jeudi 18 novembre 2010

Gary Wright "Headin' Home" (1979)


Autour de la fin des années soixante et du début des seventies Gary Wright fût tour à tour clavier et compositeur de Spooky Tooth ( "Better By You, Better Than Me" ) et de Johnny Hallyday, j’en vois qui rigolent mais je rappelle qu’à l’époque de "FLAGRANT DELIT" le groupe comprenait également Mick Jones (futur-Foreigner) à la guitare.

Gary Wright est donc plutôt éclectique puisqu’il est capable de passer du blues-rock progressif à la variété-rock et même de faire un détour en 79 pour se rapprocher de notre musique favorite. Nous connaissions son talent de songwriter confirmé, restait à voir le résultat en solo. L’album alterne mid-tempos, ballades et Soul blues. Dans la première catégorie on trouve l’énergique "Keep Love In Your Soul" sur lequel on remarque la présence aux guitares de Steve Lukather (Toto) et de Fred Tackett qui rejoindra plus tard Little Feat ainsi que celle du saxo de Jim Horn. Dans la même veine "I’m The One Who’ll Be On Your Side" nous gratifie de la voix de Michael McDonald sur les chorus, certainement le morceau le plus accrocheur. Section ballades "Love’s Awake Inside" délicate et magnifiée par les harmonies vocales de Crosby et Nash avec Buzz Feiten à la guitare, "Moonbeams" dépouillée avec voix haute et la présence de Jeff Porcaro. Quand aux titres plus vigoureux "You Don’t Own Me" et "Stand" dans lequel la voix se fait plus éloquente avec le soutien de choeurs féminins.

Un album typique de la fin des seventies avec un sens averti de la mélodie évidente.

vendredi 5 novembre 2010

The Doobie Brothers "World Gone Crazy" (2010)


Il ne vous a pas échapper que les Doobie Brothers fêtaient leur 40 ans de carrière ! Derrière ce chiffre tout simplement époustouflant, ils ont eu la bonne idée de célébrer cet anniversaire par la réalisation d’un nouvel album produit par Ted Templeman. Pour la petite histoire, ce dernier était aux manettes lors de leur premier disque en 1970, puis bien sûr, par la suite, derrière nombreux de leurs classiques.

Cette réunion s’annonçait donc vintage comme l’est également "WORLD GONE CRAZY".

C’est le coloré "A Brighter Day" qui ouvre les festivités avec un "steel drum" et des refrains très "gospelisant", titre surprenant, mais finalement réussit. S’ensuit le brûlant "Chateau", avant d’entrer dans le vif du sujet avec les deux pièces de choix que sont le magique "Nobody" (un remake de celui de 1970, mais bien plus enflammé). Une grande part de l’héritage musicale que nous offre les Frères Pétard se condense dans ces 4 minutes 35 et les freeways infinis qui vont avec, puis par "World Gone Crazy" qui rappel le Doobie de la fin des Seventies, là aussi tout y est. "Far From Home" est une jolie balade signée Pat Simmons, certes, un poil naïve. On termine la première partie de l'album par le punchy rock "Young Man’s Game".

Le deuxième chapitre redémarre par le nostalgique mid-tempo "Don’t Say Goodbye" avec la présence d’un Michael McDonald, lui aussi venu célébrer sa carrière au sein du groupe, suivit par "My Baby", un titre simple, mais efficace. Un gros clin d’œil à Santana apparaît avec "Old Juarez" qui mixe le style du guitariste moustachu et les brûlants rythmes des Doobie qui sentent bon le désert comme leur album "CYCLES". On termine par "I know We Won" (avec Willie Nelson) et "Law Dogs" qui par contre ne m’ont pas transcender. Si vous vous procurez les deux bonus, sachez que "Little Prayer" n’apporte rien, même pour les freaks comme moi, à l’inverse de "New York Dream" qui est vraiment un plus.

A bord du navire demeure Tom Johnston, Patrick Simmons, John Mc Fee et Michael Hossack. Une impressionnante liste de guests est venue en nombre pour participer à cette nouvelle réalisation.

La majorité des titres est signée Johnston avec en écho une association Simmons/Templeman. "WORLD GONE CRAZY"" a bien débuté aux USA, il vous fera passer un excellent moment. En étant un peu plus exigeant, on pourra toujours reprocher quelques compositions faciles pour un groupe de cette stature, mais l’essentiel est vraiment présent.

Paul Anka "Somebody Loves You" (1989)


Encore un Anka à considérer comme un plat de résistance, "hard to find" car édité uniquement en Allemagne et non réédité depuis, mais qui vaut le déplacement dans tous les sens du terme.

Six ans le sépare de son prédécesseur, le mythique "WALK A FINE LINE" judicieusement proposé par CD Japan depuis quelques semaines.

Difficile de connaître les différents protagonistes car le livret ne délivre aucune information à part le nom des producteurs Humberto Gatica et Robbie Buchanan ainsi que celui de David Foster pour le titre "Stay With Me". Des études poussées menées sur le Web nous indiquent la présence de David Foster, Michael McDonald, Jeff Porcaro, Michael Landau et même de Dionne Warwick sur le duo "You And I". Cela reste hypothétique mais vraisemblable car les claviers notamment sont Fosteriens en diable "Somebody Loves You", "You And I" et "Let Me Try Again". Résolument décliné sur le mode langoureux, "Can We" avec piano et saxo à rendre sensuelle une actrice adepte du bistouri et du botox qui vient de gagner son procès, l’album nous offre néanmoins deux titres rythmés de bonne facture "A Steel Guitar And A Glass Of Win" et "The Lady Was".

Hautement recommandé aux amateurs de mélodies lascives et de production haut de gamme.

Steve Lukather : "All's Well That Ends Well" (2010)


Mine de rien en plus de sa carrière au sein de Toto, Steve Lukather est en train de ce faire un petit patrimoine solo sympathique.

Premier album en 1989 et voici le petit dernier qui sort cette année sous le nom "ALL'S WELL THAT ENDS WELL". Le précédent "EVER CHANGING TIMES" en 2008 était publié par Frontiers mais cette fois ci c'est Mascot Records qui prend la suite. Toujours entouré de sa bande de potes pour les compos comme CJ Vanston, Fee Waybill ou bien Randy Goodrum, Luke délivre un bon album qui le caractérise totalement. On retrouve la patte guitaristique mais aussi les diverses influences qui transpirent du bonhomme depuis toujours. Du Rock, du Jazz, du Blues, du Hard et de la Pop c'est la recette de cet essai qui ne dénote aucunement des précédents. On retrouve toujours les mêmes qualités mais aussi les mêmes défauts sut tous les albums de Luke. Que le garçon soit mon guitariste préfèré c'est un fait, maintenant j'aimerais que ses solos soit plus régulier dans la qualité. Déjà, on évite un trop plein d'instrumentaux avec le seul "Tumescent" qui se suffit à lui même. Sur 9 titre, 1 instrumental c'est déjà beaucoup et en plus celui ci ne me fait pas apprécier ce type de musique. En fait, à bien y reflechir, à part le titre précité, il n'y a pas vraiment de mauvais morceaux. Il manque simplement des hits.

Un album de Luke s'étudie avec finesse, je vais donc essayer de le faire de la plage 1 à 8:

On débute par "Darkness In My World" avec une entame sombre et glauque avant de se lâcher un peu. Un titre très technique peut être trop mais qui prouve quand même combien le type est doué.

On continue avec "On My Way Home" où Luke nous emmène vers des sentiers Jazz Rock à la Steely Dan. Grosse performance du bassiste Carlitos Del Puerta. Cela groove sévère comme on dit. Il manque peut être un refrain plus mélodique pour faire de ce titre une totale réussite.

"Can't Look Back" est certainement le morceau le plus mélodique et propose un rock FM à la Toto ou Luke excelle. Une superbe composition.

"Don't Say It's Over" est une ballade romantique assez sombre mais de haute qualité. Luke fait pleurer sa guitare et assure au niveau du chant sur ce type de composition lente.

"Flash In The Pan" est un morceau Blues Rock un brin fusion. Cela déménage sec mais le refrain est peut être un brin faiblard par rapport au couplet et aux riffs endiablés.

"Watching The World" propose la seconde ballade du CD. Un titre très atmosphérique mais réussi. Luke a l'habitude de chanter les ballades dans Toto et il le fait parfaitement avec le groupe comme en solo.

"You'll Remember" emprunte le même chemin que "On My Way Home" en proposant des influences Jazz Rock avec cependant ici un refrain réussi.

"Brody's" est la seule composition co-écrite par Randy Goodrum. Teinté un brin 70's, ce titre est très réussi que ce soit musicalement ou bien au niveau mélodique. Le riff est entêtant et ne nous lâche plus.

Comme souvent après la sortie d'un album solo de Luke, j'ai le cul entre deux chaises. Je trouve ça bien mais il me manque quelque chose pour en faire un must. Cet album en est encore la parfaite illustration. Tout est bon ou presque mais pourtant une fois que je l'aurais rangé, vais je le ressortir? Pas sur!