samedi 27 février 2010

Mr Mister

Richard Page et Steve George sont de retour en 1984, dans une veine plus Pop que Westcoast et à la tête d’un vrai groupe. Entre parenthèses, imaginez ce que vous diriez d’un groupe français qui déboulerait avec le patronyme de Monsieur Monsieur… Bref ! Leurs nouveaux partenaires s’appellent Steve Farris (guitare) et Pat Mastelotto (batterie).

 

Le premier album du quatuor "I WEAR THE FACE" débute en beauté avec "Hunters Of The Night" qui ne pût franchir les portes du Top 40 mais s’avère une de leurs meilleures compositions des années plus tard. Si vous aimez les synthés et les voix impeccables vous allez être servis. Plus loin "I Get Lost Sometimes", "32"et "Talk The Talk" m’ont immédiatement fait penser à Police dans la structure et le rythme des mélodies. C’est pourquoi j’avais d’abord songé appeler cette rétro en deux temps "Les métamorphoses de Richard Page". L’une des forces du gaillard étant d’ailleurs de garder son identité malgré des influences très marquées. L’accueil public reste en deçà des espérances.

 

Mais Monsieur n’a pas dit son dernier mot et va connaître le succès en 1985 avec son second album "WELCOME TO THE REAL WORLD" dont seront issus deux singles qui vont cartonner : l’inusable "Broken Wings" et le vache "Kyrie" (…). D’autres titres auraient mérité une telle exposition à commencer par "Black/White" un mid-tempo syncopé qui ouvre les débats avec une mélodie ciselée, des nappes de synthé et la guitare omniprésente de Steve Farris. "Into My Own Hands" fait la part belle aux vocaux avec un refrain particulièrement addictif tout comme celui de "Is It Love" qui confirme une fois de plus à quel point Richard Page est un chanteur talentueux et combien le quatuor est en parfaite osmose. Un album sans remplissage typique des années 80.

 
  

"GO ON" qui paraît en 1987 affiche un son plus mature et un chant plus passionné : "Stand And Deliver", "Healing Waters" tout en préservant intact leur don pour les mélodies romantiques : "Dust", "The Border". Nos amis n’hésitent pas également à s’aventurer vers des ambiances nouvelles avec le ténébreux "Power Over Me" aux accents mystiques. On retrouve l’influence de Police sur "Contrôl" et l’on se régale du duo basse batterie en avant sur la plupart des titres "Bare My Soul". Malgré cela l’album ne connaîtra pas le succès du précédent et Steve Farris quittera le groupe dans la foulée, remplacé par Buzz Feiten (Larsen-Feiten Band) sur la tournée qui suivra sa parution. C’est en sa compagnie que le groupe enregistrera "PULL" qui hélas ne sera jamais publié et précédera la dissolution du groupe. Une grande tristesse si l’on se réfère à "Waiting In My Dreams" qui en est extrait et qui figure sur "THE BEST OF…" paru en 2001.



jeudi 25 février 2010

Chynna & Vaughan "One Reason" (2009)

 

Je suis un fan absolu des Wilson Phillips et je considère malgré leur faible discographie, en nombre, que c'est certainement le plus grand groupe vocal féminin qu'il m'ait été entendu d'écouter. Depuis "CALIFORNIA", leur album de reprise plus de news des sœurs Wilson et Chynna Phillips. C'est donc avec joie que j'accueillis ce nouveau projet où l'on retrouve Chynna Phillips et Vaughan Penn une compositrice chrétienne qui a tourné avec Huey Lewis, Edwin McCain et Emmylou Harris.

Chynna s'est donc lancé dans le chrétien avec un style qui s'apparente à la New Country. Une Country quand même très Pop dans les mélodies. On retrouve les mêmes harmonies vocales qu'au sein des Wilson Phillips sur des bases acoustiques. Tous les titres s'écoutent avec plaisir et délectation, rien à jeter. On se met à chantonner "Everyday Miracles", "Now I Know Your Love" ou le sublime "Cuts Straight Through". On a vraiment l'impression de revenir quelques années en arrière avec des titres comme "Hold On", "Release Me", "Flesh and Blood" tiré des deux premiers opus des Wilson Phillips. Chynna n'a rien perdu de sa superbe vocalement et même physiquement à en croire les photos du livret. Quant à Vaughan Penn que je ne connaissais pas, elle mérite d'être plus dans la lumière car cela semble être une compositrice et une interprète de premier plan.

"ONE REASON" est vraiment un pur régal, un petit plaisir délicat dont je ne me lasse pas.

lundi 22 février 2010

White Sister

 

Le premier album éponyme de White Sister est un classique du Hard mélodique paru en 1984, produit et arrangé par Gregg Giuffria (ex-Angel-Giuffria-House Of Lords) qui tient les claviers sur deux titres et participe aux choeurs. Des guitares qui cisaillent "Straight From The Heart", "Don’t Say That You’re Mine", "Can’t Say No", des claviers qui soulignent "Love Don’t Make It Right", "One More Night", des mélodies faciles à retenir et un chant limpide accompagnés de riches harmonies, telles sont les caractéristiques de ce premier essai. Nos quatre chevelus en cuir rouge et bottes blanches "so fashion" ont pour noms Dennis Churchill-Dries (Chant, basse), Rick Chadock (Guitare), Garri Brandon (Chant, Keyboards) et Richard Wright (Batterie).

 

Le titre de leur second album en 86 "FASHION BY PASSION" confirme leur goût pour la mode mais la photo de pochette présente le risque que le disque soit classé au rayon musique brésilienne par tout disquaire non spécialiste. Même s’il est plus soft, l’album reste dans la lignée du précédent en dépit du départ de Garri Brandon et de l’absence de Gregg Giuffria mais avec le concours d’un clavier intérimaire Joël Goldsmith. Plusieurs titres sont instantanément mémorisables "Place In The Heart", les power ballades "Save Me Tonight", "Until It Hurts" ou le soutenu "April".

 

Dans une interview parue en 1991 dans un hors série du magazine Best lors de la sortie de "RODE HARD, PUT AWAY WET", Dennis Churchill-Dries confiait à Hervé Picart que le projet White Sister était un exercice de style, et qu’après le second album ils désiraient "faire quelque-chose de plus naturel et davantage orienté vers les guitares". L’exemple rarissime d’un groupe qui change de nom Tattoo Rodeo et opère une métamorphose musicale tout en conservant ses membres d’origine. Moins FMinés et plus Roots, nos gaillards ont troqué leur strass contre des cache- poussière sans pour autant renier leur sens mélodique "Tell Me Why", "One Way Love", mais c’est plus rugueux "Strung Out", "Sweet Little Vikky" comme le dit ma voisine de son nouveau sex toy.

 

"SKIN", l’album suivant en 1993, semble un compromis entre la Sœur blanche et les Cowboys tatoués qui voit le retour accentué des claviers "Chamber Of Marry’s Gun", "Charity" et celui des mélodies typiquement AOR "Feels Like Love" tout en conservant le côté Southern Rock du précédent "Train", "Sure Enough" et "Blackened".

Malgré le décès en 2006 du batteur Richard Wright et les propos tenus précédemment par Dennis, White Sister refît surface en 2008 au festival de Firesfest pour un show immortalisé sur DVD.



mardi 16 février 2010

Cherie & Marie Currie "Messin' With The Boys" (1979)


Grâce à Cool Night, je venais d'apprendre que Renaissance Records avait réédité cet album depuis quelques temps et comme beaucoup j'étais passé à coté. Pourtant, c'est certainement l'une des meilleure réédition de ces dernières années.
Présentons donc les deux protagonistes. D'un coté Cherie Currie, chanteuse du groupe de Hard féminin mythique The Runaways où elle partageait entre autre le leadership avec Lita Ford et Joan Jett. De l'autre, Marie Currie sa sœur jumelle qui elle n'a aucun passé musical et n'aura pas non plus d'avenir. Son seul fait d'arme c'est d'avoir été l'épouse pendant quelques années de Steve Lukather. Après son départ des Runaways, Cherie décide d'embarquer sa frangine dans ce projet avec une joyeuse troupe aux manettes. On retrouve les membres de Toto qui sont omniprésents tout au long de l'album aussi bien en tant que musiciens ou bien compositeurs. Bobby Kimball signe même le titre "I Just Love The Feeling" qu'il interprète avec les deux frangines. Ce morceau est digne du grand Toto de l'époque "HYDRA" ou "TURN BACK". On retrouve ce style Totoesque sur "All I Want" et sur "Elaine" écrit par David Paich qui déchire grave un peu comme "All Us Boys" sur "HYDRA".

A côté, on retrouve deux titres de Russ Ballard écrit pour Rainbow, "Since You've Been Gone" et le mythique "I Surrender". Autres reprises, le "Wishing Well" de Free et "Cherry Bomb" des Runaways. Autre titre à signaler l'excellent "Overnight Sensation" écrit à l'origine par Eric Carmen et qui est absolument magique.

Il y a quand même 17 titres sur cette réédition et c'est vrai que la fin de l'album est un peu moins intéressante. Néanmoins, un très très bon album que j'ai découvert avec une très bonne vocaliste qui rappelle sans peine Ann Wilson de Heart.

Ceux qui aiment le Toto époque 80 ne seront pas déçu. Pour les autres qui aurait peur d'une Westcoast soft rien de tout cela, c'est une Westcoast orienté guitare et à forte consonance rock qui se dégage de cet album. A découvrir d'urgence !

 

lundi 15 février 2010

Giant "Promised Land" (2010)

 

Un nouvel album de Giant est toujours un événement en soi car le groupe américain a vraiment marqué les esprits avec ses 2 albums magnifiques que sont "LAST OF THE RUNAWAYS" (1989) et "TIME TO BURN" (1992). Si le 3ème album simplement intitulé "III" (2001) a lui aussi sa place en tant que pièce maitresse du groupe, que pensez alors du nouvel effort proposé aujourd'hui 9 ans après et dénommé "PROMISE LAND" ?

Il faut en effet savoir que Dann Huff n'officie plus ni à la guitare ni au chant, même s'il a participé à l'écriture de quelques titres. Sa présence plane certes sur cet opus mais avec Terry Brock (Strangeways, Seventh Key) au chant et John Roth (Winger) à la guitare. Un disque bien ficelé en somme, bien interprété, Terry Brock est impeccable, la section guitare-batterie est bien en place, on trouve de belles mélodies, de l'énergie parfois mais force est de constater que ce n'est pas du "vrai" Giant. Avec Dann Huff, le chant avait plus d'impact, plus d'énergie en un mot cela sonnait plus Hard Rock mélodique avec cette pointe de folie que l'on ne retrouve pas sur cette galette. Avec un autre nom cela aurait constitué un excellent album de Hard FM, mais les 13 titres de "PROMISE LAND" s'ils sont bien dans cette veine Hard FM, sont pour la plupart des mid-tempos ("Our Love"), des ballades assez standards ("Through My Eyes", "Dying To See You") et si quelques titres sont plus énergiques comme "Two Worlds" ou "I"ll Wait For You", il manque des titres plus enlevés qui auraient pu emporter l'album vers d'autres sommets, digne du "vrai" Giant. On a plutôt l'impression de déjà entendu, rien d'enivrant ni de classieux, même si répétons-le c'est bien produit, les fans de Giant feront donc eux-mêmes le bilan : en ce qui nous concerne une petite déception, alors que cette galette est annoncée avec force louanges et comme un must. Pas vraiment du rêve ni la terre promise annoncée, à notre plus grand regret !

dimanche 7 février 2010

Trillion "Clear Approach" (1980)

 

Dans la série réédition, ce second album de Trillion est passé un peu inaperçu. Sorti en 1980 et réédité l'année dernière par Rock Candy, il était pourtant à ce jour introuvable en format CD.

Je ne connaissais le groupe que de nom surtout par le fait que sur le premier album c'était Fergie Frederiksen qui officiait au chant. Pour ce second album c'est Thom Griffin qui le remplace. Vous pouvez retrouver cet excellent chanteur sur le projet Ambition sorti il y a quelques années chez Frontiers. La musique du combo est souvent catalogué de Pomp Rock dont les pionniers furent sans doute Styx. C'est quoi le Pomp Rock ? Pour faire simple c'est un mélange d'AOR et de progressif. A l'écoute de "CLEAR APPROACH", effectivement on retrouve des ambiances à la Styx sur les deux premiers titres "Make Time For Love" et la balade "Love Me Anytime" qui peut rappeler "Babe" du groupe de Tommy Shaw en moins mélodique tout de même. Mais je pense que les deux plus grosses influences pour Trillion c'est Saga et Kansas, c'est à dire un coté progressif plus prononcé. La preuve avec "Make It Last Forever" qui rappelle sans mal sur la construction musicale le groupe de Michael Sadler. Kansas est plutôt très présent sur "Clear Approach" ou sans peine on imagine Steve Walsh à la place de Thom Griffin, le violon en moins. Idem sur "Wishing I Knew It All" ou ce sont les vocaux et surtout les chœurs et leur construction qui rappelle Kansas.

L'album est produit par l'excellent John Boylan qui avait produit le premier Boston. "CLEAR APPROACH" est un bon album même si je m'attendais à quelque chose de plus mélodique. En effet, peu de titres font figure de hits. Par contre pour les fans de Saga période "IN TRANSIT" et ceux de Kansas période "AUDIOVISION", je leur recommande chaudement cet album il ne seront pas déçu.