samedi 30 mai 2009

Various Artists "Fly Away - The Songs Of David Foster" (2009)


On ne peut pas dire que les albums baptisés "Tribute" soient en général très réussi. En effet, on est toujours déçu des interprétations de standards de nos artistes préférés par d’autres. On ne retrouve pas la magie des originaux, le chanteur qui reprend le titre n’est pas à la hauteur ou le son ou l’orchestration ne le sont pas non plus. Bref, ce genre de CD et de projet est très très casse-gueule.

Zinc Music et Constante et Sonante ont décidé de se lancer dans un projet de ce type avec l’aide de Tomi Malm pour rendre un hommage à un des plus grands songwriter du 20eme siècle, Mister David Foster. Je ne vais pas faire l’offense de rappeller le CV du bonhomme, ce "FLY AWAY..." le fera à ma place. Tout d’abord ce qui est remarquable avec cet opus, c’est le choix des titres. En effet, on ne retrouve pas les titres les plus connus de David Foster comme ceux écrits pour Chicago ou Céline Dion mais des petits bijoux Westcoast pour certains bien connus des spécialistes et pour d’autres totalement inconnus. L’autre point à souligner c’est la qualité des musiciens et des chanteurs qui excellent sur ce "FLY AWAY...". On a vraiment la une vraie Dream Team Westcoast. Enfin, la production et les arrangements sont monstrueux et feront date.

Le CD commence par un standard de Earth Wind And Fire, "In The Stone". Ce titre est interpreté par Bill Champlin avec John "JR" Robinson aux futs, Nathan East à la basse et Paul Jackson Jr. à la gratte. Vous allez redécouvrir ce titre grâce aux arrangements classieux qui redonnent une seconde jeunesse au morceau. On enchaine avec "No Explanation", titre à l’origine créé par Peter Cetera pour la BO de "Pretty Woman" et interprété par le grand Bill LaBounty ; une ballade acoustique de toute beauté. On retrouve deux titres co-écrits avec Boz Scaggs, le classique "Jojo" interpreté par Arnold McCuller et son groove d'enfer du niveau d'un "Georgy Porgy" de Toto et puis le titre préféré de David Foster, la sublime ballade romantique "Look What You've Done To Me" chantée par Cecily Gardner. Ce second titre est un petit moment de grâce ou l'ambiance jazzy devient torride.
Autre moment magique avec "The Colour Of My Love" ou Frank Adahl prouve à tout le monde qu'il est un sacré chanteur. Il récidive d'ailleurs sur le "Nothin You Can Do About It", morceau culte du groupe Airplay. Il a été co-écrit par Jay Graydon et qui est un modèle de groove et de classe. Je vous conseille d'ailleurs de vous procurer les albums qu'il à fait avec son pote Edin.

Pour le reste on retrouve une superbe composition de Kenny Loggins, "Heart To Heart" interprétée par Jeff Pescetto, chanteur vraiment sous estimé. En effet, à l'instar du regretté Warren Wiebe, ce type n'a jamais vraiment eu sa chance au sein d'un groupe ou sur un solo digne de ce nom. On le retrouve sur ce genre de projet comme sur lalbum de David Foster "RIVER OF LOVE".

Le vétéran Robbie Dupree reprend le "Fly Away" de l'album "BI COASTAL" de Peter Allen. La reprise est même supérieure à l'original car je préfère le timbre de voix de Robbie Dupree à celui à mon gout un peu nasillard du regretté Peter Allen. Il n'en reste pas moins que beaucoup considère "BI COASTAL" comme une pierre angulaire de la Westcoast, avec ce titre on comprend mieux pourquoi.

L'un des meilleurs morceaux du CD est la reprise faite par Ole Borud du classique de Chaka Khan, "Through The Fire". Il parait même que David Foster a été scié quand il a entendu cette version qui surpasse l'original. Je ne saurais trop vous conseiller également de vous procurer le solo du Scandinave Ole Borud, qui est vraiment un artiste Westcoast en devenir.

Dans le style ambiance feutrée , tout en douceur on retrouve Lisa Lovbrand pour "The Best Of Me" titre co écrit avec Jeremy Lubbock et Richard Marx. Emotion assurée.

Sur ce genre de tribute, on retrouve également souvent l'excellent Bill Cantos et sa voix magique qui reprend ici un titre de Jame Ingram, "Whatever We Imagine". Là encore comme à la bataille navale, c'est "touché, coulé".

"When Will The World Be Like Lovers" est une composition inédite de Chicago qui devait être sur le 18 du groupe. Co-écrit par Robert Lamm elle est chantée ici par Jeff Pescetto, Robbie Dupree, Bill Cantos, Arnold McCuller, Frank Adahl et celui que je considère comme le plus grand vocaliste Westcoast, Joe Pizzulo. On se demande pourquoi ce titre est resté si longtemps dans les tiroirs ??

On termine par un titre qui fait frissoner, "Live Each Day" interprété par Warren Wiebe. Frissoner car la voix de Warren semble venir tout droit de l'au delà. En effet, c'est un des derniers morceaux qu'il ait enregistré et cette ballade splendide au demeurant, résonne en nous comme une sorte de testament vocal. Impressionant...

Bon, si avec tout cela, vous n'avez pas dans l'idée d'acquérir cette galette, je ne peux plus rien pour vous. En Westcoast, on a quand même pas tous les matins, un album de cette qualité à se mettre entre les oreilles.

jeudi 28 mai 2009

Fergie Frederiksen "Equilibrium" (1999)


Un album dort dix ans sur une étagère, vous le réécoutez par curiosité , vous le trouvez excellent et vous vous dites alors que vous deviez être complètement sourd à l’époque de sa sortie. Une sacrée faute de goût qui révèle la faiblesse d’une écoute trop hâtive, car comment être passé à côté de mélodies de cette qualité et d’arrangements aussi soignés.

Fergie Frederiksen qui possède un bel organe (la voix !) s’est fait connaître en 1982 chez Le Roux (le groupe !) puis s’est illustré avec brio deux ans plus tard sur "ISOLATION" de Toto en remplaçant au pied levé Bobby Kimball alors complètement à l’Ouest. Il s’est ensuite associé en 1995 à Ricky Phillips (ex-Babys, ex-Bad English…) qu’il retrouve à la production et aux arrangements pour cet album solo paru en 1999.

"EQUILIBRIUM" est essentiellement un album d’interprète car Fergie n’y co-signe que trois titres, deux avec Jim Peterik et un avec Bruce Gowdy et Ricky Phillips. Parmi les autres compositeurs que des cadors, Steve Kipner, Bobby Caldwell, Richard Page, Jon Lind, Martin Page, Phil Galdstone, pas mal comme carnet d’adresses, d’autant que ça déchire pareil côté musiciens : Ricky Phillips, Neal Schon, Jeff Scott Soto, Jason Scheff, Steve Porcaro, Guy Allison, Tim Pierce, Kelly Hansen, Bruce Gowdy et j’en passe.

Fans de Toto et de Chicago vous pouvez vous diriger vers la caisse. Parmi mes morceaux favoris je place en tête "Crazy" un mélange de Bobby Caldwell pour les couplets et de Chicago pour le refrain, un titre co-écrit par Bobby et Steve Kipner. Viennent ensuite "Equilibrium" et "Best I Can Be" deux des titres écrits avec Jim Peterik, des mélodies spéciales 'touche Repeat' toutes en finesse et enrichies de contre-chants, puis tout près derrière une composition de Richard Page "Falling Into Places". Tout cela restant très subjectif car tous les titres sont d’égale qualité et magnifiés par la voix de Fergie "Blaze Of Love" de Phil Galdstone, "Died In The Misd Of A Dream" de Jon Lind, "All Of Love" de Martin Page. L’album est à classer dans la veine Westcoast soft, comme s’il était sorti dans les années 80 mais avec un son actualisé.

Avant de partir j’aimerais quand même revenir sur ma supposée surdité en vous précisant qu’à l’époque je n’étais déjà plus abonné à PLAYBOY depuis plusieurs années…

samedi 23 mai 2009

Giuffria

Un Ange passe puis disparaît en 1981. Gregg Giuffria (ex-Angel) se lance dans diverses aventures sans lendemain et après avoir tâté de la production (le 1er White Sister en 1984) décide de se lancer dans un nouveau projet qui va porter son nom. Il convie à ses côtés une équipe de choc : David Glen Eisley au chant, Graig Goldy à la guitare, Chuck Wright à la basse et Alan Krigger à la batterie tandis qu’il se charge des claviers et des compositions.


Le premier album éponyme sort en 1984 et dès l’intro du premier titre "Do Me Right" le ton est donné : une musique monumentale avec un mur de claviers, un refrain fédérateur et la voix passionnée de David Glen Eisley. Je parlerais bien d’hymne grandiose mais l’expression me semble un peu faible... Pour situer Gregg Giuffria, il suffit de savoir qu’il existe deux principales catégories de claviéristes, ceux à qui leurs parents ont offert un BONTEMPI à Noël et ceux qui sont tombés dans la potion magique, celle qui fait les maestros. Naturellement ça laisse moins d’espace à la guitare de Graig Goldy qui est un peu en retrait mais quand ils duétisent l’union fait la force et c’est un régal "Don’t Tear Me Down", "Trouble Again", "Line Of Fire" ou encore de "Turn Me Again" que Graig a co-signé et où il mène carrément les débats. Quant à la voix d’écorché vif de David Glen Eisley elle est impériale et, comme me l’on fait remarquer les gens de chez 3M, elle vous scotche littéralement. Ce qui ne l’empêche pas d’ être caressante sur les tempos plus lents "Lonely In Love", "Out Of The Blue (Too Far Gone)" voire contrastée sur le hit single imparable "Call To The Heart".


Après pareil début, on attend la suite qui arrive en 1986 avec un changement de Line-up : Lanny Cordola est à la guitare et David Sykes à la basse. "SILK AND STEEL" démarre sur un fond de synthé immédiatement reconnaissable avec le titre "No Escape" qui renoue avec les fastes du premier album. Lanny Cordola a réussi a s’imposer davantage que son prédécesseur, mais je trouve que le groupe y perd de sa spécificité, l’empreinte de Gregg Giuffria reste en filigrane mais la musique est moins grandiloquente, ça manque de pompes dirait Clara Morgane. L’album contient néanmoins d’excellents morceaux "Change Of Heart" qui offre la complémentarité idéale claviers/guitares, "Lethal Love" aux guitares agressives ou encore "Tell It Like It Is" qui dégage une énergie communicative avec son refrain mordant.


Le troisième album de Giuffria n’a jamais vu le jour, alors qu’il était pourtant à un stade très avancé côté compositions. Nous en avons les preuves avec "THE LOST TAPES" que je vous recommande, paru en 2003 sous le nom de David Glen Eisley. Neuf titres dont trois qui referont surface sur le premier House Of Lords ; le majestueux "Pleasure Palace" qui devait donner son nom à l’album ainsi que "Jealous Heart" et "Slip Of The Tongue" plus six morceaux qui seraient restés dans les caves sans cette heureuse initiative : le génial "Stand Up", le superbe "One Love" ,"Don’t Turn Away From Love", "Shot Down In Love" co-signé Chuck Wright, "Are You Ready" et "Golden Town" co-signés Lanny Cordola. Un indispensable pour les amateurs du groupe et en particulier du chanteur.

Gregg Giuffria a acquis ses lettres de noblesse, il fait désormais partie de la race des Seigneurs et va nous le démontrer très prochainement.





vendredi 22 mai 2009

Journey "Revelation" (2008)


3 ans après "GENERATIONS", album qui n'a pas eu un grand impact à cause notamment des différents essais au chant des membres du groupe, et ce malgré la qualité évidente des compositions, nous voilà confrontés à ce nouvel effort intitulé "REVELATION".

Le groupe américain cherche à se stabiliser après l’épisode rocambolesque connu avec Jeff Scott Soto, dont il vaut mieux ne pas parler ici. Le groupe s’est mis en chasse pour découvrir la perle rare, et il faut dire qu’ils l’ont trouvé !!! En effet Arnel Pineda, de nationalité philippine, est un sacré chanteur, quasiment clone de Steve Perry, du moins dans la mesure du possible. On ne peut pas rester insensible à cette douzaine de titres savamment distillés, empreints de cette fièvre mélodique typique de Journey, de cette recherche constante de refrains, de mélodies imposantes associées à une instrumentalisation quasi parfaite. Car il ne faut pas se tromper, nous sommes en présence d'un album de haute volée, et le nouveau chanteur Arnel Pineda se fond parfaitement dans le moule musical de Journey sans aucune difficulté, mieux, il arrive à nous imposer son style, sa pugnacité vocale et sur des titres mid-tempo comme le moderne "Wildest Dream", le suave "After All These Years" ou le subtil "What I Needed" qui sont de vrais bijoux mélodiques, poignants et avec des claviers absolument magnifiques. Même la reprise du titre "Faith In The Heartland" de "Generations" nous laisse sans voix !

Quand on apprend que les titres ont été composés alors que le chanteur n’avait pas été encore recruté, on comprend mieux le risque pris. Alors ce qui ressort surtout de ce "Revelation" est la sobriété musicale, la justesse et la simplicité des compositions, art difficile et qui semble couler de source. C'est dans la densité musicale et dans la rigueur permanente que s'imposent ces titres forts en gueule, enthousiastes comme le 1er titre "Never Walk Away" qui ouvre l'album de telle façon, que la route suivie ensuite s'en trouve magnifiée. La ballade "Like A Sunshower" qui lui succède est empreinte de cette délicatesse et de cette émotion palpable si intense que l'on ne peut que s'incliner. Les intros sont particulièrement soignées et caractérisent bien la recherche accrue d’une meilleure assise. Il y a des montées en puissance un peu partout, et des fins de titres absolument éblouissantes comme ce duel batterie-claviers sur "Where Did I Lose You Love" tout simplement énorme ! Il n'y a pas de remplissage dans cet album de toute beauté, chaque musicien donne le meilleur de lui-même et ils brillent tous sur chaque titre. Un véritable feu d'artifice, rehaussé par cette magnifique découverte de ce nouveau chanteur, dont c'est évidemment le 1er album avec le groupe, lancé à nouveau à la conquête du monde mélodique. Et puis la production gigantesque de Kevin Shirley, le 6ème membre du groupe en quelque sorte et qui a œuvré sur "TRIAL BY FIRE" et "ARRIVAL", ajoute encore une touche professionnelle incontestable à ce chapelet de louanges.

On ne peut que se réjouir du retour en force réussi de Neal Schon, Dean Castronovo, Jonathan Cain et Ross Valory qui ont écrit là une des plus belles pages de l’AOR de cette décennie !

vendredi 15 mai 2009

Eagles "Long Road Out Of Eden" (2007)


Enfin ! Après de trop longues années d’attente, 28 ans pour être précis, voilà que sort enfin le nouvel album studio des Eagles, succédant ainsi à "THE LONG RUN" paru en 1979.

Et pourtant le groupe n’a jamais vraiment disparu. Bien au contraire. Si les Eagles se sont officiellement séparés en 1982, chacun des membres du groupe menant avec succès une carrière solo, dès 1994 Don Henley, Glenn Frey, Don Felder, Timothy B. Schmit et Joe Walsh se réunissent. "HELL FREEZES OVER" sortira la même année, présentant 4 morceaux studio inédits ainsi qu’une relecture acoustique d’une poignée de classiques du répertoire des Eagles. Dès lors, les rumeurs vont bon train, on s’affole, et chaque année ou presque la sortie d’un nouvel album studio est annoncée. Et pourtant rien, alors même que le groupe est plus actif que jamais, tournant aux quatre coins du globe et proposant même en 2003 une nouvelle composition, "Hole In The World", inspirée des attentats du 11 septembre 2001. Entre temps, les Eagles se retrouvent à 4, Don Felder étant plus ou moins poussé vers la porte pour d’obscures raisons. En 2005 et 2006 les choses s’accélèrent, les Eagles présentant en concert de nouveaux titres, "One Day At A Time" signé Joe Walsh, "No More Cloudy Days", "Fast Company" et "Do Something", ces 3 derniers morceaux étant prévus pour figurer sur le futur nouvel opus du groupe. Et c’est finalement Don Henley qui brûle la mèche dès le début d’année 2007, annonçant que le nouvel album était sur les rails et qu’il sortirait avant la fin de l’année "si nous ne nous entretuons pas avant".

Les Eagles sont donc bien vivants et c’est le 30 octobre 2007 que sort enfin le septième album du groupe, "LONG ROAD OUT OF EDEN", un double album composé de 20 titres qui rien que par son titre fait écho à son prédécesseur "THE LONG RUN", et qui lui était annoncé en 1979 comme étant un double album, ce qui n’a néanmoins jamais été le cas. Inutile d’y aller par quatre chemins, les Eagles livrent là un disque tout simplement exceptionnel, assurément leur meilleur effort. 20 chansons, 20 bijoux. Une heure trente de musique, une heure trente de bonheur ininterrompu et aucune lassitude, aucune seconde d’ennui, aucune faiblesse sur ce disque. Un chef d’œuvre absolu. "No More Walks In The Wood" est le titre d’introduction qui met d’emblée tout le monde d’accord et qui après quelques secondes seulement laisse l’auditeur à genoux. Une splendide ouverture a capella avec des harmonies vocales comme à chaque fois parfaites, quelque part entre les Beach Boys, Simon & Garfunkel et leur propre version du "Seven Bridges Road" de Steve Young. Et après cette mise en bouche on enchaîne directement avec le premier single de l’album, "How Long", sorte de "Take It Easy" revu et corrigé 35 ans après. L’ironie du sort veut que "How Long" est une composition de John David Souther, collaborateur de longue date du groupe, sorte de membre fantôme ; une composition écrite en 1972 et figurant sur le premier album éponyme de John David Souther, paru la même année que le premier disque des Eagles, et que ces derniers reprenaient déjà sur scène au cours des années 1970. Une merveille.

Tous les membres du groupe ont collaboré à l’écriture de l’album, et si comme de coutume Don Henley et Glenn Frey se taillent la part du lion en assurant la plupart des vocaux, Joe Walsh et Timothy B. Schmit ne restent pas en retrait pour autant. Joe Walsh hérite ainsi du mordant "Guilty Of The Crime" mais signe surtout "Last Good Time In Town", suite masquée à "In The City" et qui comme par hasard figurait sur "THE LONG RUN" !... Timothy B. Schmit est particulièrement mis à l’honneur sur les poignantes ballades "I Don’t Want To Hear Any More" écrite par Paul Carrack et la perle de délicatesse et d’émotion qu’est "Do Something", l’un des meilleurs morceaux du disque. Quant à Don Henley et Glenn Frey, ils atteignent une nouvelle fois des sommets, que ce soit sur des ballades telles "What Do I Do With My Heart", "Center Of The Universe", "It’s Your World Now", "I Love To Watch A Woman Dance" et "No More Cloudy Days" ou bien encore sur des titres plus rythmés et corrosifs aux propos souvent politiques comme "Frail Grasp On The Big Picture", "Waiting In The Weeds", "Business As Usual", l’énergique et efficace "Somebody" (où l’on retrouve d’ailleurs Jack Tempchin aux crédits, encore un vieil ami de Glenn Frey), le très cool "Busy Being Fabulous" et bien sûr le surprenant "Fast Company", titre sur lequel la voix de Don Henley monte très très haut. Un morceau déroutant au premier abord, on dirait presque du Prince, mais qui au final se voit empli de perfection. Reste à évoquer l’instrumental "I Dreamed There Was No War" qui offre un léger moment de répit juste après le monument du disque, la chanson titre, la bien nommée "Long Road Out Of Eden", un véritable voyage quasiment mystique de plus de 10 minutes. Un chef d’œuvre à lui tout seul. Enfin, "You Are Not Alone" est certainement le titre le plus simple et le plus touchant de l’album, auquel on ne prêterait pas forcément attention et qui est d’une sensibilité, d’une affection et d’une majesté incroyables, très proche dans l’esprit à certaines ballades composée par Bob Seger. Une courte et splendide ballade écrite par Glenn Frey pour sa fille qui semble-t-il a connu des moments difficiles.

Extraordinaire. "LONG ROAD OUT OF EDEN", le nouvel album des Eagles est ainsi rien moins qu’un bijou. De sa pochette fabuleuse à sa musique enchanteresse, ce disque est le chef d’œuvre longtemps attendu. A coup sûr le meilleur des 7 albums studio du groupe. Une attente rythmée tantôt par l’espoir tantôt par la crainte et la peur d’être déçu. Qui de nos jours est encore capable de sortir un double album sans pour autant qu’il s’agisse de remplissage ? Personne. Sauf les Eagles. L’inspiration n’a semble-t-il jamais manqué à nos autre musiciens, il suffit de tendre l’oreille à leurs carriers solo respectives; seulement les Eagles se sont retrouvés prisonniers et victimes de leur propre succès et de leur légende au fil des ans, et la pression inhérente à la sortie d’un nouvel album a dû être particulièrement difficile à gérer, notamment pour Don Henley et Glenn Frey. Désormais libérés de toute cette pression et de cette folie, on peut être sûr que le prochain album du groupe ne prendra pas 28 ans à sortir, c’est en tout cas ce qu’il nous reste à espérer. En attendant de les retrouver sur la route…

Eagles "The Complete Greatest Hits" (2003)


Si l’on omet le monumental coffret de 4 disques, "SELECTED WORKS 1972-1999" paru en 2000, rétrospective idéale et ultime de l’œuvre des Eagles ; la précédente compilation des Aigles remontait à 2001, et qui en un seul disque et 17 chansons faisait un point succinct et efficace de la question.

N’étant plus à une nouvelle compilation près, voici que 2 ans plus tard paraît un nouveau "THE VERY BEST OF", cette fois-ci en 2 disques, pour 33 titres au total. Soyons brefs et directs, cette compilation est excellemment réussie. Cela commence avec la pochette, le logo des Eagles et l’illustration qui l’accompagne sont de toute beauté et ne sont pas sans rappeler la pochette de leur toute première compilation, "THEIR GREATEST HITS 1971-1975" ; c’était en 1976. Quant au livret, ce devrait être un modèle du genre, en particulier des compilations rétrospectives, puisque outre toutes les informations relatives aux chansons (auteurs, années de parution, albums originaux…) et de nombreuses photographies rares et inédites, on retrouve surtout sous forme d’interview déguisée, les 2 piliers, membres fondateurs et historiques des Eagles, les 2 seuls membres à n’avoir jamais quitté le groupe depuis sa fondation en 1971, à savoir Don Henley et Glenn Frey ; et qui au cours d’une interview menée par le cinéaste Cameron Crowe nous dévoilent maintes anecdotes sur les chansons présentées ici. Instructif et passionnant.

Enfin, et bien évidemment, la musique est elle aussi au rendez-vous, les titres figurants sur cette compilation étant présentés par ordre chronologique ; un détail peut-être, mais qui croyez-moi a toute son importance et sa pertinence pour ce genre d’album rétrospectif. Et aucun album des Eagles n’est oublié. Même le "EAGLES LIVE" de 1980 est ici représenté avec la reprise de Steve Young, "Seven Bridges Road" ; "Get Over It" et "Love Will Keep Us Alive" de "HELL FREEZES OVER" sont aussi présents, tout comme "Please Come Home For Christmas" initialement paru en 1978 sur le single éponyme en compagnie de "Funky New Year". Sinon, les habituels classiques que sont "Take It Easy" et autres "Heartache Tonight" brillent une nouvelle fois par leur simple présence.

Mais au-delà de cela, notons surtout la présence d’une toute nouvelle chanson, entièrement inédite et signée Don Henley et Glenn Frey ; une douce et poignante ballade inspirée des tristes événements du 11 septembre 2001 et qui répond au nom plus qu’approprié de "Hole In The World". Mais cette nouvelle chanson ne doit pas masquer un autre événement important dans le vie des Eagles. Ils ne sont désormais plus que 4. Exit Don Felder depuis 2001. Les raisons de ce départ ou de cette éviction restent encore obscures ; mésentente avec les autres membres, envie de nouveaux horizons ? A moins que ce ne soit tout simplement que de tristes histoires d’argent. C’est malheureusement ce qui semblerait être la thèse la plus plausible…Triste et lamentable ai-je envie de dire. Ainsi, avec ce nouveau "THE VERY BEST OF" appelé à faire autorité pour un petit moment, les Eagles signent là un nouveau coup de maître (plutôt habile d’ailleurs que de signer un tel coup avec une simple compilation !). A noter en prime que cette compilation est également connue sous le "THE COMPLETE GREATEST HITS", et qu’à sa sortie, une édition limitée était disponible, sous forme de digipack et comportant un troisième disque, un DVD présentant notamment le clip de leur nouveau titre "Hole In The World" ainsi que le making of de ce clip et quelques autres petits cadeaux. Doublement, voire triplement incontournable donc !

Excellente compilation donc pour pénétrer plus en profondeur l’univers et la richesse musicales des Eagles. Toujours est-il qu’en attendant, le futur nouvel album des Aigles se fait encore et toujours plus désiré, d’autant qu’en écoutant un titre comme "Hole In The World", les bougres en ont encore sous la pédale ! Mais lorsqu’il s’agit d’attendre, rien d’inhabituel avec ces satanés Eagles !

mercredi 13 mai 2009

Sunstorm "House Of Dreams" (2009)


Voici le discours qu’un père pourrait tenir à son fils "tu vois mon petit, ce nouvel album de Sunstorm c’est l’essence même de ce qu’on appelle le Hard FM et l’AOR. Le chanteur s’appelle Joe Lynn Turner et c’est une figure incontournable de ce style depuis le début des années 80. Le label Frontiers, mon petit, est specialisé dans ce genre de style musical et ils ont sous la main un super producteur qui s’appelle Dennis Ward et des très bons compositeurs comme les frères Martin. De plus, ils ont fait appel pour cet opus à Jim Peterik qui est un compositeur hors pair pour pondre des hits à la pelle. Tu sais mon petit, les disques de Survivor et de Pride Of Lions que papa écoute en boucle, et bien c’est lui. Pour finir pitchoune, il faut savoir que Mister Turner, en plus d’être un grand chanteur reprend un des morceau qui l'a co-écrit avec Desmond Child pour l’opus "FREIGHT TRAIN HEART" de Jimmy Barnes, "Walk On". Tu vois ça mon garcon, c’est ce qu’on appelle une ballade de la mort !"

Après ce petit cours à l'intention des plus jeunes, pour résumer je dirais qu’avec le dernier Place Vendome, Frontiers frappe fort avec ce "HOUSE OF DREAMS". Le premier essai du projet sorti il y a quelques années m’avait déjà beaucoup plus, celui-ci est bien dans la lignée. Du pur Hard FM, du pur AOR, un grand chanteur, une grosse production, des songwriters en état de grace, des "zicos itou", bref comme disait Benjamin Castaldi en voyant sortir Loanna du loft "c’est que du bonheur !".

Quels titres retenir ? J'aurais tendance à dire tous mais bon si on doit ressortir quelques morceaux je citerais l'hymne FM, "I Found Love" , la superbe ballade "Say You Will", le très Survivorien "Gutters Of Gold" et le hit "Forever Now". Je pense qu'avec ces différentes plages on a à faire à du grand très grand Hard FM, AOR. Rassurez vous le reste est du même tonneau. Un titre faible... Je cherche encore...

Alors sans hésitation, foncez chez votre disquaire et allez me dénicher ce House Of Dreams, fissa!!!!

Peter Allen


Peter Allen nous a hélas quittés en 1992 à l’âge de 48 ans mais c’est toujours avec plaisir que l’on se replonge dans sa discographie et plus notamment sur ces 3 derniers albums qui témoignent de son virage Westcoast depuis le début des années 80. Né en Australie, ce New-Yorkais d’adoption a été découvert par Judy Garland dont il épousa la fille Lisa Minelli pour un mariage de courte durée. Pour beaucoup le nom d’Allen reste attaché à un unique tube en 1976 "I Go To Rio" qui sera adapté avec succès par notre Clo-clo national. Peter publia pourtant 8 albums studio et 2 Live qui oscillent entre variété américaine et musique Californienne. Il composa par ailleurs de nombreuses chansons pour d’autres artistes aussi divers que Sinatra "You And Me", Olivia Newton-John "I Honestly Love You" ou encore le tube majeur "Arthur’s Theme : Best That You Can Do" avec Christopher Cross.

"TAUGHT BY EXPERTS" (1976)


Cet album dont est extrait "I Go To Rio" reflète la face crooner en un mélange séduisant de grande variété US et de Jazz "She Loves To Hear The Music", "Quiet Please, There’s A Lady On The Stage", "Six-Thirty Sunday Morning/New-York" et "I Don’t Know About You".

"I COULD HAVE BEEN A SAILOR" (1979)


On y trouve le même esprit que dans le précédent mais avec une touche de romantisme en plus "Don’t Cry Out Loud" et "Paris At 21".

"BI-COASTAL" (1980)

Produit par David Foster, co-auteur de 6 titres, c’est l’album qui propulse Peter Allen dans la cour des grands de la musique Californienne. Des mélodies majestueuses véhiculées par cette voix nasale si particulière et soutenues par une pléiade de guest-stars impressionnante : Steve Lukather, Jeff Porcaro (Toto), Richard Page, Steve George (Pages, Mr Mister), Richie Zito, Jay Graydon (Airplay). La crème du genre ! Un indispensable aux titres instantanément mémorisables "Fly Away", "One Step Over The Borderline" et tous les autres.

"NOT THE BOY NEXT DOOR" (1983)

Peter renouvelle l’exploit en collaboration avec Tom Snow, David Foster et Eric Kaz tandis que Richard Landis s’occupe de la production. "Easy On The Week-end", "You’ll Always Get Your Way" et "Just Another Make-out Song". Il s’est entouré entre-autres de David Foster aux claviers, Tom Scott au sax et de Fred Tackett (Little Feat) aux guitares.

"MAKING EVERY MOMENT COUNT" (1990)


Une longue attente de 7 ans pour un résultat qui comble nos attentes et perpétue l’œuvre précédente "Tonight You Made My Day", "Nobody Can Break Us Up", "I Couldn't Have Done It Without You" et "Why Not ?". Michael McDonald est présent sur quelques titres mais seulement du côté technique, enregistrement et mixage.

Il existe une floppée de compilations du Best au Very Best en passant par l’Ultimate et l’Anthologie, choisissez plutôt une de celles qui regroupent une majorité de morceaux issus de "BI-COASTAL" et de "NOT THE BOY NEXT DOOR".

mardi 12 mai 2009

Keith Urban "Defying Gravity" (2009)


3 ans après l'excellent "LOVE PAIN AND THE WHOLE CRAZY THING", notre countryman Australien nous revient avec un nouvel album. La différence avec le précédent c'est l'apport moindre de John Shanks qui ne signe ici qu'1 titre. Ce qui explique certainement que l'essai lorgne plus vers la new country classique que le précédent qui se voulait franchement Pop Rock.
Co-produit par celui qu'on ne présente plus, Mister Dann Huff, ce nouvel essai reste quand même dans la lignée des précédents albums. En new country c'est bien simple, il est le seul dont j'achète les albums les yeux fermés tellement je suis sur de ne pas retrouver ce coté country traditionnelle qui ne me sied pas vraiment. Depuis que Shania Twain a pris sa retraite, autant dire que ceux ci ne sont pas légion.

L'album débute fort par un gros hit qui devrait envahir les radios FM Us. En effet, "Kiss A Girl" postule pour le titre de l'année, tellement il fait mouche avec son refrain entêtant et sa grosse rythmique. Le son est énorme, et je pèse mes mots. Pour retrouver ce genre de hit, il faut aller en plage 5 avec "My Heart Is Open". Le seul titre composé par John Shanks nous offre ce que Richard Marx nous avait offert sur "PAID VACATION" c'est à dire un titre sublime ou la voix de Keith n'est pas sans rappeller celle du grand Richard. Au rayon du très bon, on notera le brûlot Country Rock qu'est "Hit The Ground Runnin", la belle ballade "Only You Can Leave Me This Way". Le reste est sans suprise, on retrouve des mid-tempo jusqu'aux ballades cajoleuses... Attention, on est quand même dans le haut niveau même si je pense que l'album pêche par quelques titres en dessous comme "Till Summer Comes Around" un brin insipide.

Ce nouvel opus de Keith Urban est quand même à avoir dans toutes les bonnes discothèques au coté des derniers Bon Jovi.

samedi 9 mai 2009

Christopher Cross "The Cafe Carlyle Sessions" (2008)


Au niveau musical, La France est un drôle de pays. En effet, pour voir un Dieu de la Westcoast Music à la télévision Francaise, il faut regarder "Les Années Bonheurs" de Patrick Sébastien. Entre des "has been" de la chanson francaise comme Jeanne Mas et Julie Pietri, on a notre ami, Christopher Cross, qui vient avec sa guitare pour le morceau "Ride Like The Wind". Cela fait mal car on peut dire que pour beaucoup en France, Christopher Cross ne vaut pas mieux que Cookie Dingler !

Et pourtant... Il n'y a vraiment pas photo et ce "THE CAFE CARLYLE SESSIONS" confirme avec bonheur ce constat. Cet album est tout simplement beau. Beau car, Christopher Cross revisite de manière acoustique (mais jamais ennuyeuse), ses plus grands standarts. Dans une ambiance feutrée, un brin jazzy on nage littéralement dans le bonheur. Avec ses 4 potes musiciens, Christopher réinvente tranquillement ses 30 ans de carrière. En ce qui concerne les ballades, on retrouve la même épure. En ce qui concerne les titres plus remuants, fini les choeurs à la Michael McDonald et les arrangements de Michael Omartian. Même si les titres ne sont en rien dénaturés, "Ride Like The Wind", "All Right" ou "Never Be The Same" sont réorchestrés de façon grandiose. Mention spéciale à David Mann qui apporte une nouvelle fraicheur avec ses touches de saxo subtiles. Au niveau vocal, Christopher Cross est tout en finesse sans en faire trois tonnes.

Ce "THE CAFE CARLYLE SESSIONS" est une bonne facon de redécouvrir de grands morceaux pour les fans du bonhomme et pour les autres de découvrir le talent immense de ce grand songwriter Américain. Un talent qui mérite plus qu'un passage dans une émission de l'auteur du Petit Bonhomme En Mousse !

C.I.T.A "Act 1 : Relapse Of Reason" (1995)


N’oubliez pas votre gel car ça décoiffe ! Des rythmiques bien lourdes, des soli limpides, des passages de claviers somptueux, une voix saisissantes et douze compositions plus brillantes les unes que les autres.

Le groupe aura mis 7 ans avant de publier ce premier album qui est le résultat de 9 mois de studio sous la houlette de Bobby Barth le leader de Axe dont on retrouve deux classiques "Silent Soldiers" et "Steal Another Fantasy". Danny Martinez au chant et à la guitare, Antz Trujillo à la guitare Lead et aux keyboards, Troy Benson aux drums et aux percussions, Joe Marone à la basse et, pas de jaloux, tout le monde aux harmonies vocales. Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais quand j’ai écouté un peu trop de Wescoast j’aime bien passer ensuite à du hard mélodique, de préférence au casque et avec les potentiomètres dans le rouge ! Comme C.I.T.A par exemple, un album où l’on trouve plus de tubes qu’au Centre Beaubourg, pour vous faire une idée.

"Everytime I Close My Eyes", une voix claire mais qui arrache, une rythmique plombée, comme entrée en matière ça se pose plutôt là. On pourrait penser qu’ils ont fait tapis mais la suite est du même tonneau "Through The Years" et ses sublimes harmonies. Vous pourriez également vous dire qu’il s’agit d’une bande d’énervés qui bastonnent à tout va mais ils sont aussi stupéfiants dans les mid-tempos "These Eyes", "Stand Or Fall" que dans les semi-ballades "Two Hearts" (signée Bobby Barth/Stan Bush), "The Fall" et même les ballades tout court "No Heroes", "Changes" avec son piano dominant, ses changements de ton et son refrain à plusieurs voix.

L’album qui suivra s’appelle "HEAT OF EMOTION" il m’a toujours paru mou du genou et ceux qui paraîtront ensuite sous le nom de Guild Of Ages (pour cause d’homonymie avec un groupe allemand baptisé CITA) plus heavy ne m’ont jamais emballé mélodiquement. Il faut dire qu’un album comme "RELAPSE OF REASON" il en sort un tous les dix ans. Le problème c’est que j’ai pas vu celui de 2005 et qu’attendre jusqu’en 2015, c’est pas la joie !

mercredi 6 mai 2009

Steven Curtis Chapman "Speechless" (1999)


GRANDIOSE ! Après la semi déception de "SIGNS OF LIFE", Steven Curtis Chapman revient plus en forme que jamais.

Avec "SPEECHLESS", il sort son album le plus abouti. Sa musique a franchie une étape. Au niveau de l’orchestration (apport de cordes), on atteint des sommets. En effet, un titre comme "Speechless" qui en bénéficie, devient monumental. Certainement l'un de ses plus grands morceaux. A passer en boucle. De plus il y a un côté rock sur certains titres qu’on n’avait pas décelé auparavant. "Dive" qui ouvre le CD percute de mille feux tout comme "Whatever" et "I Do Believe" avec son intro à la "Walk This Way" d' Aerosmith. Autant le blues lui allait moyennement, autant sur des morceaux plus rock il s’en sort de fort belle manière. Et on enchaîne avec le hit "Next 5 Minute" suivi d’un autre titre phare "Great Expectation". C’est du lourd, du très lourd ! Les ballades sont aussi présentes avec "The Invitation" et "What I Really Want To Say". Toutes les 2 excellentes. Je terminerai par le magnifique "Be Still And Know" où l’émotion de Steven Curtis Chapman nous transperce. Un piano, un tapis de violon, sa magnifique voix et le tour est joué...

Si vous devez commencer par un CD dans la riche discographie de ce garçon, je vous conseille pourquoi pas celui-ci. En effet, vous comprendrez pourquoi je suis dithyrambique sur cet artiste.

Steven Curtis Chapman "Signs Of Life" (1996)


On passe à autre chose, ce pourrait être le slogan de ce nouvel album de Steven Curtis Chapman qui sort en 1996. Terminé la collaboration avec Phil Naish. Terminé aussi cette recherche de look toujours plus improbable. On a les cheveux courts et on s’y tient.

Steven Curtis Chapman prend définitivement les choses en mains même si, en tant que producteur, il s’entoure de Brown Bannister et de musiciens de studio ultra performant. Malgré tout cela, je dirais que c’est l’album qui me plait le moins dans sa discographie. Il y a toujours d’excellents titres mais aussi des morceaux plus "bateaux". C’est peut être le coté bluesy de certaines plages qui ne sied pas au Monsieur. En effet, un titre comme "The Walk" ne me convint qu’a moitié. Steven Curtis Chapman s’essaye au blues mais il aurait pu s’abstenir. "Free" la ballade de plus de 6 minutes est elle aussi peu réussie, tout comme un autre titre lent "What Would I Say". Cette dernière étant carrément ennuyeuse. Toujours dans le moyen, "Only Natural" qui sous son côté enjoué ne décolle pas vraiment. Le très bon se trouve au début du CD avec le triptyque "Lord Of The Dance", "Children Of The Burning Heart" et "Signs Of Life". On retrouve le Chapman inspiré celui qui délivre des compos en bétons armé. Je citerai également l’excellentissime "Celebrate You" qui noyé au milieu de compos moyennes relève fortement le niveau.

Vous l'aurez compris, il s'agit d'un album moyen mais le meilleur va suivre...

dimanche 3 mai 2009

The Storm

"THE STORM" (1991)
"EYE OF THE STORM" (1995)



Ceux qui aiment vous dirons qu’à côté la tempête de 1999 ne fût qu’une brise légère…

Trois types en pleine forme malgré une fin de Journey difficile : Gregg Rolie, Ross Valory, Steve Smith auxquels vous ajoutez Josh Ramos et Kevin Chalfant pour obtenir un résultat détonnant. Chalfant et Rolie se partagent les vocaux au milieu des éclairs de guitares de Josh Ramos et de Tim Pierce, invité d’honneur qu’on ne présente plus. Les différents membres s’associent pour les compositions avec le concours extérieur de Bob Marlette et d’André Pessis. Une réunion au sommet à décourager un alpiniste chevronné. Une véritable collection de hits potentiels au tempo mesuré mais tonique "You’re Gonna Miss Me", "You Keep Me Waiting" dont deux vrais hits singles "I’ve Got A Lot To Learn About Love" et "Show Me The Way". Catégorie ballade, cette dernière tout comme "Call Me" ou encore "Still Loving You" vous transpercent de part en part et vous transportent d’émotion musicale. Les morceaux rythmés "Touch And Go" ou "Gimme Love" sont tout aussi probants. Quant aux chorus vocaux, c’est carrément le Nirvana comme aurait pu le dire Kurt Cobain qui à l’époque venait de sortir "NEVERMIND". La ballade "Can’t Live Without Love" clôture brillamment l’album dans une parfaite osmose entre claviers et guitares délicats à haute teneur mélodique. Un album sans temps mort que l’on écoute d’un bout à l’autre c’est finalement pas si courant.

Le second opus est prêt dès 1993 mais Interscope qui a publié le précédent ne jure plus que part le Grunge ou le Rap et se désintéresse de l’affaire. Après négociations, l’album finira par sortir deux ans plus tard en Europe chez Music For Nations alors que les membres du groupe se sont éparpillés au sein de divers projets dont un retour chez Journey pour la section rythmique Valory/Smith qui participe à l’album de la reformation "TRIAL BY FIRE" en 1996. Le personnel reste inchangé à l’exception de Steve Smith remplacé par Ron Wisko (batterie) qui participe également à l’écriture de deux titres dont l’énorme ballade "Waiting For The World To Change". Si la pochette du premier album faisait irrésistiblement penser au peintre Magritte, celle-ci rappelle celles de Journey, comme pour souligner une filiation évidente. Première constatation c’est qu’on est drôlement bien au coeur de la tempête, ça secoue à peine, juste ce qu’il faut ! Les compositions sont tout aussi réjouissantes qu’au premier tour (comme dirait un élu) "Don’t Give Up", "I Want To Be The One", "Come In Out Of The Rain" avec néanmoins une prédominance pour les ballades "Give Me Tonight", "What Ya Doin Tonight" mais aussi quelques titres beaucoup plus rythmés comme "Livin’ It Up". Le final s’impose avec "Long Time Coming" une ballade expressive dans laquelle la voix de Kevin Chalfant confirme son rang de chanteur de premier ordre. D’autres vous diront qu’il s’agit d’un succédané de Journey, mais des comme ça , moi j’en veux bien tous les jours pour mon quatre heures.

Richard Page "Shelter Me" (1996)


Au rayon pointures de la musique californienne, Richard Page aurait assurément du mal à trouver chaussure à son pied. Choriste d'innombrables séances, leader de 2 groupes majeurs : Pages et Mr Mister puis co-leader avec Patrick Leonard de Third Matinee, le voici de retour avec un album calibré pour conquérir les foules d'amateurs de sonorités califs.

Mélodiste hors pair et chanteur d'exception, Richard Page nous délivre 10 titres à déguster d'urgence comme une bouffée d'oxygène. Sans risque pour vos brushings, mesdames, et préservant la paix entre voisins, ces chansons ne vous empêcheront pas de battre la mesure quand les rythmes insidieux descendront du mental à vos charmantes extrémités : "Shelter Me" ou "The Best Thing" co-signé par Marc Jordan. Quant aux ballades, l'essentiel de l'album, elles rendraient troublante une contractuelle en exercice : "Let Me Down Easy", "Dependance", "Just To Love You" et "My Oxygen".

A l'ouest, rien de nouveau, Richard Page reste fidèle à sa dialectique habituelle : mélodies béton et choeurs célestes pour emporter l'adhésion.

Steve Lukather "Candyman" (1994)


Un globe oculaire baignant dans un liquide visqueux… Steve Lukather a soigné l'emballage de son nouvel album solo !

Cet album est un pur joyau et qui va ravir les amateurs de Rock FM et de Blues. Quand on fait partie d'un groupe aussi légendaire que Toto, l'aventure solo parait périlleuse, mais outre le fait que Steve n'en est pas à son 1er essai, il s'avère qu'il est qu'il est tout aussi remarquable dans cet exercice. Délivré des contraintes tubesques et d'un son imposé, il se révèle beaucoup plus agressif tant dans son approche guitariste que dans sa performance vocale. 11 titres survit aminés à damner les saints que nous saurions être. Ce disque parle au cœur et aux tripes : "Born Yesterday", "Extinction Blues", "Never Walk Alone" et leurs rythmes lancinants, fascinants avec cette guitare omniprésente qui vous propulse dans un état voisin de l'extase. Au même titre que ces fausses balades qui sonnent si vrai : "Borrowed Time", "Never Let Them See You Cry". Parmi les partenaires de Steve, on retrouve David Garfield aux claviers qui co-signent la majorité des titres), Simon Phillips à la batterie ainsi que Richard Page (ex-Mr Mister, Pages) dans les chœurs.

A noter une reprise magistrale de Jimi Hendrix "Freedom" et un instrumental dédié à la mémoire de Jeff Porcaro qui vient conclure un album sans faille.

samedi 2 mai 2009

Place Vendome "Streets Of Fire" (2009)


Le premier album de ce projet m’avait pour le moins enthousiasmé, j’étais donc avide d’écouter ce "STREETS OF FIRE" qui était annoncé comme la suite logique du premier, en mieux.

Toujours drivé par Dennis Ward et Michael Kiske, ce nouveau Place Vendome ne fait aucunement démentir les supputations émises avant sa sortie. Que personne ne s’y trompe, on tient la certainement un des meilleurs albums de Hard FM, ou d’AOR de ces 10 dernières années. Tout est parfait, maitrisé de bout en bout. Au niveau du son, tout d’abord, on frôle la perfection. Dennis Ward est vraiment un producteur redoutable et on ne saurait que conseiller à Frontiers de le conserver au sein de leur écurie. Michael Kiske, dont je critique fortement la carrière solo, postule pour le chanteur de l’année tellement ce type a une palette ultra large. Que ce soit sur les plans graves, médiums ou aigus, ce type se ballade avec une aisance déconcertante. Les autres musiciens ne sont pas en reste tout comme les compositeurs issus soit du monde du Métal Mélodique comme Magnus Karlsson ou bien du monde AOR pour Robert Sall. En effet, on voyage de compos Hard FM bien sentie comme le superbe "My Guardian Angel" ou bien le hit "Follow Me" que n'aurait pas renié Tyketto. Il est à noter d'ailleurs que la voix de Kiske sur ce titre se confond avec celle de Danny Vaughn, un mimétisme étonnant...

Quand le groupe se lance dans l'AOR cela donne des compositions à la Work Of Art comme "Valerie" ou bien "Changes". Ceux qui ont aime WOA pourront se régaler avec ces deux pépites. Mais le summum se situe avec "A Scene In Reply". Vous cherchez le titre de l'année, ne cherchez plus, vous l'avez trouvé. Vous savez ce genre de composition que l'on écoute à fond et qui nous fait frissoner de partout. Le genre de titre ou on se prend à être une rock star devant son miroir en essayant de refaire le refrain. Autre grand moment, le groupe la gardé pour la fin avec le sublissime, "I' Die For You". Ce morceau figure sur le superbe album du groupe Soleil Moon, que je ne saurais trop vous recommander. Cette composition, douce au demeurant, explose avec un break dantesque. Un passage musical que n'aurais pas renié un Robby Valentine en grande forme.

Je pourrais parler de cet album toute la journée, tellement j'ai été scotché par la qualité de ce dernier. Je pense même que les sites spécialisés n'ont pas approprié le fait que ce "STREETS OF FIRE", dans quelques années, sera considéré comme un classique.

The Vu "Phoenix Rising" (2000)


Prenez Kevin Chalfant, voilà un chanteur qui n’est pas considéré à sa juste valeur. Si vous connaissez Journey (Je plaisante !) il a quand même failli remplacer Steve Perry dans les années 90 et c’est lui qui levait la voix sur les deux albums de The Storm et sur ceux de Two Fires.

C’est d’ailleurs avec Ross Valory (Journey, The Storm) qu’il s’associe pour monter le projet The Vu dont l’album "PHOENIX RISING" paraît en l’an 2000 de notre ère, alors qu’il a été enregistré en 1985 !! Bon, c’était pour l’anecdote mais merci à Frontiers records de l’avoir exhumé car il préfigure déjà les albums à venir des groupes cités plus haut. De l’AOR à base de claviers et de guitares nerveuses et limpides. Attaque frontale imparable avec le premier titre "Who You Gonna Believe" qui vous laisse sur le flan (la version de Cher sur "LOVE HURTS" date de 1991). "Keys To The City" qui suit, c’est le même en mieux, de l’affriolant, du calibré pour figurer sur votre liste île déserte. Dans le cinéma, on appelle ça la mélodie du bonheur. Juste ce qu’il faut de rythme et des ponts à enjamber les montagnes. J’ai juste eu un doute avec l’intro de "If I Had You Back Here With Me", j’ai cru que la Télé était en marche et que "Qui veut gagner des millions" venait de commencer. Sans blague, écoutez ! En dépit de cela, c’est un des meilleurs titres dans la veine mid-tempo. Pour ceux qui préfèrent quand ça remue davantage "Hard To Get" et "One Track Mind" dopés par des guitares flamboyantes. Outre celles de Steve Burns, on trouve celles de Josh Ramos (The Storm, Two Fires) et plus étonnamment celles de Marty Friedman, l’ex-Megadeth qui œuvre habituellement dans des registres plus furieux.

L’album se termine par une semi-ballade "So Long" dans laquelle l’interprétation de Kevin Chalfant est une fois de plus époustouflante de maîtrise. Et pourtant, ce n’était encore que le calme before The Storm