lundi 28 septembre 2009

Rétrospective Little Feat (Les années Lowell Georges)




Little Feat (traduction littérale : Petit exploit , mais c’est aussi une allusion phonétique à la taille des pieds du leader) est formé en 1970 par le guitariste multi-instrumentiste Lowell Georges après son départ des Mothers Of Invention. L’histoire dit qu’il présenta sa composition "Willin’" à Frank Zappa qui la refusa et lui conseilla de se rendre à L.A. pour monter son propre groupe. Aussitôt dit aussitôt fait, Lowell plie ses bagages dans lesquels il emmène Roy Estrada, le bassiste des Mothers. Ils recrutent le batteur Richie Hayward, le claviériste Bill Payne et en   voiture Simone.

"LITTLE FEAT", produit par Russ Titelman, paraît en 1971. D’une veine Boogie-Country-Rock-Blues-Folk au parfum sudiste (genre la totale) , il reflète l’influence dominante de Lowell Georges tant au niveau des compositions qu’il signe ou co-signe avec Bill Payne et Roy Estrada, que du chant traînant et plaintif qui le caractérise ou des parties de slide qui illuminent l’album. Il contient notamment la démo de "Willin’" enregistrée avec Ry Cooder à la slide ainsi que le remarquable "Truck Stop Girl" et un medley constitué de deux reprises du bluesman Howlin’ Wolf "Forty Four Blues / How Many More Years". L’atmosphère rappelle souvent les Stones période "BEGGAR’S BANQUET". L’album reçoit un bon accueil critique de la part du magazine Rolling Stone mais les ventes ont du mal à décoller : on parle de 11 000 copies à l’époque.

Little Feat / Little Feat

"SAILIN’ SHOES" en 1972, qui est produit par Ted Templeman, inaugure la célèbre série de pochettes signées par le dessinateur Neon Park qui rendront les albums du groupe immédiatement reconnaissables. Si l’album précédent faisait déjà preuve d’une maturité certaine pour un premier essai, le talent du groupe éclate cette fois au grand jour "Sailin’ Shoes", "Apolitical Blues A", "Got No Shadow" ou encore la nouvelle version de "Willin’". Critiques élogieuses mais cette fois encore des ventes à la ramasse. Les albums qui vont suivre seront produits par Lowell Georges.

Sailin' Shoes / Little Feat

"DIXIE CHICKEN" (1973) marque un changement notable avec le départ de Roy Estrada et l’arrivée de Paul Barrere (guitare), Kenny Gradney (basse) et Sam Clayton (congas, percussions). Trois des titres ne sont pas signés Lowell Georges : "On Your Way Down" d’Alan Toussaint, "Walkin' All Night" co-signé Barrere/Payne et "Fool Yourself" de Fred Tackett. Un album de croisière avec l’apport d’influences Nouvelle Orléans sur le morceau éponyme. Toutes les compositions sont intéressantes avec une mention spéciale pour "Juliette".

Dixie Chicken / Little Feat

La reconnaissance critique est inversement proportionnelle à celle du public, le moral est en berne et les musiciens s’éparpillent dans multiples séances de studio : Doobie Brothers, Bonnie Raitt, Robert Palmer… et les jours du groupe semblent comptés.

"FEATS DON’T FAIL ME NOW" (1974) Le groupe se remet néanmoins à l’ouvrage grâce à leur manager Bob Cavallo qui achète un studio d’enregistrement dans le Maryland. Les ventes s’améliorent et les arrangements se diversifient : les cuivres de "Spanish Moon" le piano jazz bastringue de "Oh Atlanta" et de "Feats Don’t Fail Me Now" le blues and Roots "Skin It Back" signé Barrere. Une sorte d’album de transition avec un apport plus important des claviers.

Feats Don't Fail Me Now / Little Feat

"THE LAST RECORD ALBUM" (1975) : Comme la fin d’une époque qui voit Lowell Georges plus en retrait, il ne signe que trois chansons mais dont une qui deviendra un classique "Long Distance Love". Les compositions de Barrere et Payne, parfois ensemble, dominent et sont nettement plus commerciales "All That You Dream", "One Love Stand", "Somebody's Leavin'", on lorgne vers le Jazz-Rock "Day Or Night". Les cartes sont en train de changer de mains.

The Last Record Album / Little Feat

"TIME LOVES A HERO" (1977) : Cette fois c’est fait, Lowell ne signe plus que deux titres dont l’exceptionnel "Rocket In My Pocket". Les influences Jazz-Rock jusqu’alors diffuses sont prédominantes "Hi Roller", "Time Loves A Hero", l’instrumental "Day Dog At The Races", on aborde la Westcoast "Red Streamliner" avec un Michael McDonald tout simplement génial sur les contre-chants. Encore un classique avec la ballade bluesy "Missin’ You" signée Barrere. L’album est produit par Ted Templeman.

Time Loves A Hero / Little Feat

"WAITING FOR COLOMBUS" (1978) : Leur premier album Live enregistré durant l’année 77 et qui sera pendant longtemps leur meilleure vente, faisant cette fois l’unanimité côtés critiques et public. Un panorama représentatif de leur carrière et de leur énergie scénique.

Waiting For Columbus (Deluxe Edition) / Little Feat

"DOWN ON THE FARM" (1979) : Condoléances attristées. Paru après le décès de Lowell Georges d’une crise cardiaque dans sa chambre d’hôtel après un concert dont le dernier titre chanté en rappel "Twenty Million Things" (des millions choses à faire) sonne comme une ironie du sort. Un album qui témoignait d’une reprise en main du groupe par Lowell Georges qui signe ou co-signe 5 titres sur les 9 qu’il contient et assure également la production (avec l’aide de quelques amis…l’album étant finalisé après sa mort). On revient aux racines "Down On The Farm", on la joue laid-back "Perfect Imperfection", on touche la Westcoast manière Doobie Brothers avec "Front Page News" et "Wake Up Dreaming". Un album que j’adore mais qui marque hélas la fin de l’ère Lowell Georges.

Down On The Farm / Little Feat

Même si vous possédez la discographie complète du groupe, je vous recommande impérativement l’achat du Box-set publié chez Rhino en 2000 "HOTCAKES & OUTTAKES : 30 YEARS OF LITTLE FEAT". D’une présentation exemplaire avec livret hyper documenté et richement illustré, il parcourt l’ensemble de la carrière du groupe, y compris les albums non chroniqués ici et parus à cette date. Le quatrième CD propose inédits, démos et versions alternatives.



Sans oublier l’album solo de Lowell Georges "THANKS, I'LL EAT IT HERE" (1979) qui retrouve l’esprit des premiers Little Feat et sur lequel figure une liste impressionnante de guest-stars dont ses collègues Bill Payne et Richard Hayward.



Allez un dernier hors contexte pour la route : "HOY HOY" (1981) belle iconographie, anciens et nouveaux titres dont le magnifique "Gringo" de Bill Payne.
 
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dimanche 27 septembre 2009

Rétrospective Steely Dan



Donald Fagen et Walter Becker se rencontrent à la fin des années soixante, au collège de Bard Dans l'état de New York. A la fin de leurs études, ils décident de se lancer dans une carrière musicale dont les premiers témoignages seront la musique du film "You Gotta Walk Like It (Or You'll That Beat)" et des compositions écrites et arrangées pour le groupe Jay And The Americain au début des années 70. Des chansons qui datent de cette période referont opportunément surface des années plus tard sous diverses appellations "THE EARLY YEARS", "BERRY TOWN", "OLD REGIME", etc... Avec le recul, elles s'avèrent plutôt médiocres et laissent difficilement présager la qualité de ce qui suivra.

La catalyseur va être la rencontre déterminante du producteur Gary Katz et du guitariste de séance Jeff Baxter. Steely Dan que l'on pourrait poétiquement traduire par Gode d'acier, est une expression qu'ils avaient utilisée dans une de leurs premières compositions "Soul Ram" et qui serait inspirée par Dan, un vibro masseur qui figure dans "Le Festin Nu" de l'écrivain William Burroughs, et par leur utilisation d'une Steel guitare. Le groupe nouvellement constitué se compose alors de Donald Fagen, Walter Becker, Jeff Baxter et de Dennis Dias (guitare, sitar), Jim Hodder (batterie) et David Palmer (chant).

"CAN'T BUY A THRILL" paraît fin 72. La pochette kitch multicolore représente des prostituées en attente de clients, une bouche pleine de promesses et le nom du groupe tracé à la mayonnaise Lesieur (pub gratuite), un mauvais goût à l'opposé du contenu. Première claque "Do It Again", un de ces tubes qui font partie de l'inconscient collectif et qui 37 ans plus tard n'a rien perdu de son pouvoir : voix, refrain et rythme obsédants. La contribution de David Palmer est secondaire car la voix de canard de Fagen (prénom Donald...) retient toute l'attention. L'autre titre imparable s'appelle "Reeling In The Years" avec la contribution d'Elliot Randall à la guitare, une des participations extérieures qui seront une constante dans toute leur oeuvre future. On trouve déjà les bases de ce kaléidoscope musical ultra élaboré qui mélange avec swing et légèreté, chant nonchalant, Pop, Jazz et rythmes latins. On peut citer aussi le mal nommé "Dirty Work".

Can't Buy A Thrill [Cardboard Sleeve] / Steely Dan

"COUNTDOWN TO ECTASY" qui lui succède en 1973 présente tout autant d'attraits en dépit de l'absence de vrais hits grâce à des titres aussi bluffant que "The Boston Rag", "Show Biz Kids", "Bodhisattva". David Palmer est cette fois relégué au rang de choriste tandis que les musiciens de séance sont baptisés spécialistes, Rick Derringer à la Slide sur "Showbiz Kids".

Countdown To Ecstasy [Cardboard Sleeve] / Steely Dan

Le soucis de perfection qui anime nos deux compères va trouver un premier réel aboutissement en 1974 avec "PRETZEL LOGIC" dont est extrait "Rikki Don't Lose That Number" qui s'installe au Top 5 du Billboard. L'album, auquel ont participé une pléthore d'invités célèbres ou en devenir parmi lesquels David Paich, Jeff Porcaro, Dean Parks ou encore Tim Schmit, obtient un succès colossal. Le groupe est devenu quasiment culte aux Etats-Unis mais décide d'arrêter les concerts, après une ultime journée promotionnelle triomphale, ce qui va conduire au départ de Jeff Baxter chez les Doobie Brothers.

Pretzel Logic [Cardboard Sleeve] / Steely Dan

Quand "KATY LIED" est publié l'année suivante, le groupe se résume au duo Fagen/Becker, malgré la présence de Dennis Dias, avec une liste impressionnante de musiciens extérieurs. L'album voit l'arrivée aux choeurs de Michael McDonald qui a même droit à sa photo au verso de la pochette. "Bad Sneakers", "Doctor Wu", "Black Friday" autant de titres à filer le tournis, où le duo s'éclate avec un matériel ultra performant pour l'époque : un enregistreur 24 piste construit spécialement pour eux (dixit les notes de pochette). Du Rock à la sauce Jazz pourrait-on dire comme en témoigne la présence de jazzmen réputés tels que Phil Wood au sax alto.

Katie Lied [Cardboard Sleeve] / Steely Dan

"THE ROYAL SCAM" en 1976 enfonce le clou avec une coloration Funky. Un nouveau tube avec "Haitian Divorce" et sa pédale Wha-Wha omniprésente, la ritournelle implacable de "The Fez", "Kid Charlemagne", les guitares de "Don't Take Me Alive", un album majeur dans leur discographie avec la présence ineffable de Larry Carlton.

Royal Scam [Cardboard Sleeve] / Steely Dan

Pourtant tout ce qui précède ressemble à de vagues préliminaires face à l'impact que va avoir leur nouvel opus "AJA" en 1977 dont la complexité musicale bouscule les idées reçues sur la musique grand public. A l'époque, tout cadre moyen l'a dans sa discothèque même si précédemment il n'a jamais entendu parler du groupe. "Aja" et "Deacon Blues" franchissent les limites formatées du single avec des titres de 7 à 8 minutes qui favorisent les explorations musicales de nos deux perfectionnistes. Le swing de "Josie", de "Peg", le Jazz de "I Got The News", on atteint les sommets de ce style musical sophistiqué auquel le timbre de voix de Donald Fagen donne un ton unique. Leurs nouveaux partenaires font une nouvelle fois partie de la crème des musiciens : Wayne Shorter, Tom Scott (saxo), Larry Carlton, Lee Ritenour, Dean Parks (guitare), Steve Gadd (batterie)...

Aja / Steely Dan

Il faudra attendre 3 ans pour les voir réapparaître sur les présentoirs des disques avec "GAUCHO" en 1980, si l'on fait exception du titre "FM" paru en 1978 sur la BO du film éponyme. L'album s'apparente à un véritable travail de laboratoire qui signera leur chant de cygne, du moins pour un temps, avec toujours cette précision diabolique dans les arrangements. Deux morceaux (j'aime pas le mot, on dirait que l'on parle de bouts de chansons mais j'ai utilisé 5 fois le mot titre...) vont cartonner : "Hey Nineteen" et "Babylon Sisters". Les choeurs sont essentiellement féminins, ce qui était partiellement le cas sur "AJA", et l'on remarque la présence de Mark Knopfler (Dire Straits) sur "Time Out Of Mind" (il paraît qu'il s'en souvient encore, égo soit dit).

Gaucho / Steely Dan

Conscient de l'effort fourni pour publier un digne successeur à "AJA" qu'ils considèrent comme leur pic de créativité, Donald et Walter décident de dissoudre Steely Dan et l'histoire du groupe semble s'arrêter là. A ce titre, si vous ne possédez pas leurs albums, je vous conseille l'acquisition du double CD "SHOWBIZ KIDS : THE STEELY DAN STORY" qui reprend la plupart de leurs classiques entre 1972 et 1980 et propose l'inédit "Here At The Western World" issu des séances de "THE ROYAL SCAM".

Showbiz Kids: The Steely Dan Story Remastered / Steely Dan

Deux ans plus tard, en 1982, Donald Fagen reprend du service avec "THE NIGHTFLY" dont la seule réelle différence avec un album de Steely Dan est l'absence de Walter Becker. Un succès phénoménal même en France où il recevra le prix de l'Académie Charles-Cros. "New Frontier" et "I.G.Y." rejoignent illico les standards du duo. Donald Fagen renouvellera deux fois l'expérience avec "KAMIKIRIAD", produit par Walter Becker en 1993 ("Tomorrow's Girls") et "MORPH THE CAT" en 2006 mais avec un accueil plus mitigé.

The Nightfly / Donald Fagen
Kamakiriad / Donald Fagen
Morph The Cat / Donald Fagen 
















Walter Becker publiera également deux albums solo "11 TRACKS OF WHACK", produit par Donald Fagen en 1994, duquel ni la voix, ni les compositions, ni les arrangements ne m'ont accroché, et "CIRCUS MONEY" en 2008 (que je ne connais pas).





Pour en revenir à notre duo, les retrouvailles artistiques auront lieu à la fin de l'été 1993 avec leur première tournée depuis 19 ans sous l'appellation "Steely Dan Orchestra". Plusieurs autres tournées se succéderont les années suivantes dont l'album public "ALIVE IN AMERICA" (1995) sera le témoignage.



Il faudra attendre 5 ans pour qu'ils se retrouvent enfin en studio avec de nouvelles chansons qui donneront naissance en 2000 à l'album auto-produit "TWO AGAINST NATURE" dont il existe également une extension en DVD avec nouveautés et reprises d'anciens titres. Un album qui possède tous les ingrédients qui ont fait le succès des précédents mais où la sauce manque de goût, c'est léché et élégant mais l'ennui prédomine. Cet avis n'engage que moi car je dois préciser que l'album a remporté 3 Grammy Awards.



Leur dernier opus en date "EVERYTHING MUST GO" qui est sorti en 2003 m'apparaît nettement plus inspiré et retrouve une qualité mélodique et un groove dont était dépourvu le précédent ("The Last Mall", "Pixeleen", "Blues Beach", "Green Book" et "Everything Must Go").



L'histoire est loin d'être terminé puisque leur dernière tournée baptisée "Left Bank Holiday" les a conduit le 2 juillet dernier à l'Olympia de Paris pour un concert exceptionnel dans tous les sens du terme.

dimanche 20 septembre 2009

Michael Sembello "Bossa Nova Hotel" (1983)



La pochette de l'album vaut son pesant de cacahuètes : côté face on voit Michael Sembello derrière un comptoir le visage moitié blanc/moitié noir (peut être un hommage à Stevie Wonder dont il fût le guitariste sur "SONGS IN THE KEY OF LIFE" et avec lequel il co-signa le titre "Saturn"), côté pile en tenue de vacancier qui déboule à la mer, short et panama compris.

C'est cool, comme la musique de cet impérissable qui sent bon les claviers et les basses synthétiques du début des années 80. L'album reprend le hit planétaire "Maniac" qui figurait sur la BO du film Flashdance et au son duquel certains ont peut-être usé leurs talonnettes sur les pistes de danse. Mais son vrai point fort ce sont les ballades où la voix médium du chanteur, aux intonations souvent proche de Stevie Wonder m'a toujours emballé : "First Time", "It's Over" ou encore "Talk" en duo avec son épouse Cruz a qui est dédié l'album. Ce dernier s'écoute avec plaisir grâce à l'agencement des titres où même les moins forts sont agréables à l'oreille. Pour les fans, il existe un maxi vinyle de 12 pouces avec "Automatic Man" en version longue et en instrumental, ainsi que le jubilatoire "Summer Lovers" du film du même nom, un titre produit par George Duke qui fait également une apparition au sein de l'album avec un solo de synthé sur "Godzilla".





Un album marquant même pour son auteur puisque son nouveau projet en compagnie de Bruce Gaitsch et de Janey Clewer s'intitule Bossa Nova Hotel.

Tane Cain "Tane Cain" (1982)



Voici un album qui aura fait la fortune de ceux qui le possédait en support CD. En effet, il était presque, à ce jour, introuvable et il s'arrachait, donc, à des sommes prohibitives sur Ebay. Je le possédais en CD-R et je n'osais plus espérer la réédition. Le label Renaissance Records l'a fait !

Tane Cain est la 1ère épouse de Jonathan Cain que l'on ne présente plus et son album éponyme date de 1982. La pochette pourrait être le titre d'un film d'un film genre "Danse avec le Kitsch". En effet, une pose de manequin habillée en indienne, chevauchant à l'intérieur du CD un étalon, en amazone s'il vous plait... Tout ceci est risible et rappelle le style d'un David Hamilton, le chantre des photos de jeunes filles en fleurs, photos qui tapissaient les chambres des adolescentes pré-pubères dans les années 80.

Bref, une pochette qui est absolument irrésistible. Il faut rajouter que Jonathan Cain ne "s'emmerdait" quand même pas trop car Tane est loin d'être un laideron. Après ces considérations physiques, attachons nous sur le contenu de l'album. Au niveau de la production, on retrouve des personnes confirmées tel que Jonathan Cain et Keith Olsen. Au niveau du songwriting, Jonathan Cain est omniprésent et on trouve également Beau Hill. Les musiciens sont tous des seconds couteaux comme Cain off course, Neal Schon, Tim Pierce, Michael Baird, Richard Page et Tom Kelly pour ne citer que les moins connus !

Avec tout ce beau monde, on se retrouve devant un bon album de Rock FM tendance AOR et Westcoast comme on savait en faire dans les années 80. Comme Shangai, l'autre réédition du label Renaissance Records pour le mois d'août 2009, on est proche de pat Benatar, de Scandal ou Face To Face. Les hits FM s'enchaînent comme "Temptation", "Danger Zone" ou bien "Holdin' On". Le duo avec Jonathan sur "Almost Any Night" rappelle les duos que l'on pouvait trouver sur les BO dans les années 80 comme "Footloose" avec "Almost Paradise" de Mike Reno et Ann Wilson. A côté de cela, il y a des titres plus dispensables comme "Vertigo" ou "Suspicious Eyes" qui ne "cassent pas des briques".

Comme l'album éponyme de Shangai, cet album de Tane Cain vaut surtout par sa rareté que par sa qualité même si cela reste d'un bon niveau...

dimanche 13 septembre 2009

Shangai "Shangai" (1982)

 
Renaissance Records a encore frappé... Ils viennent de ressortir 2 albums introuvable en CD ; d'un côté Tane Cain et de l'autre Shangai. Après Wrabit, Prism, Charlie et Fast Forward, ce label se positionne comme une aubaine pour notre portefeuille.

Shangai est un groupe qui est né des cendres d'un autre combo, Spider. Il est compsé d'Amanda Blue au chant et d'une grosse pointure comme musicien, Beau Hill. La production est assurée par le grand Bruce Fairbain. Pour apprécier cet opus, il faut se mettre dans le contexte du début des années 80. L'album date de 1982 et cela s'entend. Si on est accro. à Pat Benatar, Scandal et Grace Slick dans Jefferson Starship, on ne peut que prendre du plaisir à l'écoute de cette galette. Une voix entre finesse et rudesse, des guitares bien Rock entourés de synthés "vintage" omniprésents. Certes, tout n'est pas parfait comme le trop Hard "Born To Rock" qui dénote par rapport au reste de l'album ou biens des compositions moyennes comme "Girl Who Likes To Cry". A côté de cela, il y a de bons hits FM, qui sans révolutionner le genre, font passer un agréable moment. Je citerais "Always A Rebel", "SOS", "I Need Your Love" ou bien "On Video".

Pour résumer, cet album vaut pour sa rareté que pour sa qualité. C'est un bon album que je qualifierais d'honnête sans être un must. Ce sera d'ailleurs le seul album de Shangai : Amanda Blue reprendra son vrai nom Amanda Leigh pour une carrière solo très underground, Beau Hill deviendra un énorme producteur pour Warrant, Winger et Alice Cooper entre autres, le bassiste Jimmy Lowell participera à l'album éponyme de Fast Forward, le guitariste Keith Lentin jouera avec Keith Richards et Anton Fig deviendra un musicien de session de renom et jouera pour Aldo Nova, Journey, Kiss, Madonna...

George Grunwald "So Much To Say" (2007)


La Pologne, à part Jean Paul 2, Lech Walesa et quelques joueurs de foot, on ne peut pas dire que je maîtrise le sujet. Au niveau chanteur ou groupe, pas de référence non plus même si le pape, à l'époque, avait sorti un album ! Je vous raconte cela car George ou Jerzy Grunwald est d'origine polonaise. Installé en Suède, il parcourt le monde et cela lui permet, un peu comme Frédéric Slama, de faire des rencontres. Tout d'abord, il s'est contenté d'une carrière en Europe de l'Est puis i a décidé de s'atteler à son projet Westcoast qui lui tenait à coeur. Il trouva en la personne d'Oli Poulsen, un producteur qui alait lui ouvrir pas mal de portes. Oli Poulsen est le producteur, entre autre, du groupe pop danois Michael Learns To Rock dont la réputation et le succès va bien au delà des frontières danoises. Une liste de musiciens dans la tête, le projet de George commença à prendre forme. Il contacta donc une bande de "baltringues" comme Joseph Williams, Bill Champlin, Jason Scheff, Tamara Camplin, Warren Wiebe, Lou Pardini et Alex Ligertwood pour les parties vocales et pour les musiciens David Garfield et Eric Marienthal, entres autres. Un petit line-up de choix qui rappelle les albums d'AOR de Mister Slama.

C'est bien beau d'avoir des super musiciens encore fut-il que le reste suive ; et c'est la grosse "baffe" ! George Grunwald est un remarquable compositeur et un interprète idoine. "SO MUCH TO SAY" est un album rempli de feeling, de classe, de mélodie et de talent. Tout au long des 10 titres, George déroule un tapis rouge entre nos oreilles. Les hits d'enchaînent comme "So Much To Say" et le monstrueux "So Emotional" et ses choeurs dantesques. La ballade Westcoast qui "tue" avec "Save My Love". Le duo avec Alex Ligertwood, "Touch The Sun", qui peut postuler pour être un classique de la Westcoast Music. Le groove de "Have I Lost My Girl", la grâce de "With Every Breath". On retrouve même la patte Michael Learns To Rock sur "Don't Give It Up", le titre enjoué et un brin Pop.

Sorti en 2007, cet album était jusqu'à présent très difficile à se procurer. C'est la raison pour laquelle, je ne l'ai pas chroniqué à l'époque car il le valait bien pourtant. Réédité sous le nom de Jerzy Grunwald par un label polonais, il est nettement plus aisé aujourd'hui d'avoir cette petite bombe dans sa discothèque. Alors, n'hésitez pas !

dimanche 6 septembre 2009

Dwayne Ford "Needless Freakin" (1981)


Dwayne Ford pratique les claviers en tous genre (piano, Orgue Hammond, Fender, Synthesiseurs...) et son album en est truffé. Mais rassurez-vous, question guitares on dénombre 4 gratteux parmi lesquels Steve Lukather et Jay Graydon. Sa voix haut perchée et musicale est une bénédiction pour les amateurs d'harmonies vocales qu'il assure avec Patricia Gallant (Patsy pour les intimes) "The Hurricane" ou le quasi-duo "Stranger In Paradise".

On oscille entre Westcoast pur jus "Losin' And Losin' You" et Pop inspirée "The Hurricane", tous 2 sortis en single, en passant par la ballade entraînante "Am I Ever Gonna Find Your Love".

8 titres dont, en songwriter accompli, il est le compositeur  et le principal auteur, avec la complicité de David Foster à la production. Encore un à ranger précieusement au rayon des classiques oubliés.

Paul Rodgers "Cut Loose" (1983)


Paul Rodgers a connu des hauts et des bas, pour les seconds on retiendra les éphémères "THE FIRM" avec Jimmy Page et "THE LAW" avec Kenny Jones (The Who) et pour les premiers, on se souviendra de Free "ALRIGHT NOW" et de Bad Company qui nous offrit 6 albums de Blues-Rock exemplaires avec Mick Ralph à la guitare. "CUT LOOSE" paraît un an après "ROUGH DIAMOND", leur dernier effort en commun.

Un véritable album solo puisqu'il y compose tous les titres, joue de tous les instruments et en assure la production. On connaissait l'immense chanteur et l'auteur-compositeur, on découvre un guitariste aux riffs tranchants capable de solo débridé "Live In Peace". Les compositions sont variées, du Rock bien senti "Cut Loose", "Fragile"; du Blues-Rock "Superstar Woman" ou du Blues tout court "Talking Guitar Blues". Mais sa spécialité reste les ballades "Northwind", "Rising Sun" et "Live In Peace", de celles à l'écoute desquelles, selon votre tempérament, vous vous sentirez émus comme une soeur qui va prononcer ses voeux ou une actrice de Hard qui va passer son premier casting.

H.e.a.t "H.e.a.t" (2008)


Cela faisait un moment que je voulais chroniquer cet album mais faute de temps, je l'avais un peu "zappé", à tort. En effet, peu d'albums peuvent se targuer d'avoir eu des critiques dithyrambiques à 100%. C'est bien simple, je n'ai rien vu de négatif concernant cet opusde ce groupe suédois. 1er album et 1er carton, tout au moins dans les commentaires.

Quand j'ai acheté cet album, je me suis dis sur quoi je vais tomber. Avec mon esprit de contradiction, je me voyais bien descendre en flèche cet album mais c'est impossible. Dans le genre Hard FM, AOR, c'est du très très lourd. La surprise a été de voir que les compositions "sentent bon" le Hard FM US ou Canadien et pas vraiment celui Scandinave comme Treat ou Bad Habit. On pense à Giant, Honeymoon Suite ou Red Dawn. D'ailleurs la voix du chanteur Kenny Leckremo m'est pas sans rappeler celle de Larry Baud ou Dann Huff.

L'ensemble du CD est propre, carré et très bien produit avec des excellentes compositions. Les 2 titres d'ouverture "There For You" et "Never Let Go" donnent d'emblée le ton ; 2 brûlots FM de haute volée, un peu comme le début de "Never Say Surrender" de Red Dawn avec "Flying High" et "I'll Be There", les claviers de David Rozenthal en moins. "Late Night Lady" fait penser à Giant, période "TIME TO BURN", "Bring The Star" et "You're Lying" ressemblent à des titres des combos canadiens comme Haywhire et puis il y a le titre qui "tue", la ballade ultime, j'ai nommé "Follow Me". Ce dernier morceau est une pure beauté.

Les groupes scandinaves comme Brother Firetribe, The Poodles ou Wig Wam avait déjà fait renaître une certaine idée du Hard FM. H.e.a.t vient également apporter une pière supplémentaire à ce "revival" qui depuis a fait tâche d'huile quand on voit la qualité des albums qui sont sortis et qui vont sortir sur des labels tels que Frontiers Records. La plupart des groupes semblent revenir à un son plus mélodique et ce n'est pas le dernier Danger Danger qui démontrera le contraire. En tout cas, avec les albums de Marcello Vestry et de Rockarma, cet album de H.e.a.t est vraiment à ranger dans les meilleurs albums de Hard FM de ces dernières années.

mercredi 2 septembre 2009

Ole Borud "Shakin' The Ground" (2008)


Je n'en sui pas revenu ! En effet, je me suis procuré l'album d'Ole Borud "SHAKIN' THE GROUND" sur Ebay qui au milieu de ses caleçons et autres paires de chaussettes, vendait cet album pour une bouchée de pain. Cet album était encore sous cellophane un peu comme si le type l'avait reçu en cadeau comme les vinyles de George Moustaki que je recevais à Noël quand j'étais plus jeune de la part d'un oncle. J'étais poli, je disais merci et puis le vinyle restait bien sagement dans sa pochette...

Deuxième choc, en écoutant le CD, j'ai découvert un génie ! Ce jeune danois avec ce premier opus m'a littéralement bluffé. J'avais déjà découvert ses capacités vocales sur l'album hommage à David Foster "FLY AWAY" où il interprétait "Through The Fire" avec excellence.

Le bonhomme est la réincarnation en une seule personne de Prince, Bill Champlin et Earth Wind & Fire. Rarement, j'ai pu écouter un disque de Westcoast Music qui groove autant. On retrouve une majorité de cuivres, des arrangements grandioses, des choeurs bien en place avec une touche Soul qui flirte avec le divin. Certains titres postulent pour être, dans le futur, des classiques de la Westcoast comme le monumental "All Because Of You" ou bien "This Blood" qui rappelle également Stevie Wonder. Le côté un peu déjanté de Prince est représenté par "The Vow" qu part un peu dans tous les sens mais avec un talent musical qui transpire par tous les pores. Le garçon sait utiliser la guitare électrique sur le titre "Under Control" qui marie à la perfection le côté Rock et le groove immense avec une basse bien ronflante et des cuivres magistraux. Ole s'attaque au Funk à la manière Seventies et Kool And The Gang sur le remuant "Sanctified By Love" qui donne envie de se la "pêter" en boite de nuit en se regardant dans les vitres du Macumba. Quand le ton s'adoucit, on a droit à un magique "One More Try" digne d'un Bobby Caldwell en grande forme ; quel titre... On termine avec une composition monumentale "City Lights". Si vous ne tapez pas du pied à l'écoute de ce titre et vous ne fredonnez pas le refrain, je n'y comprend plus rien. Certainement mon titre préféré du CD qui en contient beaucoup.

On parlait l'autre fois de chef d'oeuvre et bien "SHAKIN' THE GROUND", je le classe aisément dans cette catégorie. C'est un des plus grand album de la Westcoast Music de ces 20 dernières années. D'ailleurs, le label Zink Music ne s'y est pas trompé puisqu'il le propose maintenant en vente sur le site alors que l'opus date de 2008.

HIM



Depuis quelques temps, j'hésitais à vous parler de lui, enfin de HIM (Her Infernal Majesty, en français cela donne SIM c'est beaucoup moins Rock and Roll...). Un groupe que l'on trouve souvent classé dans les bacs "indépendant" ou "alternatif" pour une raison que j'ignore car cette formation d'origine finlandaise dont le leader au look gothique se nomme Ville Valo oeuvre dans un style qui se rapproche davantage d'un Metal aux accents Pop qu'il qualifie lui-même de "Love Metal".

En 2000, "RAZORBLADE ROMANCE" qui est leur second album est rempli de riffs de guitare en lames de rasoir, de textes un peu morbides, l'amour et la mort, et de mélodies attrape-tympans, véhiculées par une voix entre grave et médium. Les titres indiquent l'ambiance littéraire "Join Me In Death", "Death Is In Love With Us", "Resurrection", "Bury Me Deep Inside Your Heart" mais donnent une idée fausse de la musique qui elle n'a rien de lugubre. Souvenez-vous que les parents emmènent leurs enfants jouer au Père Lachaise et aucun pédiatre n'a encore signalé le moindre traumatisme. "Poison Rouge", "I Love You" et sa voix sensuelle sur les couplets , gutturale sur les refrains, sous un déluge de guitares saturées c'est de l'imparable même si vous êtes champion de boxe. Idem pour "Heaven Tonight" paradisiaque avec ses vocaux éthérés et sa mélodie ensorcelante, le refrain de "Right Here In My Arms" ou la ballade "Gone With The Sin" superbement mélancolique mais déconseillée les jours de vague à l'âme.

"DEEP SHADOWS AND BRILLANT HIGHLIGHTS" en 2002 m'a tout autant enthousiasmé, les mélodies sont toujours percutantes et l'ambiance littéraire aussi romantique. Ecoutez "Pretending" et vous mendierez des nouvelles que je vous offre immédiatement ; "Salt In Our Wounds" et son solo pas piqué des vers (comme on dit chez les écolos) ; "Heartache Every Moment", si c'est pas du refrain obsédant c'est quoi ? et le martelé "Lose You Tonight" qu'est ce que vous en pensez ?

Par honnêteté, je dois pourtant reconnaître que mon engouement s'est émoussé à partir de "LOVE METAL" qui est paru en 2003 et que je trouve trop proche des deux précédents. Néanmoins, j'ai eu la chance de voir le groupe en 2004 à l'Elysée Montmartre et j'en garde le souvenir ému d'un show d'une infernale majesté malgré quelques problèmes de retour que Ville Valo avait résolu en balançant son oreillette.

mardi 1 septembre 2009

Think Out Loud "Think Out Loud" (1988)


Quand en 1988, 2 artistes qui gravitent autour de la Westcoast Music se rejoignent cela donne Think Out Loud. D'un côté, Steve Kipner auteur en 1978 de "KNOCK THE WALLS DOWN" un opus devenu avec le temps un classique de la Westcoast et de l'autre, Peter Beckett chanteur du groupe Player (auteur du tube planétaire "Baby Come Back"). Steve Kipner deviendra dans les années 80 un songwriter et un compositeur très prisé. Il fera, entre autres, un tube pour Olivia Newton-John, "Physical". Peter Beckett sera l'auteur d'un albuem éponyme en 1991 qui est considéré comme un must de l'AOR. Les 2 hommes se retrouveront en 1997 avec l'aide du label MTM pour le deuxième album de Think Out Loud "SHELF LIFE" même s'il contient de bons titres, ne soutient pas la comparaison avec l'album éponyme de 1988. Rarement, j'aurais vu un album avec autant de superstar de la Westcoast et de l'AOR. Cette liste non exhaustive comprend donc Humberto Gatica, Randy Goodrum, Bob Marlette, Marc Jordan, Steve Lukather, Michael Landau, John Capek, Bobby Cadwell, Tris Imboden, Brandon Fields... qui dit mieux ? Peut être Airplay For The Planet... Le style de l'album est qu'on appelle de l'AOR "Hi Tek" comme il s'en faisait beaucoup dans les années 80. Une grosse prédominance de claviers comme pour Mr Mister, Joe Pasquale, les premiers Peter Cetera, Third Matinee...

On retrouve sur cet opus des classiques indémodables dont le grandiose "After All This Time" co-écrit avec Steve Dorff, autre grand compositeur de BO et de la Westcoast Music. Une ballade unique comme la voix de Peter Beckett ! Autre grand moment : le groovy "Body And Soul" co-écrit, cette fois-ci avec Bobby Caldwell. Mais le must reste "No Uncertain Terms" digne de "Insincere" de Planet 3 et écrit par le grand Randy Goodrum. On citera le superbe "Stranger Things Have Happened" et les incontournables "The Deep End" et "Raise You Up".

Voilà une réédition que j'attendais depuis fort longtemps et que je n'espérais plus. C'est chose faite maintenant et c'est une des meilleures nouvelles de l'année.