie, de musiciens en état de grâce et d'un chanteur touchant au sublime. Les ballades "Burn Forever" et "Angel Eyes" feraient pleurer n'importe qui. Goran Edman est hors catégorie sur ces deux titres. Il n'y a pas de mot pour exprimer ce qu'on ressent sur "Angel Eyes" et sur sa performance vocale. Pour ceux qui recherchent un coté technique plus prog., écoutez le très bon "In Chains" et ces changements de rythmes incessants. Grosse utilisation des claviers sans tomber dans la mièvrerie.

La seule chose qui est énervant avec ce Kharma c'est qu'il n'y a pas eu de suite. Ou êtes vous, Dragan Tanaskovic, Atilla Szabo, Joel Starander et Imre Daun. Que faites vous ! Revenez car Goran est toujours dans les parages et avec le nombre de fans de ce "WONDERLAND" vous auriez déjà un public conquis.

Mark Spiro "Now Is Then, Then Is Now" (1996)


Je me rappelle qu'en 1996, l'AOR était vraiment devenu Underground. Un label comme MTM allait vraiment redonner du souffle au mouvement en sortant les deux premiers Ten et le 1er Tower City. De plus des compositeurs comme Robert Tepper ou Mark Spiro allaient ajouter une pierre à l'édifice du retour du rock FM. Robert Tepper en sortant son "NO REST FOR THE WOUNDED HEART" et Mark Spiro avec son troisième opus "NOW IS THEN, THEN IS NOW".

Déjà à cette époque on ne présentait plus le superbe compositeur qu'est Mark Spiro mais par contre on ne sait pas grand chose sur sa carrière solo. En effet, son précédent essai "CARE OF MY SOUL" n'est pas inoubliable et son premier album "IN STEREO" datant de 1986 est introuvable. Depuis je me suis procuré ce "IN STEREO" et cet album est bien ancré dans le son des années 80. A l'époque, Mark Spiro a travaillé avec Michael Cretu le gourou de la chanteuse Sandra ! Bref, à se procurer car il y a quand même pas mal de bons titres et d'autres assez Dance.

Ici rien de tout cela, Mark Spiro joue de presque tous les instruments à part Tim Pierce et Michael Thompson pour les parties de guitares. Au niveau des compositions, il fait appel en co- écriture à John Waite, Dann Huff, Tim Pierce et Michael Thompson donnant un album absolument majestueux. Le CD contient des instants de grâce comme les 3 premiers morceaux "All The Love We Kill", "English Channel" et "Stay Young". Les arrangements sont somptueux sans être ostentatoires, la voix de Mark Spiro bien éraillée apporte une émotion instantanée. On retrouve la même chose pour "Wind On The Water" ou la grâce de la guitare de Mister Thompson fait son effet. Et puis le refrain dantesque de London "Is Burning" co-écrit avec Mister Steve Kipner. En fait , il n'y a rien à jeter sur ce CD. Toutes les compos sont superbes et il faudrait me payer très cher pour que je me sépare de cet album.

Si vous aimez l'AOR classieux teinté de touche Westcoast, vous ne pouvez pas passer à coté de ce bijoux.

mercredi 18 février 2009

Foreigner "Inside Information" (1987)


Ce "INSIDE INFORMATION" clot si on peut dire la carrière du groupe même s'il y aura deux autres albums par la suite, mais on y reviendra. C'est la fin d'une époque, les tensions entre Lou Gramm et Mick Jones commencent à poindre et cela sent la séparation à plein nez.

"INSIDE INFORMATION" poursuit le sillon creusé par "AGENT PROVOCATEUR" avec un côté nettement plus synthétique encore. Par contre, cet album est inégal. Le meilleur se caractérise par les compositions estampillées AOR comme "Say You Will" ou la ballade "I Don't Want To Live Without You"; du grand Foreigner mélodique à souhait. Idem pour "Heart Turns To Stone" et "Face To Face". Et puis il y a le coté obscur de l'opus avec la "bouillie électronique" "Inside Information". Mick Jones a voulut coller à la mode du moment mais c'est franchement raté ! On retrouve des titres moyens comme "I Can't Wait" ou bien "Counting Every Minute". Et puis le reste qui sans être mauvais ne fait pas partie ni des classiques du groupe ni des miens.

Sur cet album, on sent que Mick Jones tient la barre seul. Lou Gramm étant laissé un peu de coté. Des tensions étaient déjà présentes entre ces deux membres fondateurs de Foreigner. D'ailleurs, Lou Gramm sortira cette même année son premier essai solo "READY OR NOT". Avec cet opus et le second en 1989, "LONG HARD LOOK", Lou renouera avec le style Foreigner. Mick Jones sortira son petit essai solo en 1989 qui est franchement inégal. Rick Wills ira rejoindre Bad Company et Dennis Elliot attendra 1991 pour à nouveau rejoindre le groupe pour "UNUSUAL HEAT" le prochain album du groupe. Après l'expérience Shadow King, Lou Gramm fera son retour en 1994 pour le dernier studio du groupe à ce jour, "Mr MOONLIGHT". Mick Jones est toujours là avec Bruce Turgon et Jeff Jacobs qui ont remplacé Dennis Elliot et Rick Wills. Cette galette est nettement plus soft que les précédentes et dévie par moment vers la pop. Cet album est un très bon essai et le dernier avec Lou Gramm qui va tomber malade gravement et être remplacé par Kelly Hansen dans la nouvelle formation.

Au vu les prestations live de Kelly Hansen, on attend avec impatience un nouvel album studio. Quand à Lou Gramm, il chante toujours mais en ayant pris énormément du poids et en ayant presque perdu totalement sa sublime voix...

Foreigner "Agent Provocateur" (1984)


En 1984 sort le 5ème album du groupe qui va très bien se vendre en France. En effet, la ballade "I Want to Know What Love Is" va très bien se classer au Top 50.

Foreigner continue sur la lancée du "4" avec d'un coté des titres assez Hard et de l'autre des titres très FM avec prédominance des claviers. L'album "AGENT PROVOCATEUR" est l'album de tous les contrastes. De superbes compos FM comme "That Was Yesterday", "Down On Love" ou bien "A Love In Vain". Avec ces 3 compos on tient vraiment du très très grand Foreigner. Lou Gramm est toujours magique et les mélodies sont grandioses. Et puis, il y a le coté Hard avec un bon titre "Tooth And Nail" mais aussi une purge "Stranger In My Own House" et un titre très moyen "Reaction To Action". Le reste de l'opus propose des compos insipides qui ne sont pas digne du grand groupe Foreigner.

Depuis le premier album, cet album, dans son ensemble est le moins bon même si on dénombre la présence de superbes compositions.

Il faudra attendre 3 ans pour écouter le dernier Foreigner sous cette configuration. Mais il est à noter qu'à partir de maintenant les monuments du groupe sont derrière eux...

Foreigner "4" (1981)


1981 soit 2 ans après "HEAD GAMES" sort ce qui reste à ce jour le plus gros carton en terme de ventes du groupe. Considéré par beaucoup comme une pierre angulaire de l'AOR mondial, voici venu dans les bacs "4".

Parlons déjà du personnel. Le groupe a perdu du monde en chemin. Ian McDonald est parti, imité par Al Greenwood qui va fonder avec Ed Gagliardi le groupe Spys en 1982. Ce combo, très FM et très axé sur les claviers sortira deux opus, éponyme en 82 et "BEHIND ENEMY LINES" 1 an plus tard. Ces deux galettes sont considérées comme des classiques du genre même s' ils ont pris un sacré coup de bambou dans les gencives.

Revenons à Foreigner où il ne reste que 4 garcons : Mick Jones qui s'occupe de tout ou presque, son alter ego Lou Gramm et la section rythmique au second plan Dennis Elliot et Rick Wills. Avec ce "4", le groupe change de style. Il faut dire qu'à la production on retrouve John Mutt Lange qui va imposer sa marque de fabrique pour la première fois. Un son énorme pour l'époque et une musique résolument AOR, Hard ou Rock FM. La plupart des compos sont d'ailleurs taillées pour les passages radios tel que le grandiose "Urgent" et son saxo dévastateur tenu par Mark Rivera. Un tube international tout comme la magnifique ballade "Waiting For A Girl Like You". Qui n'a jamais entendu ce morceau est un gros menteur. Mes autres titres préférés sont le très commercial "Break It Up" et le très entrainant "Don't Let Go". On pourrait citer également l'entrée en matière du puissant "Night Life" et la ballade moins réussie que "Waiting..." mais de bonne facture quand même "Girl On The Moon". Par contre pour le reste je suis sur ma faim. Je n'ai jamais aimé "Juke Box Hero" qui est pourtant un hymne du groupe. Il faut dire qu'à l'époque cela sonnait très Hard et on était pas habitué à ce style chez Foreigner. Malgré cela, je trouve le refrain de ce titre d'une pauvreté absolu. Le reste comme "I'm Gonna Win" ou "Woman In Black" c'est bien mais sans plus. Le côté nettement plus Hard que les 3 précédents m'avait rebuté à l'époque et me rebute encore.

Ces considérations un peu négatives ne doivent quand même pas faire oublier que ce "4" était, est et sera encore un grand album. Un incontournable comme on dit car il y a des compositions qui font partie de l'histoire.

mardi 17 février 2009

Tommy Nilsson "Tommy Nilsson" (1982)


Dans la série classique de la Westcoast, cet album éponyme de Tommy Nilsson (1982) se place en bonne position.

Ce Suédois d'origine après 1 premier essai en 1981, vogue vers Los Angeles pour rencontrer le gratin des musiciens de sessions. Sans être exhaustif on peut citer Michael Landau, Mike Porcaro, Steve George, Mike Baird et Richard Page. Le résultat est à la hauteur des musiciens présents dessus c'est à dire énorme. Le premier titre "Radio Me" place la barre très haut ; un mid tempo bien dans la lignée des grands hymnes Westcoast de l'époque. "Dark Angel" propose quelque chose de plus nerveux, un peu dans la lignée de Toto. La guitare se veut plus incisive sans que le morceau perde de son impact mélodique. On repart calmement avec la belle ballade "Don't Leave Me Now" ou l'on découvre la voix particulière de Tommy Nilsson ; on tient un grand titre avec cette profusion de choeurs. "I Know That You Know" est une composition dans l'esprit du grand Randy Goodrum. Un titre Westcoast par excellence. Calme, mais en même temps gorgé de groove. On repart en fanfare avec "Stop Thinking You And Me" et son intro. au saxo magnifique. Le reste propose un hit dans la lignée des titres de David Roberts. Avec "Street Law" on revient sur les plates bandes de Toto. En partie grâce au jeux de guitare de sieur Michael Landau qui est bien dans la lignée de Steve Lukather. "Willing To Try" est une ballade romantique à souhait. De la grande Westcoast traditionnelle et bien ancrée dans son époque. Idem pour "Is This The Way". On termine par le très dansant "Leaving It Up to You", mais dansant au bon sens du terme. En effet, un rythme d'enfer mais toujours agrémenté de guitare en grande forme.

Sorti à l'origine en 1982, cet album fut réédité en 1997 par un label obscur Golden Line. La réédition est pour le moins spartiate car à part la pochette et la jaquette derrière l'album, il n'y a rien. Je me suis donc renseigné sur le site Cool Night pour voir qui jouait dessus...

Tommy Nilsson quand à lui sortira deux autres albums en anglais de Westcoast, AOR, "IT" et "FOLLOW THE ROAD" puis ensuite reprendra sa langue d'origine pour poursuivre une carrière dans son pays.

dimanche 15 février 2009

Foreigner "Head Games" (1979)


Nous sommes en 1979 et déja sort le troisième album du combo. La pochette du vinyl est d'un goût douteux et le line up a changé. Ed Gagliardi a laissé sa place à Rick Wills pour le poste de bassiste. Passé ces aléas, ce "HEAD GAMES" reste le meilleur album du groupe. En effet, les promesses établies lors des deux précédents opus sont cette fois ci du concret avec un album qui se tient du début à la fin. Pourtant ce n'est pas ce "HEAD GAMES" qui contient le plus de titres considérés comme des hits mais à mon avis c'est un tort.

En effet, le groupe est à son apogée, les compositions sont toutes excellentes et le style Foreigner de leur première partie de carrière n'a jamais été aussi développé. Des hymnes FM comme le superbe "Head Games", mais aussi "Love On The Telephone" qui rappelle "Cold As Ice" surtout sur l'utilisation du piano. Le groove de "Women" et ses paroles particulières, le coté rock de "Dirty White Boy", la magnifique ballade "Blinded By Science" mais aussi le très bon titre de Mick Jones, "The Modern Day" et certainement l'une de leur meilleure compo peu connue mais à tort l'exceptionnelle "Do What You Like" ou la patte progressive de Ian McDonald est très présente.

Bref, ce "HEAD GAMES" est bourrée de pépites et pourtant il trouvera moyennement son public. De plus, pour l'histoire c'est la dernière fois qu'on entend Foreigner sous cette mouture. Le groupe va imploser en vol après cet album. Les raisons demeurent à ce jour obscures à priori un différent entre Ian McDonald et Mick Jones qui visaient le leadership et qui artistiquement parlant n'était à priori pas sur la même longueur d'ondes. Dommage, car même si beaucoup apprécient plus la période qui va suivre, je reste nostalgique de cette première partie de carrière que je trouvais plus riche musicalement parlant avec un apport plus important de différents protagonistes. La suite du groupe sera phagocitée par Mick Jones s'appuyant sur le charisme de Lou Gramm.

Foreigner "Double Vision" (1978)


1 an après le premier essai arrive dans les bacs ce "DOUBLE VISION". Atlantic le sortira d'ailleurs sous 3 pochettes différentes. C'est le second opus du groupe et le dernier avec ce line up d'origine.

Dans la lignée musicale du premier avec quand même plus de maturité dans les compos qui semblent plus fouillées dans l'ensemble. Des incontournables du groupe il y en a encore quelques uns sur ce "DOUBLE VISION" comme le brulot rock qu'est "Hot Blooded" ou la voix de Lou Gramm se fait ravageuse. Idem pour "Double Vision" qui donne son titre à l'opus est qui est la aussi hautement recommandable. Mais le plus intéressant à mon avis ce sont d'autres titres moins connus mais qui sont pourtant exceptionnels comme le superbe "Blue Morning Blue Day", l'instrumental "Tramontane" suivi de la ballade sublissime "I Have Waited So Long". D'ailleurs en terme de ballade, ce "DOUBLE VISION" propose également peut être un des plus beaux morceaux écrits par le groupe avec "You're All I Am" qui emprunte beaucoup au "Whiter Shade Of Pale" de Procol Harum. En effet, on retrouve le même son d'orgue et la même émotion dans le chant, incontournable.

Comme sur le premier essai, tout n'est pas au même niveau mais cet essai doit quand même être référencé dans toute les bonnes discothèques qui se respectent. C'est un chainon essentiel de la carrière d'un groupe monstrueux qui va continuer sur sa lancée et atteindre bientôt les sommets.

Foreigner "Foreigner" (1977)


Au moment où sort le Places Of Power, il me semblait important de revenir sur la carrière d’un groupe que je considère comme l’inventeur du Rock FM. Foreigner est fondé en 1976 par Mick Jones, guitarite Anglais qui accompagnait Johnny Hallyday tout début 70. Il n’est pas seul, puisque l’ex- King Crimson, Ian McDonald guitariste et multi-instrumentiste fait aussi partie du projet. A ces deux Britaniques on en rajoute un troisieme le batteur Dennis Elliot. Mais la mixité est de mise car 3 Americains font aussi partie du line up, le chanteur Lou Gramm, le claviériste Al Greenwood et le bassiste Ed Cagliardi.

Le premier album éponyme sort en 1977 et demeure à ce jour un classique. Classsique car, Foreigner va inventer un style entre rock, blues, pop qu’on peut qualifier à ce jour de Rock FM ou rock melodique. De grosses guitares bien rock d’un coté, un chanteur à la voix d’or teinté de blues et des touches de claviers ou synthés qui viennent enrober le packaging. Ce premier album contient son lot de pépites qui à ce jour elles aussi sont devenues des classiques. Que dire de "Feels Like A First Time", le premier tube du groupe qui est absolument imparable et impose la marque et le style Foreigner. Que dire également de "Cold As Ice" et son riff de clavier de Mister Al Greenwood. Et encore, le très progressif "Starrider" ou la patte Ian Mc Donald est très présente avec une structure du morceau très particulière. Il est à noter que sur ce titre on retrouve Mick Jones au chant ce qui arrivera de temps en temps ponctuellement. Ces 3 morceaux sont les plus connus de ce premier album mais ce ne sont pas les seuls de qualité. Le très rock "Headnocker", la belle ballade "The Damage Is Done", le mid tempo "Fool For You Anyway" et le brûlot "Long Long Way From Home" sont aussi à citer.

Avec ce groupe, en plus d’un nouveau style musical s’impose un grand guitariste et un chanteur immense. Même si ce premier essai reste perfectible par moment, Foreigner nous impose une identité et va nous faire voyager musicalement pendant quelques temps encore...

Shotgun Symphony

"SHOTGUN SYMPHONY" (1993)
"LIVE IN LONDON" (1995)
"FORGET THE RAIN" (1996)
"ON THE LINE OF FIRE" (1997)
"SEA OF DESIRE" (1999)


Ceux qui ont assisté au festival "Gods Of AOR" dans sa version parisienne, en 1993 à l’Araphao, se souviennent encore de la prestation de SHOTGUN SYMPHONY, groupe alors peu connu si ce n’est des lecteurs de Rocktime.

Cette même année paraissait chez Now and Then leur premier album éponyme qui reste à l’heure actuelle une des meilleures cuvée Hard FM de tous les temps. Des guitares tranchantes, une basse volubile qui cavale, des claviers sous-jacents, cela s’appelle "Highway To Tomorrow" et comme entrée en matière c’est plutôt la classe. "What’s Happen To Love" c’est cette fois encore un refrain mémorable et des breaks là où on ne les attend pas, "Turn Around" ce sont des voix croisées pour une semi-ballade à la rythmique lourde et pourtant délicate. La vraie ballade avec les claviers de Charlie Calv aux avant-postes s’appelle "Broken Promises", une merveille remplie de chœurs avec des guitares et une basse pleines de finesse plus la voix de Tracy White pour magnifier l’ensemble. On peut aussi parler de "Lost Child" et de "Running" avec les guitares puissantes de Mike Maino et toujours ces chœurs somptueux sur les refrains tels une marque de fabrique. La basse de Ed Avila reprend la main sur "Bitter Sweet Poison" qui s’avère un véritable exercice de style Hard FM. Je n’ai pas encore cité Ron Sivulich (batterie) mais je peux vous dire qu’il soutient l’édifice avec brio. L’album se termine avec une ballade semi acoustique dans laquelle la voix de Tracy White se fait plus suave avant une montée en puissance de l’orchestre pour un final majestueux.


Ceux qui n’ont pas eu la chance d’être au concert cité plus haut peuvent se rattraper avec le CD "LIVE IN LONDON" enregistré en 1994 qui reprend quatre titres de l’album studio (10 sur la version japonaise), des titres d’une ampleur saisissante offerts par des musiciens exceptionnels qui déploient une énergie communicative.


L’album studio "FORGET THE RAIN" qui suivra en 1996 est à oublier, une mixture indigeste néo-grunge avec une voix trafiquée et des mélodies sans intérêt.


"ON THE LINE OF FIRE" en 1997 redresse légèrement la barre avec des titres plus inspirés et des guitares plus incisives mais on est quand même loin du Hard FM classieux des premières heures.


Il faudra attendre "SEA OF DESIRE" en 1997 pour voir SHOTGUN SYMPHONY retrouver ses marques et nous offrir de nouveau un album emballant. Entre les deux derniers albums, Tracy White, Ed Avila et Ron Sivulich s’étaient offerts un petit intermède en participant au projet "INTRUDER" de Georges Karak dont l’album "DANGEROUS NIGHTS" est hautement recommandable.

Toto "Falling In Between Live" (2007)


Déjà le quatrième album live pour Toto qui fête cette année ces 30 ans d’existence. Rien que ça ! Et chaque nouvel album live est meilleur que le précédent. Si "ABSOLUTELY LIVE" sorti en 1992 était décevant et que son successeur "LIVEFIELDS" en 1999 nous laissait quelque peu sur notre faim, le "LIVE IN AMSTERDAM" en 2003 par contre était très bon mais n’était pas malheureusement pas complet. Et en 2007, voilà que sort ce "FALLING IN BETWEEN LIVE" nous proposant un concert en intégralité, enregistré le 26 mars 2007 au Zénith de Paris, à la setlist irréprochable, riche et variée.

Alors que l’album "FALLING IN BETWEEN" est sorti en février 2006, Toto s’est une nouvelle fois lancé dans une gigantesque tournée mondiale qui pour l’instant n’est d’ailleurs toujours pas terminée, et cet album live se propose d’être le témoignage de cette tournée. Nos musiciens sont particulièrement en forme. Greg Phillinganes remplace comme un chef David Paich aux claviers, tandis que le vétéran Leland "Lee" Sklar prend ici la place de Mike Porcaro blessé au poignet, et aux côtés des fidèles Steve Lukather, Bobby Kimball et Simon Phillips c’est avec plaisir qu’on retrouve Tony Spinner qui accompagne maintenant le groupe en tournée depuis déjà pas mal d’années et qui pousse avec brio la vocalise sur "Stop Loving You" en lieu et place de Joseph Williams. Nous le disions plus haut, le groupe est en grande forme et se permet comme à chaque fois de nous livrer un aperçu de leur talent instrumental au travers des "Greg, Luke et Simon Solo".

Tournée "FALLING IN BETWEEN" oblige, on retrouve certaines des meilleures compositions de l’album studio ici interprétées en public. Le morceau titre ouvre le concert immédiatement suivi du tonique "King Of The World". La ballade "Bottom Of Your Soul" s’intègre parfaitement dans le répertoire plus traditionnel de Toto, tout comme "Taint Your World" qui conclut un medley de folie avec nombre de titres rares : "I’ll Supply The Love", "Isolation", "Gift Of Faith", "Kingdom Of Desire" et "Hydra". Tous les albums studio du groupe à l’exception de TURN BACK sont représentés par au moins un titre, et si on retrouve avec bonheur les inévitables "Africa", "Rosanna" ou "Hold The Line", on se satisfera également de retrouver les entraînant "Gypsy Train", "Pamela", "Caught In The Balance", "Don’t Chain My Heart" et surtout le génial "Drag Him To The Roof" qui conclut le concert en beauté et dont l’original se trouvait sur l’album "TAMBU" en 1995. Enfin, impossible de ne pas évoquer le superbe medley acoustique de 3 titres : "Stop Loving You", "I’ll Be Over You" et "Cruel". Bref, on tient là un album live parfaitement réalisé et interprété avec un talent rare tout du long.

Toto est définitivement à son meilleur niveau et en attendant un prochain album studio, on pourra se consoler avec la version filmée de ce "FALLING IN BETWEEN LIVE" dont le DVD devrait paraître début 2008. (2007)

Toto "Bottom Of Your Soul" (2006)


Alors que le dernier album studio en date de Toto est sorti en février 2006, et que le groupe poursuite une longe et triomphale tournée à travers le monde destinée à promouvoir ce nouveau disque, voilà que paraît au cours de l’été le premier single qui en est extrait, "BOTTOM OF YOUR SOUL". Plus qu’un single, c’est presque d’un EP dont on pourrait parler tant ce petit disque est bourré de titres. La chanson éponyme bien évidemment, présentée à la fois dans sa version originale telle qu’elle apparaît sur l’album "FALLING IN BETWEEN", mais également une version raccourci destinée aux radios. En prime, on retrouve une explosive et musclée version live de "Gypsy Train" (titre qui apparaît originellement sur l’album "KINGDOM OF DESIRE", sorti en 1992, le dernier avec Jeff Porcaro derrière les fûts) enregistrée en 2004 en Suisse, ainsi qu’un medley live constitué d’"Africa", de "Rosanna" et de "Bottom Of Your Soul" tel qu’interprété sur les différents plateaux télévisés lors des la promotion de l’album au printemps dernier. Et le résultat est de toute beauté. Bref, avec ce premier single tout le monde semble être satisfait. C’est d’une part un moyen ingénieux de promouvoir le nouvel album fraîchement sorti, "FALLING IN BETWEEN", et d’autre part l’inconditionnel de Toto sera lui aussi rassasié avec tout ce qu’il faut comme pépites live inédites.

Que ce soit par la pochette ou par la musique, l’album et le single ici chroniqué brillent tous deux par leurs indéniables et indiscutables qualités. (2006)

mercredi 11 février 2009

Places Of Power "Now Is The Hour" (2009)


Nouvelle signature chez Frontiers avec deux vieilles connaissances du petit monde du rock mélodique. D'un coté, Bruce Turgon, compositeur et multi instrumentiste, membre de Shadow King et compositeur attitré sur les albums solos de Lou Gramm. Il fut aussi auteur d'un solo toujours chez Frontiers en 2005, "OUTSIDE LOOKING IN". Cet opus a bénéficié de très bonne critique mais pour ma part je ne l'avais pas trouvé fabuleux. De l'autre Philip Bardowell, chanteur de son état sur le Unruly Child 3, sur le second Magdalen et auteur lui aussi de quelques solos dont l'excellent "IN THE CUT" toujours chez Frontiers et toujours en 2005.

Je n'attendais pas grand chose de ce projet car je considère, sans être péjoratif, que Bruce Turgon et Philip Bardowell sont des seconds couteaux de l'AOR. En effet, le premier ne m'a pas transcendé sur son solo et même si je respecte son travail de compositeur, ce n'est quand même pas pour moi Desmond Child ou Jim Peterik. Le second a toujours pioché la mauvaise carte, le Unruly Child 3 est le plus mauvais album du groupe, il a remplacé Tamplin dans Magdalen pour la aussi un résultat franchement moyen et sa carrière solo est assez indécise dans le sens ou un album il nous fait de la pop chretienne , ensuite du Stan Bush, on a du mal a suivre.

Pourtant, ce Places Of Power se place comme une très grosse sortie de Hard FM de l'année 2009. L'alchimie prend entre nos deux compères, Bruce est absolument parfait en homme orchestre et Philip démontre que c'est un "putain" de chanteur qui peut faire aussi bien dans le sentimental que dans le musclé ; car musclé ce "NOW IS THE HOUR" l'est. Les amateurs de gros son, de grosses guitares vont être servis. Pour résumer, je dirais que c'est du Foreigner sous testostérone. Il est à noter que Philip emprunte quand même beaucoup à Lou Gramm dans sa façon de chanter. On peut se demander d'ailleurs, si Lou Gramm n'avait pas pris 50 kilos et chantait maintenant comme un baryton, si Bruce ne lui avait pas destiné ce projet.
Je voudrais aussi fustiger Melodic Rock qui en gros explique que le son de l'album n'est pas bon car c'est une batterie programmable qui officie. Moi qui suis un chantre au niveau du son, je n'avais même pas remarqué que la batterie était synthétique et de plus la production de Bruce Turgon et le mixage de Dennis Ward sont vraiment parfaits. Faut arrêter de "déconner", à moins de s'appeller Simon Phillips, entendre que c'est une batterie programmable c'est très fort.

Le seul bémol que je trouve à ce CD c'est son manque de tube. En effet, toutes les compos sont bonnes mais il manque le hit mémorisable de suite qui fait qu'on revient instinctivement sur un album. A contrario il n'y a pas de mauvais titre. Le contenu est puissant. Tous les titres bénéficie de parties de grattes fournies, de refrain avec des choeurs bien ajustés et d'un vocaliste en état de grâce, tantôt souple sur les couplets et furieux sur les refrains.

Un bien bel album pour ce début d'année 2009 qui en annonce d'autres comme le prochain Place Vendome par exemple.

mardi 10 février 2009

Rik Emmett

"ABSOLUTELY" (1990)
"IPSO FACTO" (1992)
"THE SPIRAL NOTEBOOK" (1995)


Chanteur et guitariste du groupe canadien Triumph de 1975 à 1988 puis de nouveau à partir de 2008, Rik Emmett a publié dans l’intervalle plusieurs albums en solo dont voici les trois premiers.

"ABSOLUTELY" en 1990 reprend la veine mélodique et commerciale de Triumph mais en adoptant une couleur plus soft-Rock qui sied parfaitement au timbre de voix de Rik Emmett. "Heaven Only Knows", "Saved By Love" sans pour autant délaisser les tempos plus soutenus. "Big Lie" ou le hargneux "Stand And Deliver" avec son intro multi-voix à cappella. L’album s’avère néanmoins un peu inégal.


Après ce premier effort sans Triumph mais non sans mérite, Rik remet le couvert deux en plus tard avec "IPSO FACTO" un CD plus mature mais de facture similaire en ce sens qu’il aborde différents styles. Ce parti pris pourra en agacer certains mais cette versatilité fait le charme de cet album bien fourni (74 minutes). Il existe toutefois plusieurs dénominateurs communs aux morceaux : la guitare et la voix, l’une et l’autre renversantes de beauté, et la magie des mélodies qui fait de chacune des hits potentiels : "Let Love Conquer All", "Hold On To Your Heart", "Dig A Little Deeper" et son sax envoûtant. Rarement hard mais non sans de hardiesse, certains titres dégagent assez d’énergie pour vous dégourdir les articulations "Rainbow Man", "Straight Up" ou encore "Big Lie", l’un des deux titres Live issus du premier album, qui déménage sérieusement. Le blues trouve sa place avec "Out Of The Blue", ce qui démontre que Rik excelle dans tous les styles. Il nous fait même le coup de la pédale Wha Wha sur "Meet You There" comme au meilleur des seventies. L’évidence des compositions n’est jamais synonyme de facilité commerciale par le fait même (Ipso Facto) de la sincérité manifeste de l’artiste "Can’t Lie To Myself".


"THE SPIRAL NOTEBOOK" en 1995 se démarque des précédents par une dominante acoustique, un registre qui convient tout à fait à sa voix suffisamment modulable pour préserver de la lassitude "Raise High" au balancement chaloupé, "The Longing" à faire fondre un président en pleine grève générale, ou encore "Talk It Over" "duoté" avec Karen Leblanc. L’ensemble est plutôt soft, mais certains titres plus enlevés retrouvent des accents électriques qui relèvent le plat "Casey’s On A Roll" un incontournable teinté de blues, "Lotta Bita Love" un insidieux qui s’infiltre en vous durablement, "Silent Revolution", "The Pendulum", "Numbers Game" aux vocaux hyper travaillés et surtout "The Hardest Part", l’ultime titre au groove implacable dans lequel Rik Emmet sort l’artillerie lourde pour un solo décapant. Un album de toute beauté à la hauteur de ce que Rik émit (!) précédemment.

vendredi 6 février 2009

Interview de Richard Page (décembre 2008)


Avant tout, nous te félicitons avec ce titre vraiment très réussit "I Always Cry At Christmas, que nous pouvons qualifier de "come back song" et que tu viens tout juste de lancer sur ton nouveau site web, richardpagemusic.com et sur iTunes.

Merci

Même si tu as été très actif dans le music business au cours de toutes ces années, je pense que la plupart de tes fans (je m‘inclus dedans) ont gardé à l’esprit que tu enregistrerais à nouveau ton propre matériel. Qu’est ce qui a motivé ton retour - et pourquoi avons nous attendu tant d‘années ?

Il semble que c’était le bon moment. Ma femme m’a conseillé d’enregistrer ce morceau pour moi même, au lieu de le proposer à d’autres artistes.

Quelles sont les réactions concernant cette fantastique nouvelle chanson – et le fait que tu sois de retour ?

Les réactions sont très positives si j’en juge par les commentaires laissés sur YouTube, il semble que les gens soient très heureux de cela.

Avez-vous avec Walter Afanasieff (co-compositeur) sur cette chanson de Noël, , composer d’autres chansons ensemble – ou prévoyez vous peut-être de le faire ?

Tout à fait, Walter et moi avons composé quelques chansons ensemble. Nous envisagions de composer plus, dès que nous trouverons le temps de le faire.

J’aimerais revenir en arrière après la période Mr. Mister. En 1994, Patrick Leonard et toi avaient enregistré l’album de Third Matinee "MEANWHILE". Comment s’est passé cette rencontre entre vous deux ?

Pat m’a appelé après le décès de Kevin Gilbert. Nous avons composé deux ou trois chansons le premier jour et cela marchait bien. Le reste c’est de l’histoire ancienne.

Dans ta carrière, cet album de Third Matinee est celui dont on parle le moins. on pourrait même dire qu’il y a quelque chose de "secret" à son sujet, même si c’est un album fantastique. Es-tu d’accord avec cela ?

Je ne pense pas que cet album ait reçu le soutient du label qu’il méritait pour retenir l’attention des gens. Je suis toujours très heureux d’entendre que des personnes aiment celui-ci, même si cela reste en petite comité.

Pensais- tu enregistrer d’autres albums avec Patrick Leonard ?

Nous avons travaillé sur des projets différents après cela.

Deux années après, en 1996, tu réalisas ton premier – et toujours unique – album solo "SHELTER ME". Avant cela, tu avais toujours travaillé en commun avec d’autres artistes. Qu’est ce que cela fait d’être seul à la barre ?

J’ai très apprécié. Ces chansons, je les portais en moi depuis de nombreuses années, avec l’idée qu’un jour, j’aurais l’opportunité de les enregistrer en tant qu’artiste solo. Ce fut un moment très créatif. Il y avait à mes côtés de nombreux amis pour jouer dessus et je pense que cela a rendu pas mal de personnes heureuses.

Parmi les amoureux de "Westcoast Music", "SHELTER ME" est considéré comme l’un des meilleurs albums des années 90. Quelles étaient tes espérances pour ta carrière solo après la réalisation de cet album ?

J’aurais souhaité continuer mais ma maison de disque ne m’a pas trop aidé. Aussi, je suis retourné à la composition pour d’autres qui est quelque chose que j’ai toujours apprécié et qui me permet de payer les factures.

En parlant d’album secret avant, tu as également enregistré un mini-album acoustique contenant 4 versions acoustiques en complément de "SHELTER ME" et une fabuleuse version du sublime hit de Mr. Mister "Broken Wings". Quelle est l’histoire derrière ce mini-album ?

Ce fut une idée de ma maison de disque de proposer quelque chose d’un peu différent au public qui aimait Mr. Mister.

Comment a évolué ta carrière après "SHELTER ME" ? As-tu donné des concerts ? Avais-tu planifier aussi de sortir un album qui prendrait la suite ?

J’ai joué pour quelques concerts de charité, mais je n’ai pu réaliser d’autres albums.

A travers les années, tu as composé de nombreuses chansons pour beaucoup d’artistes. N’as–tu jamais pensé à en enregistrer pour toi-même ?

Oui, certaines chansons sont plus en adéquation avec moi même comme "I Always Cry At Christmas" par exemple. Par contre, d’autres ne correspondent pas vraiment à mon style.

Juste après la sortie du premier album de Mr. Mister : "I WEAR THE FACE", tu as eu des propositions pour être le chanteur de Toto et de Chicago. N’as-tu pas été tenté par ces offres ?

Je fus très flatté par ces offres mais ce n’étais pas le bon moment. Je croyais vraiment en Mr. Mister et je voulais voir ou cela allait nous mener.

Tu as travaillé avec de nombreux artistes à travers les années. Parmi eux , il y a le fameux claviériste du groupe Weather Report, Joe Zawinul – sur 2 albums, il me semble. Venant de deux univers musicales différents, comment en es-tu venus à travailler avec lui ?

Je suis un très grand fan de Weather Report, un jour j’ai appelé Joe et lui ai demandé s'il cherchait un chanteur. Il ne savait pas qui j’étais, mais son fils si. Ainsi, nous avons travaillé ensemble et cela a bien fonctionné. Je suis honoré qu’il ai voulu travaillé avec moi. Quel musicien talentueux ! Il nous manque.

En 2006, le fameux claviériste Peter Wolf – connu notamment pour avoir été le claviériste de Frank Zappa – a monté un super groupe pour un concert donné en Californie. Avec toi, il y avait Bobby Kimball (Toto), Tommy Funderburk (Airplay, King of Hearts) et d’autres musiciens prestigieux. Parmi les nombreuses chansons jouées, tu as également interprété des hits de Mr. Mister. Comment s’est passé ce retour sur scène et jouer ces chansons après tant d’années ?

Ce fut vraiment fun.

A ce jour, tu as enregistré 9 fantastiques albums avec des majors. Tous ont été encensés par les critiques, pourtant seulement un —"WELCOME TO THE REAL WORLD" de Mr. Mister— a obtenu un large succès commercial. A quoi attribut tu ce fait et est-ce que ton regard vis à vis des majors a changé ?

Plusieurs facteurs ont accompagné le succès de "WELCOME TO THE REAL WORLD", il serait difficile de dire précisément pourquoi, mais les gens étaient prêt a entendre ce que nous avions composé et enregistré. Mon opinion au sujet de l’importance des maison de disques a changé aux cours des années. Je ne pense pas maintenant qu’il soit nécessaire d’être forcément lié avec l‘une d‘elles. Internet a ouvert de larges portes pour trouver du public.

Ton frère, qui t’aide dans ce chemin, nous a dit en rigolant il qu’avait dû te "botter" et te secouer pour te relancer dans ce 21ème siècle. Je me permets de parler pour tous tes fans qui trouve très excitant de te voir à nouveau présent sur internet grâce à ton site, mais je dois dire, pour un vétéran de l’industrie musicale comme toi, qui a eu une carrière aidée aussi bien par le marketing ou la promotion réalisés par une major, est-ce que la transition est difficile ?

Ma femme Linda m’a également secoué aussi ! C’est certain que c’est difficile parce que c’est nouveau. De partout les musiciens re-pensent à comment ils vont atteindre leur public. Mais cela reste excitant et libérant aussi. J’ai une famille et une carrière en tant que compositeur/producteur, aussi je suis lancé dans plein de directions. C’est génial d’avoir sorti du matériel solo, mais il doit être conforme à mon rythme et à mon planning pour que cela marche. Cela me permettra de continuer à le faire. La bonne nouvelle c’est les réactions des fans. Apparemment ils sont toujours là, mais sans internet, qui aurait pu deviner ?

Finalement, tu tournes le dos au système des majors ?

Et bien, il ne faut jamais dire jamais, mais je pense que les labels sont devenus moins important. Par exemple, il y a un siècle, ici aux Etats-Unis, les chemins de fer avaient le monopole pour le transport. Et puis, l’aviation et le transport routier sont arrivés. Le rail était dans une position dominante, mais ils ont "explosé" parce qu’ils pensaient qu’il n’étaient là que pour du train-affaire et pas pour les déplacements de voyageurs de ci de là. Ce qui a permis a d’autres compétiteurs de rentrer dans le jeu et aujourd’hui le chemin de fer doit se battre. C’est un peu le même schéma en ce qui concerne les problèmes des labels et leur mode de fonctionnement. Si tu as ce mode de pensée, du style... "nous ne sommes là que pour la distribution de CD, vous allez avoir de la difficulté à rester en phase avec le présent". Les artistes tendent à être plus avant-gardistes, ils sont nombreux à prendre leurs carrières en main et à trouver de nouvelles façons d’interagire directement avec leur public. C’est un grand développement pour la musique et l’art en général.

Sur ton site web, tu annonces que tu mettras en téléchargement de nouvelles chansons... bientôt. As-tu des plans pour réaliser un nouvel album solo ou tourner ?

Tourner ? Wow. Si Linda et Rob n’ont pas mis le grappin sur moi avant, ils devront en tout cas mettre de sacré bon arguments sur la table pour me mettre à nouveau sur la route ! Je ne suis lié à personne sur ce point, mais je souhaiteras dire ceci, nous ne négligeons aucune pistes. Les albums, les podcasts, attirent l’attention, tu l’as dis, mais comme tout business, Richard Page Music à une finalité. Si nous réussissons à faire assez d’argent pour payer les frais et bien nous pouvons continuer.

Une pensée particulière pour terminer ?

Je pense que le future du music business et peut-être même de l’industrie musicale dans sa globalité est dans les mains de personnes comme toi ; les sites, les social networks, les communautés de fans autour du monde. Les artistes feront ce qu’ils pourront, mais nous avons besoin de personnes comme à Bluedesert.dk pour rester vivant. Les labels ont été en mesure de garder un verrou de fer dans le business car ils avaient de l’argent pour des productions de folie qui coûtaient très chères. Associées avec le marketing et la promotion dont nous avions besoin dans le passé pour produire un hit, afin d’être sur le devant de la scène. Tout cela a changé. Les artistes en tant qu’individualité ou sous la forme de groupe n’ont plus nécessairement besoin de tout cet argent à présent, mais il ont besoin de faire de la bonne musique et pour cela ils doivent faire passer ce message dédicacé aux fans : acheter là et bien sûr apprécier là.

Merci à Kenneth Bremer de Blue Desert pour son aimable autorisation.

Far Cry "The More Things Change..." (1980)


Cette fois c’est sûr, je souffre d’un trouble obsessionnel compulsif : impossible de voir un album sans me plonger dans les notes de pochette. Quoi ? Vous aussi !!

Far Cry, par exemple, j’en avais jamais entendu parler, mais j’ai bien aimé les photos, surtout celle au verso avec leur look d’étudiant en train de sécher les cours. Réflexe immédiat : voir les crédits ! Et là, des noms qui me parlent Donald Fagen, Patti Austin (Background vocals), Will Lee, Tony Levin (Bass), Elliott Randall, Steve Khan (Guitar), Randy Brecker (Trompette) et une production assurée par Elliot Scheiner (Steely Dan, Eagles, Toto, Faith Hill). Je le veux ! Direct à la caisse. Bon j’avoue qu’il m’est arrivé plusieurs fois de boire la tasse et de regretter ces achats impulsifs, mais pas cette fois ! Je dois vous dire que dans mes groupes favoris y’en a certains qui s’appellent Steely Dan, Larsen Feiten Band, Little Feat période "TIME LOVES A HERO" et que Phil Galdston et Peter Thom il est évident que cela fait aussi partie de leur culture.

"It’s Not Simple As That" c’est comme du Steely Dan avec en prime Donald Fagen himself dans les choeurs. Des voix qui s’accordent sur une musique estampillée 80 avec des claviers électriques, du piano, une basse qui claque, des cuivres, des soli de guitare d’une infinie grâce et ce swing aérien qui vous chavire "Ocean Eyes", "The Hits Just Keep On Comin’". Ou bien alors des mélodies qui vous touchent directement au cœur comme "Somethings Will Never Change" et "Suddenly Strings" aux contre-chants élégiaques et au pont superbe. Et puis des morceaux un peu plus rapides qui donnent envie de bouger "Because It’s There", "Eldorado Escape", "Tell Jack" avec son petit parfum d’Elton jeune pas désagréable.

Depuis cette époque, Phil Galdston a confirmé ses qualités de songwriter et/ou de producteur en se mettant au service de multiples artistes dans des styles aussi divers que la Pop, le R&B ou même la variété (Madonna, Vanessa Williams, Céline Dion…) mais en revenant parfois vers la Westcoast "LIKE A BROTHER" l’album de Gerry Beckley, Robert Lamm et Carl Wilson, pour lequel il a co-écrit plusieurs titres. Peter Thom quant à lui semble s’être recentré sur la composition de BO de films et de spots publicitaires.