lundi 25 janvier 2010

Randy Goodrum

"FOOL'S PARADISE" (1982)
"SOLITARY NIGHTS" (1985)

Connu davantage pour ses talents de compositeur (Steve Perry "Oh Sherrie", Michael McDonald "Love Lies", Davis Pack "Won’t Let You Lose Me"…) ou d’accompagnateur (Steve Wariner, Georges Benson...) Randy Goodrum n’en a pas moins publié plusieurs albums dont les deux premiers au cours de la merveilleuse décennie des années 80. Un chanteur attachant à défaut d’un vocaliste très puissant mais surtout un compositeur d’une grande finesse mélodique qui s’est confectionné pour l’occasion du sur mesure.



"FOOL’S PARADISE" date de 1982 et contient plusieurs titres en métal chromé à l’image de "We're So Close" et de "Savin’ It Up". Du délectable qui vous fait oublier l’engueulade que vous avez adressée à votre collègue après celle que vous aviez reçue de votre femme avant de partir au boulot. Certains vous diront que cela manque de nerf mais cela ne veut pas dire que cela manque de rythme, écoutez "Win Back Your Heart", "One Step Ahead Of The Bad News" et "Time To Say I’m Sorry" par exemple. La tonalité rappelle parfois Michael Franks avec "Dues", "One More Fool" ou le duo romantique "Second Chance Of Love" avec Mary MacGregor ("Torn Between Two Lovers" n° 1 en 1976) qui assure par ailleurs les chœurs. On remarque la présence de Steve Khan à la guitare et celle de Jeff Porcaro à la batterie et aux percussions. C’est pas du Rock mais c’est pas du toc "Hellbent For Mexico".






"SOLITARY NIGHTS" en 1985, malgré ses qualités, souffre un peu de la comparaison du fait de l’omniprésence des machines, avec une basse et une batterie synthétiques plutôt pénibles à l’écoute dont le titre "Computer" est emblématique, et d’une absence de guitare.. C’est d’autant plus regrettable que l’album comporte d’excellentes chansons "It's Like You Never Left It All", "Solitary Nights" ou les ballades "Silhouette" et "The Lady In The Doorway". Le titre de l’album semble indiquer que Randy était seul dans la nuit des studios mais je ne l’affirmerai pas car le livret est en japonais, langue que je ne pratique pas encore couramment.

Alfie Zappacosta "Innocent Ballet" (1995)



Mode d’emploi du CD : tamisez les lumières, versez le champagne dans les coupes, glissez le CD dans le tiroir et vous-même dans les bras de votre partenaire, c’est parti !

Question romantisme, Alfie qui est plus pointu qu’un expert de série télé vous embarque dés les premières mesures où vous entendez sa voix chaude dans un univers de douceur et de sensualité duquel vous ne sortirez pas indemne. Je vais vous faire un aveu, j’ai le CD en double exemplaire : un pour la maison, l’autre pour la voiture, histoire de préparez le terrain ou de saisir une occasion. Cette musique qui parle aussi à l’âme est un mélange de soft Jazz et de musique latine que Zappacosta vous distille de sa voix de velours aux accents de crooner, un régal pour tous ceux qui aiment. Effet garantie, sinon Bruno vous rembourse la différence. Je cite quelques titres pour la forme car ils sont d’égale valeur "500 Days", "Someone", "Orlanda" et "Give It Away".

Tout est léché, nous sommes en présence de vrais musiciens, et même l’accordéon dont j’ai habituellement horreur trouve grâce à mes oreilles.

Il faudra que je revienne sur la carrière de ce canadien qui oeuvrait précédemment dans le registre AOR, ce que vous pouvez découvrir sur la compilation "ZAPPACOSTA - OVER 60 MINUTES WITH... » .

lundi 18 janvier 2010

Leo Sayer "Silverbird" (1973)



En 1973, Leo Sayer n’est connu que des amateurs qui suivent la carrière solo de Roger Daltrey pour qui il a écrit avec David Courtney plusieurs titres du premier album solo dont le tube "Giving It All Away". Côté talent d’écriture c’est donc plié mais il nous restait à découvrir un chanteur de première bourre qui n’a, à mon avis, jamais réussi à égaler la qualité de ce premier essai où il retrouve son partenaire habituel.

"Innocent Bystander", "Drop Back", "Show Must Go On" par exemple possèdent une force mélodique étonnante. Un vrai talent qui surprend et captive l’auditeur de la première à la dernière note. Leo joue d’une voix acidulée qui module dans les hauteurs : "Why Is Everybody Going Home" et "Dancer". Un album intemporel où chaque écoute est un nouveau plaisir avec un personnage pour lequel il est difficile d’établir une filiation musicale. A l’époque, il fallait savoir dépasser son à priori car le look de Pierrot lunaire adopté par Leo Sayer avait de quoi décourager l’auditeur le mieux disposé. S’il abandonna par la suite ce travestissement, sa musique devint hélas beaucoup plus conventionnelle et il ne réussit qu’à de rares exceptions près à retrouver l’inspiration de ce monument sur lequel on retrouve une vieille connaissance à la guitare en la personne de Russ Ballard.

Eric Martin Band "Sucker For A Pretty Face" (1983)



En voila une bonne idée de la part de Wounded Bird de rééditer ce premier témoignage musical de Mister Eric Martin sous le nom de Eric Martin Band. Mon CDR commençait la aussi à sérieusement s'user.

L'album date de 1983 et le groupe s'appelait à l'origine 415. La maison de disque décida de le rebaptiser Eric Martin Band. Forte pression pour un jeune garçon d'une vingtaine d'année qui se retrouve propulsé du jour au lendemain sous les feux de la rampe et entrainant un combo. de 6 musiciens y compris lui. De plus, le groupe allait tourner pas mal en première partie de Journey et autre Rick Springfield, Foreigner ou Hall And Oates. Que des groupes de seconde zone surtout début 80!

Le résultat de ces prestations live est d'ailleurs consigné à la fin de l'album où l'on retrouve 6 titres de l'album. Force est de constater que par rapport à la prestation studio, le groupe déchire également "grave" comme disent les "jeuns". Musicalement, c'est parfait, plein de peps et Eric Martin s'impose déjà comme un grand vocaliste.

J'aime beaucoup cet album qui propose un rock FM assez musclé par moment et qui n'a pas pris une ride. Je parlais à juste titre de l'AOR du début des années 80 qui avec son flot de synthés avait mal vieilli, ici ce n'est pas du tout le cas. Constat, la guitare vieillit mieux que les claviers!

Je disais un super album de Rock and Roll avec des brûlots comme "Don't Stop" ou "Sucker For A Pretty Face". On oublie pas le côté plus FM avec le très bon "Private Life" et son piano entêtant. Une ballade magistrale "Letting It Out" où la voix d' Eric Martin déverse un torrent d'émotion. L'AOR de "Just another Pretty Boy" et celui de "Catch Me If You Can" qui laisse présager du futur d' Eric au sein de Mr Big lors des deux premiers albums solos.

Il s'agit d'un  bon album avec des musiciens injustement oublié. Qui a des news de David Jacobson au clavier, Tom Duke à la basse, John Nymann à la guitare et clavier, Troy Lucketta à la batterie et Mark Ross à la guitare?

On a même droit à une excellente reprise version rock du tube des Supremes, "Stop In The Name Of Love" maitrisée de main de maitre.

Au vu de la qualité de ce premier essai, on peut regretter que ce fut un "one shot". Heureusement qu' Eric Martin allait, lui, continuer et nous offrir que ce soit en solo ou avec Mr Big de très bons moments musicaux.

Duke Jupiter "White Knuckle Ride" (1984)



Ce groupe Américain sort son premier album en 1978. Après pas mal de changement de line-up et le décès de leur bassiste Georges Barajas d'une tumeur au cerveau au début des années 80, "WHITE KNUCKLE RIDE" sort en 1984 et sera leur avant dernier opus. J'avoue être passé complètement à coté du vinyl à l'époque alors que beaucoup de spécialistes d'AOR ont toujours considéré cet album comme un classique. Je ne l'avais pas non plus en CDR et c'est avec une certaine envie que j'acquis la réédition chez Renaissance édité cette année.

Il s'agit d'un bon album mais à en faire un classique, je ne franchirais pas le pas... C'est un peu dans la veine de 38 Spécial en plus AOR avec nettement plus de claviers. La voix rappelle celle de Johnny Van Zant et le contenu est dans la même veine, un AOR assez vitaminé ou prédomine les claviers typique 80 mais aussi un petit coté Sudiste. La preuve avec "Don't Turn Your Back". On peut même discerner des influences Westcoast sur "Top Of The Bay" ou bien "A Woman Like You" deux titres mid-tempos de très grande qualité. Le reste navigue entre les hymnes AOR avec "She's So Hot" ou bien "Me And Michelle" et les titres un peu plus rock comme "Backfire" ou "Little Lady" qui sont plus bluesy dans leurs approches.

En fait, je n'arrive pas à trouver de mauvais titre à cet opus mais il manque la petite flamme, le petit plus qui fait que cet album ne quittera pas ma platine.

Une rareté à découvrir c'est certain et à posséder dans toutes discothèques AOR de renom qui se respecte. A contrario, comme beaucoup d'album de ces années 80, cela fait quand même assez poussiéreux et cela sonne daté. L'AOR vieillit mal, là ou la Westcoast vieillit plutôt bien...

samedi 16 janvier 2010

Winger

Auparavant, Kip Winger (chant, basse ) officiait au sein du groupe d’Alice Cooper, que Paul Taylor (claviers) rejoignait sur les tournées. Reb Beach (guitare) était musicien de séances (Roger Daltrey, Twisted Sister…) et Rod Morgenstein (batterie) faisait partie du band Dixie Dregs. C’est lors d’une tournée en 1987 que les deux premiers envisagent de monter un groupe. Kip contacte alors Reb Beach qu’il a connu au cours de sessions d’enregistrement et nos trois musiciens font passer une audition concluante au batteur. Le quatuor commence alors à travailler des compositions originales et rentre en studio avec le producteur Beau Hill.



Le résultat paraît en 1988 sous le nom de Winger, Sahara ayant été abandonné bien qu’il figure en bas à droite de la pochette. Du hard FM policé, dixit un ami chirurgien esthétique, mais néanmoins ardent m’empresserai-je d’ajouter. Le style de compositions à reprendre devant sa glace avec son air guitare. Onze titres dont 8 parus en singles parmi lesquels les très commerciaux "Madalaine" et "Seventeen" mais aussi le somptueux "Headed For A Heartbreak". La ballade extatique "Without The Night" composée par Paul Taylor en aurait constitué un neuvième parfait, une raison supplémentaire d’acquérir le CD qui offre de plus l’inédit en vinyle "Higher And Higher". Il ne faudrait pourtant pas croire à de la musique cachère car Reb Beach et consort sont aussi capables de passages bien saignants "Poison Angel", "Hanging On" et dans une moindre mesure "Time To Surrender". L’album finira platine.





"IN THE HEAT OF THE NIGHT" lui succède brillamment en 1990 avec de nouveau onze titres qui confirment les qualités mélodiques et d’interprétation du combo avec les solides "Easy Come, Easy Go", "Rainbow In The Rose", "Can’t Get Enough", "Loosen Up", les ballades "Under One Condition", "Miles Away" cette dernière due une nouvelle fois à Paul Taylor, l’hyper mélodique "In The Day We'll Never See" ou "In The Heart Of The Young" power ballade capable d’enflammer les foules lors des concerts. Un parfait exemple de compromis entre musique élaborée et volonté commerciale.

Les années qui suivent voient l’arrivée de Nirvana et de Metallica en tête de gondoles. On se souvient que les seconds en la personne de Lars Ulrich témoignaient de leur dégoût pour le groupe dans le clip de "Nothing Else Matter".




D’où 3 ans d’attente avant la sortie de "PULL" en 1993 dans lequel on constate le départ de Paul Taylor et un durcissement du son auquel l’ascension de Metallica n’est sans doute pas étrangère. En durcissant le ton, Winger ne perd rien de ses qualités mélodiques "Down Incognito", "Blind Revolution Mad" "Spell I'm Under" et c’est sans hésitation mon album favori. Les rythmiques sont plus lourdes "In For The Kill", "Junkyard Dog", le chant plus rauque et l’ambiance plus adulte y compris sur la ballade "Who's The One". L’album ne fera malheureusement pas un carton et le groupe splittera dans la foulée avant son retour en 2006. Dans l’intervalle sera sortie une compilation "THE VERY BEST OF WINGER" avec l’inédit "On The Inside" enregistré pour l’occasion en 2001.



Pour les fans de "PULL" je recommande l’effort solo de Reb Beach "MASQUERADE" sorti la même année sur lequel il se révèle un excellent chanteur et qui laisse penser que son influence fût déterminante dans les compositions et le son du troisième album du groupe.

samedi 9 janvier 2010

Shooting Star "It's Not Over" (1991)



Il est des seconds couteaux qui arrivent parfois à planter dans le mille comme c’est la cas du groupe Shooting Star avec la publication de  "IT'S NOT OVER" en 1991.

Sixième album du groupe, ce dernier présente plusieurs changements notables dont principalement l’arrivée du nouveau chanteur Kim Mitchell en remplacement de Gary West et une orientation musicale AOR alors que le groupe oeuvrait jusqu’alors dans un style Pomp Rock à la Styx. Menée par Van McLain qui est toujours aux commandes tant au niveau des compositions qu’au maniement des guitares, cette mue s’avère des plus séduisante. Paru à la même époque que l’album éponyme de Shadow King et que "UNUSUAL HEART » de Foreigner, "IT’S NOT OVER" possède un savoir faire mélodique mis en valeur par la voix de Kim Mitchell, assez proche de celle du grand Lou, les guitares ardentes de McLain et les claviers essentiels de Dennis Laffoon. Le morceaux titre accroche l’oreille d’emblée avec un refrain fédérateur, des riffs de guitares tranchants et un solo rayonnant pour faire bonne mesure. Comme au CARLTON la suite est impériale, que ce soit dans les titres rythmés "Believe In Me", "Dancing On The Edge", "Cold Blooded" (suivez mon regard), les mesurés "If You’ve Got Love", "Get Excited" ou les ballades tueuses "We Can’t Wait Forever" ou "Compassion" et sa guitare Floydienne. On remarquera que cette nouvelle direction n’a rien d’improvisé puisque 3 des 10 titres portent la co-signature de Gary West l’ex, si je puis dire, de McLain.

Le groupe continuera sous diverses formations qui verront d’ailleurs le retour au chant de Gary West jusqu’à l’arrivée de Kelvin Chalfant (The Vu, The Storm) sur l’album "CIRCLES" publié en 2006.

vendredi 1 janvier 2010

Spin Gallery "Embrace" (2009)



Encore un groupe que je n’espérais plus. 5 ans après l’excellent "STANDING TALL" sort "EMBRACE" sous le même nom mais avec quand même une grosse différence au niveau du line-up. En effet, la première mouture proposait 3 vocalistes : Chris Antblad, Magnus Weinemo et Kristoffer Lagerström. Tout ce beau monde étant chapeauté par le grand Tommy Denander qui assurait entre autre la production et imposait sa patte sur le son et la structure des compositions. Le résultat était parfait et proposait un AOR teinté Westcoast de haute volée. Avec ce nouvel album, Tommy Denander est toujours la plus présent encore que sur le premier et il est accompagné d’un seul vocaliste en l’occurrence Kristoffer Lagerström.

Après ce petit historique rapide, je veux quand même faire un aparté sur le site Melodicrock qui visiblement a un problème avec Tommy Denander. Tous les projets auquel il participe sont pour le moins boudé par ce site qui l’encensait il y a encore quelques temps. Ce qui me choque le plus, ce n’est pas temps qu’on aime ou pas un album c’est la notation qui est mise à chaque fois sur la qualité de la production. Comme le dernier AOR (auquel Tommy a participé fortement), ce Spin Gallery est encore cloué au pilori par Andrew. On peut reprocher des choses à "EMBRACE" mais certainement pas une mauvaise qualité de son et de production.

Je pense que Tommy Denander va peut être commencer à s’énerver et faire comme Roger Scott Graig qui a répondu vivement à la chronique acerbe du dernier 101 South. Tout cela pour dire que ce site qui était une référence pour les amateurs de rock Mélodique semble partial et avoir comme on dit "ses tronches".

Cette petite digression faite revenons à "EMBRACE". Je pense que cet album doit s'apprécier après plusieurs écoutes pour en saisir toutes les subtilités. En effet, de premier abord on peut le trouver quelconque mais en l'écoutant plusieurs fois on s'y attache. Le boss c'est Tommy et ses qualités de musiciens et de guitaristes sont exploitées à fond. Que ce soit les arrangements, les solos grandioses on est vraiment dans le haut du panier. Les mélodies sont surtout présentes sur les refrains et les couplets peuvent parfois surprendre comme sur "Embrace" ou bien "Brilliance Of The Drugs". On a droit à un duo exceptionnel avec Mme Robin Beck sur le hit "Just A Momentary Why", un autre au tempo enlevé avec Dan Reed (que l'on peine à reconnaitre) sur "You Do The Things You Do". Une ballade épurée magnifique, "Blood In My Veins". Et puis on peut citer aussi certainement le meilleur titre du CD, "Indulge" qui rappelle Toto avec Fergie Frederiksen.
Du coté des loupés, on peut parler du naïf "Eyes Wide Open" qui dénote par rapport au reste. En effet, cette petite compo aux arrangements (pour une fois) bâclé, surprend par son peu d'épaisseur.

Le résultat d'ensemble est quand même très positif pour un album qui se bonifiera avec le temps. Ceux qui aiment AOR, Radioactive, Deacon Street ou bien Toto vont certainement apprécier cet album à sa juste valeur.