jeudi 15 septembre 2011

Work Of Art "In Progress" (2011)


Depuis déjà quelques années, la Suède propose de jeunes artistes ou groupes très talentueux et c’est tout sauf une surprise de voir l’un de ses représentants, s'asseoir sur le trône (selon mon opinion) et d’être couronné "King of Melodic Rock". Pour ceux qui ont déjà fait le tour des très nombreuses reviews de ce "IN PROGRESS", il sera pour moi dur d’être original. Simplement, Work Of Art réédite son premier coup salvateur qui avait déjà fait le buzz. Aussi, la suite est du même calibre. Pourquoi autant de passion autour de ce groupe?
Trois ingrédients font la différence.

Le premier authenticité. Ce groupe est surprenant de classe et totalement décomplexé. Un premier album révélation, on pouvait penser qu'il ferait une suite avec des ouvertures metal, prog, indie pour rallier le chaland... du tout. Puriste, sans compromission, donc culte.
Le deuxième c’est sa créativité artistique et je reconnais qu’entre Lars Säfsund et Robert Säll, c’est le ticket gagnant, avec un potentiel qui n’a pas d’équivalent actuellement.
Le troisième est leur mise en place, parfaite. Déjà vétéran et malin le jeune Work Of Art sur certains plans : quelques titres aux mélodies rapidement décelables ou prévisibles, pas grave, la voix de Lars (qui a pris une sacré ampleur), un riff ingénieux ou des éclats de synthés les rehaussent et rendent la copie tellement brillante.
"The Rain" et "Nature Of The Game" ouvrent l’album, c’est explosif, ils enchaînent avec un de mes titres préférés "Once Again", mid-tempo tonique avec ce refrain si fragile, plein de feeling. "Never Love Again" enchaîne avec son synthé pétaradant. "Eye Of The Storm" et "Until You Believe", le groupe sait les faire passer facilement.

Le deuxième round est phénoménale, on repart avec le diabolique "The Great Fall" et cette intro de folie, "Call On Me", "Emelie", "Fall Down" sont géniales. L’album se termine avec deux superbes clin d'oeil, très surprenant à Bon Jovi avec "Castaway" et le dernier en hommage à Toto avec "One Step Away" (à tomber), qui offre des frissons aux ultras (comme moi) du légendaire groupe californien.
La suite se jouera au niveau des ventes, du bon moment et des live que le groupe pourra obtenir et bien sûr de son management, qui réussira ou non, à les rendre prime time.

Soit (et je leur souhaite de tout coeur), ils sont le grand tant attendu, soit il risque de faire comme par exemple Street Talk, des albums cultes au début et après un relatif anonymat. Il y a par contre une différence importante entre ce dernier et d’autres groupe oeuvrant dans ce style musical. Work Of Art, tant au niveau de son style, look et son registre complexe, jouant sur une dichotomie entre fragilité et assurance réussit à franchir un palier élevé qui faisait de lui une révélation musicale anachronique, en devenant un groupe inscrit puissamment dans le contemporain par son AOR avant gardiste. C’est peut-être leur plus belle victoire et de la faire partager avec ses fans autour du monde.