mardi 28 avril 2009

Jackson Browne "Solo Acoustic, Vol. 1" (2005)


C’est à l’automne 2005 que paraît le nouvel opus discographique de Jackson Browne. Il s’agit d’un album enregistré en public, seul et acoustique au piano ou à la guitare, d’où son titre : "SOLO ACOUSTIC".

En quelque sorte l’équivalent pour Jackson Browne de "LEARNING TO FLINCH" de son ami Warren Zevon, sorti en 1993 et enregistré dans les mêmes conditions. Entrecoupés de commentaires souvent non sans humour de la part de Jackson Browne, nous voici donc face à 12 titres pour la peine revisités par leur auteur. Certains classiques tels "Take It Easy", "These Days", "For A Dancer", "For Everyman" ou bien encore le poignant "The Pretender" sont bien évidemment fidèles au poste, tandis que dans le même temps Jackson Browne en profite pour exhumer quelques perles plus ou moins oubliées de son répertoire ; c’est ici le cas de "Your Bright Baby Blues", "Too Many Angels" et "Looking East". On redécouvre également "The Barricades Of Heaven" et "Fountain Of Sorrow" dans des versions transfigurées dont les interprétations sont toujours comparables à d’instantanés moments de grâce. Et ne parlons même pas de la formidable relecture de "Lives In The Balance", publiée également en single à cette occasion, glaciale à souhait et malheureusement toujours autant d’actualité, même près de vingt ans après sa sortie. Enfin, Jackson Browne nous gratifie d’un titre inédit, exhumé des mythiques et légendaires "THE CRITERION DEMOS" de 1970, soit 2 ans avant la sortie du tout premier album studio de Jackson, "SATURATE BEFORE USING" ; le magnifique "The Birds Of St. Marks". Et pour être tout à fait complet, signalons la présence sur l’édition japonaise de l’album d’un titre supplémentaire, en l’occurrence le toujours aussi poignant "The Rebel Jesus".

Bref, "SOLO ACOUSTIC" est une petite perle de plus à ajouter à la déjà longue carrière discographique de Jackson Browne. A cette occasion, c’est avec un immense plaisir et un large sourire aux lèvres qu’on replonge dans cette musique si enivrante et ces chansons toujours aussi intemporelles, et quelques fois revisitées avec succès. Sous titrée "Solo Acoustic Volume 1", il y a fort à parier qu’un second volume voit prochainement le jour. C’est en tous les cas tout ce qu’on espère.

Jackson Browne "The Very Best Of" (2004)


Après une première compilation officielle parue en 1997, "THE NEXT VOICE YOU HEAR", courte mais efficace, voilà qu’en 2004 arrive une nouvelle rétrospective de l’œuvre et de la musique de Jackson Browne, en 32 morceaux, étalés sur 2 disques et simplement intitulée "THE VERY BEST OF".

Inutile d’y aller par quatre chemins, cette compilation est un modèle du genre. Précédée d’une introduction signée Dave Marsh, éminent critique rock américain, collaborateur de "Rolling Stone" et notamment grand spécialiste de Bruce Springsteen dont il est le biographe quasi officiel (son premier ouvrage traitant du Boss est publié dès 1979) ; "THE VERY BEST OF" n’omet aucun des 12 albums de la discographie de Jackson Browne et c’est avec plaisir qu’on découvre ou redécouvre les monuments que sot "Running On Empty", "Take It Easy", "The Pretender", "Lawyers In Love", "The Barricades Of Heaven" ou bien encore "Lives In The Balance" pour n’en citer que quelques uns. On se satisfera également de noter la présence de quelques perles trop souvent oubliées comme "You Love The Thunder" ou "Boulevard", respectivement tirés des albums "RUNNING ON EMPTY" sorti en 1977 et "HOLD OUT" sorti quant à lui, 3 ans plus tard. De même, notons l’inclusion du hit "Somebody’s Baby", originellement apparu sur la bande originale du film "Fast Times At Ridgemont High" en 1982. Issus du dernier album studio en date, paru en 2002, "The Night Inside Me" et "The Naked Ride Home" ferment la marche avec brio. Et si on peut déplorer l’absence des deux morceaux inédits de 1997 que sont le magnifique et bouleversant "The Rebel Jesus" et "The Next Voice You Hear", on peut également trouver fort dommage de ne trouver aucune nouvelle composition inédite.

Sinon, on aurait tenu là une compilation tout simplement parfaite. Mais ne boudons pas notre plaisir, "THE VERY BEST OF" est excellent et se présente comme une porte d’entrée parfaire à la musique de Jackson Browne et à une certaine idée de la Californie que fièrement et dignement il représente. Une Californie qui n’existe peut-être déjà plus, mais qui reste gravée au cœur de chacun d’entre nous. "FOR EVERYMAN"…

Jackson Browne "The Naked Ride Home" (2002)


6 longues années se sont écoulées depuis "LOOKING EAST", le précédent album studio de Jackson Browne, seulement entrecoupées par la sortie d’une compilation, "THE NEXT VOICE YOU HEAR", et d’un album live.

On commençait presque à craindre que ce bon Jackson n’avait plus rien à dire. Tout au contraire, le voilà de retour en 2002 avec "THE NAKED RIDE HOME", constitué de 10 nouvelles compositions. Ce nouveau disque est clairement de qualité, toutefois force est de constater sinon un certain manque d’inspiration, tout au moins un charme et une magie cruellement absents. L’introspection et l’ironie sont clairement de mise tout au long de l’album sur des titres tels "About My Imagination", "For Taking The Trouble" ou encore "Don’t You Want To Be There". "Never Stop" et "Walking Town" sont certes d’agréables chansons, mais il manque un petit quelque chose pour en faire véritablement de bonnes chansons, voire des classiques. Jackson Browne reste un homme engagé, quelques fois en colère, et qui n’hésite pas à dénoncer les dérives du système ou de la société comme c’est ici le cas sur le très bon "Sergio Leon" ou sur l’amer et désabusé "Casino Nation". Mais les meilleurs titres du disque restent indéniablement les puissants "The Naked Ride Home" et "The Night Inside Me", du pur Jackson Browne à son meilleur niveau ; ainsi que l’efficace "My Stunning Mystery Companion" qui a le mérite de parfaitement conclure cet album.

Pourtant, ces quelques rares étincelles d’inspiration ne suffisent malheureusement pas à faire de "THE NAKED RIDE HOME" un grand disque ou une excellente cuvée de Jackson Browne millésimée 2002. Pour n’importe qui d’autre ce serait à coup sûr un excellent album, mais connaissant Jackson Browne, son œuvre, sa musique et son talent, on ne peut qu’être quelque peu déçu et dépité par cet opus, loin de ce à quoi l’ami Jackson nous a toujours habitué par le passé.

Jackson Browne "The Best Of Jackson Browne : The Next Voice Your Hear" (1997)


Si l’on omet la compilation "RETROSPECTIVE" sortie en 1993 et uniquement réservée aux professionnels, donc non commercialisée, en 25 ans de carrière, aucune compilation de Jackson Browne n’avait encore vu le jour. Et pourtant après 11 albums, le matériel (et quel matériel !) ne manque pas.

L’erreur est réparée en 1997 avec "THE NEXT VOICE YOU HEAR" composé de 16 titres, dont 2 morceaux totalement inédits. Même si cette compilation n’est pas exhaustive, elle n’en demeure pas moins d’excellente facture, les morceaux y étant notamment présentés par ordre chronologique. Si l’on pourra regretter l’absence de titres issus des albums "WORLD IN MOTION" et "I’ M ALIVE", pour le reste c’est du tout bon. Les classiques que sont "The Pretender", "Stay", "Tender Is The Night", "Lawyers In Love", "Lives In The Balance", "Running On Empty" ou encore le récent et bouleversant "The Barricades Of Heaven" répondent présents à l’appel. Et s’il est dommage de ne pas y voir figurer "Take It Easy", "For A Dancer" ou "For Everyman", on peut se consoler en découvrant la présence du trop rare "Call It A Loan" tiré de l’album "HOLD OUT" de 1980, des magnifiques "Fountain Of Sorrow" et "Late For The Sky", mais aussi et surtout du hit "Somebody’s Baby", coécrit avec Danny Kortchmar, et qui jusque là n’était disponible sur aucun disque de Jackson Browne, uniquement sur la bande originale du film "Fast Times At Ridgemont High" dont la chanson est tirée. Enfin, Jackson Browne nous offre 2 nouveaux titres, l’intrigant et introspectif "The Next Voice You Hear", et le joyau d’émotion et d’intelligence qu’est "The Rebel Jesus", peut-être l’une des plus belles et des meilleures chansons de Jackson Browne de ces dernières années.

"THE NEXT VOICE YOU HEAR" peut donc être une très bonne introduction à l’oeuvre et à la musique de Jackson Browne. Elle n’est pas parfaite (quelle compilation rétrospective peut se targuer de l’être ?) mais est bien agencée et offre en outre 2 nouvelles chansons de très grande qualité. Un très bon disque en somme, idéal pour découvrir Jackson Browne ou redécouvrir pourquoi on l’aime tant.

lundi 27 avril 2009

Steven Curtis Chapman "Heaven In The Real World" (1994)


Après la parenthèse live, revoilà Steven Curtis Chapman en studio en 1994 avec "HEAVEN IN THE REAL WORLD".

La grande nouveauté c’est que Monsieur produit ses albums au coté de l’incontournable Phil Naish. La palette des musiciens s’est aussi étoffée avec l’arrivée de requins de studios -que les fans de Westcoast connaissent bien- comme Lee Sklar et John "JR" Robinson.

L’album reste fidèle à ce qu’il sait faire c'est-à-dire un mélange de rock, pop et AOR. Le CD démarre magistralement avec les 3 hits : "Heaven In The Real World", "King Of The Jungle" et sa batterie de cuivres et "Dancing With The Dinosaur". Au vu de ces titres, le style n’est pas à la morosité. Le rock endiablé de "Treasure Of You" entraîne tout sur son passage. Ce morceau bénéficie d’un gimmick à la guitare parfait. Mais le meilleur reste à venir avec "Burn The Ships"; on dirait vraiment du Stan Bush à son meilleur niveau. Quelle bombe ! Le seul reproche à faire sur cet opus est la qualité des ballades qui est de moindre importance que sur les autres opus de Steven Curtis Chapman. En effet, "The Mountain", "Love And Learn" et "Remember Your Chains" sont de bons titres mais n’égalent en rien certains titres du même genre sur les albums passés.

Je sais je chipote, beaucoup s’en contenteraient allégrement mais comme je le disais précédemment, Steven Curtis Chapman nous habitue à la perfection donc qui aime bien châtie bien…

Warren Zevon "Bad Luck Streak In Dancing School" (1980)


En 1980, Warren Zevon est déjà unanimement reconnu, après seulement 2 albums studios comme l’un des grands songwriters américains.

"BAD LUCK STREAK IN DANCING SHOOL", son troisième album, produit cette fois par Warren Zevon lui-même, avec l’aide de Greg Ladanyi ne fera que renforcer et confirmer la chose, en ajoutant des touches de musique classique à ses compositions, comme on le remarque avec les courtes pièces "Interlude No.1" et "Interlude No.2", qui introduisent notamment "Play It All Night Long", superbe titre, qui tourne en ridicule le célèbre "Sweet Home Alabama" de Lynyrd Skynyrd, et qui propose à cette occasion une relecture toute personnelle du sud des Etats-Unis, puritain et réactionnaire : "Grandpa pissed his pants again/He don’t give a damn/Brother Billy has both guns drawn/He ain’t been right since Vietnam/ Sweet Home Alabama/Play that dead band’s song/Turn Those speakers up full blast/Play it all night long". Après les règlements de compte par chansons et déclarations interposées des années 70 entre Neil Young et Lynyrd Skynyrd, voilà que Warren Zevon jette de l’huile sur le feu, mais toujours avec une énorme pointe d’ironie, d’humour noir et de second degré, qui fait qu’au final on ne sait plus très bien s’il s’agit d’un hommage déguisé ou alors d’une vaste parodie de Lynyrd Skynyrd.

"BAD LUCK STREAK IN DANCING SHOOL" est sans aucun doute l’album le plus hétéroclite de toute l’œuvre de Warren Zevon, alternant musique classique et songwriting, folk et rock, et dont la chanson éponyme en est sûrement le meilleur témoignage. Par ailleurs, et une fois encore, certains des plus grands noms de la musique américaine sont venus prêter main forte à Warren Zevon sur le disque : la quasi-totalité des Eagles (Joe Walsh, Don Felder, Glenn Frey, Don Henley), Jackson Browne, John Davis Souther, Linda Ronstadt, ou encore Ben Keith (des Stray Gators, qui a notamment accompagné Neil Young sur l’album "HARVEST"). Si "A Certain Girl" est un rock tout ce qu’il y a de plus classique, de très bonne facture et qui deviendra un hit, "Jungle Work" au contraire semble prolonger "Roland The Headless Thompson Gunner" (présent sur "EXCITABLE BOY") de par la thématique abordée (le mercenariat et la guerre). "Jungle Work" est un rock déchiré, aux accents violents et au rythme déconstruit avec de sublimes paroles, comme à chaque fois chez Warren Zevon : "Where the pay is good/And the risk is high/It’s understood/We’ll do or die/Sten gun in hand/Where the gun is law/From Ovamboland/To Nicaragua/Strength and muscle and jungle work". Le tout entrecoupé par la guitare fiévreuse de Joe Walsh des Eagles. "Empty-Handed Heart", "Bill Lee" et "Wild Age" sont les 3 magnifiques ballades romantiques de l’album, dont seul Warren Zevon a le secret, jamais insipides, mais toujours empreintes d’un certain détachement, d’une pudeur et d’un lyrisme qui touchent juste. "Jeannie Needs A Shooter" est l’autre grand titre de l’album, coécrit avec Bruce Springsteen, ami et grand admirateur de Warren Zevon, et qui dépeint une tragique histoire d’amour qui finit dans le sang, dans l’Amérique puritaine de la violence et des armes à feu. Puis, avec "Gorilla, You’re A Desperado", Warren Zevon présente une critique acerbe du mode vie californien, et plus particulièrement de la jeunesse dorée hollywoodienne, avec pour protagonistes principaux des animaux, et notamment un gorille, procédé que Warren Zevon utilisera à de nombreuses reprises sur ses disques suivants, avec des chansons comme "Leave My Monkey Alone", "Even A Dog Can Shake Hands", "Monkey Wash Donkey Rinse" ou encore "Rottweiler Blues". Le cynisme et le détachement propres à Warren Zevon est là aussi mis en exergue de manière très intelligente et délicate, bref un véritable petit chef d’œuvre d’humour noir, d’amertume et d’acidité. Et certains n’hésitent pas à voir en cette chanson, une critique et une certaine caricature des Eagles, pourtant grands amis de Warren Zevon, alors même que Don Henley, accompagné de Jackson Browne, y assure les chœurs !

"BAD LUCK STREAK IN DANCING SHOOL" est sans conteste le disque le plus hétéroclite dans la production de Warren Zevon, sur lequel sa musique prend plus d’épaisseur, avec l’ajout de nouvelles sonorités et de nouveaux thèmes à explorer. La déconstruction apparente de l’album, malgré une indéniable qualité, laisse déjà présager l’état d’esprit dans lequel se trouve Warren Zevon au début des années 80, une période sombre de sa vie, marquée par la consommation abusive de drogues et d’alcool, mais qui pourtant rejaillit très positivement sur sa musique, et lui fournit une inspiration intarissable. Et même s’il a confié qu’à cette époque "lorsque j’étais raide chaque jour, il m’arrivait de taper des choses sur ma machine à écrire, mais rien de bon n’en sortait", Warren Zevon reste sur ce point fort modeste, car certes "BAD LUCK STREAK IN DANCING SHOOL" n’est peut-être pas son meilleur album, ce dernier reste comme finalement tous les albums de Warren Zevon, plus qu’indispensable dans une discothèque.

Un album sauvage et incandescent comme seul Warren Zevon est capable d’en produire.

Country Club : Restless Heart

A défaut d’un super-groupe voici un groupe super. Il assure à tous les niveaux : d’excellentes voix soutenues par des musiciens mélodistes qui vont toujours à l’essentiel.


"RESTLESS HEART" (1985) et "WHEELS" (1986)


Avec une mention spéciale pour le second, ces deux albums recèlent des ballades qui flirtent avec la Calif, portées par des voix à l’unisson qui vous donnent des frissons dans le dos, et même plus bas. "New-York (Hold Her Tight)" un régal d’harmonies vocales, "I'll Still Be Loving You" et "Til I Loved You". Les mid-tempos ne sont pas en reste (Less-Heart) : "The Boy's On A Roll" et "Victim Of The Game".


"BIG DREAM IN A SMALL TOWN" (1988)


Plus enlevé que les précédents, cet album est plus nettement country sans pour autant rompre avec les climats passé "Eldorado" et "Calm Before The Storm".


"FAST MOVING TRAIN" (1990)


Dernier album, avant l’escapade en solo du chanteur principal Larry Stewart puis son retour au bercail, résolument country, les mélodies sont en net recul malgré la présence de co-auteurs du calibre de Van Stephenson, Dave Loggins, Reed Nielsen et Michael Noble. Le groupe est toujours en activité.



vendredi 24 avril 2009

Kurt Howell "Kurt Howell" (1992)


Kurt Howell tenait les claviers et participait aux choeurs dans le groupe Southern Pacific qui oeuvrait dans le style Country-Rock "ZUMA" (1988), "COUNTY LINE" (1990) au côté de John McFee et Keith Knudsen des Doobie Brothers.

Son album solo, le seul à ce jour, qui paraîtra deux ans plus tard change radicalement la donne et baigne dans un mélange de Rock Californien et d’AOR comme s’il avait fait cela toute sa vie. Une voix à donner la chair de poule en plein désert avec pour compagnie des guitaristes hors pairs : Steve Lukather, Dean Parks, Michael Landau, Neal Schon et Chris Rodrigues. De quoi procurer des complexes à l’apprenti guitariste qui sommeille en nous. Encore faut-il que les compositions soient à la hauteur me direz-vous, mais comme la majorité sont tout simplement géantes ça me paraît la bonne taille. On est dans l’hyper mélodique "I’m Over You" avec refrains gratinés "Don’t Throw Love Away", couches de chœurs (Tommy Funderburk, Joe Pizzulo…), guitares et claviers emmêlés comme dans une partie de jambes en l’air "Let’s Run With It", des cuivres à la Chicago (Jerry Hey), "We’ll Find The Way" enfin, en clair, c’est pas du ramolli. Ce qui n’empêche pas la tendresse "Does Love Not Open Your Eyes", "Dedicated Everything To You", "Labor Of Love", le genre de ballades qui vous donnent envie de vous coucher sans avoir sommeil si vous me suivez. La production assurée par Michael Omartian (Christopher Cross, Peter Cetera…) est en elle-même un gage de qualité.

Depuis cette époque, Kurt s’est mis au service des autres en développant ses compétences d’auteur-compositeur, chanteur, musicien, ingénieur ou producteur (Amy Grant, Pride Of Lions de Jim Peterik, Laura Turner…). Quant à l’album, il rejoint la liste de ceux sortis dans une indifférence quasi générale et pour le moins incompréhensible.

mercredi 22 avril 2009

Nighshift "Full Moon" (2007)


Un album de Westcoast fait par 2 Français !! Diantre, fichtre, était-ce une blague ? Et bien non, c’était belle et bien la réalité.

Un petit historique sur nos 2 protagonistes s’impose. Le duo est composé de Gaël Benyamin et Jérôme Beuret. Le second a rencontré le premier lors d’un concert de Geyster en 2004. Ce groupe dont faisait partie Gaël Benyamin, œuvrait dans un style électro pop à des années lumières de ce que va nous proposer Nighshift. Ils commencèrent à collaborer pour écrire quelques morceaux et de fils en aiguilles ils se retrouvèrent avec assez de titres pour un album complet. Leurs influences vont de Donald Fagen aux Eagles en passant par Gerry Rafferty. Gaël Benyamin veut produire l’album à l’inverse de ce qu’il pouvait faire avec son ancien groupe. Pas d’électronique mais faire sonner le CD comme les œuvres Westcoast sortis dans les années 70. Ils trouvent un nouveau label appelé Somekind Records qui leur permet de sortir ce "FULL MOON". Tout de suite je vais évacuer ce qui à mon avis manque à cet album pour en faire un incontournable. Il manque à mon avis un hit. En effet, toutes les compos sont excellentes mais il n’y a pas le titre qui tue. Hormis cela, on frôle la perfection sur ce que les 2 amis ont voulu faire. La production tout d’abord est bien dans la lignée des albums Westcoast qui se faisaient dans les années 70. Au niveau musical c’est parfait. Tous les instruments sont en places avec une utilisation très fine de cordes, de saxo, de pianos, des solos de guitares inspirés, bref du bel ouvrage. Les influences y sont également surtout en ce qui concerne Donald Fagen ou Steely Dan sur des morceaux comme "Blame It On The Music", "Right Before The Dawn" ou bien "Cool Wind". On est en plénitude totale sous le soleil les pieds en éventail. L’influence la plus flagrante reste celle de Gerry Rafferty. En effet, la voix de Gaël Benyamin rappelle de façon flagrante la voix de l’auteur de "Baker Street". De plus un titre comme "Full Moon", une des pièces maîtresses du CD, est bien dans la lignée des albums solos de Gerry Rafferty tout comme la ballade "Hey Little Boy" et sa flute enchantée. Mon morceau préféré va du coté de "Ocean Bay" qui débute par des bruits de vagues pour ensuite nous entraîner sur les rives de la cote Californienne. Le travail sur les voix est de toute beauté sur ce titre ainsi que sur le reste de l’album.

A l’heure où l'on nous surine avec des chanteurs français limite autistes ou bien se prenant pour George Brassens ou Jacques Brel, cela fait du bien que 2 petit gars bien de chez nous pondent un CD de cette trempe. Avec Frédéric Slama, Nighshift prouve qu’il est encore possible de faire de la bonne musique en France même si celle-ci reste confidentielle. Pour qu’elle ne le soit plus il faut acquérir ce CD fissa. Je compte sur vous...

mardi 21 avril 2009

Jackson Browne "Best Of... Live" (1996)


Sorti en 1977, "RUNNING ON EMPTY", considéré par certains comme étant le chef d’œuvre absolu de Jackson Browne peut également être considéré comme son premier album live. En un sens c’est le cas, mais à mes yeux, je préfère parler de "RUNNING ON EMPTY" comme d’un album conceptuel sur la vie en tournée, et dans une certaine mesure c’est précisément le cas, alternant entre titres enregistrés sur scène, dans les conditions du live et les titres enregistrés à l’arrière d’un bus, dans les loges ou dans des chambres d’hôtels.

Depuis, hormis la vidéo "GOING HOME" parue en 1994, plus rien à nous mettre sous la dent par rapport à un quelconque enregistrement public ; jusqu’à la parution de ce Live, uniquement sorti en Australie et en Japon de façon officielle, autrement il apparaît rarement au sein de la discographie officielle de Jackson Browne. Et pourtant combien il le mériterait ! Enregistré en 1994 et en 1996, soit sur les tournées consécutives aux sorties des albums "I' M ALIVE" et "LOOKING EAST" et capté en diverses locations (Oakland en Californie, Houston au Texas, Oslo en Norvège, Belfast en Irlande et Glasgow en Ecosse), nous voici bien en présence d’un curiosité et d’un album live rare et bourré de qualités. Il est d’autant plus étrange, ironique même, que ce disque à destination des marchés japonais et australien ait été enregistré sur 2 autres continents qui ne sont ni l’Asie ni l’Océanie, mais bien l’Europe et l’Amérique. On pourra certes regrette qu’il ne s’agisse pas d’un seul et unique concert mais d’extraits différentes prestations et a fortiori qu’il ne s’agisse pas d’un concert intégral. Dommage aussi que ce "LIVE" ne contienne en tout et pour tout que 11 titres. Mais ne boudons pas notre plaisir et rentrons au cœur de la bête, une bête admirablement bien membrée puisque certains des meilleurs morceaux de Jackson Browne y figurent dans des versions transfigurées. La rythmique pop et sautillante de "Doctor My Eyes" et l’énergie de "Running On Empty" alliées à l’entraînant et toujours aussi efficace "Take It Easy" mettent immédiatement du baume au cœur et nous font littéralement bondir sur place, tout comme cette superbe version de "Somebody’s Baby". La délicatesse de "The Load Out" qui monte crescendo jusqu’à se fondre avec "Stay", cette étonnante reprise du classique de Maurice Williams et de ses Zodiacs trouve un contrepoint parfait avec les autres titres dominés par l’émotion, le calme et la beauté représentées ici par "In The Shape Of A Heart", "My Problem Is You", "For A Dancer" et le somptueux "Before The Deluge" qui referme l’album.

Sommet à mon sens de toute la carrière de Jackson Browne, et sommet de ce Live, l’immense chanson qu’est "The Pretender" trouve fort justement sa place au centre du disque, et ce dans une version de toute beauté. Ainsi, malgré les quelques légers défauts énoncés plus haut, ce "LIVE", bien que rare et uniquement disponible en import est un disque incontournable dans l’œuvre de Jackson Browne et ce serait une grave erreur que de passer à côté, tant il est réussi.

Jackson Browne "Looking East" (1996)


3 ans après son précédent opus, "I' M ALIVE", marqué par un retour aux sources romantique, introspectif et délicat, Jackson Browne remonte au front avec (déjà) son onzième disque, baptisé "LOOKING EAST", synthèse de tout ce à quoi le songwriter nous a toujours habitué au fil des années, entre ballades west coast, rock engagé et constat social.

Les 10 chansons présentes sur "LOOKING EAST" ont toutes été consignées par Jackson Browne, Jeff Young, Kevin McCormick, Scott Thurston, Mark Goldenberg, Mauricio Lewak et Luis Conte avec la participation de Valerie Carter sur "It Is Gone" ; et pourtant, malgré l’écriture à plusieurs mains, à aucun moment le disque ne souffre d’un déséquilibre ou d’une manque d’unité. Tout au contraire, nous voici face à du Jackson Browne pur et concentré. Que ce soit la chanson éponyme, sur "Some Bridges" ou bien encore sur "Baby How Long", comme à son habitude Jackson Browne nous tisse des mélodes impeccables, propres, coulantes et constamment habitées par une grâce indéfinissable. Le sautillant "I’m The Cat" nous distille une belle mélodie pop sucrée, entraînante et guillerette à souhait, tandis que "Culver Moon", le titre qui suit directement sur le disque, nous plonge au cœur de Los Angeles, entre fiction et réalité, entre joies et peines, entre drame et tragédie sociale, le tout sur un rythme plutôt lent, presque bluesy, et dont Mark Knopfler notamment reprendra l’ambiance musicale sur son album "SHANGRI-LA" en 2004. Comme cela pouvait être le cas sur les albums "LIVES IN THE BALANCE" ou "WORLD IN MOTION", Jackson Browne n’a rien perdu de sa vigueur et de ses préoccupation politiques et écologiques sur les titres "Alive In The Word", "It Is One" et "Information Wars" au constant plutôt effrayant. "Nino" également alterne entre joie et misère, entre rêves et désespoir, nous dépeignant le portrait d’un jeune garçon immigré hispanique dans les rues de Los Angeles. Et puis bien sûr, que serait un album de Jackson Browne sans un titre du calibre de "The Barricades Of Heaven", monument de grâce à la beauté cristallin et au charme quasi-divin ? "The Barricades Of Heaven" est une pépite, une pure merveille de chanson sur laquelle tout sonne juste, tant les mots que la musique. Cela devient une rengaine à force d’être répéter, mais une fois encore cet album de Jackson Browne est une admirable réussite, aux thèmes variés, aux musiques composites et aux textes toujours aussi finement ciselés.

Entendons-nous bien, "LOOKING EAST" n’est certes pas le chef d’oeuvre de la carrière discographique de Jackson Browne, mais cela n’en reste pas un digne admirable à bien des égards, fruit d’un musicien qui n’a depuis longtemps plus rien, absolument plus rien à prouver à qui que ce soit, et surtout pas à la critique.

dimanche 19 avril 2009

Saraya



"SARAYA" (1989)
"WHEN THE BLACKBIRD SINGS" (1991)

Les femmes c’est pas vraiment mon truc. Enfin dans la musique, et plus exactement en Hard Rock mélodique. A l’exception de la divine Sandy Saraya et du groupe qui porte son nom. Sandy et Gregg Munier (claviers) faisaient partie d’un groupe nommé Alsace-Lorraine (véridique !) sans grand succès (tu m’étonnes !). Ils décident de dissoudre le groupe et recrutent alors le guitariste Tony Rey (présent sur le premier Danger Danger), le bassiste Gary Taylor, le batteur Chuck Bonfante et adoptent comme patronyme le nom de la demoiselle (Si elle s’était appelée Rhône-Alpes ou Poitou-Charentes c’était la cata !).

Outre un physique attrayant, la belle possède une voix passionnée voire agressive propre à vous retourner les sens. Elle cite parmi ses vocalistes préférés Glen Hughes, Patty Smith et Paul Rodgers, c’est ce que j’appelle avoir du goût. Le premier album éponyme marie avec entrain les claviers et les guitares pour nous délivrer quelques hits en puissance "Healing Touch", "Love Has Taken Its Toll", "Back To the Bullet", "One Night Away" parfois très Rock, "Running Out Of Time", "Fire To Burn" ou bluesy "Get U Ready" mais aussi des tempos plus lents "Gipsy Child" et la ballade "St Christopher’s Medal", le tout avec une classe toujours égale. Le type de métal précieux qu’on a envie d’offrir à sa copine mais que je déconseille par expérience : j’ai vécu une rupture car elle s’attendait à recevoir un bijou du genre Cartier.

Après divers problèmes de management paraît enfin en 1991 "WHEN THE BLACKBIRD SINGS" et cette fois les claviers sont relégués à l’arrière plan ce qui va conduire au départ du co-fondateur Gregg Munier (qui décédera en 2006 des suites d’une pneumonie). En conséquence le rôle de Tony Bruno ( alias Tony Rey, alias Tony "Bruno" Rey sur le Danger Danger, faut suivre…) devient prépondérant, il co-signe tous les titres tandis-que Gregg Munier n’en co-écrit que trois et n’apparaît sur le livret qu’au titre de simple accompagnateur. Le soucis, c’est que deux d’entre eux "Tears Down The Wall" et "White Highway" sont les plus fortes compositions de l’album, le reste étant beaucoup trop passe-partout malgré de bons passages de guitare. On retiendra néanmoins "Seducer" et "In The Shade Of The Sun" dans lesquels la voix de Sandy Saraya retrouve toute son expressivité. Le manque de soutien de leur label et la montée en puissance du Grunge auront raison du groupe.

Pour les amateurs j’ajoute qu’il existe deux raretés : un maxi issu du second album avec l’inédit "Chainsmokin’" et la ballade "Timeless Love" signée Desmond Child disponible uniquement sur la BO du film "SHOCKER" de Wes Craven.

vendredi 17 avril 2009

David Cassidy "Didn't You Need To Be" (1992)


J’ai précisé lors d’une précédente chronique que j’avais des à-priori sur David Cassidy en raison de son parcours d’acteur de séries TV genre "The Partridge Family". Le fait est qu’en 1992 je n’aurais pas acheté son CD sans avoir pu jeter un œil au livret chez un disquaire d’occasions. Deux noms ont suffit à me faire craquer, Mark Spiro et John Wetton, assuré que ces deux-là n’iraient pas co-signer des titres avec n’importe qui. C’est bon d’être parfois intuitif !
Son autre partenaire d’écriture qui est aussi son épouse s’appelle Sue Shifrin, une chanteuse également auteur-compositeur pour des artistes aussi divers que America, Tina Turner, Marilyn Martin, Heart ou encore China Sky.

Sur les dix titres proposés , plus de la moitié déclenche l’enthousiasme. "For All The Lonely" quelle voix ! mériterait à lui seul l’achat du CD s’il n’y avait également "Soul Kiss" qui me fait irrésistiblement penser à Michael McDonald. Le reste oscille agréablement entre variété américaine "I’ll Never Stop Loving You", duo de rigueur co-signé Wetton et Funk Princier "Like Father, Like Son". Quand à la ballade "It’s Over", elle est suffisamment délicieuse pour que l’inconnue du bout du bar vous paraisse la plus sexy des créatures.

Cet album sympathique devrait plaire aux amateurs de mélodies Californiennes délicates. Il est sorti chez Scotti Bros et je vous encourage à jeter un œil à leurs parutions des années 80 quand le hasard vous en fait découvrir une car elles sont souvent excellentes, le 1er Stan Bush and Barrage était à l’origine sorti chez eux et comme vous le savez désormais c’était une bombe !

jeudi 16 avril 2009

Daniel Andersson "Days In L.A." (2008)


Quand j’ai appris qu’un nouveau label spécialisé en Westcoast allait naître, quelle ne fut pas ma joie et mon étonnement. Ce label s’appelle Zinc Music et je voudrais déjà dans un premier temps les remercier. Les remercier d’exister, de sortir 3 albums en même temps ou presque et que ceux-ci soient disponibles partout. Car il est vrai quand on est fan de Westcoast, on a plutôt tendance à lorgner vers le marché Japonais pour s’approvisionner. J’ai parlé de 3 albums j’ai oublié CC Rock qui avait déjà été édité l’année dernière. En aparté, je vous recommande d’ailleurs chaudement cet EP qui augurera je l’espère d’un album complet.

Pour revenir à nos moutons et plus particulièrement à Daniel Andersson, je fais rapidement une petite introduction en disant que le Monsieur est d’origine Suédoise et que ses références se nomment Chicago, Toto, Airplay. Il a d’ailleurs étudié la musique aux USA ou il a rencontré son idole Jason Scheff. Comme souvent avec la Westcoast Scandinave, ce "DAYS IN L.A." atteint les sommets. A l’instar de groupe comme Sko/Torp, Lava, Edin/Adahl, ce premier album ravira les amateurs de Westcoast classieuse, mélodique à souhait et arrangée musicalement aux petits oignons.

On parle souvent de maturité au second ou au troisième album d’un artiste, ce n’est pas le cas pour cet album. A l’écoute de l’opus on croirait entendre un vieux routard de la musique Californienne qui nous sort son 10eme CD. Tout est fait pour que l’auditeur passe un moment à rêvasser en écoutant de la perfection musicale. Le CD démarre d’ailleurs très fort avec "Glamourous Hollywood", une compo que n’aurait pas renié Frédéric Slama pour AOR. Une ambiance que seul ce genre de musique peut procurer. Des titres de ce calibre l’album en est truffé avec le magnifique "Everytime You Come Around" ou la aussi on se laisse aller dans un océan de douceur et de grâce. Les fans de Bill Champlin en solo se délecteront de "Tell Me" ou bien "Lift Me Up". Ceux de Jason Scheff ou Bill Cantos se pavaneront devant "In My Mind". Les aficionados de Jay Graydon lorgneront sur "Keep On Trying". Ceux de Joseph Williams sur "I Can’t Stand It Any Longer".

Vous l’aurez compris j’aurais pu mettre en avant tous les morceaux tellement il n’y a aucune faute de goût. Le garçon a tout compris, il connaît son petit dictionnaire du parfait artiste de Westcoast et il nous le récite sans fausse note. Pour un premier album, un coup de maître... Chapeau bas Mr Andersson.

mercredi 15 avril 2009

Eyes

"EYES" (1990)
"WINDOWS OF THE SOUL" (1993)


Un jour en 1990 vous entendez "Don’t Turn Around" par le groupe Eyes et vous vous procurez aussitôt le CD, trois ans plus tard vous entendez "Cheyenne", et le même scénario se reproduit. Vous êtes devenu grave accro mais vous ne le savez pas encore. Une quinzaine d’années plus tard, le doute n’est cependant plus permis.

Eyes est l’un des multiples projets de Jeff Scott Soto, ce chanteur époustouflant capable de passer du Heavy Metal (Yngwie J Malmsteen , Humanimal) au Hard Funk (Human Clay) en passant par le Hard FM et le Hard mélodique (Talisman, Takara). C’est à ces dernières catégories que va ma préférence et les albums de Eyes illustrent cette tendance. Pour information sachez que si "WINDOWS OF THE SOUL" est sorti en second, il a été enregistré antérieurement à l’album éponyme. Jeff explique dans une interview qu’à cette époque Eyes voulait rivaliser avec des groupes comme Winger et Def Leppard plutôt qu’avec Foreigner ou Survivor et qu’en conséquence il jugeait "WOTS" trop soft. Ils sont donc retournés en studio avec une orientation plus Hard pour enregistrer "EYES" qui est sorti en 1990. Un album de Hard mélodique avec les guitares affûtées de Steven "Doc" Dougherty qui décapent sévère "Can’t Get Enough", "Wired For Love", "Walkin’ The Fire", des rythmiques bien lourdes "Start Livin", "Every Single Minute" et la voix stupéfiante de JSS sur des mélodies entêtantes "Don’t Turn Around", "Young And Innocent" sans oublier la ballade "Nobody Said It Was Easy" qui démarre sur des notes de piano mélancoliques avant de gagner en intensité tout au long de son développement jusqu’à son final multi-voix.

C’est vrai qu’en comparaison "WINDOWS OF THE SOUL" paraît bien sage comme en témoigne une première version de "Don’t Turn Around" qui manque de punch. Pourtant, comme je ne suis pas à une contradiction près, je le préfère au précédent, peut-être à cause des claviers plus présents et à ce fameux "Cheyenne" que l’on ne peut s’empêcher d’écouter en boucle quand on le découvre. Les guitares sont plus limpides et caressantes, les tempos plus calmes et la voix de Jeff plus modulée "Love Lies", "City Nights" et "Way Back Home", le dernier titre "It’s All Over" plus musclé se rapproche davantage de l’album précédemment paru. Au total, 3 titres font doublons mais dans des versions différentes.

Jeff Scott Soto parti fonder Talisman avec Marcel Jacob (Yngwie J Malmsteen), Eyes publiera en 1994 avec le chanteur Mark Weitz (Futur Ramos) un ultime album baptisé "FULL MOON" qui se laisse écouter "Rockin’ The Cradle" mais dont le principal mérite reste une pochette d’un goût exquis qui nous permet de faire plus ample connaissance avec la face cachée de ces messieurs.



samedi 11 avril 2009

Jay Graydon "Past To Present - The 70's" (2006)


Pour certains musiciens, résumer leur carrière revient à recopier le bottin de la région parisienne. C’est le cas pour Jay Graydon. Celui-ci peut être considéré à l’instar de David Foster comme le producteur le plus talentueux au sein de la Westcoast Music. Il faut aller sur son site pour constater que la liste des artistes avec qui il a travaillé est sans fin. De plus, en parallèle, il écrit, il est guitariste et il a fondé son propre projet solo Airplay.

Ce "PAST TO PRESENT" est un cadeau pour tous ses fans. En effet, cet album propose des titres jamais enregistrés auparavant et créés dans les années 70. Il reprend également des jingles de pubs et des thèmes de séries TV. Le problème sur ce genre de projet est d’habitude que les titres font vraiment fonds de tiroir, ou que le son n’est pas à la hauteur, quand les 2 ne vont pas de pair. Rassurez-vous, rien de tout ça ici. Le son est très bon et les compos aussi. Alors, certes, il faut aimer la Westcoast teintée seventies un peu à la Alessi. On retrouve aussi beaucoup de titres teintés black comme le faisaient des artistes comme Al Jarreau et Earth Wind & Fire. L’intérêt de ce CD est également d’entendre Jay Graydon chanteur. En effet, jusqu'à présent, sur tous ses projets solos, il s’entourait de chanteurs comme Tommy Funderburk sur le premier Airplay ou de Clif Magness sur le "PLANET 3"… Là il officie sur 4 compos : "If There’s A Way", "You Can Count On Me", "Should We Carry On" et "She Waits For Me". Je dois dire que le bougre s’en sort très bien et son filet de voix se marie parfaitement avec ce style de musique. Les 4 compos étant d’excellente qualité, avec une mention spéciale à "You Can Count On Me" une ballade à la "After The Love Has Gone", titre mythique de Earth Wind & Fire.

On retrouve aussi l’excellent Bill Champlin sur 2 morceaux, la déjantée Lisa Dalbello sur "You’re My Day", Marc Jordan sur "Secret Love", Ed Whiting sur 2 titres également, et Tata Vega sur "I Fall In Love Everyday", ce dernier titre étant l’un des plus funky ; sortez les chemises pelle à tarte et les pantalons pattes d’eph' ! Même les thèmes de séries TV ou bien le jingle fait pour Sony s’écoutent agréablement, c’est léger, frais, un peu naïf, mais ça reflète bien l’époque. Tous les fans de Westcoast doivent avoir ce CD. Pour les autres, qui voudraient découvrir ce style de musique dans une période bien définie, ils peuvent aussi se procurer cette galette qui peut être considérée comme un témoignage d’une époque révolue. Ah nostalgie quand tu nous tiens….

Jay Graydon "Airplay For The Planet" (1993)


Jay Graydon (guitare) fait partie de la crème des musiciens de studio californiens aux participations multiples (Marc Jordan, Bill Champlin, Pages...). Il lui arrive également d ’être leader ou co-leader au sein de différentes expériences : ainsi paraissait en 1981 "AIRPLAY" l ’un des must de la musique Californienne que les fans du genre considèrent comme l ’un de leurs disques de chevet. Quelques années plus tard, Jay récidivait avec "PLANET 3". En 1993, Jay boucle la boucle avec "AIRPLAY FOR THE PLANET", ce qui prouve qu ’il a de la suite dans les idées.

A l ’affiche, plusieurs pointures qui se partagent les vocaux : Bill Champlin (Chicago), Joseph Williams (ex- Toto), Warren Wiebe (David Foster Band) et un certain Sherwood Ball. Côté musique, on retrouve les ingrédients habituels : le swing nonchalant, les vocaux éthérés, Les refrains entêtants "Walk The Wire", "One Way Or Another", "Roxann", les contre-chants magiques "She Just Can ’t Make Up Her Mind". Instrumentalement, ça roule tout seul, basse, batterie et guitare au diapason : grâce et élégance à tous les étages. Les titres s ’enchaînent, splendides : "History" qui rappelle le groupe PM. "You ’re Not Alone" aérien. "When You Look In My Eyes" porté par les notes subtiles de David Foster. Plus les 2 versions remaniées du merveilleux classique "After The Love Has Gone" avec un Bill Champlin royal.

Le pressage japonais propose une version instrumentale de "After The Love Is Gone" mais ne le dites surtout pas aux candidats de la Star Ac’ ou de le Nouvelle Star car ils seraient capables de l’interpréter…

Richard Marx "Paid Vacation" (1994)


Un album inespéré après l’inégal, indigeste et plutôt gonflant "RUSH STREET" paru en 1990. Une précision, choisissez impérativement le pressage japonais qui contient le bonus track "Another Heaven" qui se révèle le meilleur morceau du CD : refrain indélébile et guitares acérées.

Des standards ou des hits, cette galette en contient pourtant plusieurs : 15 pour être précis selon l’affichage du lecteur. Se détachent dès la première écoute "Nothing To Hide" co-écrit par Terry Thomas (Bad Co) un hit instantané, "One Man" ballade musclée propre à redonner le moral à celui qui vient d’égarer son Millionnaire 3 TV, "Soul Motion" insinuant et fascinant comme une promesse de femme, "Silent Scream" à la mélodie qui repose pour beaucoup sur les changements de tons ou encore "World World To Save" avec cette voix à l’arrachée qui vous cloue sur place. Le fidèle Bruce Gaitsch tient la guitare tandis que de nombreux invités sont présents dans les background vocals : Bill Champlin, Marilyn Martin, Lionel Richie, Timothy B. Schmit ou encore Vince Gill pour un morceau Country "Nothing Left Behind Us" parfaitement dans son style.

Production nickel pour un album tout confort destiné à tous ceux qui ont aimé "REPEAT OFFENDER".

mercredi 8 avril 2009

Jeff Scott Soto "Beautiful Mess" (2009)


"Beau bordel", j’adore ce titre ! Et c’est vrai que la vie professionnelle de Mister Soto a été dernièrement un joyeux "bins" mais aussi une grosse déception pour lui.

En effet, quand on est un chanteur comme lui, reconnu dans le petit monde du Hard FM mais pas connu comme une big star dans le monde entier, prendre la place de Steve Perry ou de Steve Augeri au sein de Journey, cela ne se refuse pas. Maintenant être viré comme un malpropre au bout d’un temps ultra court , cela ne fait sûrement pas faire plaisir.

Je pense que c’est un mal pour un bien. Jeff Scott Soto avait trop de classe et de charisme pour tourner avec Journey et qu' au fur et à mesure il aurait fait de l’ombre à Jonathan Cain et à Neal Schon. Depuis le départ de Steve Perry, Journey recherche simplement une voix... Jeff Scott Soto est plus taillé pour une carrière solo. Son inspiration et son talent s’exprime mieux seul que dans les différents groupes auquel il a participé. La preuve en est aujourd’hui avec ce nouvel opus qui se veut le plus personnel depuis "LOVE PARADE". Attention, ceux qui veulent réentendre une musique proche de celle de Talisman ou de Eyes en seront pour leur frais. On est plus dans un univers flirtant entre Dan Reed, Prince avec de la Soul et plus particulièrement de la pop...

Il faut plusieurs écoutes pour apprécier la classe et les subtilités de cette galette. Mais pour peu qu'on soit sensible aux sonorités black, on ne peut qu'y trouver son plaisir. Je ne reviens pas sur le talent vocal de Jeff Scott Soto qui éclabousse cet album. L'exemple est démontré sur les deux magnifiques ballades "Gin And Tonic Sky" et "Broken Man". Sans commentaire...
Pour ceux qui recherchent un peu plus de "peps", "21st Century" et son refrain entêtant et l'excellent "Our Song" rappelle que Jeff est aussi un rocker. Le reste du CD est truffé de mid-tempo tout en atmosphère comme les très bons "Cry Me A River", "Hey" ou "Eye". Il n'y a que l'alambiquée "Mountain" qui n'atteind pas sa cible.

Le pressage Frontiers bénéficie de deux titres bonus bien dans le même esprit que les autres morceaux et d'un DVD qui propose 4 clips vidéos et un making off du CD.

Ce "BEAUTIFUL MESS" est destiné à toutes les personnes qui souhaitent étendre leurs écoutes à d'autres styles. En l'occurence, un style gorgé de groove, de soul , d'émotion. Bref, un bien bel album pour un bien bel artiste.


Jeff Scott Soto

Danger Danger "Danger Danger" (1989)


Danger Danger présente la singularité de compter parmi ses membres un bassiste d’origine française Bruno Ravel co-auteur de tous les titres avec le batteur Steve West.

Onze titres percutants que l’on peut écouter inlassablement et qui rappellent la bonne époque des premiers Bon Jovi et autres Aldo Nova pour ne citer que ceux-là. La seconde originalité est la présence en tant que simple invité de Tony "Bruno" Rey, guitariste du groupe éponyme de Sandy Saraya, alors qu’il tient les guitares sur neuf des onze titres et qu’Andy Timmons le guitariste officiel n’est présent que sur les deux qui restent. Quant au chanteur il s’appelle Ted Poley et si vous ne le connaissez pas encore, je parierais qu’il va bientôt rejoindre le panthéon de vos favoris. Nous sommes en présence de Hard hautement mélodique que ce soit dans le riff binaire "Naughty Naughty", "Rock America", la FM grand style "Under The Gun" avec claviers princiers et guitares tantôt acérées, limpides, tourbillonnantes ou les tempos lents ; "Don’t Walk Away", "One Step From Paradise", "Feels Like Love". Tout est brillant, tonique, mélodieux, "Boys Will Be Boys", "Turn It On" et doté d’un son puissant dû au mixage de Mike Stone (Journey, Whitesnake, Asia…) et à la production de Lance Quinn (Bon Jovi).

Prenez garde à l’avertissement Danger Danger car à l’intérieur c’est de la dynamite pure. Simplement indispensable.

dimanche 5 avril 2009

Thomas Lang "Fingers And Thums" (1987)


Cela fait quelques temps que je voulais vous parler du premier album de Tom Jones. Pas de panique, il s’agit d’un homonyme qui a judicieusement décidé d’adopter un pseudo. Thomas Lang est originaire de Liverpool comme un groupe dont j’ai oublié le nom mais qui a connu une certaine notoriété dans les années soixante. Chacun a ses plaisirs secrets, l’un des miens étant de vous présenter des artistes peu célèbres qui mériteraient une reconnaissance plus large. Thomas Lang dont "FINGERS AND THUMBS" est le premier album dans sa version US officie dans un registre Smooth Jazz avec des influences Pop et Soul.

Enregistré et produit en grande partie par Pete Smith qui avait co-produit "THE DREAM OF THE BLUE TURTLES" avec Sting, c’est le type d’album qui vous relaxe plus rapidement qu’un juge d’instruction quand vous êtes suspect. "The Happy Man" le titre d’ouverture possède le swing que j’aime, celui qui vous fait bouger les jambes sous la table tout près du genou de votre voisine. Thomas Lang a une voix suave et expressive qu’il met au service de mélodies accrocheuses "Strength" et à l’ambiance parfois romantique comme dans "Fingers And Thumbs" qui donne envie de se pâmer un verre à la main et l’autre sur le genou en question. Le sax est souvent à l’honneur comme sur "Scallywag Jaz", morceau court sans refrain, ou sur "Sleep With Me" ballade jazzy sentimentale idéale pour conclure. Thomas Lang reprend "Me And Mrs Jones" de Billy Paul et en propose une suite "Shoelaces (Mrs Jones part Two)" qui ce n’est pas ce qu’il a fait de mieux. "Spirit" qui renoue avec la veine langoureuse bénéficie du support vocal de Sam Brown avec de nouveau les ponctuations du sax de Paul Thomas.

Un album qui joue sur la corde sensible "Injury" et que vous pourrez écouter sans troubler la quiétude du voisinage, entre deux salves de Hard mélodique par exemple, à condition que vous aimiez aussi la musique dite Cool.