dimanche 29 août 2010

Terry Brock "Diamond Blue" (2010)


C’est avec une infinie patience que nous attendions ce 2ème album solo du chanteur américain Terry Brock, car depuis 1999, il nous avait mis l’eau à la bouche avec "BACK TO EDEN", déjà sorti chez Frontiers Records. Il y a même des fans du vocaliste qui commençaient à désespérer, c’est dire !!!

Le très talentueux chanteur (qui a chanté pour Kansas, fondé Strangeways en fin des 80’s et œuvré sur le projet The Sign) a certes été très occupé depuis le début du siècle, notamment avec Seventh Key au niveau des chœurs et à la guitare, avec Phantom’s Opera sur l’album "ACT IV" sorti en 2003, sans oublier bien sûr sa phénoménale performance sur l’album "NOWHERE LAND" de son compère Mike Slamer. De plus il est récemment devenu le chanteur de Giant sur leur tout dernier album "PROMISE LAND". Ses contributions musicales toujours aussi performantes ont malheureusement reculé à chaque fois ses sessions pour Diamond Blue. Ayant enfin pu se dégager de ses obligations, il a conçu son 2ème album solo avec le brillantissime guitariste, compositeur et compère de toujours, le magique Mike Slamer, Andy Bigan complétant de fort belle manière le duo à la batterie. Car ce nouvel effort mélodique est truffé de titres alléchants, de chœurs et de guitares étincelantes avec d’entrée le très entrainant et surtout très rock FM "Diamond Blue", aux guitares ciselées et qui place ainsi la barre très haut, mélodiquement parlant. Un titre déjà qualifié de must qui comporte tout ce qu’il faut pour donner un élan musical unique à cet album. Une fois ce cadre posé, les autres compositions vont poursuivre ce travail mélodique intense, tant au niveau composition qu’au niveau interprétation sans oublier la qualité instrumentale et la production, hyper claire, rigoureuse et sans à coups. Avec ensuite "It’s You" très rock, "Jessie’s Gone" composé avec le guitariste de Strangeways, Ian Stewart, "No More Mr. Nice Guy" hyper enthousiasmant, "Broken" plus musclé sans oublier les excellents mid-tempo que sont "Why", "Too Young" ou "Soldier Falls", c’est alors un déluge de guitares splendides et toutes en finesse à la fois, de mélodies sublimes, gorgées d’émotions, de chœurs FM poignants. Avec de plus 2 ballades "The Rain" et "Face The Night" qui clôt l’album, Terry Brock manifeste sa grande présence sur la scène mélodique internationale, par sa voix chaude, emplie de feeling et de sincérité.

Le duo formé avec Mike Slamer, symbole de la pureté guitaristique même, reconnaissable entre mille, devient incontournable dans ce domaine et ce disque va faire très mal, vraiment. Un diamant éternel que nous délivrent là les 2 Américains au talent immense !!!

Tommy Shaw

"GIRLS WITH GUNS" (1984)
"WHAT IF" (1985)
"AMBITION" (1987)


Deux minutes SVP, j’enlève mes lunettes de soleil et mon string, j’essuie l’ambre solaire et promis j’attaque ma chronique des Tommy Shaw.

Bon, pour être sincère, je n’ai jamais été un grand fan de Styx à l’exception des titres qu’il a signés dont "Crystal Ball" que j’écoutais en boucle à l’époque
.
Notre relation aurait donc pu s’arrêter là si un collègue ne m’avait fait découvrir au début des années 90 "AMBITION" le troisième album solo du bonhomme. Une bombe parue en 1987 et que ne renierait pas un terroriste accompli. Dès lors, j’épluchais les bacs des disquaires d’occasion, le lot de beaucoup d’albums devenus cultes, et trouvais mon bonheur et ses petits frères Boulevard Saint-Michel à Paris.

"GIRLS WITH GUNS" son premier effort en solo qui date de 1984 vit la chanson éponyme figurer au générique de la série télé américaine "Miami Vice". L’album confirme déjà les qualités d’un compositeur et interprète doublé d’un guitariste redoutable en alignant rocks carrés avec gimmicks de guitare assorti "Come In And Explain", "Fading Away", mid-tempos enlevés ; "Outside In The Rain" interprété en duo avec Carol Kenyon (The Division Bell de Pink Floyd), "Heads Up" au refrain multi-voix co-écrit avec Kenny Loggins, "Free To Love You" et les ballades "Lonely School", "Kiss Me Hello" 7’47 de bonheur aux vocaux aériens avec de longs passages instrumentaux jouissifs.
On termine en beauté avec "The Race Is On" qui voit la présence au saxo de Richard Cannata dont certains CD’s mériterient bien une chronique future.

"WHAT IF" en 1985 est selon mon coiffeur un poil en-dessous du précédent et du suivant. Je partage assez son avis car l’ensemble est moins brillant, les mélodies moins inspirées, même si "Remo’s Theme (What If )" possède un refrain accrocheur, "Reach For The Bottle" une guitare acérée et "This Is Not A Test" un entrain communicatif.

Pour "AMBITION" sorti en 1987, Tommy s’est trouvé un allier de choix en la personne du producteur Terry Thomas (Bad Company) qui co-signe également les neuf titres originaux. L’album rutile de partout avec des mélodies passées au polish. "No Such Thing" un rock pêchu dans lequel Tommy s’en donne à cœur joie vocalement et côté guitare, "Dangerous Game" mid-tempo exaltant dont le refrain multi-voix est suivi de soli limpides, "Are You Ready For Me", "Love You Too Much", "The Weight Of the World" et leurs refrains tubesques. "The Outsider" qui possède des accents à la Brian Adams, celui de "Run To You" avant qu’il ne s’égare dans la forêt de Sherwood avec Robin des bois. Sans oublier la ballade "Ever Since The World Began" empruntée à Survivor.

En 1990, Tommy s’associera avec Jack Blades (Night Ranger) et Ted Nugent pour fonder Damn Yankees avec qui il publiera 2 albums avant de poursuivre en duo avec Jack Blades à deux reprises entre lesquelles il reviendra en solo avec "7 DEADLY ZENS" en 1998.



Coverdale-Page "Coverdale-Page" (1993)


L’exemple type de l’album à controverses, pour certains un pâle succédané de Led Zeppelin, et pour d’autres une sorte de résurrection pour Jimmy Page et David Coverdale, ex et futur leader de Whitesnake en 1993. N’en déplaise aux premiers, je fais partie des seconds et regrette que mon papa ou ma maman n’aie pas fauté avec un(e) asiatique, ce qui m’aurait permis d’assister à l’un des rares concerts qu’ils donnèrent au pays du soleil levant. Mais je sors un peu du sujet comme dit Cynmi quand il est dérangé en aimable compagnie.

Pour ce qui nous occupe, il ne s’agit certes pas d’un album de légende, ils ont renoncé à temps à cette appellation et si l’on est souvent proche de la caricature, "Over Now" en faux cachemire, plusieurs titres raviront les nostalgiques de Led Zep et Whitesnake. A commencer par "Waiting On You" dans lequel Coverdale joue les "rauqueurs" accompagné par les riffs impériaux de Jimmy Page. "Take Me For A While" qui suit s’avère une ballade saisissante avec cette vigueur que sait leur donner David Coverdale dans les envolées finales. "Pride And Joy" sonne comme du Led Zeppelin plus vrai que nature sans sombrer dans l’auto-parodie en mélangeant acoustique et électrique, calme et hargne, porté par une batterie omniprésente. "Easy Does It" illustre la prodigieuse capacité de Jimmy Page à construire des morceaux à l’atmosphère menaçante (les notes basses) qui éclatent finalement dans des breaks de guitares qui vous libèrent de cette tension sous-jacente. "Don’t Leave Me This Way" renoue avec la veine Bluesy du dirigeable pour un morceau fleuve de 7’52 qui rappelle le bon vieux temps : voix déchirée et guitare déchirante pour des vagues de violence lancinante. L’album s’achève sur "Whisper A Prayer For The Dying" à la rythmique martelée qui, contrairement à son titre, démontre que nos deux comparses sont encore bien vivants.

Malheureusement, cette réunion ne fut qu’une union fugitive comme une impasse signalisée par le panneau insolite qui illustrait la pochette de l’album.

Petra "No Doubt" (1995)

Une question me taraudait : Petra, Petra pas ? Hé bien oui ! car la bande de Bob Hartman nous délivre une très bonne cuvée qui leur apporta d’ailleurs le Grammy Award du meilleur album de Rock Gospel en 1995.


Plusieurs changements notables avec cette galette : au niveau du personnel John Lawry (claviers) s’en est allé et est remplacé par Jim Cooper, David Lichens (guitares) remplace Bob Hartman qui participe à l’album mais délaisse les tournées.

Une bonne nouvelle c’est que John et Dino Elefante sont revenus à la production et cela s’entend : la voix est mixée en avant, les guitares claquent et chaque instrument possède du relief. M’est avis que notre bande, en bons représentants du Rock Chrétien, s’est calée les joues avec des hosties pleines de vitamines.

"Enter In" attaque très fort avec une mélodie au refrain monstrueux, j’en ai flingué la touche repeat de ma télécommande. "Think Twice" assure le doublé gagnant avec des chorus en boucle. Est-ce qu’ils vont nous laisser souffler ? Que nenni ! cela continue avec "Heart Of A Hero" dans lequel John Schlitt prend sa voix de méchant et où ses acolytes nous martèlent les tympans dans une cavalcade revigorante portée par la batterie de Louis Weaver qui nous réduit en miettes. Que c’est bon mes frères ! enfin, façon de parler. "More Than A Thousand Words" calme un peu le jeu avec une ballade néanmoins puissante qui nous amène au titre éponyme, seconde ballade dans la même lignée. Ainsi, si votre chèr(e) et tendre n’avait pas compris la première fois, "No Doubt" que cette fois-ci il ou elle rendra les armes.

Ca a pété ! Ils nous l’ont joué tranquille sur deux titres et nous attaquent en traîtres avec le suivant "Right Place" qui nous balance du TNT pur jus dans les gencives, du moins dans les oreilles. Je passe tout de suite au dernier morceau, j’peux plus attendre sainte mère de Dieu (pardon !) tellement qu’il est bon : "We Hold Our Heart Out To You", ballade typée californienne avec des voix type re-re, des envolées, des choeurs célestes (ça c’est normal), une vraie splendeur vous dis-je.

Quant aux autres titres que j’ai omis de mentionner, je vous assure qu’ils sont de la même trempe mais il faut bien ménager un peu de surprise.

mardi 17 août 2010

Henry Kapono "Same World" (1991)


Une curiosité exotique d’un chanteur Hawaïen qui s’adresse avant tout aux admirateurs de Michael McDonald et dans une moindre mesure de Jeff et de Mike Porcaro. Ces derniers sont présents ensemble ou séparément sur 5 des 10 titres de l’album tandis que Michael est le co-auteur de "Same World" sur lequel il assure le contre-chant de même que sur "I’ll Be Here".

L’album nécessite de dépasser certains à priori dont en premier lieu la pochette mais comme on dit dans certains monastères : l’abri ne fait pas le moine. Le second est le premier titre "Insy’a" à moins que vous ne soyez nostalgique de votre dernier voyage en club de vacances quand vous dansiez collé serré avec votre voisine de bungalow. Pour être franc les deux titres avec McDo sont les meilleurs avec une préférence pour "Same World" aux accents Westcoast caractéristiques du bonhomme. Le slow "All Because Of You" avec les Porcaro’s brothers n’est pas désagréable, de même que la ballade "Hold Me Up" et si vous aimez le reggae "Stand In The Light" avec Third World et Tower Of Power. Pour le reste, je conseillerais quelques rations de Ti' punch avant l’écoute.

State Cows "State Cows" (2010)


ATTENTION MONUMENT! Le label Avenue Of Allies m'avait envoyé la totalité de leur production et j'avoue avoir été chaudement intéressé par toutes les sorties du label. Néanmoins, une ressort du lot pour l'amateur de Westcoast que je suis.

Le groupe s'appelle State Cows et est composé de deux musiciens suédois. D'un coté Stefan Olofsson qui s'occupe des parties claviers et de l'autre Daniel Andersson qui officie au chant et à la guitare. Ce dernier ne m'était pas inconnu car il avait sorti en solo un excellent EP, "DAYS IN LA", qui m'avait déjà fortement marqué. En effet, j'avais trouvé l'album trop court tellement la Westcoast que proposait le garçon était jouissive. On sentait le fort potentiel. Du potentiel il y en a et je peux dire sans prendre de risque que ce State Cows fera date au sein du mouvement Westcoast. N'ayons pas peur des mots, on a la un chef d'œuvre absolu digne des plus grands opus fin 70, début 80. On croit écouter, soit  Pages, soit Airplay voir un des premiers albums de Marc Jordan avec des relans de Steely Dan. D'ailleurs, les arrangements, la production, l'utilisation des instruments, la façon de poser la voix tout est fait pour rappeler l'époque bénie de la Westcoast Music. A part, quelques titres comme "Painting A Picture" qui sonne plus actuel, on a l'impression que l'album a été enregistré en 1980. Même Jay Graydon , leur idole, ne s'y est pas trompé en venant poser un petit solo sur l'incontournable "New York Town". Tous les morceaux sont d'une puissance absolue. Nous avons à une section de cuivre de 1er choix : saxos, trombones et autre trompettes. On croirait que la section cuivres de Chicago s'est déplacée tellement cela joue de manière sensationnelle. Les parties de guitares sont à la fois jazzy par moment, parfois plus rock mais toujours avec l'influence de type comme Jay Graydon ou Michael Landau. La voix rappelle Marc Jordan, Jay Graydon ou Randy Goodrum. Le son est tout bonnement fantastique.

Absolument rien à redire à ce premier essai de nos deux Suédois si ce n'est que ce State Cows est certainement un des meilleurs CD de la Westcoast Music de ces 20 dernières Années, si ce n'est plus. MUST, MUST, MUST!

Stan Bush "Dream The Dream" (2010)


3 ans après le magnifique "IN THIS LIFE", qui nous avait vraiment enchantés, le chanteur américain Stan Bush aligne donc son 10ème album solo avec à peu près la même équipe : Holger Fath aux guitares et claviers, Matt Bissonnette à la basse (remplaçant Lance Morrison) et Matt Laug aux fûts. Et bien sûr le nouveau venu "DREAM THE DREAM" ajoute encore un peu plus de mélodies, de guitares cristallines et de compositions ciselées, travaillées et parfaitement AOR. La force musicale de Stan Bush alliée à un enthousiasme toujours présent, prédomine sur chacun des 12 titres de cet album. Tout incite au rêve et illustre cette capacité à produire une musique riche, dynamique et résolument rock FM. Avec sa voix si particulière, légèrement cassée mais toujours empreinte d'une émotion extraordinaire, Stan Bush rayonne de A à Z sur cette galette soignée, bien produite par Holger Fath. Ouvrant avec une composition en béton hyper AOR "Never Hold Back", la suite s'échelonne de mid-tempo en mid-tempo avec une énergie mélodique superbe : les "Don't Give Up On Love", "Two Hearts", "In My Life" fleurent bon la musique AOR américaine, cher à notre chanteur. Le sommet de l'album est bien le titre même "Dream The Dream" qui alterne la douceur FM avec une mélodie rehaussée par des guitares plus mordantes et des chœurs magnifiques. N'oublions pas non plus le travail des claviers toujours là à point nommé sans quoi un tel album ne serait que quelconque. Inutile donc de vous dire que la suite regorge encore de titres impeccables, alignés avec bonheur, appuyés par les guitares toujours éclatantes du sieur Holger. Même si l'argument du renouveau n'est pas vraiment approprié à cet album, il n'en reste pas moins que cette pureté musicale, cet AOR vivace que Stan Bush perpétue encore et encore a de beaux jours devant lui. Même si le dernier titre revisité "Sam's Theme (The Touch)" peut paraître incongru dans cette galette, c'est vraiment un bravo vibrant que nous adressons à l'américain pour cette nouvelle perle mélodique, poignante, sincère et ô combien impressionnante !