dimanche 25 avril 2010

Asia "Omega" (2010)


Après la sortie de "PHOENIX"en 2008, Asia semblait émoussé car cet album n’obtint pas tous les suffrages de la scène mélodique, même si la qualité était toujours présente.

Il nous a fallu attendre 2 ans quasiment jour pour jour afin de retrouver ce groupe mythique à la carrière impressionnante et avec le line-up d’origine : "OMEGA" est donc là et on peut tout simplement dire quelle claque ! Les 4 musiciens ont mis un point d’honneur à nous offrir tout leur savoir-faire, leur art consommé de la mélodie, dans leur style, à la fois rock, clair, sensuel comme ils savent si bien le faire.

Après une introduction très rythmée par un titre déjà énorme "Finger On The Trigger", nous sommes emportés dans un voyage mélodique ininterrompu, avec l’envol vocal monumental de John Wetton, les claviers éclatants de Geoff Downes et la qualité incroyable des titres, au nombre de 12, tous aussi performants et flamboyants les uns que les autres. Nos oreilles enchantées se régalent à l’écoute de tant de subtilité, de magnificence : que ce soit le très solide "Through My Veins", directement issu de ce qu’écrivait Asia dans les 80’s, "Listen Children", affolant nos sens avec ses claviers entêtants, "Light The Way" magnifique et lyrique, pur produit de ce que Asia peut créer sans oublier les magiques "Ever Yours", "I Believe", "I’m Still The Same", qui vous arracheront des larmes et les poignantes ballades que sont "Emily" et "Don’t Wanna Lose You Now". Et bien sûr, le maître mot d’Omega est la mélodie, aucun titre ne souffrant de faiblesse, ils ont tous ce souffle éclatant, cette magie musicale que peu de groupes peuvent dégager.

Avec cet album, on est projeté 30 ans en arrière, la réussite est complète, car l’enthousiasme réel, l’élégance musicale innée de ces artistes éclatent à chaque note. Une information intéressante est à préciser : c’est un producteur extérieur au groupe, Mike Paxman (Status Quo, Uriah Heep) qui a pris en charge la production, une première pour Asia. C’est donc une œuvre magnifique appelée à entrer dans la haute sphère des albums incontournables du rock mélodique classieux.

Fiore "Today Till Tomorrow" (1998)


En 1998, le tandem de choc Harry Hess/Pete Lesperance du groupe Harem Scarem était en pleine veine créatrice et multipliait les projets parallèles. C’est ainsi que nos canadiens s’associèrent au chanteur américain Jon Fiore pour nous balancer dans les étiquettes un album à côté duquel un bâton de dynamite ressemble à un pétard mouillé.

Rock mélodique, Hard FM ou AOR, vous pouvez l’appelez comme vous voulez mais cette musique va vous déboucher les cages à miel plus efficacement que du Destop. Une collection de hits en puissance aux refrains de haute volée qui s’enchaînent sans faiblir "Out Of Love", "All Along", "It Can Only Get Better" et "Anything". La voix voilée de Jon Fiore et les harmonies puissantes qui l’accompagnent donnent une envergure phénoménale à des compositions superbes d’intensité mélodique. Un disque qui fait la part belle aux guitares agressives mais qui n’oublie pas de nous distiller quelques ballades avec "Strong Enough", "Someday Soon" et "Don’t Take It Too Fast". Pour les curieux et les érudits, je signalerai la présence dans les guests de Ray Coburn, le clavier du fameux Honeymoon Suite, mais comme le disent les groupies en Backstage, c’est connu que dans les groupes de Hard les membres vont et viennent…

La pochette est pas terrible mais vous l’aurez compris l’album ne nécessitait pas de Fiore(itures) supplémentaires.

lundi 19 avril 2010

Peter Mayer "Green Eyed Radio" (1996)


Le premier PM qui parût en 88 (Voir chronique) était un summum de bon goût et d’inspiration solaire qui passe mieux l’épreuve du temps que les sentiments, si j’en croit les rumeurs qui courent actuellement dans les rédactions. Son successeur en 1993 (5 ans quand même !) portait le titre alléchant de "STREET OF DREAMS" et sur 13 chansons comportait son lot de merveilles étincelantes "Tender Moments", "Street Of Dreams", "Wind On The Water" ou encore "Sister Annie" et sa guitare lumineuse. Une ration supplémentaire pour les amoureux du premier album. La même année paraissait "RED WINE & LIMONADE" que je préfère passer sous silence en regrettant que Peter Mayer (guitare) aie cru bon de partager le chant principal avec son frère Jim Mayer (basse) et avec Roger Guth (batterie).

En 1996, le leader (Peter Mayer comme PM) nous offre son premier album solo "GREEN EYED RADIO" sur lequel on retrouve la finesse mélodique, instrumentale et vocale de son groupe précédent "All Tea In China", "Shall We Dance" et "In The Meantime". Peter Mayer est un chanteur attachant "Under Your Spell" aux modulations mélodieuses "Michaelangelo", "One And One Makes Three" doublé d’un guitariste éloquent et élégant (il tînt l’instrument au sein du Jimmy Buffett's Coral Reefer Band). Il est accompagné de Tom Kennedy (basse), de son ancien partenaire Roger Guth (batterie) et de quelques participants ponctuels.

L’exemple manifeste d’un être humain en état de grâce.

Gardner Cole "It's Your Life" (1991)


Difficile de faire plus synthétique, même si l’album affiche tout de même 49’36. Gardner Cole n’est pas un inconnu, il a participé à l’album "TAKE IT TO HEART" de Michael McDonald, il a co-écrit "Open Your Heart" pour la Madone et collaboré avec une liste impressionnante d’artistes parmi lesquels Bobby Caldwell, Jay Graydon ou Patrick Leonard (Third Matinee) sans compter les bandes originales de films auxquelles il a collaborées telles que celle du Fugitif. C’est également un multi-instrumentiste qui s’est illustré dans le passé comme batteur avec ABC et clavier avec A-HA ("Take On Me" lors des Grammy Awards en 1987). Pas mal comme pedigree ! (Surtout ne le répétez pas à mon chien !).

"WALL OF FEAR" ouvre l’album dans une veine mécanique renforcée par un beat appuyé. Gardner Cole y assure la totalité des instruments avec l’aide de machines, ce qui donne un côté déshumanisé à l’ensemble mais renforce aussi le côté danse robotique qu’il m’arrive de pratiquer les samedis soir de grande solitude "Love Is Blind". Le principal intérêt de l’album est d’y retrouver au hasard des chansons des invités tels que David Paich (Toto), David Pack (Ambrosia), James Ingram, Dean Parks, Chuck Sabatino et quelques autres "The Place I’m From", "My Spirit’s Broke". Quelques notes de saxo viennent diversifier l’ambiance sur la ballade "Best Of Me". Vous avouerez que cela mérite d’y jeter une oreille. Avis aux collectionneurs compulsifs.

samedi 3 avril 2010

FM "Metropolis" (2010)


Après Treat qui est revenu en force sur le devant de la scène Hard Rock après plus de 18 ans sans nouvel album, c’est un autre grand de la musique FM qui revient aussi avec un album, après 15 ans d’abstinence.

Le bien nommé groupe anglais FM a en effet décidé de relancer la machine mélodique qui a fait son succès dans les années 80. Le retour de ce géant était déjà prévisible puisque les musiciens ont rejoué ensemble en live en octobre 2007, au Firefest pour être précis, et avec le line-up constitué de membres historiques c’est-à-dire Merv Goldsworthy (basse), Steve Overland (chant) et Pete Jupp (batterie) auxquels se sont joints Jem Davis (claviers), déjà présent en 1995 sur "DEAD MAN'S SHOES" et Andy Barnett (guitare) qui officiait déjà en 1991 sur "TAKIN' IT TO THE STREETS". Cela leur a permis de se retrouver et de former le projet de reprendre le chemin des studios mais après ce live, Andy Barnett jeta l’éponge et c’est un grand fan de FM, Jim Kirkpatrick, qui reprit le manche de la guitare laissée vacante. Son jeu sobre et efficace brille déjà de mille feux sur "METROPOLIS", maintenant dans nos mains et plus que jamais dans nos oreilles. Ce retour étincelant est aussi dû aux mélodies toujours présentes, au feeling et à la performance vocale de Steve Overland, à la finesse de la production et à l’enthousiasme musical palpable tout au long des 13 titres. S’il n’est pas possible de comparer cette galette à ces glorieuses ainées que sont "TOUGHT IT OUT" ou "INDISCREET", il est indéniable que c’est un véritable hymne à ce Hard Rock FM chatoyant, clair, émouvant, caractéristique du groupe anglais. La prouesse musicale, l’absolu lien entre les musiciens, l’unité mélodique des titres et en toile de fond cette magnifique interprétation vocale font déjà de ce disque une œuvre de qualité supérieure. De "Wildside" à "Over You" en passant par "Hollow", "Unbreakable" en passant par le petit intermède instrumental qu’est "Metropolis", sans oublier les merveilles que sont "Bring Back Yesterday", "Who’ll Stop The Rain" et le sublime final de 7 mns qu’est "Still The Fight Goes On", chaque titre possède ce fameux feu sacrément mélodique qui vous fera frissonner et vous donnera cette énergie, ce bien-être, comme FM sait si bien le distiller.

Un superbe album, déjà, et un événement mélodique sans pareil en ce début 2010, année riche en nouveautés et retours gagnants. Bravo à FM pour cette offrande, cette magie, cette magnificence !!!

Timothy B. Schmit

Dans la catégorie des chanteurs à la voix haut perchée, Little Eagle a sans contexte ma préférence, notamment sur les titres multi-voix tels que "Keep On Tryin’" qu’il écrivit pour l’album de Poco "HEAD OVER HEELS" en 1975.

Timothy B Schmit a démarré sa carrière solo après la séparation des Eagles qu’il avait rejoint en 1977 suite au départ de Randy Meisner.


Son premier album "PLAYIN’ IT COOL" (1984) contient deux titres, dans la lignée de celui cité précédemment, "Voices" qui comme son titre l’indique est un festival d’harmonies vocales et "So Much In Love". La plupart des chansons sont écrites avec la complicité de Vince Melamed et de Josh Leo qui sont rejoints par J.D. Souther sur le titre éponyme qui rock gentiment. "Take A Good Look Around" et "Tell Me What You Dream" auraient aisément pu trouver leurs places sur un album des Eagles, des ballades atmosphériques comme on les aime. "Wrong Number" bénéficie de la présence de David Paich, de Jeff Porcaro et de Steve Lukather que l’on retrouve également sur "Something's Wrong" avec Joe Walsh qui participe également à "Gimme The Money". Un premier album encourageant qui permet à Timothy de déployer ses ailes.


"TIMOTHY B" lui succède en 1987 avec comme nouveaux partenaires à la composition Will Jennings et Bruce Gaitsch qui s’avèrent un choix plutôt judicieux à l’écoute de titres aussi mélodiques que "Boys Night Out" et "Hold Me in Your Heart" aux refrains délicieusement hypnotiques. Quant à la ballade "Into The Night" qu’il a composée seul c’est un régal de délicatesse aérienne. Bruce Gaitsch assure les guitares et les programmations avec le renfort des claviers de Randy Waldman "Everybody Needs A Lover", "Don’t Give Up" et de Jerry Hey venu astiquer ses cuivres sur "Down Here People Dance Forever". Cela swingue délicatement porté par la voix suave de Timothy : "A Better Day Is Coming", "I Guess We’ll Go On Living" et "Jazz Street". Un second effort qui permet au chanteur de consolider son nid.


"TELL ME THE TRUTH" arrive dans les bac en 1990. L’équipe de compositeurs reste la même avec l’apport de Gregg Sutton sur deux titres, quant aux participants plusieurs figures illustres : Don Henley (Eagles), Danny Kortchmar, Rick Vito, Jaï Winding, Jeff Porcaro (Toto), Bill Payne (Little Feat). I subodore (je suis totalement bilingue) que l’on ne va pas s’ennuyer. "Tell Me The Truth" le prouve d’entrée avec un titre bien balancé magnifié par les choristes, à l’image du suivant "Was It Just The Moonlight" qui n’a rien à lui envier. On retrouve le son Eagles dans les ballades "Roxy’s Eyes" et surtout "Something Sad" en provenance directe du pays d’Alice, toutes deux dues à la plume de TBS. "Let Me Go" et "Perfect Strangers" reprennent la formule Rock FM avec d’excellents chorus de guitare envoyés par Bruce Gaitsch. "For The Children" termine l’album sur une ballade lancinante avec Rita Coolidge, Marilyn Martin et un chœur d’enfants de célébrités à découvrir. Six producteurs se partagent la tache : David Cole, Don Henley, John Boylan, Danny Kortchmar, Bruce Gaitsch et TBS en personne. Autant dire que le résultat est sans faille et que Timothy B. Schmit s’envole littéralement.